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Les héritiers artistiques de Grand KALLE

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Physiquement, cela aurait dû être Tabu Ley qu’il a découvert et lancé dans le monde musical. Artistiquement, on peut dire que tous les artistes sérieux, amoureux du travail bien fait tel que fut Kabasele Yampanya ou tel que sont Koffi Olomide, Jossart Nyoka Longo, papa Wemba, peuvent être qualifiés d’héritiers de Grand-Kallé.

Pour Kabasele, ce n’était pas la quantité des chansons qui devrait primer sur la qualité des œuvres à produire.

29 ans jour pour jour que mourrait Kabasele Tshamala dit Grand Kallé Jeff. En cette période des turbulences à la suite du printemps arabe et de la fièvre postélectorale, le parcours de l’artiste peut servir à l’apaisement des esprits. Artiste à triple dimension, Kallé Jeff est doté d’abord d’une dimension d’artiste-chanteur, politique et économique. Roger Ganzumba est l’un de ceux qui ont pénétré l’intimité et ont tutoyé le chanteur immortel. Témoignage !

«Kabasele Joseph avait, en effet, trois dimensions. La dimension artistique, celle sous laquelle il est le plus connu. La dimension d’homme politique parce qu’il était un artiste engagé dans le sillage des pères de l’indépendance notamment Patrice Emery Lumumba. L’optique d’homme d’affaire parce que Kallé Jeff fut le premier Congolais à s’émanciper de la tutelle belge. La première maison d’édition congolaise dénommée «Surboom African Jazz», maison qui éditera du reste quelques chansons de l’orchestre «OK Jazz» qui bénéficiera d’un voyage financé en Europe avec à la clé, l’acquisition d’un équipement musical par OK Jazz.

L’ARTISTE A SUPPLANTE LES AUTRES DIMENSIONS

C’est une vision quasi partielle de penser que l’artiste a supplanté les autres dimensions. La plupart des gens ignoraient les autres dimensions. J’en veux pour preuve, le fait d’appartenir au clan Lumumba lui a valu l’ire du président Mobutu et du Groupe de Binza. L’une des chansons, à part celle connue d’indépendance Tchatcah et de Table ronde composée à l’occasion de la Table Ronde de Bruxelles, j’ignore le titre exacte, Kabasele dit aux congolais : «Moniga dit eh sepela indépendance. Kobunga te tokumisa Lumumba ; abundi mingi tika nayebisa yo. Binso bia ye abuaki se kobuaka, lokola soyi. Ghana, Guinée, Mali, Nigeria Mboka na mboka ayekoli mateya. Mindele ya motema mabe, bakangi ye, bamoti Ndolo. Na Kisangani, na Jadot-ville (Likasi), na kati ya boloko Lumumba ngo mawa».

Une autre chanson du genre : «Ngonga ebeti ba tata na ba mama. Bana pe mikolo bobima mbangu. Lobi lozalaki moto moyindo mawa, obele mosala na fimbo sima. Oloba boye mabe makako vanda nye. Kasa-Vubu atali alobi ekosila. Oh Lumumba Dipanda pona yo » dans cette chanson, il a chanté l’ensemble des père de l’indépendance comme Anicet Kashamura et d’autres dont il voulait que les Congolais prennent conscience de la lutte de l’indépendance du pays.

Kabasele aurait apporté beaucoup à l’époque actuelle de la gestation de la démocratie, en ce sens que l’unitariste comme il l’était, et se situant au dessus des tribus et des régions, il allait exhorter les Congolais à l’union et à l’amour du pays, en ne tenant pas compte d’appartenance ethnique, régionale ou autres. C’est ainsi d’ailleurs que lorsqu’immédiatement après l’arrestation et l’assassinat de patrice Emery Lumumba, à la suite d’un groupe de réarmement moral canadien qui a travaillé au Congo à l’époque sous l’instigation des Nations Unies, Kabasele a composé une dizaine d’œuvre sur l’unité, la concorde et l’amour patriotique qui mettaient en garde les Congolais à la tentation de vendre leur pays. On voit en cela que Joseph Kabasele demeure dans la droite ligne du discours de Lumumba qui disait que le sort du Congo ne devait plus décider à Londres, paris et Bruxelles.

