27/06/2017

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La philosophie sociale des nombres dans la vision « Muuntuienne » de Maître Rudy Mbemba Dya-bô-Benazo-Mbanzulu

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L’illustre KOONGOLOGUE, Rudy MBEMBA, vient de publier un ouvrage original enluminé de valeurs traditionnelles, culturelles, morales, religieuses et spirituelles. Intitulé le MUUNTU et sa philosophie sociale des nombres », édité chez l’Harmattan. Ce livre incandescent et majestueux montre la nature véritable du MUUNTU et sa fusion parfaite avec l’âme divine.

Un cheminement spirituel que l’auteur fécond nous esquisse par le canal des nombres qui symbolisent l’essence et la quintessence de la vision sociale chez les BANTOUS singulière avec les KOONGO. C’est la sublimation totale de l’homme devenu MUUNTU «déifié» que  Rudy MBEMBA expose dans sa philosophie atypique et plurale focalisée sur la notion du nombre.

A la lumière de cette découverte conceptuelle, symbolique, ritologique dans l’exploration de la vallée royale de MBANZA KOONGO, l’auteur en voyageant dans le temps,  en lisant dans les annales anciennes, livre aux profanes les arcanes suprêmes des ancêtres et montre aux adeptes le chemin de la mort initiatique qui amène au village céleste des aïeux. Une démarche nouvelle dans la littérature congolaise qui montre les recherches poussées de l’auteur KOONGOLISE, sa singulière vision de la quête du graal et celle du devenir de l’être MUUNTU dans son développement intégral. De plus, cette approche bouleversante dévoile les énigmes, enseigne les vérités, diffuse les connaissances et savoirs des ancêtres KOONGO dans leur conception de la société, de la vie, de la mort. Une relecture historique aux inflexions coutumières des aïeux dans leur sublime art de compter, «TANGA», que l’avocat, écrivain et poète congolais nous donne à cœur ouvert dans cet ouvrage à orientation socio-anthropologique des KOONGO.

En somme, le MUUNTU est cet être porteur d’humanité et de nombreuses valeurs socio philosophiques que renferment les nombres. Partant de ce postulat de base du paradigme BANTOUIEN, Rudy MBEMBA montre à travers les nombres que leur sens s’intègre dans la réalité socio anthropologique des KOONGO (page 142).

Une étude originale

A la lecture des premières lignes l’ouvrage porté sur la philosophie des nombres amorce  d’emblée une analyse à rebours dans sa vocation originelle. Un crédo historique sous le fond d’une musique du nombre qui englobe tout et explique l’odyssée intérieure de l’âme dans son retour vers le monde Un. A cet égard l’auteur écrit : « dans la quasi-totalité des travaux ayant porté sur les KOONGO, le domaine des nombres occupe une place inexistante » (page.23).

Une grande première dans l’étude de la tradition KOONGO et dans sa portée initiatique millénaire éclairante. A travers ce sublime ouvrage une porte est ouverte dans le temple sacré des ancêtres et leurs NGUNZA d’Alors. Une mémoire des temps anciens est explorée dans ses recoins enfouis et énigmatiques par Maitre Rudy MBEMBA. A cet égard, le préfacier monseigneur Anatole MILANDOU souligne, fort justement, en guise de conclusion: « ce travail, original, porté sur la science des nombres ou tout simplement les nombres et les éventuelles significations qu’ils peuvent comporter, revêt le caractère d’une initiation à un problème encore peu étudié. Il ouvre une voie dans l’étude de la langue KOONGO »(page.9). Et lorsqu’il poursuit allégrement:« le présent ouvrage, le MUUNTU et sa philosophie sociale des nombres, de Rudy MBEMBA, vient combler un vide dans les études KOONGO. Dans une herméneutique, l’auteur à travers les nombres, nous montre que leur sens s’intègre dans la réalité socio-anthropologique des KOONGO »(page 7).

A contrario de la notion simplement mathématique, l’analyse des nombres chez Rudy MBEMBA s’inscrit dans la logique de l’école KOONGOLAISE d’inspiration BANTOUIENNE. Une vision idéelle autour des mots, état, situation et aspiration. C’est suivant cette conception triptyque que l’auteur souligne à fortiori et que l’éminent monseigneur MILANDOU vénère amplement: «le nombre apparait à la fois comme une norme humaine et sociale qui est de surcroit en perpétuel devenir» (idem).

