Vous êtes ici >> Actualités A la une Economie L'Afrique, ce nouveau partenaire

Flash information

***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

L'Afrique, ce nouveau partenaire

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Désormais espace de croissance, le continent africain prend acte de son nouveau statut de partenaire à part entière des échanges internationaux.

"Toutes les analyses économiques le disent. Le temps de l'Afrique est arrivé, mais à condition que les infrastructures soient améliorées", a soutenu Elham Mahmoud Ibrahim lors de Build Africa, forum, organisé par Richard Attias et associés, et consacré aux infrastructures sur le continent, la semaine dernière à Brazzaville. Pour la commissaire aux Infrastructures de l'Union africaine, "cela concerne autant le secteur public que le secteur privé" et, en la matière, l'Afrique ne manque pas de chantiers: le pont route-rail Brazzaville-Kinshasa sur le fleuve Congo, le corridor nord-sud Le Caire-Le Cap, le projet multimodal Dakar-Djibouti par Ndjamena, le réseau de fibres optiques des Grands Lacs, le projet de navigation fluviale du lac Victoria vers Alexandrie, le barrage Inga III au nord de Matadi, en RD Congo, le projet de gazoduc transsaharien entre l'Algérie et le Nigéria, la Grande Muraille verte...

Il faut dire que de grandes institutions du Continent s'y sont impliquées: la Banque africaine de développement par le fonds Afrique50 pour la mobilisation des ressources à une grande échelle, le NEPAD (New Partnership for Africa's Development) par le biais de son Agence de planification et de coordination, l'Union africaine à travers le PIDA (Programme for Infrastructure Development in Africa), entre autres. L'enjeu: "Il s'agit, d'abord, d'assurer le développement harmonieux du continent, ensuite de promouvoir l'Afrique des peuples, car, dit le président Denis Sassou Nguesso du Congo, au-delà, c'est le combat de l'Afrique pour l'intégration qui se joue." C'est donc un dossier crucial. La preuve : la concrétisation d'investissements appropriés dans le domaine permettrait de créer deux millions d'emplois directs et 2,5 autres qui, eux, seraient indirects. En termes de revenus additionnels, 20 milliards de dollars ne seraient pas exagérés. Le hic, c'est que l'Afrique consacre moins de 3 % de son PIB aux investissements structurels. Chaque année, sur des besoins estimés à 93 milliards de dollars, il lui en manque annuellement près de 50. Concrètement, tous ces facteurs conjugués coûtent au continent 2 % de croissance par an. Un vrai gâchis dans le contexte économique actuel.

"Les Africains veulent maîtriser le plus de paramètres possible"

Désormais conscients de la dimension stratégique d'infrastructures, les Africains veulent maîtriser le plus de paramètres possible, comme l'illustre cet échange à Build Africa entre Jean-Jacques Bouya, ministre chargé de l'Aménagement du territoire et de la Délégation des grands travaux du Congo, et Robert Hersov, président de l'Advisory Board de la société britannique VistaJet. En libéral pur et dur, celui-ci a critiqué "les gouvernements qui interviennent dans l'aérien". "Nous devons garder la main", lui a rétorqué M. Bouya. "La gestion est une affaire qui peut être privée. Le concept, d'ailleurs aussi, mais dans un cadre régulé. Il n'y a jamais de hub en un lieu sans une compagnie nationale d'envergure. Par exemple, Paris-Charles-de-Gaulle avec Air France", a-t-il poursuivi.

Et de rappeler que le gouvernement américain est intervenu quand la crise a frappé le secteur. En faveur des infrastructures aériennes, il préconise "un renforcement des capacités" et la nécessité de créer les conditions pour faire participer les professionnels locaux mais aussi favoriser l'appropriation par les populations. Cette référence est de taille dans la nouvelle posture que se donne le continent dans le domaine des infrastructures, et les partenaires de l'extérieur ne s'y sont pas trompés. "Nous avons pris le parti de faire confiance aux locaux qui ont montré qu'ils avaient une productivité supérieure à celle des expatriés", dit ainsi Otavio Azevedo, CEO de la société brésilienne Andrade Gutierrez présente sur le continent. Idem pour Gilbert Rodrigues, P-DG pour l'Afrique de l'entreprise portugaise Mota-Engil Group qui compte 1 200 employés sur site. "Nos meilleures filiales sont celles dirigées par les Africains", renchérit Dominique Lafont, directeur de Bolloré Africa Logistics. Et de reconnaître qu'"il y a des secteurs où les entreprises locales sont plus compétitives". C'est rien moins que ce que défend le Sud-Africain Robert Gumede, fondateur de Guma Group, un conglomérat d'entreprises minières, d'électricité, d'immobilier, d'assainissement, de tourisme, de chemin de fer..., qui remercie la Fifa d'avoir obligé les grandes entreprises internationales à travailler avec des structures locales car "il est fondamental d'assurer un suivi dans la réalisation des marchés".

