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L’université de Brazzaville : La nécessité de décongestionner

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Comme nous avions coutume de le faire, nous n’agissons pas par pure volonté de critiquer mais bien dans l’esprit de susciter un réveil des consciences des politiques en place pour améliorer les conditions de vie de tout un peuple.

L’éducation nationale a une grande part de responsabilité dans la décadence de notre société actuelle. Il faut aussi mettre fin à la culture de l’excuse qui disculpe d’office tout délinquant au nom du principe d’appartenance au clan.

 

Promouvoir un enseignement supérieur ambitieux

L’ambition d’éducation responsable c’est aussi la refondation de l’Université avec en toile de fond la priorité qui sera faite, sans état d’âme, mais avec une exigence totale sur l’amélioration et la construction des infrastructures, la formation des enseignants, la revalorisation du métier d’enseignant, l’adaptation des enseignements par des méthodes modernes et surtout orientées vers l’ouverture à l’échange culturelle interafricaine.

L’université de demain doit penser à former l’africain qui pense Afrique et raisonne Afrique et s’investit pour l’Afrique avant de penser s’ouvrir vers le monde. Une Afrique culturellement indépendante peut être celle qui apportera aux générations futures l’estime de soi et le respect d’appartenir à un monde où l’Africain serait décomplexé de toute frustration. C’est là tout le sens de notre ambition d’éducation responsable. Seulement pour atteindre cet objectif, il nous faut adapter nos structures actuelles par une vraie politique universitaire. Une politique qui allie innovation, technologique, connaissance moderne mais surtout l’utilisation de tout l’espace congolais pour en tirer davantage des ressources propices au développement.

Il n’est pas concevable qu’un pays comme le nôtre ayant autant des cadres de valeur dans toutes les régions ne puisse pas utiliser l’avantage naturel que lui offrent les richesses naturelles régionales. Nos régions regorgent pleins de matières qui suscitent des études, des recherches afin d’en extraire le profit qui mènerait ces dernières sur le chemin du développement. L’absence des structures d’études de pointes freine grandement l’essor des cadres et ralentisse dangereusement l’éclosion de ces régions. Ne pas promouvoir et soutenir un tel projet, celui de la création des pôles universitaires régionaux est une erreur de jugement que nous dénonçons.

Après 50 ans d’indépendance, le Congo n’a qu’une seule université, très disparate située dans la capitale, Brazzaville. Une université qui malgré les coups de rajeunissement et de restructuration opérés ces cinquante dernières années, reste un malade continuellement sous perfusion et dont la santé se dégrade tous les jours. Les maux que souffrent celle-ci sont diagnostiqués depuis des années et les rapports sont sur les tables des différents responsables politiques. Seulement, les solutions prises sont biaisées et inadéquates. Cette situation conduit l’université à s’enliser dans une descente vers sa destruction si l’on ne réagit pas.

Cette université continue à porter les vestiges de la guerre civile de 1997, alors que le gouvernement peut dégager des fonds pour sa reconstruction. L’exemple de la faculté des sciences située anciennement à Bacongo qui a été totalement détruite est encore 17 ans après dans un état inimaginable. Et que dire des velléités de la mairie de Brazzaville à vouloir à tout prix brader ce domaine. Le sureffectif de l’université tant décrié peut trouver des solutions avec la mise en place d’une politique de décongestionnement.

Création des pôles universitaires régionaux

La création de pôles universitaires régionaux est aujourd'hui nécessaire pour décongestionner l'université Marien Ngouabi. Plusieurs expertises ont mis en avant les problèmes de sureffectifs de l’université de Brazzaville qui compterait actuellement plus de 50 000 étudiants, alors qu'il est établi que la gestion d'une université devient pesante au-delà d’un effectif de 30 000 étudiants. D’où la nécessité de construire au moins deux ou trois pôles universitaires dans les années à venir.