De plus, l’auteur emprunte le mot TANGA «compter» dérivé de NTANGU «soleil» et plus spécifiquement MVWALA pour désigner en KOONGO le nombre. Mais son intelligence  réside dans la définition du mot MVWALA qui symbolise intégralement sa démarche novatrice pour démontrer son étude prodigieuse. Ce mot est un tout qui englobe tout dans l’analyse, l’explication lumineuse de la philosophie des nombres dans le devenir du MUUNTU incarné, socialisé, harmonisée avec l’éternel dans toute sa splendeur et totale magnificence. Il explicite l’âme libérée de ses oripeaux profanes et qui rentre dans le monde d’en haut. De la connaissance, des savoirs et de la sagesse éclairée. Un autre MUUNTU est né en pensée, en parole et en action. C’est cette renaissance spirituelle qui est au cœur de MVWALA dans son essence initiatique et dans le rejet du moi impérieux. Cet esclave qui retient le MUUNTU dans les régions nébuleuses. C’est en se détachant de ses chaines séculaires du samsara qu’il enterre l’illusion cosmique pour devenir lui-même dans la connaissance de sa véritable identité: MUUNTU NZAMBI ou l’Homme devenu dieu. C’est ce processus de progression spirituelle par la voie de socialisation, de l’humanisation voire d’intériorisation des principes qui sont les leviers de la libération totale de son âme inférieure vers celle dite supérieure.

Le but principal de l’œuvre

En substance l’auteur dit: «en fait, les principes et usages de la tradition KOONGO n’ont jamais été examinés sous la forme de nombres pour en connaitre l’essence même ou au mieux pour comprendre leur importance dans la vie et le développement du MUUNTU ». (page.23). De plus, il ajoute: «…l’objet même de cette étude qui, au-delà de la présentation des nombres dans la philosophie KOONGO, aura pour objet de les analyser et d’en extraire la quintessence »(page. 23).  Ce faisant, l’objectif premier de Rudy MBEMBA est de montrer l’âme qui regorge les nombres dans leur essence sociale, spirituelle et religieuse. En étudiant l’âme même des nombres dans la vision de la langue KOONGOLAISE, l’auteur met en exergue l’idée communément admise dans cette tradition millénaire à savoir : dans chaque nombre  repose une âme. Le nombre comme esprit agissant façonne la vie, le développement de l’être dans son processus physiologique et cosmique, dans son ascension vers les hautes sphères de beauté, d’amour et de joie. Où son âme rejoint les entités célestes et communie avec ces divinités pour l’avènement du monde des cieux sur terre. Ce sont les étapes graduées que le symbolisme des nombres expose pour voir l’évolution de l’âme  quittant sa nature première vers celle de la lumière. La philosophie sociale des nombres est une initiation à la langue KOONGO, un enseignement millénaire des préceptes moraux pour faire du MUUNTU renaissant un MFUMU MPU pétri de Sagesse, de morale, de justice, de loyauté. Un véritable chef CHIKIRILATIF dans la lignée des anciens. «Celui qui voit le diable et ne dit rien» pour restaurer la paix sociale et la tranquillité des esprits. Avec cette vision supérieure, le MUUNTU KOONGO, c’est-à-dire l’Homme des Lumières (page. 36) est vêtu de l’armure céleste et enrobé de l’aura chatoyante. Le sens des nombres intègre toute sa vie, guide ses pas, ses choix, ses rêves, ses ambitions, ses passions, ses amours et l’oriente dans sa quête de la pierre philosophale en symphonie avec les esprits supérieurs.

