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Le franco-congolais PASSI: l’itinéraire d’un artiste atypique

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Avec le Congolais, Passi  Balende, la musique est avant tout un plaisir et une joie de partage. Comme dans son pays d’origine où la musique adoucissant les mœurs est une religion et un exécutoire pour être et existé. Du temps ancien jusqu’à l’ère florissante des orchestres amateurs des années70-80, le pays a toujours gardé et cultivé cet art séculaire comme une passion et une vocation. Du nord au sud, le Congo est un long fleuve qui chante le verbe des aïeux et sa voix baroque en traversant les frontières distille le rythme et le son d’un patrimoine condensé autour d’un seul et unique maitre: La Rumba. Une danse que le Congo a fait naitre et ériger son identité. A l’image des doyens de la musique congolaise les Bantous de la Capitale. Ce groupe légendaire qui fait l’honore, la fierté et le porte drapeau de la musique Congolaise.

Mais l’enfant Passi, né dans ce giron dans la musique ancestrale va, en traversant à 7 ans l’autre côté de la mer de l’Europe notamment en foulant le sol français, connaitre un autre univers musical. Un monde coloré par sa nouvelle vie de famille immigrée et ponctuée par l’obtention d’un Bac général suivi d’une spécialité en agronomie. La chaleur de cette Afrique restant en lui et alimentée par l’amour des siens donne à ce pionnier de la musique banlieusard un tournant historique. De concert avec ses copains  Stomy Bugsy et Doc Gynéco, ils vont fonder à partir de 1989 le fameux groupe dénommé A.M.E.R (Action Musique Et Rapp) au cœur de la cité dite Sarcelles en banlieue Parisienne. Un groupe de choc qui va révolutionner le Rapp français. A orientation contestataire et revendicatrice, la vision de ce groupe se situe d’emblée aux antipodes du courant musical d’autrefois. Hérité du monde musical Afro-américain où cette musique florissait belle, le groupe A.M.E.R insère à cette musique des voix et des sonorités. Mais une voie qui exprime les maux dont souffre un monde délaissé.

L’éclosion d’un groupe remarquable

La naissance du groupe A.M.E.R amorce l’avènement d’un autre genre de musique sur le devant de la scène française. Ce groupe, issu d’un mélange et d’horizon divers, en rentrant dans le monde musical français inscrit une page nouvelle dans l’orientation et la thématique des chansons composées. Un récital qui n’avait l’égal avec un autre orchestre ou groupe musical de l’époque. En mettant en avant cette nouvelle façon de faire de la musique ils ont titillé le monde politique et de la police. Le titre Sacrifices de poulets et Brigitte, femme de flic, attisent le feu avec des autorités et de la justice. Car leur morceau à connotation banlieusarde dérangeait le rapport, les liens avec les autorités et cette discipline ou principes affichés de la république sur l’égalité, la liberté et la fraternité. Ils portaient en eux le message d’une cité malade et d’une population retranchée. Courroie de transmission et véhicule d’une voix d’ensemble, ils se font les représentants et défenseurs d’une cité aux abois et à la recherche d’une identité, d’une place de choix, d’expression et de liberté. Dans une république qui les accueillie, vue sortir du lot et se faire une place. Une reconnaissance recherchée par la musique au sein d’une patrie qui les oubliait et la cantonnait dans leurs recoins étriqués et miséreux.

Longtemps de ce créneau et registre de dénonciation, fondé sur le lancinant problème de l’inégalité sociale  et de refus de l’autre de la maison commune, ces enfants révoltés de la république (Passi et Stomy) vont à l’aube des années 80 changé d’itinéraire. Ainsi, leurs voies se séparant, les visions changèrent aussi. L’un embrassant d’entrée le cinéma et l’autre continuait le chemin sous d’autres auspices et autres rêves de construction. Ainsi, le congolais Passi se fraye le chemin dans cet orifice nouvel où d’entrée de jeu il se fait remarquer par son talent inné et affirmé. Dans son  premier album solo ce musicien à la culture duale se hisse au sommet de hit parade de l’époque et son album devient un disque d’or. Une grande première sur l’échiquier du marché de Rapp hexagonal. Avec à la clé une chanson « Je zappe et je mate sur l’album Les Tentations» qui relate des émissions de la télé française. Une chanson qui fait la Une, le buzz et forge en lui un musicien atypique aiguisé par une écriture teintée d’une culture générale. A l’image des autres fourvoyés dans l’écriture monotone et aseptisée, Passi se propulse dans le champ musical où les notes primes et l’écriture trace la voie de celui qui chante. Une symbiose réussie du jeune talentueux adulé par le public qui l’accueil d’emblée comme le porte parole d’un Rapp épuré et détaché de voix provocatrices voire excentricités compromettantes. Une musique novatrice dans l’ouverture aux accents qui rassemblent et non ceux qui divisent. Un rassembleur de la musique des banlieusards et celle des Bobo dans le choix thématiques qui séduisait et le rangeait dans la classe des admis à l’examen de passage vers la grande famille de la musique française. Avec cette signature appréciée et dont la critique d’alors fut dithyrambique, Passi l’icône d’un Rapp qui s’écoute et qui se danse à tous les coins et milieux sociaux. Le Jeune congolais en jetant ce pavé musical dans l’océan musical français il écrivait ainsi une page qui va lui permettre de côtoyer d’autres milieux et faire carrière à la rencontre des autres musiciens ou ténors français.

