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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

La gestion du dossier « Interdiction des sacs plastiques » : Madame MUNARI dans l’impasse.

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Il y a trois ans (2009) que nous avions alerté le gouvernement congolais du danger de l’utilisation abusive des sacs plastiques en république du Congo.

Cette démarche a été entendue du bout des lèvres par les autorités nationales qui se sont précipitées de prendre des mesures conduisant à l’adoption d’un décret lors du conseil des ministres du « 1er juin 2011 afin d'interdire la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation des sacs et sachets en plastique pour la vente d'aliments, de l'eau et de toutes autres boissons. La fabrication, l'importation et l'usage des sacs plastiques non biodégradables au Congo sont désormais interdits ».

La mission fut confiée au ministre du Commerce et de l’approvisionnement Madame Claudine MUNARI pour faire appliquer cette décision sur le territoire national. Il a été également établi que chaque ministère devrait rendre compte aux citoyens par des communiqués à la presse de l’état d’avancement des missions qui  leur ont été confiées. De même, ils sont soumis à une politique de résultat justifiant leur exercice. Six mois après l’annonce du décret, le résultat sur le terrain reste chaotique. C’est dire que la situation est aussi critique qu’elle l’a été au début de notre campagne. Le désarroi est immense à tel point qu’un sentiment d’abandon gagne de plus en plus les congolais qui continuent à subir cette cohabitation dangereuse et insalubre. Pourquoi aucune information n’a été livrée aux congolais ? Pourquoi le gouvernement, en l’occurrence madame la ministre,  reste-elle silencieuse devant  cette absence de concrétisation sur le terrain des décisions ?

La première remarque à faire est qu’il n’est pas certes  évident en six mois de venir à bout d’un problème aussi complexe touchant plusieurs secteurs d’activité de l’économie congolaise. Cela nécessite la prise en compte de plusieurs dispositions afin de pouvoir évaluer l’impact juridique, économique, et surtout environnemental émanant de l’application de cette décision. Ceci afin  de concilier une coordination parfaite,  une étude de faisabilité est nécessaire pour atteindre cet objectif.

D’autre part, on reproche souvent aux congolais de la Diaspora de trop souvent critiquer mais de faire moins des propositions et de se désintéresser aux problèmes réels  des congolais de l’intérieur. Parfois même de faire trop de la politique politicienne dépourvue de toute cohésion réaliste. Pour prendre aux mots les autorités congolaises et surtout par respect aux congolais, à qui, nous  avions promis toute transparence dans la gestion de ce dossier d’en faire ici  un retour exhaustif de notre descente à Brazzaville. Et par là même de torde le cou à cette mauvaise presse faite aux congolais de la diaspora.

Il se trouve que ce dossier se trouvant effectivement sous la responsabilité de Madame la Ministre du Commerce et de l’approvisionnement, il était de notre devoir de solliciter une audience pour s’entretenir avec le cabinet de cette dernière. Notre délégation n’a pas  eu gain de cause  de ses multiples demandes et relances téléphoniques (ce qui n’est pas surprenant d’ailleurs). Tout le mois de septembre 2011, le ministère était accaparé par l’organisation du  centenaire de Mouyondzi, toutes les demandes étaient systématiquement mises en stand by.  Semble t-il que  le ministère aurait  privilégié un événement régional contre un dossier national qui cause des victimes tous les jours. C’est regrettable de constater cette hiérarchisation des dossiers qui dépasse notre entendement. D’autres signaux constatés sur le terrain tendent à démontrer que les entreprises visées par ce décret manœuvrent en coulisses pour prendre en otage le ministère. Ces dernières usant de  vastes plans de corruption financière alimentent les poches de certains dignitaires pour stopper l’application de ce décret.  Ceci en détruisant  progressivement notre environnement.