TABLE RONDE ET TCHATCHA ONT PRIS LE DESSUS SUR LES AUTRES

C’est dans l’air du temps parce que les événements marquant de l’époque sont justement la Table ronde de Bruxelles suivi quelques temps après du point culmunant qui se trouve être la proclamation de l’indépendance du pays le 30 Juin 1960. Je peux dire que c’est grâce à Kabasele que cette expression « Table-ronde » est mise à la portée de tous les Congolais, voire popularisée dans l’opinion congolaise.

INDEPENDANCE TCHATCHA UNE COMPOSITION CONTROVERSEE

Nos concitoyens adorent la médisance et les affirmations gratuites lorsque les vrais protagonistes n’ont plus la possibilité d’apporter les démentis. En ce moment, deux musiciens qui ont accompagné Kallé Jeff à la table-ronde de Bruxelles. Il s’agit du contrebassiste Brazzos, transfuge de «Ok Jazz» avec Vicky et Petit >Pierre, le batteur de tamtam que Kabasele avait préféré à De Puissant, habituel musicien de «African Jazz», laissé pour l’occasion à kinshasa. Ils sont encore vivants. La question peut leur être posée quant à connaitre le vrai compositeur de la chanson «Indépendance Tchatcha».

QU’EST-CE QUI SEPARAIT KALLE DU REGIME MOBUTU ?

Le régime Mobutu, aux yeux de Kallé et de beaucoup de nationalistes de l’époque et de maintenant est complice de l’assassinat de Lumumba. La chasse à ceux qu’on a qualifié de nationalistes dans ce pays. Nous citerons les plus célèbres Finant et Elengesa à Kisangani, Nzuzi à Kananga et tant d’autres nationalistes qui ont été envoyés au massacre à Bakwanga. On peut donc dire qu’il y avait suffisamment des raisons pour que Kabasele fidèle de Lumumba ne puisse pas porter ce régime dans son cœur. Ce que celui-ci lui a d’ailleurs très bien rendu.

DES OBSEQUES

Erreur. Les obsèques réservés à Kallé Jeff n’était qu’une simple récupération politique et politicienne de la part d’un maitre tacticien que fut le président Mobutu.

L’OPERATEUR ECONOMIQUE

Kallé Jeff, dans la mesure où il a été précurseur de la mise sur pieds des formations musicales telles qu’elles sont connues aujourd’hui dans notre pays, avec l’introduction de tous les instruments, avait eu la lumineuse idée de créer dans la foulée de l’indépendance la première maison d’édition musicale du congo surnommée «Surboom African Jazz». Or, en ce faisant, il nuisait profondément aux intérêts des sociétés belges comme Fonior complice de la société Sabam, qui tirait les marrons du feu de l’activité musicale du Congo-belge à l’époque. Et comme il avait eu l’outrecuidance d’attirer dans son sillage l’autre grand orchestre de l’époque à savoir « Ok Jazz », je peux donc dire que Kallé a eu une vision économique dans ce domaine de la musique.

Ce qui constitue un casus belli pour les intérêts économiques belges. Car Kallé allait leur enlever, assurément du pain de la bouche.

MAIS, «SURBOOM AFRICAN JAZZ» A FAIT LONG FEU

C’est normal, puisque cela a provoqué une hostilité de ceux qui se sentaient lésés dans cette vision et qui ont utilisé un pion pour amener à la dislocation de «African Jazz », espérant ainsi, la déconfiture de Kallé lui-même. L’artiste Kallé n’est pas mort dans le dénuement le plus total.

C’est une vue d’esprit parce que, il était toujours propriétaire d’une maison à la Cité Salongo-Sud et comme il avait une grande dimension dans sa famille et par conséquent de son oncle feu cardinal Joseph Albert Malula, c’est la raison sentimentale qui a poussé ce dernier à demander qu’il vienne passer sa convalescence à l’archevêché où malheureusement il a connu la crise d’hypertension qui l’a emporté. Jusqu’aujourd’hui, ses œuvres continuent à être rééditées et font toujours l’objet des droits d’auteurs payés par une société française.

