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« Coupé décalé » et « Ndombolo » : est-ce que les Congolais peuvent encore faire face aux Ivoiriens ?

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Les années passées, les Ivoiriens enviaient la musique congolaise. Et actuellement, qui doit envier qui ? Certains diront que les congolais veulent exploiter d’autres styles.

Longtemps considéré comme étant au sommet de la culture africaine, le Ndombolo, l’une de deux identités de marque de la musique congolaise, est aujourd’hui en perte de vitesse. Pour cause, ceux qui le maintenaient en vie l’ont tourné le dos pour aller vers le style ivoirien « coupé décalé ».

Ceci ne semble pas encore tiquer les artistes musiciens congolais dans la mesure où, au fil du temps, ils ne sont encore conscients qu’ils perdent de plus en plus leur identité musicale.

Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter les deux derniers opus de Werrason, Malewa 1 et 2, Koffi Olomide, Bill Clinton, le tout dernier générique de l’artiste Karmapa,… Ndombolo et coupé décalé, les deux, font partie du grand genre musical du monde « le Soukous ».

Pour le premier style des congolais, le tempo est au milieu de la rapidité et de la fiabilité avec à l’appui une grosse caisse accès modérée. Mais pour le deuxième, vous comprendrez que c’est le contraire.

La cadence est très rapide. Et à Kinshasa, l’artiste qui a usé de ce rythme dans toute sa chanson pour la première, c’est Papy Mbavu devenant ainsi « Danse ya bapomba », entendait par là, la danse des hommes forts.

Au fur à mesure, ce rythme était l’objet de représentation propre des jeunes gens les plus forts du pays, appelés « Kuluna ».

Ces derniers qui s’organisaient en clics pour enregistrer un morceau dans le studio le plus proche pour montrer aux adversaires leurs forces. Par exemple, il y a des chants tels que : Rambo de terre, Kotazo, Tv5, Faro faro, Zembe, Ya kotia, Ba robot, Sibanane,… Dans ces chansons se rencontrent la force physique, les bêtises et les interdits de la société qui se retrouvent malheureusement sans crainte ni règlementation.

Et les chefs de ces « écuries » ou « clubs », après avoir enregistré ces tubes deviennent « DJ ». Par exemple, Maître Loboko (DJ Loboko), Maître Maokaka (Dj Maokaka), Rambo (Dj Rambo), … tout ceci en référence des musiciens ivoiriens, le propriétaire de ce style de musique tels que Dj Pongo, Dj Dinosaure 1er, Dj Caludji, Abidjan Faro...

Changement de fréquence

Ceux qui ont bonne mémoire se rappelleront de la déclaration du joueur professionnel ghanéen Abedy Pele en 1998 à la Coupe d’Afrique des Nations au Burkina Faso.

Alors son équipe voulait affronter en quart de final la RDC, Simba à l’époque, il répondait à une question d’un journaliste de la RFI de savoir si son pays avait peur de la sélection congolaise.

Il avait dit à peu près ceci avec un français approximatif : « Non, notre équipe ne peut avoir peur du Zaïre. Nous connaissons qu’ils sont champion en musique, le Ndombolo et la rumba, mais pas au football (…) ».

Cette interview de la star ghanéenne est claire. Dans l’identitaire collective africaine et mondiale, la RDC est reconnue comme étant un pays de Ndombolo et de la rumba.

Mais, cet ancrage a aujourd’hui du mal à se retrouver dans la sphère de la musique mondiale. Des exemples concrets illustrent noir sur blanc cette déviation : Noël Ngiama Makanda Werrason l’un des héritiers du Ndombolo, lors de ces deux derniers albums « Malewa » sur le marché de disque, n’a fait que du coupé décalé sur les trois titres phares ; « Malewa mécanique », « Malewa automatique » et « Malewa suite et fin ».

A l’écouter, vous avez l’impression d’auditionner un artiste ivoirien qui est venu apprendre le lingala pour faire son opus. Or, après une accalmie et un profond sommeil de Zaïko Langa langa, c’est Wenge Musica Maison Mère (Wmmm) qui incarnait ce temple sacré du Ndombolo en RDC, en Afrique et aussi dans le monde. Donc pour Wmmm, cette incarnation de l’une de branches de la musique congolaise appartient désormais au passé.

Cet orchestre et son leader sont maintenant ailleurs. Parlant du Quartier Latin international, ceci ne parait pas vraiment gravissime dans ce sens que cet orchestre a une spécialité, la Rumba.

Mais il est normal que les repères de la musique soient au beau fixe. De dernières chansons publicitaires de ce groupe musical entrent dans cette logique ; « Ewadema », « Skol », « Bor ezanga kombo », « c’est le moment », « Chicotte »,…

Selon une source digne foi, l’album qui est en vue, aura aussi comme rythme phare « coupé décalé » à l’ivoirienne. Le 5ème K, Karmapa, lui aussi, s’est illustré par ce rythme de coupé décalé. Son tout dernier opus, il a même chanté « mapouka-mapouka » avec son fameux animateur Matembele.

Didier Lacoste est allé aussi dans ce sens, mais avec une différence avec les autres. Ce dernier l’a mélangé avec le style traditionnel de l’Equateur de la RDC. Bill Clinton et les autres ne sont pas épargnés par ce mouvement du coupé décalé.

Mais, au-delà de la vague du coupé- décalé qui emporte pas mal, certains artistes musiciens congolais de taille gardent la tête fraiche. JB Mpiana, Fally Ipupa, Nyoka Longo, … conservent encore la beauté, la saveur et la sagacité du Ndombolo.

Ceci se manifeste dans les deux derniers albums de ces artistes. Les années passées, les Ivoiriens enviaient la musique congolaise. Et actuellement, qui doit envier qui ? Certains diront que les congolais veulent exploiter d’autres styles.

Mais les vôtres, qu’est-ce qu’ils deviennent ? Une dernière question mérite d’être posée, sur la scène internationale, est-ce-que des artistes congolais peuvent encore faire face aux Ivoiriens ?

© Onassis Mutombo/L’Avenir

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