Par contre, nous avions mené sur le terrain notre propre  enquête pour se rendre compte de  l’état d’avancement de ce dossier et tenter d’appliquer éventuellement nos recommandations. Quelle ne fut pas encore là  notre surprise de constater que plus de 70% des congolais, que nous avions rencontré pour les sensibiliser de ce danger,  ignorent l’existence d’un décret en cours  interdisant l’utilisation des sacs plastiques. De même, l’absence d’une équipe ministérielle ou encore moins  d’une commission interministérielle chargée de statuer sur l’application de ce décret. Notre délégation a été  interdite de distribuer des tracts tant que notre association n’était pas encore enregistrée  officiellement au ministère de l’intérieur.

En conclusion, rien de bien concret n’a pu être observé depuis l’annonce du décret interdisant la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation des sacs et sachets en plastique pour la vente d'aliments, de l'eau et de toutes autres boissons. On a eu l’impression que la promulgation de ce décret ne visait  qu’un seul but  « tuer dans l’œuf une démarche salutaire pour la lutte contre l’insalubrité dont le gouvernement n’avait ni pensé ni préparé sa réalisation. » Les congolais que nous avions rencontré, nous ont confié que les entreprises congolaises fabriquant ces sachets bénéficient des largesses des hommes du pouvoir. La frontière entre les entreprises puissantes et ce gouvernement corrompu s'est brouillée considérablement.  Nous dénonçons ces politiciens qui  prennent l'argent de ces  entreprises pour financer leurs campagnes, lancent des politiques qui récompensent ces dernières  quand ils arrivent au pouvoir, puis trouvent des emplois très bien payés chez elles une fois évincé du pouvoir. C'est de la corruption pure et simple.

Appliquer donc ce décret apparaît comme aller contre les intérêts de beaucoup de dignitaires qui profitent des dividendes que ces dernières leur reversent. La seule façon d'obtenir l’application  des politiques qui protègent nos intérêts et notre environnement est de s’attaquer à cette morbide spéculation. Rejeter fermement les lobbies et éloigner nos dirigeants des intérêts défendus par les entreprises  nous parait juste  pour garantir notre avenir. La non application de ce décret ou encore sa lenteur constatée  résulte de la cupidité et de la défense d'intérêts étroits. Mais lorsque les citoyens sont sous pression, ils peuvent agir ensemble d'une manière incroyable, comme on a pu le voir dans d’autres pays africains qui, eux ont réussi à faire interdire ce fléau nuisible de leur espace environnemental. Et créer ainsi un cadre de vie agréable et sain pour les populations.

D’autres nous ont  également avancés l’idée de bloquer toute démarche du ministère du commerce et de l’approvisionnement  et de toutes autres associations visant à appliquer cette mesure d’interdiction. D’où la nette impression qu’on a eu de se retrouver au milieu d’un gouvernement travaillant de façon disparate. Chacun essayant toujours de tirer plus la couverture de son côté. Quitte à boycotter une mesure salutaire d’intérêt publique pour la poursuite et la préservation des intérêts personnels. Ente temps,  les populations continuent de croupir sous des sacs et autres déchets plastiques polluant. La poursuite des ventes des aliments, boissons et autres produits dans les sachets dont la dangerosité n’est plus à démontrer suit son cours anormal. Pourquoi s’en inquiéter ceux qui meurent sont les plus démunies et les laisser pour compte, les congolais « d’en bas ».

Au regard des effets pervers et dangereux que génère l’exposition des congolais à ses multiples déchets polluants, nous suggérons, qu'il soit impératif de mettre en place un  cadre juridique de gestion des déchets actualisé et avec des compétences bien définies.  Il est souhaitable  de définir dans les meilleurs délais les conditions de cette « création d’une plateforme nationale de gestion des déchets »*. Le ministère en charge du dossier (Ministère du Commerce et de l’approvisionnement) devrait initier cette concertation afin de définir les modalités du renforcement des capacités dans le domaine de la prévention et de la gestion des déchets.
Le but de cette  concertation serait de fixer la pertinence des enjeux majeurs de ce secteur depuis la mise en place des différentes actions  d’urgence à mener  afin d’amener ce secteur à l’excellence.

