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Dieudonné Nino MALAPET n’est plus

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A nouveau la mort pour un autre musicien légendaire des Bantous.

Dieudonné Nino MALAPET est décédé, le Dimanche 29 Janvier 2012 à 21 h00, à l’hôpital militaire de Brazzaville, de la suite d’un mal qui le rongeait depuis de longue date.

On rencontre son nom sous celui d’une théorie de saxophonistes et de chefs d’orchestre. Nino MALAPET est l’arrangeur à qui l’on doit une bonne part de la réussite de dizaines d’albums, en particulier avec les orchestres Rock-A-Mambo et Les Bantous.

Doté d’une grande culture de la Rumba et de l’afro-caribéen (il faut être attentif aux citations dont il émaille certains arrangements). Nino MALAPET doit une partie de la netteté et de l’ingéniosité de ses partitions à son admiration de toujours pour Fud CANDRIX, tandis qu’il tient sa virtuosité et son modernisme de la fréquentation des sites discographiques de la Nouvelle Orléans.

Dieudonné Nino MALAPET, avec ses attitudes désopilantes, son saxo coudée, ses onomatopées irrésistibles, conjuguant de la même façon, la rigueur et l’indépendance, parvient à s’intégrer fort bien au Rock-A-Mambo, laissant admirer un toucher d’une surprenante finesse.

Beaucoup d’intelligence, beaucoup de technique, beaucoup d’idées : c’est bien, en effet ce qui caractérisait le virtuose du saxo Nino MALAPET et dont s’émerveillaient ses admirateurs du Rock-A-Mambo, adeptes du cha cha cha.

Né à Brazzaville le 8 Mars 1935. De bonnes études primaires conduisent Nino MALAPET à Paris où il accompagne son oncle Emmanuel DAMONGO DADET. Tous les deux s’embarquent le 30 Septembre 1948 à Pointe-Noire, sur le S/S « Canada » pour débarquer quinze jours plus tard à Marseille. Emmanuel DAMONGO DADET est à l’époque conseiller territorial français et surtout grand saxophoniste du groupe Melo-Congo de Brazzaville dont il était le chef dans les années 40 et 50.

A Paris, Nino MALAPET ne prête qu’une oreille distraite aux mathématiques. C’est ainsi qu’il essaie d’apprendre à jouer au piano et à la guitare. A l’expiration du mandat de son oncle, MALAPET revient à Brazzaville où il continue ses études au Collège Chaminade au sortir duquel il s’engage au P.T.T. – Mais la passion de la musique le brûlera toujours. Il se désintéresse de son emploi qui ne soulève en lui aucun enthousiasme. Il offre cependant un grand éventail de possibilités rationnellement exploitées.

1954, Nino MALAPET, alors guitariste participe avec Joseph KABA, Edo GANGA et Bienvenu BENIAMINO à l’enregistrement aux Editions « Ngoma » à Léopoldville de deux disques dont deux compositions de Nino MALAPET « Wapi Gigi » et « Vivita ». C’est cet embryon du groupe de Joseph KABA qui donne naissance en 1954 à l’orchestre NEGRO JAZZ  de Brazzaville.

1955, de la guitare, Nino MALAPET embauche déjà le saxophone dans le style des grands. En 1956, c’est au tour des Editions « Loningisa » de faire appel à ses talents. Il accompagne plusieurs orchestres en studio en compagnie du saxophoniste français HENRIOT, particulièrement les groupes WATAM et l’OK JAZZ dont il est le premier saxophoniste en Décembre 1956. On lui doit des partitions inédites dans les titres comme « Aimé wa Bolingo » d’Edo GANGA, « Oyé oyé oyé » de LUAMBO Franco et bien d’autres. Mais c’est surtout dans l’orchestre ROCK-A-MAMBO, aux éditions « Esengo » que Nino MALAPET va accorder au saxo le rôle primordial.

En 1957, Nino MALAPET démissionne des Editions « Loningisa », au moment où se disloque le Negro Jazz. Il retrouve de nouveau ses vieilles connaissances : ESSOUS – LANDO « Rossignol » - PANDI – Henri BOWANE – TINO BAROZA – MONIANIA « Roitelet » - Léon NZAMBE « Sathan »… qui ont réussi à former aux nouvelles éditions « Esengo » du grec Dino ANTONOPOULOS, un orchestre dont le succès va grandissant : Le Rock-A-Mambo.- Nino MALAPET en devient facilement le chef d’orchestre. Comblant ainsi ses vœux, il insuffle à cette nouvelle formation musicale un sang nouveau. Comme en témoignent des titres à succès comme « Jalousie », « Panchita », « Micky mi quiero », « Mi cancion » « Tocami », Li duo Maravillas », etc. arrangés par Nino MALAPET et rendus merveilleusement par le duo chant Joseph KABASELLE et LANDO « Rossignol »

Nino MALAPET, il faut le reconnaître était passé maître dans l’art de composer les cha cha cha, et bien sûr de faire monter la tension. Avant tout, c’est donc le stratège qu’on apprécie en lui. Le Rock-A-Mambo fournissait une musique agréable, pour ne pas dire « swingante » dans laquelle on s’installe aisément en piste et l’on se plait à danser sans fin. Cohérence et cohésion tel était le point fort du Rock-A-Mambo dont chacune des ses apparitions était pour son chef Nino MALAPET l’occasion d’une démonstration de son savoir faire au saxo et dans les arrangements.