Une doctrine supérieure

Au cœur de la philosophie sociale des nombres, c’est le refus manifeste de la vie diabolique gouvernée par les MATEBO ou les MIKUYU (page 54) au profit de celle des bienfaiteurs de l’humanité. Ces esprits gardiens de l’univers appelés les BISIMBI (page.53). Ou les BIBA (page.125).Car cette doctrine évoque une incantation divine dans la citation des nombres et dans le dévoilement des chiffres incarnant l’élévation de l’esprit. La sagesse des nombres soigne l’âme du MUUNTU en lui montrant le rêve intérieur à suivre pour devenir le MUUNTU accompli. C’est la croyance amplifiée aux forces de l’esprit inscrite au fronton des chefferies des anciens. Que cette philosophie transcendantale fait du MUUNTU achevé un esprit puissant, imprégné des valeurs sociales, humaines et fraternelles. Et celles de l’équité et de l’égalité profonde entre les peuples.

Selon lui, «En langue KOONGO comme dans toutes les langues du monde, les nombres portent tous une appellation allant de 1à 10. Ainsi les nombres recouvrent les appellations suivantes : M’MOSHI, M’MUSHI ou NTETE, le chiffre un (1), ZOLE : le chiffre deux (2); TATU : le chiffre trois(3), YA: le chiffre quatre(4); TANU: le chiffre (5); SAMBANU: le chiffre sept(7 ; NANA: le chiffre huit(8); VWUA: le chiffre neuf(9); KUMI :le chiffre dix( 10) ».(p.24). En somme, les nombres chez les BANTOUS, en particulier chez les KOONGO, traduisent certaines idées qui sont d’une importance capitale; il s’agit de neuf principes fondamentaux qui sont: 1.Le verbe ou Dieu; 2.La vie, l’humanité; 3.La Sagesse; 4.La force, la puissance; 5.Le discernement, l’Esprit de jugement; 6.L’Espérance, la Méditation; 7.La Bienfaisance ; 8.La Persévérance, la Conviction voire la Foi; 9.La Possession, l’Harmonie ou la Paix.(p.129). Il en découle de ses travaux que le nombre 1 à 9 décrit explicitement le chemin de la purification, de la régénérescence, de l’élévation spirituelle. C’est l’évolution et développement du MUUNTU que l’auteur appelle YALAMA (page.63). Le MUUNTU devenu Un avec l’infini est dans la possession et la paix totale. Une âme achevée qui atteint le sommet de la pyramide et des hiérarchies supérieures.  Au stade suprême du nombre KUMI le MUUNTU devient le NKULU. « Quant l’être acquiert ou accède à cette dimension correspondant d’un point de vue quantitatif au nombre KUMI, il devient incontestablement un référent, un maitre, un modèle divin ou un dieu, c’est-à-dire un NZAMBI pour les vivants ».(page.127).

Avec cette œuvre étonnante le KOONGOLOGUE, Rudy MBEMBA montre clairement que la philosophie des nombres était déjà présente dans l’ère glorieuse de la vallée royale de MBANZA KONGO. Où les NGUNZA d’Autrefois contemplaient les nombres et les chiffres pour connaitre le présent et l’avenir du MUUNTU. L’être intelligible. Ces célèbres prophètes, ces spirites illustres transitaient entre ce monde d’en bas et l’outre tombe par la lecture des connaissances minutieuses des nombres. Une vie couvée à cette écriture sacrée, vouée à la peinture des nombres hiéroglyphiques qui traçaient le parcours initiatique de l’esprit et le voyage radieux de l’âme vers l’infinie beauté des numéros célestes. Ce royaume de la numérologie céleste,  de la théologie des chiffres qui montre l’immensité du cosmos qui ne s’achève. Une philosophie de l’idéal du MUUNTU cosmique a largement guidé ces initiés forestiers pour comprendre et appréhender cette vie et celle de l’au-delà ou village céleste des anciens (page.55). C’est l’étude du chemin suprême du MUUNTU réincarné et de sa destinée finale. L’Amour illimité. Une aspiration à l’éveille de la conscience humaine. « Le but de l’initiation était simplement d’éclairer, les néophytes, sur le devenir de leur existence à travers les savoirs, les connaissances du NZA, c’est-à-dire de l’univers ». (page.77). Des écoles de mystères comme le KIMPASI, le LEEMBA, le KIMBA, le NDEMBO (idem) ou des écoles initiatiques dans les chefferies et les MBONGUI anciens ont servi des canaux d’enseignement, de transmission à travers le verbe sacré aux profanes de pénétrer les mystères cachés autour de la science des nombres et sa sublime vision de la transmigration des âmes. Cette théorie de la métempsycose était une pratique célèbre des peuples Bantous et celle encrée dans la connaissance de soi trouve aussi son influence manifeste dans la vie quotidienne, philosophique sociale des nombres chère aux NGUNZA anciens.

