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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Priorité à l’indépendance agricole congolaise

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Comment envisager dans les prochaines années que les 4 millions de Congolais soient nourris par les investisseurs étrangers ? Comment admettre que notre pays soit devenu un territoire réservé à une invasion d’investisseurs étrangers dont l’acquisition des terres cultivables soit organisée avec d’énormes superficies qui sont achetées ou négociées avec la complicité du gouvernement congolais au détriment des populations locales?

Cette initiative va à l’encontre de la politique d’autogestion de notre agriculture et de surcroît incompatible à l’idée de développer une industrie performante tournée vers nos propres besoins et s’appuyant sur la transformation des produits locaux par les paysans congolais. Cette réalité actuelle est loin de ce que le pays a connu dans les années 1970 à 1990 ou l’autosuffisance alimentaire, sans pour autant atteindre le paroxysme de la satisfaction, était sur une pente d’amélioration. Aujourd’hui les craintes de bons nombres de congolais est de voir arriver sur leurs terres une agriculture, non plus au service du développement des produits alimentaires locales mais pour la prolifération de l’industrie alimentaire (ou pas) destinée a l’international.

l’indépendance agricole, vœu pieux

Depuis un peu plus de 14 ans aujourd’hui la situation alimentaire au Congo-Brazzaville se dégrade de plus en plus. 2,5 millions de personnes soit 62,5% de la population est sous alimentée selon le rapport sur le développement dans le monde 2010 intitulé « L’agriculture au service du développement ». On qualifie de sous-alimentées les personnes dont leurs rations alimentaires sont insuffisantes à leurs organismes. Cette insuffisance entraine une diminution face à la résistance aux maladies, à l’effort intellectuel et physique.  Certaines catégories de population, le plus souvent, les pauvres dépendant directement ou indirectement de l'agriculture pour leur subsistance sont aujourd’hui les plus durement touchés. Les causes de cette situation de faim et de la malnutrition sont, bien sûr complexes, mais connues. Il s’agit des manques alimentaires liés aux variabilités du marché mondial de certains produits d’importation auxquelles le Congo est surexposé. Certes on ne peut pas détacher le Congo de la crise alimentaire mondiale qui secoue bon nombre de pays africains les poussant ainsi à des opérations de cessions, de bradages de terres arables pour de bail d’une durée parfois indéterminées. C’est ce qui s’est produit ce 10 Mars 2011, au travers d’un accord portant sur la cession par le Congo de 80 000 hectares (ha) de terres arables pour un bail de 99 ans aux fermiers Sud-africains réunis en société anonyme (Agri SA). Cela devrait interpeller tout citoyen congolais de s’interroger sur la nature d’un tel accord.

Nous nous interrogeons sur les vertus d’une telle opération qui ressemble plus à transformer les paysans congolais en ouvriers agricoles taillables, manipulables, exploitables et corvéables sans aucun bénéfice ne soit acquis en retour d’une telle entreprise. Sauf à servir, bien sûr, les intérêts mercantiles des investisseurs prêts à tout pour acquérir des terres exploitables au détriment des productions des paysans congolais. Ce qu’il faut dénoncer avec force c’est la mauvaise politique du gouvernement congolais en matière de politique agricole. Le Congo-Brazzaville a 10 millions d'hectares de terre cultivable, mais à peine 2% de terre cultivée. Au lieu d’investir dans l’émancipation d’une industrie moderne, adaptée et orientée vers la revalorisation de nos propres besoins en accompagnant les paysans congolais à se diversifier dans les cultures des produits locaux, ce gouvernement, dont bon nombre de congolais qualifie de groupement d’incompétents notoires au service d’une maffia organisée, cède aux sirènes mercantiles des investisseurs étrangers sans aucune consultation préalable du peuple congolais. Les villages agricoles en cours d'expérimentation ne seront d'aucune utilité si les produits agricoles ne peuvent être distribués dans l'ensemble du pays.