A Suivre …

DAC

* Cette plateforme devrait regrouper certaines compétences nécessaires pour l’analyse et l’exécution des actions
* Ministère du commerce et de l’approvisionnement
* Ministère de la justice
* Ministère de l’industrie
* Ministère des petites et moyennes entreprises
* Représentants des maries
* Experts gestions des déchets et protection de l’environnement
* Associations, société civile.


La disparition du sachet peut profiter aux vanniers !

Il ne reste à peine que quelques mois pour que la mesure prise par les autorités d'interdire la vente du sachet sur le marché congolais entre en vigueur. Déjà petit à petit se constate sur le terrain la rareté accompagnée d'une certaine surenchère des derniers stocks encore disponibles. Il n'y a donc rien de bouleversant car le sachet, on le sait, détruit le sol, pollue l'environnement, dégrade avec d'autres plastiques les espaces et l'atmosphère à travers les effets de serre, par exemple.

Cette disparition certaine du sachet peut profiter au vannier, lui en tant que confectionneur des paniers, des sacs, des sacoches et des corbeilles en liane, en écorce de jeunes arbres ou en tiges flexibles de certaines essences naturelles.

Les vanniers ont donc là une opportunité certaine d'accroître leur production pour remplir le marché congolais de leur création. Mais la chose la plus certaine est que ce secteur reste méconnu et les techniques utilisées sont embryonnaires. Il faut donc une modernisation, voire une industrialisation de ce secteur afin d'amplifier sa production, avec la disparition du sachet.

D'où, la nécessité d'un travail de complémentarité entre les différents départements, notamment ceux de la Culture, de la Recherche scientifique, du Commerce, de l'Industrie et de l'Économie pour mener à bien cette réflexion pouvant permettre d'accroître la production du vannier.

Il est important que la vannerie sorte de son état rudimentaire. C'est à travers quelques foires et salons internationaux que des vanniers congolais font découvrir leur ingéniosité et technicité bien que rudimentaires mais en faible production. Les vanniers organisés en coopérative, en association et en ONG, leur secteur peut, d'une part, être pourvoyeur d'emplois pour la jeunesse et, d'autre part, contribuer au renforcement de l'économie.

Il n'y a donc pas de raison que les ménagères et autres utilisateurs se plaignent de la suspension attendue du sachet. D'ailleurs, avant l'arrivée sur le marché de ces sachets ou du plastique en général, avec quoi faisaient-ils leur marché ? Autrefois dans les campagnes, de quoi se servaient les paysannes pour leurs récoltes et cueillettes ? La réponse est très simple : c'est du travail du vannier. Il ne reste qu'à l'organiser et le revaloriser pour augmenter sa production.

D'autres Congolais pensent qu'il faut associer dans cette réflexion les peuples autochtones, eux qui ont une connaissance aussi large et approfondie dans le domaine des lianes, des écorces, bref de la forêt dans toutes ses composantes. À proprement parler, la vannerie reste quelque peu méconnue du grand public congolais et pourtant elle est bien présente dans toutes les mœurs congolaises.

La liane, la fibre spécialisée, l'écorce flexible, le raphia et le bambou transformés par le travail du vannier et orientés vers la confection des sacs, sacoches, paniers, corbeilles et en quantité suffisante pourraient bien inonder nos marchés. La nostalgie que certaines ménagères ont du sachet va ainsi disparaître. Car il suffit qu'au même moment que le marché s'inonde du travail du vannier, les campagnes d'explication soient menées pour montrer au grand public, ménagères et petits commerçants le côté néfaste du sachet.