Les villes de Pointe-Noire, Dolisie, d’Oyo, Gamboma, Makabana, Mossendjo, Nkayi, Loudima, Owando et Impfondo, en plus des activités économiques disposent des sites et des atouts susceptibles de faciliter la création des pôles universitaires régionaux. Le potentiel d'activités économiques de ces villes serait un gage d’interactivité professionnelle et d’insertion des étudiants congolais. En plus des activités agricoles, on trouve dans ces villes une présence marquée de structures industrielles, commerciales, touristiques et de services. La création de pôle universitaire dans l’une des localités serait également susceptible d'attirer les bacheliers des pays avoisinants et éviterait la concentration de tous les étudiants congolais à Brazzaville où les problèmes de résidence universitaire se posent avec acuité (1).

Aujourd'hui, il est plus que nécessaire que le projet de création des pôles universitaires au Congo soit entériné comme une priorité éducative. En effet, le ministère de l’enseignement supérieur et la Direction Générale des Grands Travaux devront à court terme initié des études de faisabilité de ce projet.

Le projet fondamental de la création des Pôles universitaires régionaux devront assurer l'accessibilité et l'ouverture sociale des formations des universités publiques, tout en garantissant l'encadrement et l'insertion professionnelle des meilleures grandes écoles.

Un projet innovant et ambitieux porté par des valeurs fortes

* Ouverture sociale et diversité des profils : Tout étudiant devra pouvoir accéder à l’université ou à l’une des Ecoles Supérieures Spécialisées, quels que soient ses moyens financiers. La politique de recrutement des étudiants à vocation a identifié le potentiel de chaque candidat plus qu'à évaluer simplement son niveau scolaire, afin de lutter contre toute forme de déterminisme ;

* Des moyens importants au service des étudiants : Chaque Pôle Universitaire régional sera doté d'infrastructures pédagogiques exceptionnelles qui obligent à l'ambition; et les étudiants y bénéficieront d'un encadrement humain permanent dans la pédagogie comme dans les activités extra-scolaires;

* Pluridisciplinarité et transversalité des connaissances : Le pôle universitaire régional développera, sous une même gouvernance et dans un même lieu, plusieurs écoles très différentes (management, ingénieurs et multimédia …) tout en assurant un socle commun transversal : culture générale, langues, sport ;

* Proximité avec les entreprises : Basés au cœur ou à proximité des zones urbaines, les pôles universitaires régionaux auront avant tout une vocation professionnalisante, et leur objectif prioritaire est celui de l'insertion professionnelle réussie des étudiants.

Ces valeurs fondamentales animeront au quotidien les centaines d'enseignants et d'administratifs qui travailleront dans les Pôles Universitaires Régionaux, au service de tous les étudiants.

Chris Abela et Jean-Claude Beri, www.dac-presse.com

(1)- La crise du logement étudiant : Arrêtons l’hémorragie. http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/education/290-la-crise-du-logement-etudiant-arretons-lhemorragie.html


Commentaires  

 
-1 #3 Demba 24-04-2011 15:47
Le Congo peut s'inspirer de ce que font les Sénégalais. En effet, le Sénégal a élaboré un plan de construction de nouvelles universités à l'intérieur du pays.
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0 #2 Louis XX111 19-04-2011 23:30
:-x A Bayardelle, il n'y a pas des toilettes publiques. A la bibliothèque, c'est le système "D". Cela fait des années que la bibliothèque n'est plus à jour des ouvrages au programme. Il n'y a pas internet pour faire des recherches. Il faut aller dans les cyber-cafés de la cité où le débit est très lent. En plus, il faut avoir la chance qu'il y ait l'électricité.
C'est le chemin d'avenir d'Oyo....
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0 #1 ETOKABEKA DAVID 19-04-2011 23:06
L'enseignement et la santé sont les maillons faibles de Sassou Nguesso. Il avait promis aux étudiants la construction d'une nouvelle université et un nouveau hôpital général à Kintélé. Depuis 1997, les congolais attendent et rien ne se fait. Sassou Nguesso attend certainement la dernière année de son mandat pour aller poser les premières pierres. Pendant ce temps le peuple continue à subir et à vivre dans la pauvreté.
A ce jour, les étudiants, surtout en 1ere année, s'entassent comme des sardines pour suivre les cours. En plus pour avoir une bonne place à l'amphi, il faut se lever à 4 h du matin alors que les cours débutent à 8h00. Une vie vie de chien !!!
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