On ne peut donc pas prétendre qu’il soit mort dans le plus grand dénuement.

LES HERITIERS ARTISTIQUES DE KALLE JEFF

Physiquement, cela aurait dû être Tabu Ley qu’il a découvert et lancé dans le monde musical. Artistiquement, on peut dire que tous les artistes sérieux, amoureux du travail bien fait tel que fut Kabasele Yampanya ou tel que sont Koffi Olomide, Jossart Nyoka Longo, papa Wemba, … peuvent être qualifiés d’héritiers de Grand-Kallé. Car vous n’oublierez pas que dans l’homélie prononcée par le cardinal Malula lors des funérailles de Grand kallé, il a dit : «Il a aimé le vrai. Il a fait la vraie musique, il a aimé le bon. Il a fait de la bonne musique. Il a aimé le beau, il a chanté la belle musique ». Pour Kabasele, ce n’était pas la quantité des chansons qui devrait primer sur la qualité des œuvres à produire.

AUCUN HERITIER BIOLOGIQUE QUI GARDE LES TRAITS ARTISTIQUES DE CE GRAND CHANTEUR ?

Sur le plan artistique, je ne vois personne. Mais, je me permets de citer parmi les héritiers, madame Claudia Sassou, une grande mécène de la musique actuelle et qui se trouve être comme par hasard, la petite nièce biologique de Grand-Kallé.

QUE CONSIDEREZ-VOUS COMME CHEFS D’ŒUVRES PRODUITS PAR KALLE JEFF ?

Dans le désordre, je citerai Para Fifi, Félicité, Nzela mosika, Kallé Kato, Ambiance, chauffer African Jazz, Chauffeur Laurent Masibu et Laurent fantôme, kin ya banganga, Débordement gauche-droite, Lumumba Patrice, Table-ronde, indépendance Tchatcha, …

L’HOMME AVAIT-IL UNE METHODE PARTICULIERE DE TRAVAIL AVEC SES MUSICIENS POUR ATTEINDRE PAREIL RESULTAT ?

Formé à l’école des pères scheutistes et ayant travaillé comme sténo dactylographe dans une entreprise commerciale avant de se consacrer entièrement à la musique, Kabasele qui était perfectionniste, était un amoureux du travail bien fait. A telle enseigne que les séances de répétitions des divers musiciens qu’il a eu à diriger pouvaient ressembler pour ceux-ci à des séances de tortures tant aucune fausse note n’était tolérée par le maitre.

A ma connaissance, avec des gens comme Bombenga et autres collaborateurs, Kabasele travaillait comme un patron qui demande à une secrétaire de rédiger un projet de lettre en lui indiquant seulement l’objet et le destinataire qu’il corrigeait par la suite avant de la signer. C’est ainsi qu’on peut comprendre, que des artistes tels que Jeannot Bombenga ou Tabu-Ley Rochereau pour ne citer que ceux-là, donnent l’impression d’avoir composé beaucoup plus que le maitre, à une certaine époque.

BIENVENU MARIE BAKUMANYA

© KongoTimes

LOBOKA NA LITAMA - LE GRAND KALLE

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Commentaires  

 
0 #1 Kaning 16-03-2012 18:43
Vous oubliez en grand panafricaniste la chanson" Ebale Ya Congo" un titre pr&monitoire dans laquelle il invitait les congolais à l'ouverture de l'esprit, le pays étant un grand carrefour en Afrique.
Une petite réctification cependant: le Cardinal Malula ne fut pas oncle de Kallé, contrairement à ce qui s'est dit autrefois, mais ils étaient cousins de par leurs mères. Kallé étant Un "Mukwanga Muena Dipumba", alors que Malula était "Muena Kabindi wa mu Tshibombo". Mais leurs pères respectifs s'étaient tous retrouvés jeunes à Matadi, s'étaient mariés l'un à une grande et l'autre à une petite soeur dans une même famille dans la province de l'Equateur.
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