Il faut encourager l'appropriation des infrastructures par les populations

Signataire du premier mémorandum d'entente bilatérale dans le cadre du projet Central African Backbone (CAB), entre le Congo et le Gabon, Thierry Moungalla, ministre congolais des Postes et Télécommunications, indique qu'"il y a nécessité de développer un écosystème positif qui favorise l'appropriation par les populations". Autant que la connexion entre les besoins à satisfaire et la mise en place d'infrastructures est fondamentale, et l'Afrique ne semble pas l'avoir perdu de vue. Comme le dit Papa Demba Thiam, coordinateur finance, développement et intégration régionale à la Banque mondiale, "pour des infrastructures adaptées, il faut avoir à l'esprit les opportunités économiques à mettre en exergue, et qu'on veut transformer par le secteur privé, avant d'imaginer le type d'infrastructures qui permet de le générer, à quel coût et sous quelle forme les financer et les rentabiliser". Et de citer "les plateformes logistiques et de marché, les structures qui soudent les différentes chaînes de la production à la vente en passant par l'approvisionnement, enfin les entités de normalisation et de promotion de la qualité, comme éléments constitutifs de l'existence d'une plateforme de compétitivité".

Il faut reconnaître le fait urbain en Afrique

Enfin, il y a l'impact de l'urbanisation galopante sur un continent qui dépassera largement le milliard d'habitants dans les prochaines années. Pour Fathallah Oualalou, ancien ministre de l'Économie et des Finances du Maroc et actuel maire de Rabat, capitale du royaume chérifien, "il faut désormais reconnaître le fait urbain en Afrique, c'est-à-dire les pouvoirs locaux". Dans la logique des changements à envisager pour que les villes puissent avoir les moyens de créer les infrastructures nécessaires à leurs populations, il préconise "un nouveau regard sur la fiscalité par l'organisation d'un transfert de l'État vers les collectivités, l'acceptation que les villes accèdent aux emprunts, la possibilité de pouvoir monter des opérations de partenariat public-privé sur divers chantiers d'importance, enfin le pouvoir de valoriser le foncier".

Au-delà de la réflexion menée et des initiatives posées à Brazzaville, le forum Build Africa, dont la deuxième édition est annoncée en 2016, a déjà donné des résultats: d'abord, la Société financière internationale (SFI) et le Congo ont signé un accord pour la construction du barrage hydroélectrique de Sounda, d'une puissance de 1000 MW; ensuite, un fonds d'investissement de 100 millions de dollars dédié à la chaîne de valeur dans des projets agro-industriels a été créé entre le Congo et le Maroc. Last but not the least: les propos ensoleillés de Vicente Fox, ancien président du Mexique, sur l'avenir de l'Afrique. De quoi comprendre que désormais le continent prend la globalisation à bras-le-corps.

Par Malick Diawara

Copyright Le Point


 

Ajouter un Commentaire

Vous vous engagez à ce que vos contributions (1) soient dénuées de :
• propos à caractère tribal, ethnique, raciste, xénophobe, révisionniste ou pédo-pornographique;
• toute instigation, dérivés sécessionnistes ou séparatistes du CONGO-BRAZZAVILLE ;
• propos injurieux, diffamatoires, ou portant atteinte à la vie privée, au droit à l'image, ou aux droits de la personnalité de quiconque;
• propos portant atteinte à la dignité humaine;
• provocation à la violence, au suicide, au terrorisme et à l'utilisation, la fabrication ou la distribution de substances illégales ou illicites;
• provocation, apologie ou incitation à commettre des crimes ou des délits et plus particulièrement des crimes contre l'humanité;
• contenu à des fins de réclame, de propagande, de prosélytisme.
En outre, invectives, attaques personnelles et harcèlement n'ont pas leur place sur le site DAC-PRESSE, dont l'objectif est de permettre un débat libre et de qualité.
Cette liste est non exhaustive et le respect des textes en vigueur, même non spécifiquement mentionnés ici, est requis.


Code de sécurité
Rafraîchir