Un groupe aux couleurs africaines

De Bisso Na Bisso à de multiples duos ou compositions avec d’autres musiciens de la planète. Le Congolais se fait un nom et réputation d’un musicien partageux aux  multiples talents. D’abord il va monter au zénith de sa forme le fameux groupe Bisso na Bisso. Un retour gagnant au bercail. –Ensuite, il collabore avec le géant  Jacob Desvarieux du groupe Kassav, c’est le voyage aux Antilles qu’il a exploré aux contours de la musique Zouk-. Un rêve de jeunesse réalisé par le biais de cette association qui lui ouvre aussi les fenêtres de l’autre rivage outre mer et consorts.

Mais avec Bisso Na Bisso, l’enfant prodige retourne sur les terres africaines de ses ancêtres en exaltant la culture, la tradition et les mœurs de pays natal. Au milieu de ses amis et frères africains, il devient le grand frère qui donne et partage l’expérience acquise. Ce groupe lance un opus étonnant sur le marché et un coup de maitre dans le jargon musical. Car le rythme du Rapp français se marie avec les sons et les voix de l’Afrique profonde. Un mariage réussi par celui qui est devenu le maître incontesté du Rapp français africanisé. Ce vocable congolais de Bisso Na Bisso « entre nous » rentre dans le vivier de la langue française. Les mots de la langue congolaise mélangés à la sauce française donne au plat musical mélangés à la sauce française un plat musical composé un succulent et un excellent met à l’écoute et en danse. Dans cette voie nouvelle Passi continue sa percée irrésistible d’un musicien multiforme et doté d’une intelligence et déporté par une intuition musicale remarquable. Une inspiration issue de sa vie d’un africain qui a grandi dans les chefferies et dont l’influence manifeste des ancêtres aidant ont contribué largement à ce succès. Dont il doit à ses frères et amis qui ensemble ont fondé un groupe mythique dans la transmission des pensées et de non clivage des cultures. En naviguant dans ces deux océans musicaux Passi a forgé un destin et une vision singulière. Un itinéraire intime qui fait de lui l’égal de lui-même dans l’éclosion de ses capacités et potentialités issus de son croisement culturel où il a su bénéficier et puiser l’essence de ce qui constitue à fortiori sa marque de fabrique et son  aiguillon central.

Un instinct partageux

Mais le congolais ne s’est pas arrêté dans la fondation du groupe musical aux couleurs africaines. Hormis ses présences remarquées dans les émissions de télé où il devenu un musicien de marque dans les plateaux de divertissement et de chants. En tant que membre du jury, Il continue malgré cet agenda rempli à jouer et faire des duos avec les autres musiciens de constellation différente. De Calegero en passant par Johnny et Manu Di bango, Passi élargi son panel et agrandi sa notoriété dans l’échange qu’il cultive, affectionne grandement. C’est l’esprit d’association, de solidarité et communion avec l’autre qui anime Passi tout le long de sa carrière et trajectoire gagnant. Il est à l’antipode de toute action égocentrique dans son attitude et un comportement qui force l’admiration et la considération de ses pairs et du public qui vient l’acclamer et l’applaudir dans toutes les salles africaines et hexagonales où il se produit.

Enfin, il  va s’en dire que ce parcours jalonné de victoires n’a pas été sans heurts…Mais le congolais a su surmonter les obstacles et rebondir pour construire une voie et poursuivre son chemin à l’image des idéaux, projets et rêves. C’est toute sa vie exemplaire qui le conduit dans ses activités extra-musicales. Il a toujours aidé et tendre la main à ceux qui souffrent. Ces nécessiteux ou laissés pour compte qui ont besoin d’une sortie de crise et de reconnaissance aussi. A ce sujet Passi se fait souvent l’artisan d’un bienfaiteur à son image et contribue au prorata de ses moyens et occupations multiples à l’édifice de mieux vivre de tous. La participation a de nombreux festivals de musique dans la promotion et l’aide aux plus démunis en est l’exemple illustratif. De plus, la participation à des fondations de maladies et d’aide au développement fait de lui aussi le musicien qui donne ce qu’il a reçu dans ce parcours de musicien de cœur, de vertus et de talents énormes.

NB : Actuellement un nouveau projet dit ERE AFRIQUE se profile à l’horizon. D’après Passi Balende, le projet ERE AFRIQUE est teinté de hip hop, d’afro de zouk et d’électro… pour ambianceur, ambianceuse, lover et loveuse… avec de nombreux talents internationaux en featuring… Il est finalement annoncé pour le 15/11/12

Yves Makodia Mantseka

 

 

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