L’immobilisme patent de Denis Sassou N'guesso

C’est un déni de démocratie qu’il faut justement dénoncer. Si le Congo est dépendant en matière d’alimentation, le problème réside dans son incapacité à assumer son indépendance alimentaire. Notre démocratie n’est que de façade, c’est une idée encore en gestation qui n’est pas entrée dans les consciences des congolais. Cette lacune laisse la porte ouverte aux pays nantis qui viennent profiter de la faiblesse de la légitimité sociale de notre pays et surtout de notre pauvreté. Les insuffisances d’une vraie politique de redistribution des richesses que nous ne cessons de dénoncer acculent les congolais à subir une razzia de leurs terres. Les bénéficiaires de ces pratiques sont loin d’être les paysans congolais mais bien une maffia clanique qui spolie tout sur leur passage. Il est sans conteste que ces contrats seront tout simplement dénoncés lorsque le peuple congolais aura retrouvé son droit. Car ce contrat imposé de force au peuple congolais est inacceptable et surtout est loin de servir les ambitions agricoles de tout un peuple.

De même que nous accusons le gouvernement congolais de non assistance aux agriculteurs. On les abandonne à leur triste sort. C’est ce qui explique dans la pratique que notre agriculture n’ait jamais vraiment décollé, pire encore elle est devenue archaïque et dépendante de l’extérieur. On préfère octroyer des milliers d’hectare aux fermiers Sud-africains, au lieu de privilégier et d’encourager la préférence nationale. Un manque de considération inadmissible pour le paysan congolais à qui l’on fait croire qu’il est incompétent alors même qu’on lui refuse tous les moyens nécessaires pour son développement. L’autosuffisance alimentaire d’ici à l’an 2000 slogan pompeux des années 80 est vite oubliée et rangé dans les tiroirs. Le Congo demeure très enclavé malgré une richesse insolente mais usurpée par une politique clanique qui ruine les chances des agriculteurs congolais.

Nous réfutons ce diktat qui nous est imposé et appelons à un réveil des consciences pour que notre agriculture paysanne demeure la condition indispensable à l’indépendance alimentaire. Celle-ci doit promouvoir une agriculture proche des paysans, modernisée s’appuyant sur des techniques protégeant l’environnement. Lorsque l'offre sera importante, voire supérieure à la demande, le prix des denrées alimentaires baissera.

Il est indéniable qu’au Congo, l’indépendance agricole ressemble à un vœu pieux. Sassou N'guesso et son gouvernement pataugent dans l’immobilisme. En 2011, avec un budget de 3000 milliards de F CFA dont 1 milliard pour l’investissement, le bilan fait au début du mois de mai est très mitigé : 25 % de projets exécutés et plus de 65 % de projets n’ont pas connu un début d’exécution et les autres projets sont encore à l’étude. Les ministres qui parlent du programme politique, « le chemin d’avenir » de Sassou N'guesso sont les premiers à ne pas y croire. Le chemin d’avenir n’est qu’un chemin court vers l’enrichissement illicite.

Jean-Claude BERI, www.dac-presse.com

 

