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Paul EBENGO « De Wayon », une pierre angulaire dans tous les styles de la rumba

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Le génial guitariste-chanteur Paul EBENGO « De Wayon » figure parmi les personnages les plus extraordinaires qu’ai donnés la musique congolaise. Il serait encore temps de redécouvrir cet admirable vocaliste qui a mis pendant près de quarante ans, un talent original, un goût et une compétence rares au service d’une musique qu’il a aimé avec passion.

Parmi les formes d’expression rythmiques en vogue dans les années 50, il s’est révélé un style dit « Indoubil », un vocable qui proviendrait vraisemblablement de la fusion des mots Indien et Bill, deux éléments tirés des films Western américain (pour citer Manda Tchebwa). L’un des promoteurs de cette tendance « Indoubil » est bien Paul EBENGO « De Wayon » dont l’œuvre aux éditions « Loningisa » et « Esengo » a été déterminant.

Né à Bolobo (RDC) en 1934, « De Wayon » abandonne très tôt ses études pour se faire engager comme graisseur à bord d’un bateau fluvial qui faisait Port Franqui (Ilebo) – Léopoldville (Kinshasa). A Kinshasa, ville de ses rêves, il déserte son emploi une fois le bateau accosté et tente l’aventure. Il décide donc de confier ses déconvenues et déception à une guitare qu’il apprend laborieusement à gratter grâce à la formation soutenue par son ainé POKU LOKONDA « Ondo Ondo ». A cette époque, c’est-à-dire en 1952, « De Wayon » a comme ami très proche LUAMBO Franco, lequel a 10 ans a déserté l’école pour jouer à l’harmonica. Mais l’instrument qui passionne LUAMBO, est la guitare qu’il subtiliserait régulièrement chez De Wayon pour s’exercer. Les deux ont commencé à imposer aux éditions Loningisa, un climat rythmique avec les moyens les plus simples, avant de créer le groupe « WATAM », formation dans laquelle LUAMBO a commencé à s’exprimer aux éditions Loningisa, avec De Wayon, BIKUNDA, MUTOMBO et Edo MONGWELO

1953, Sous la houlette d’Henri BOWANE, « De Wayon » qui s’affirme comme l’une des meilleures vedettes des éditions « Loningisa » se fait distinguer par la sortie des grands succès, parmi lesquels « Bokilo ayébi kobota », « Nalekaki na nzela, etc.

1955, Paul EBENGO « De Wayon » et LUAMBO « Franco » constituent désormais la clé de voûte du groupe Loningisa et se font distinguer dans de nombreuses chansons à succès.

1956, pendant que LUAMBO s’associe à d’autres sociétaires de Loningisa pour créer l’OK Jazz, De Wayon attribue à sa formation l’appellation Conga Jazz. « Alliance mode succès » est son denier grand succès chez « Loningisa », avant d’intégrer en Janvier 1957, les éditions « Esengo » du grec Dino ANTONOPOULOS, dont la gestion est confiée à Henri BOWANE. Conga Jazz, le Rock-A-Mambo et l’African Jazz, constituent désormais des groupes associés au sein de l’écurie. 1957 – 1959 Paul EBENGO « De Wayon » et Conga Jazz sont au sommet de leur gloire, surtout qu’ils bénéficient de l’apport des musiciens associés pour parfaire leurs œuvres. Citons, parmi les titres les plus populaires : « Maria Valenta », « Rumba quiero », « chachacha charmante » « Lemoti »…

1959, le Conga Jazz se restructure solidement et donne le meilleur de lui-même au sein d’une équipe revigorée. Avec Gérard MADIATA, comme personnage central dans la variété. Excellent chanteur, il est demeuré l’un des grands créateurs d’un style, ayant savamment mêlé la musique internationale, avec la rumba rock, et une voix proche des « blues shouters » américains. Il donnera libre cours à ses talents de compositeur contemporain, et d’artiste solo pour s’approprier le titre de leader ou maestro. Très belle chanson en français, celle qui a caractérisé le succès de son premier disque : « Lucie Botayi », un boléro-cha-cha-cha, qui apparut comme une surprise dans le contexte musical de l’époque.