A la croisée des chemins l’étude du «MUUNTU et sa philosophie sociale des nombres» décrit par le brillant écrivain vante qu’une syntonie est bien réelle entre les courants occidentaux issus de l’école de l’humanisme intégral et celle de la vision du MUUNTUÏSME africain. Un croisement et une union sont mis en avant par la genèse naguère en Afrique de cette philosophie qui a généré les adeptes et les disciples aujourd’hui envahissant toutes les écoles de mystères du Nord. A vocation spiritualiste et initiatique qui peuplent tous les mouvements humanistes aujourd’hui en vogue. Ces ramifications se trouvent dans ces terreaux de réflexions sociales, humaines, religieuses et spirituelles. Ce faisant, on peut affirmer à l’image de cette magistrale et exhaustive analyse que l’Afrique demeure la mère première qui a fécondé toutes les doctrines, les philosophies. Qui ont construit l’ère du mouvement syncrétique entre la tradition animiste africaine d’avec le christianisme professé par les Colons blancs d’hier et tel qu’il est véhiculé largement par la vulgate Vaticane.

En définitive

Loin d’être une apologie sectaire de la culture Kongo l’avocat Rudy MBEMBA, en mettant en lumière un texte puissant sur la philosophique sociale des nombres au cœur de la vision du MUUNTU, a extirpé dans les méandres de la tradition BANTOUE des arcanes cachés dans sa vallée séculaire, mystérieuse. Une connaissance ancestrale voilée de nombres vient d’être exhumée par l’auteur dans ce monde d’hier inexploré. Une voie spirituelle est ouverte dans cette fouille lointaine par l’exploration et la découverte du mémoire des temps anciens. Qui parle de la vie dans ces époques là où les NGUNZA illuminés rentraient dans leurs cavernes intérieures pour interpréter et comprendre le monde par la voix du Dieu soleil «TANGU», par la voie de MVWALA. C’est la vocation transcendantale de l’âme divinisée que l’avocat KOONGOLOGUE nous a donné en héritage, en partage pour être présent au présent et devenir soi même. Ce MUUNTU caché en nous. C’est ce vieil ancêtre africain endormi en nous qu’il faut réveiller pour atteindre l’unique dieu soleil ou NZAMBI MPUNGU (page 53). C’est une merveilleuse leçon de vie sociale, humaine, religieuse et spirituelle que TATA N’DWENGA nous a présentée par le prisme scintillant des nombres pour devenir celui qui est et en union symbolique avec l’âme universelle. Ce MUUNTU cosmique imbu d’amour inconditionnel. Car, arrivé au stade suprême de KUMI, le MUUNTU éveillé perd tout et obtient tout. Les forces d’en haut adoucissent son karma «TSIEKELE ZA MPASSI» et dirige son destin de servir l’humanité. En devenant par excellence le (BA)-KULUNTU (page 55) dérivé du mot KULA (page.69) ou le messager de TATA NZAMBI. Le dieu éternel. Tel est en abrégé le message véhiculé par le KOONGOLOGUE Rudy MBEMBA dans son livre savoureux et agréable à lire. Et à garder précieux dans notre riche bibliothèque.

Yves Makodia-Mantseka

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Les ouvrages de l’auteur:

- Le Procès de Kimpa Vita, La Jeanne d’Arc congolaise, L’Harmattan édition  2003

- Le Muntuïsme,L’Humanisme intégral Africain, Sociétés des écrivains édition 2006

- Le Cardinal Emile Biayenda et sa vision du développement intégral du Congo-Brazzaville, L’Harmattan édition  2008

- Plaidoirie pour l’abbé Fulbert Youlou, 1er Président de la république du Congo-Brazzaville, L’harmattan  édition  2009

- Le Muntuïsme, Essai d’un code pénal des sociétés bantoues, Connaissances et Savoirs Edition 2010

- Muutu et sa Philosophie sociale des Nombres, L’harmattan édition 2011


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