Commentaires  

 
0 #12 lu pour vous 12-05-2011 10:38
Retombée perverse mais classique de la manne pétrolière, le Congo a peu à peu délaissé son agriculture qui ne représente qu'à peine 12 % du produit intérieur brut mais fait vivre un Congolais sur deux. Selon les experts, la production agricole a encore baissé de 4,8 % depuis 1990. En 1994, le Congo a importé pour 60 millions de F cfa de produits alimentaires ce qui le place parmi les pays les plus dépendants d'Afrique sub-saharienne. Les Sud-Africains et leurs techniques modernes réussiront-ils à nourrir les deux millions de Congolais ?
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-1 #11 lu pour vous 12-05-2011 10:37
Elle a approuvé aussi par avance les nouvelles techniques culturales de production intensive. Une centaine de fermiers sont d'ores et déjà attendus dans la vallée. Mais ce n'est là qu'une première étape du projet. La SAIVN a en effet une vocation nationale. Ses activités dans le secteur devraient s'étendre à d'autres régions. Au Congo, ce n'est pas la terre qui manque mais les bras en raison d'un exode rural ancien et très important. Alors que 30 % de la superficie du pays sont cultivables, 2 % seulement sont cultivés.
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0 #10 lu pour vous 12-05-2011 10:36
Mais dans les villages, c'est surtout la question foncière qui inquiète les paysans. Il a fallu une rencontre tripartite gouvernement-Sud-Africains-paysans pour dissiper un peu leurs craintes et tenter d'assainir le climat. Les trois parties se sont accordées sur un certain nombre de garanties à savoir que les Blancs sud-africains ne pourraient pas devenir propriétaires des terres à titre individuel. Seule la SAIVN pourrait prétendre à la propriété. La mise en valeur ne concerne que les terres autrefois propriété de l'Etat. De son côté, la population de la vallée du Niari s'est engagée à collaborer avec les Blancs en dépit des difficultés de communication.
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0 #9 lu pour vous 12-05-2011 10:35
Pour quatre postes à pourvoir, plus d'une centaine de candidats se bousculent au portillon", assure le propriétaire d'une fabrique artisanale de savon à Nkayi. Et un jeune de renchérir : "Ils ne vont pas donner du travail à tous les jeunes diplômés". Péremptoire, un menuisier encourage même ses compatriotes "à combattre le chômage en apprenant un métier plutôt que de se ridiculiser à quémander un métier à la nouvelle société".
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0 #8 lu pour vous 12-05-2011 10:34
Les activités de la société vont en définitive changer nos préfectures".Tous ne partagent pas son enthousiasme. Dans la vallée, les commentaires vont bon train. Les réactions vont de la franche hostilité au scepticisme de ceux qui ne sont pas nés du dernier projet. "Sommes-nous revenus au temps de la colonisation ?", s'indigne un vieillard de Kilongo. "Les Blancs qui arrivent ne feront pas de miracles.
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0 #7 lu pour vous 12-05-2011 10:32
Dans cet univers de faillite, l'arrivée des Sud-Africains fait rêver le Préfet du Niari, M. Jean-Pierre Ouvanguiga : "Les Sud-Africains ne vont pas se limiter à l'agriculture et à l'élevage. Ils auront une longue chaîne industrielle. Il y aura création d'un certain nombre de services secondaires, réduction du chômage. Le transport et le petit commerce seront redynamisés. Il y aura la création de marchés nouveaux, l'amélioration du circuit de distribution de produits.
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0 #6 Patriote 12-05-2011 10:27
Pendant plusieurs décennies, l'agriculture congolaise n'a toujours pas décollé en dépit des nombreux financements qui n'ont jamais été transmis aux agriculteurs pour la mise en place des politiques agricoles dans le pays.

Citons par exemple l'exploitation des cultures vivrières ( maïs, manioc, haricot, soja, arachides, patates douces, pommes de terre, ignames, bananes plantains) elle a connu une baisse spectaculaire de production au lendemain de de la guerre civile de 1997.

Seules les cultures maraîchères et fruitières se portent bien, mais elles sont présentes dans des centres urbains où elles sont facilement commercialisées . J'en conclus comme beaucoup viennent de dire que le gouvernement n'a jamais réellement investi dans l'agriculture
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0 #5 Zam-zam 11-05-2011 10:35
Les solutions existent , seulement il faut les appliquer. Pourquoi par exemple ne pas investir au niveau local dans les activités existantes, et la croissance suivra ; c’est le seul moyen d’endiguer l’afflux de ruraux dans les bidonvilles, et de promouvoir l’équité et la justice sociale auxquelles les pauvres des régions rurales ont également droit. Alors seulement pourra-t-on en finir avec la dépendance excessive vis-à-vis de l’aide alimentaire et la dérive des budgets publics. Le gouvernement congolais est responsable de ces défaillances.
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0 #4 LOEMBA 11-05-2011 10:28
Mr béri, vous faites souvent des analyses juste mais qui ne font pas au bout des choses par exemple il fallait aussi noter que le défi des infrastructures rurales (routes, moyens de stockage et de conditionnement , marchés, etc.) doivent être construites pour permettre aux agriculteurs de disposer des matières premières modernes et de commercialiser leurs produits à des coûts compétitifs. Sans infrastructures routières adaptées aucune indépendance n'est possible. Toutefois bravo, j'adore ce que vous faites.
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0 #3 MAMA LEA 11-05-2011 10:23
Le Congo est l'un des pays où la production agricole par habitant a baissé au cours des quinze dernières années. C’est aussi le pays où l’agriculture a énormément souffert de politiques erronées ou inadaptées, ceci parce que les politiques privilégient la courses en avant pour l'enrichissement abusif au détriment d'une politique concertée et moderne agricole
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