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Alerte, les sachets en plastique de retour

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Au lendemain de la mise en œuvre de la mesure relative à l'interdiction, de la fabrication, la vente et l'utilisation des sachets en plastique dans notre pays, le 20 Janvier 2012, Brazzaville était euphorique de constater leur disparition dans les principales artères de la ville capitale.

Et tous les Brazzavillois reconnaissaient en chœur que les sachets étaient pour une large part responsables de l'état insalubre de la capitale. Mais quelque deux mois après, la place est au désenchantement. Insidieusement, les sachets refont sur place. Ils sont de nouveau visibles sur les étals des différents marchés de la capitale. Du coup des interrogations fusent pour se demander comment est ce possible ?

La légitimité de ces interrogations découle de la manière dont l'annonce des mesures interdisant la vente et l'usage des sachets en plastique a été faite. Un grand tapage médiatique mobilisant des moyens assez importants, accompagnait cette annonce. Le sentiment qui en ressortait est que Brazzaville devait rejoindre bientôt le cercle très fermé des capitales africaines expurgées de sachets.

De nombreux Brazzavillois se mettaient alors à rêver que de ce point de vue leur ville ressemblerait sous peu à Kigali, la capitale rwandaise réputée pour sa victoire sur les sachets. Elle constitue l'une des rares cités africaines où le sachet a été réellement banni. Mais le rêve n'aura connu qu'une courte durée d'autant que le constat fait ces derniers temps montre que les sachets sont de retour.

Des reportages sur ce sujet ont même été diffusés sur les chaines de télévision montrant des commerçantes heureuses devant les cameras en train d'exhiber les fameux sachets comme pour exprimer leur plaisir à braver la mesure gouvernementale. Le sourire affiché par ces commerçantes peut vouloir signifier également que leur adhésion à la mesure n'était que de façade, le temps de laisser passer l'orage et qu'elles reviendraient à leurs habitudes au moment opportun.

Et cela sans la moindre hantise d'être interpellées. Elles sont conscientes, en effet, du fait que le pays est champion toutes catégories en matière d'annonce des mesures. Une kyrielle de mesures sont prises, cependant il demeure toujours un hiatus entre l'annonce et la pratique. On peut énumérer un nombre infini des mesures annoncées mais qui n'ont jamais été suivies par la pratique. La mesure relative à l'interdiction de l'occupation anarchique de l'espace urbain a défrayé la chronique il y a quelques années. Elle n'a jamais réellement franchi le cap de l'annonce, hormis quelques actions d'intimidations n'ayant duré que le temps d'un feu de paille. Comme pour mieux narguer l'Etat, les occupants anarchiques ont repris possession des lieux et avec un certain sens du défi. Ceci dès l'instant où ils débordent outrageusement les limites occupées au risque même d'affecter quelquefois la circulation des véhicules, ceci pour des espaces contigus aux grandes artères. Cette expérience a forgé le scepticisme de certains Brazzavillois qui à l'opposé de la majorité sont demeurés insensibles au lendemain du constat sur la disparition des sachets dans les principales artères de la capitale. Leur pronostic révélait que cette disparition n'était que momentanée et que le sachet finira bien par effectuer un retour triomphal. Si la situation semble quelque peu encore éloignée de la prédiction des sceptiques, on n'assiste pas encore à un retour massif du produit honni, cependant la présence des sachets dans les marchés de la capitale ne constitue plus un sujet tabou. Elle est certes timide à l'heure actuelle mais l'immobilisme des administrateurs maires persiste, le retour massif des sachets ne relèvera plus du mythe.

Apparemment, aucun organisme de l'Etat ne se reconnaît dans la responsabilité de faire respecter les mesures qui sont prises par le gouvernement à l'instar de celle frappant l'usage et la vente des sachets. D'où le sentiment de flottement permanent qui plane toujours autour de l'application des mesures. La démission de ces organismes est telle qu'il y a à se demander s'il faut que le président de la République lui-même descende dans l'arène pour faire respecter les mesures. A ce moment quelle est la raison d'être des organismes étatiques chargés de faire respecter ces mesures et à qui chaque année l'Etat verse des ressources pour accomplir leurs tâches ? Tant que cette question ne sera élucidée, des mesures pourront toujours être prises pour améliorer le confort des citoyens mais elles ne seront jamais suivies d'effet. Une question à première vue banale mais très importante dans la mesure où elle se rapporte, entre autres, à l'efficacité de l'Administration. Comme qui dirait, chassés par la porte, les sachets en plastique reviennent par la fenêtre

Laurent Lepossi

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Commentaires  

 
0 #1 Paul Marie M pouele 10-04-2012 06:47
Cela ne pouvait être autrement. On dit,chasser le naturel... La saleté est ce naturel chez nous.
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