1959 – Inspirateur du retour au bercail des musiciens brazzavillois évoluant à Léopoldville (Kinshasa) , Nino MALAPET, hélas ! Sera absent le 15 Août 1959 à Brazzaville lors de la première sortie de l’orchestre Bantou « Chez Faignond ». Il opte pour la continuation avec l’Orchestre Rock-A-Mambo. Avec NEDULE « Papa Noël » comme l’un des plus intéressants guitaristes soliste de sa génération et LANDO « Rossignol » comme chanteur remarquable, Nino MALAPET a su combiner intelligemment les influences des partants (ESSOUS-PANDI) pour se créer un style un peu versatile mais avec plus de complexité rythmique et harmonique.

1961, le Rock-A-Mambo de Nino MALAPET s’éclate à Pointe-Noire. Resté seul, Nino MALAPET rejoint Brazzaville où il s’inscrit au Centre d’Enseignement Supérieur. Il prend les cours de droit, ça mort, mais pas pour longtemps, car obsédé par la musique, il rejoint Les BANTOUS et son alter ego Jean-serge ESSOUS. Tous les deux interprètent avec un grand sentiment d’amour et au désir de transmettre aux mélomanes les plus sensibles une saga de grande portée culturelle, afin de garder la flamme qui allait désormais se perpétuer au Congo et dans le monde.

1966, du 1° au 24 Avril 1966, Nino MALAPET et Les Bantous ont l’honneur de représenter la musique congolaise au 1° Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar, et à l’issu duquel Jean-Serge ESSOUS, alors chef d’orchestre choisi le chemin de l’exil. Nino MALAPET reprend la direction de l’orchestre. Le retour de Jean Serge ESSOUS en 1971 ne change rien. Nino MALAPET conduit l’orchestre en collaboration étroite avec son frère ESSOUS.

A partir de 1999 et surtout après la crise qu’à connu Les BANTOUS après la guerre civile de 1997, Nino MALAPET va peu à peu connaître un certain déclin. Sa santé chancelle, ses médecins lui interdissent de souffler de son instrument, suivi d’une cure de santé à Libreville au Gabon. Néanmoins, il a continué à diriger le groupe jusqu’après la disparition de Jean serge ESSOUS le 25 Novembre 2009.

L’aspect fondamental que les virtuoses du saxo Nino MALAPET et Jean-Serge ESSOUS ont su donner les moyens d’agir, ces dernières années était la capacité de projection à se développer dans la formation et la promotion des jeunes talents pour une mutation coordonnée. Avec la disparition de Jean-Serge ESSOUS et de Nino MALAPET, on peut se satisfaire du travail accompli. Toute la responsabilité des Bantous sera désormais dans les mains des deux derniers co-fondateurs encore vivants : Edo GANGA et de Célestin KOUNKA.

Adieu Nino MALAPET

Clément OSSINONDE ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

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Commentaires  

 
0 #2 Poutou Magaly 31-01-2012 21:46
Jean Dieudonné Malapet était né le 8 mars 1935 à Brazzaville. Virtuose du saxophone, il fut aussi un sportif émérite. Ex-sociétaire de l'équipe de football Patronage Sainte Anne de Brazzaville, Nino Malapet travailla un temps aux PTT et à la Caisse nationale de sécurité sociale.
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0 #1 Zoé Attali 31-01-2012 11:02
Nino Malapet était un virtuose du saxophone dont le talent fit le tour du Congo et d'ailleurs. Nino Malapet et les Bantous de la capitale, a été une histoire d'amour qui a commencé en 1959 avec de nombreuses œuvres dont les plus marquantes sont La Belle époque, Rosalie Diop, Makambo Mibalé, etc. Pur produit de feu Kabassélé dit Grand Kallé et son African jazz, Nino et les Bantous de la capitale faisaient partie de la troisième école de ce génie de la chanson, à côté des styles Fiesta et Odemba.

Très jeune, Nino Malapet baigna dans le monde de la musique aux côtés de son oncle Emmanuel Dadet Damongo, qui dirigea le groupe Melo-Congo. Tout en suivant ses études, le jeune Nino se passionna pour la musique et commença à jouer de la guitare. C'est en 1954 qu'il concrétisa son vœu en créant le Jazz Band Nègre, avec le clarinettiste Jean Serge Essous (devenu par la suite un saxophoniste émérite avec qui il formera un duo de feu), Edo Ganga et Nkouka Celio, les chanteurs de charme.
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