© Faustin Akono

Commentaires  

 
0 #7 Oscar Lewis 16-12-2011 21:20
Bientôt l’interdiction des sachets au Congo 16/12/2011
Le maire de la ville de Brazzaville Hugues Ngouélondélé a annoncé récemment qu’à compter du 20 décembre prochain à minuit, la commercialisati on et l’importation des sachets sera prohibée.
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0 #6 Daniel Ossebi 13-11-2011 14:25
Le Congo que j’ai connu ne va bientôt être qu’un souvenir. Les immeubles poussent, comme des champignons, les caniveaux ne suivent pas, le tout à l’égout non plus, le traitement des ordures ménagères et industrielles reste un leurre, uniquement sur papier. L’interdiction des sachets en plastique comporte de nombreuses dérogations. Les bouteilles plastiques ainsi que les cannettes vides bouchent les égouts. Pointe-Noire s’inonde, le collecteur rejetant les eaux de pluie et les eaux usées à la mer ayant été colmaté vu les nuisances malodorantes au lieu d’être prolongé au large ! Tout le quartier du Consulat de France, Banque Centrale, Total Poincaré est sous l’eau qui recouvre les voitures. Si c’est ça le développement, je reste un peu sur ma faim. Plus de misère, plus de maladies, plus de pauvreté ! /*Kuna Matata*/
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0 #5 JJ Méric 09-11-2011 20:55
Bonjour et bravo pour votre combat ! Ce n'est certes pas facile d'interdire l'usage, et encore moins dans une ambiance de corruption.

Mais interdire ne suffira pas : il faut développer des alternatives, comme vous le proposer excellemment avec les vanniers ...

IL FAUDRA AUSSI TROUVER UN MOYEN D'ELIMINER LES MILLIERS DE TONNES de sacs plastiques dispersés partout. Et sur ce plan là aussi, ne pas compter sur les autres :

il n'y a qu'en Afrique qu'on trouve des tentatives sérieuses, mais pas assez encouragées. Je pense en particulier à la fabrication de pavés comme au Tchad, au Niger, au Mali... pour plus d'information sur ces projets, photos et vidéos, je vous propose notre site où nous parlons d'un nouveau projet :
http://mali-pense.net/Sacs-Plastiques.html
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0 #4 Mass 07-11-2011 11:35
Ne baissez pas les bras et surtout ne vous laissez pas intimider par les pratique de ces hommes et femmes a la solde de SASSOU. Je vous suis depuis plusieurs mois et j'approuve ce que vous faites. Je tenais ici a vous présenter mon encouragement et tout mon soutien. Ce projet serra bel et bien concrétisé un jour quoi qu'ils en fassent.
Parole de congolais
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0 #3 gaby 07-11-2011 11:31
Ce n'est pas cette femme qui pourra changer les choses au Congo. Nous savons ce qu'elle vaut , elle ne doit son poste que grâce aux faveurs nocturne qu'elle distribue a SASSOU. mener votre combat sans elle, vous méritez dix milles fois mieux qu'elle et sa bande de voleurs de ce ministère .
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0 #2 Ekongo Jules 07-11-2011 00:06
Le ramassage des sacs en plastique le 5 novembre, sur l'avenue de la Paix du rond-point de la Gare au rond-point de Moungali, est un acte citoyen qui constitue pour le Conseil national de la jeunesse active-Congo l'occasion de permettre aux jeunes de participer pleinement à l'assainissement de la capitale et au travail volontaire d'intérêt communautaire.
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0 #1 Ekongo Jules 07-11-2011 00:05
« Jeunesse du Congo, le sachet est un handicap pour ton environnement ; lève-toi et contribue pour son assainissement », tel est le thème de la journée de ramassage des sachets en plastique organisée à l'occasion de la célébration de la Journée africaine de la jeunesse.
« Jeter les sachets relève de l'incivisme. Peut-on améliorer l'environnement en utilisant des sachets ? Je ne le pense pas. Il faut plutôt lutter contre la commercialisati on et la vente des sachets. Il me semble qu'une délibération du conseil communal à ce sujet avait été prise. Il faudrait que celle-ci soit appliquée », rappelle le directeur général de la jeunesse, Daniel Oboussiki. « Nous devons utiliser les dispositifs qui ont été placés dans la ville pour jeter les ordures, et employer les sachets à bon escient pour protéger au maximum l'environnement urbain »
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