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1965 - DE CONGA SUCCES A CO-BANTOU

Dans l’orchestre »Conga Jazz » de cette période, on comptait, le guitariste LUTUMBA « Simaro », le chanteur Jean KWAMI MOSI, le saxophoniste KIAMUANGANA « Verckys » qui se sont révélés quelque temps après les piliers de l’OK Jazz. Citons aussi le chanteur de charme aux allures de clown, le brazzavillois, « Champroux »

1960 - LE CONGA JAZZ DE « DE WAYON » SUCCEDE A CONGO SUCCES

1960, avec la fermeture des éditions « Esengo » au début des années 60, le CONGA JAZZ succède au CONGA SUCCES. C’est à la faveur de cette modification de nom qu’intervient de plein pied, l’entrée dans la carrière musicale, des frères Jean BOKELO et Jean-José LOHOTA. Les trois frères réunis commencent une nouvelle exploration instrumentale et sonore avant de se consacrer d’avantage à la recherche d’un équilibre orchestral basé sur le rythme traditionnel de la région du « Lac Léopold II » (Région de Bandundu)

1964, Le Conga Succès va s’imposer comme l’orchestre de référence, autour de Jean BOKELO et à travers ses « Mwambe » n°1 à 6, dont Il su concilier les vertus traditionnelles et les goûts d’un très large public. Le CONGA SUCCES est firmament, grâce aux grands mérites obtenus avec des musiciens de grands talent comme : Paul EBENGO « De Wayon », Jean BOKELO, José LOHOTA, Don PIERROT, MOMBEMBE, FILLOT, TCHADE, BELLOS, ALBERTO, Emmano MBALA, BASABA, etc.

1965 - DE CONGA SUCCES A CO-BANTOU

1965, La fusion CONGO SUCCES de « De Wayon » et quelques musiciens d’origine   Bantous de la capitale, comme, NEDULE « Papa Noël » et MAMBAU « Jacky » donne naissance à l’orchestre CO-BANTOU. Deux ans après, en 1967, les musiciens d’origine Bantoue précités se séparent de « De WAYON » pour créer l’orchestre BAMBOULA ». Une occasion pour DE WAYON de se faire remarquer par des ambitions intéressantes : construire une musique progressiste mais énergique, en l’intégrant dans un environnement spectaculaire, laissant une large place à l’utilisation de la danse, des rumbas élaborées, qui font sensation, avec la belle voix de NGAMBO « Diamant », dans les titres comme « Niama ya nzamba », « Nakamwe Rocky », « Camarade ya Kinshasa »…On y remarque aussi la participation des grands bonhommes, « Champroux », « Emmano », « Mayos », « Roy », « Jim ».

1968 – Jean BOKELO CREE SON PROPRE ORCHESTRE : « CONGA 68 »

Soucieux de passer à une étape cruciale de sa vie professionnelle, BOKELO décide dès 1968 de faire cavalier seul. Il crée son « CONGA 68 ». La première vertu de BOKELO-ISENGE est de présenter un grand orchestre plein de fouge, jouant avec une belle mise en place des arrangements simples qui combinent avec les nouvelles conceptions des « Mwambe ».

L’expérience des frères EBENGO, BOKELO, LOHOTA est certainement la plus féconde de l’histoire de la musique congolaise. Elle constitue avant tout un témoignage sur l’apport traditionnel de l’âme du Lac « MaIndombe » dans la région de Bandundu.

Quant à EBENGO « De Wayon », il sombre petit à petit par la maladie, malgré quelques apparitions devant un public de fanatiques inconditionnels pour lesquels il restera toujours le mentor de LUAMBO MAKIADI qu’il a suivi, un an après dans le monde des morts, le 7 Février 1993 à Kinshasa. (Deux ans avant la mort de son cadet Johnny BOKELO, le 15 Janvier 1995).

Clément OSSINONDE, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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