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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Collectif des partis de l’opposition congolaise, signataires de la déclaration du 17 août, relative aux élections législatives de 2012.

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Lettre ouverte à monsieur le président de la République Brazzaville.

 

 

Excellence, monsieur le président de la République

Aujourd’hui, notre pays, le Congo-Brazzaville traverse une grave crise multidimensionnelle : crise politique, crise électorale, crise économique, crise sociale, crise morale, crise culturelle.

Sur le plan politique, le processus démocratique, réhabilité par la Conférence Nationale Souveraine en 1991 est en panne. La Constitution, les lois et règlements de la République sont quotidiennement violés. Les droits humains sont en permanence bafoués. Les réunions publiques de l’opposition sont illégalement interdites. Des acteurs politiques de l’opposition sont arrêtés et emprisonnés arbitrairement pour délit d’opinion. Les responsables de l’opposition sont l’objet de filatures policières permanentes ; leurs téléphones sont sous table d’écoute ; ils sont souvent menacés de mort au moyen de coups de fil anonymes. Des cordons de sécurité sont dressés autour des domiciles de certains leaders de l’opposition. Des organes indépendants de presse sont suspendus de façon arbitraire par le Conseil supérieur de la liberté de la communication, instance dont la vocation est pourtant de protéger la liberté de la presse. Les médias d’Etat sont caporalisés et consacrent toutes leurs émissions à la célébration du culte de la personnalité du président de la République et à la propagande du parti congolais du travail (P.C.T), parti au pouvoir. La souveraineté du peuple est obérée par des élections truquées.

Toutes ces pratiques qui relèvent d’un passé de triste mémoire, que nous croyions révolu à jamais, traduisent la volonté têtue du pouvoir d’aller à contre-courant de l’histoire et de restaurer le monopartisme au Congo. La déclaration du président français, monsieur François HOLLANDE, à propos de l’état de la démocratie et des droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC), à savoir : « la situation de la RDC est inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition », va comme un gant, à la situation de notre pays. La démocratie congolaise est en panne.

Sur le plan sécuritaire, la paix est le maître-mot de la propagande du pouvoir. Les médias publics bruissent à longueur de journée de la paix. Les discours officiels ne manquent pas de référence à la paix. Le président de la République est présenté comme le pape de la paix. Paradoxalement, le Congo n’a jamais accumulé autant d’armes de guerre que maintenant. Par conteneurs entiers estampillés « Grands travaux », d’importantes quantités d’armes de destruction massive en provenance de Chine, de la République Tchèque, de Singapour, de la Corée du Nord et récemment de la Lybie, sont importées à l’insu du haut commandement militaire. Dans un article intitulé : « Achats importants d’armes de guerre par Sassou Nguesso », le journal français, « Le Canard Enchaîné » écrivait déjà dans un de ses numéros de l’année 2008 :

(…) Le pouvoir de Brazzaville a fait une commande de sept (7) BM-21 Ural, quatre (4) RM-85 de marque Tchèque, quatre (4) avions de chasse Sukhoi 47, deux (2) Mig-27, un (1) F-7 chinois, quatre (4) nouveaux hélicoptères de combat MI-24, trois (3) MI-23 et un hélicoptère WZ-10. Il a été en outre fait une commande importante d’appareils de communication, des tenues militaires chinoises, une importante livraison d’armes de combat chinoises : des QBZ-95 et 97, des AK 47 et 74, ainsi que des Famas de l’armée française achetées en République Tchèque, et une cargaison des SAR-21 achetées à Singapour en juin 2007 par son fils et son conseiller Jean-Dominique Okemba(…) ; toutes ces armes seront acheminées au port de Pointe-Noire d’ici à la fin de l’année 2008. Ces importantes quantités d’armes et d’appareils militaires seront livrés au Congo cette année 2008 ; des contrats ont été signés entre le pouvoir de M’pila et le gouvernement de Pékin, et en contrepartie, le pouvoir de M’pila livrera d’importantes cargaisons de pétrole à la Chine. Les livraisons ont débuté depuis mars 2008(…).

Dans la même veine, en 2010, des conteneurs d’armes de destruction massive en provenance de la Corée du Nord (pays sous embargo du conseil de sécurité des Nations Unies) pour le compte de l’Etat congolais, ont été arraisonnés en Afrique du Sud, avant d’être convoyés sur le Congo. Toutes ces armes sont stockées dans des lieux connus des seuls services de la présidence de la République et conservées dans des conditions dangereuses. Les explosions du 04 mars 2012 à Brazzaville en témoignent.

Parallèlement à l’achat massif d’armes, le président de la République, commandant en chef des forces armées congolaises, entretient des milices privées à Brazzaville (Front 400), à Kintélé et à Lifoula (banlieue nord de Brazzaville) et Tsambitso (à proximité d’Oyo). On ne construit pas la paix en entretenant des milices privées et en engloutissant des sommes colossales dans l’achat d’armes de guerre de destruction massive, alors qu’on aurait dû investir ces sommes dans des créneaux porteurs d’emplois et de croissance pour le pays et de bien-être pour le peuple.

Par ailleurs, il sied de rappeler que le 08 août 2005, dans son message sur l’Etat de la Nation en 2005, le président Denis Sassou Nguesso déclarait : « Construire la paix, bien sûr, mais aussi, la vérité et la justice. Parce que, c’est sur la vérité et la justice que se fondent la paix et la solidarité collective. Il n’y a pas de paix sans justice, cela est évident ».

Ce discours lénifiant sur la paix sonne faux. En effet, de quelle paix et de quelle justice parle le chef de l’état, lorsque 70% de Congolais traînent une existence misérable et n’ont pas accès à l’eau potable, à l’électricité, à une nourriture saine et nutritive, aux soins de santé de qualité, à une éducation de bon niveau, à un logement décent ? Un citoyen qui ne mange pas à sa faim, qui ne peut pas se soigner convenablement quand il est malade ou qui ne peut pas acquitter les frais de scolarité de ses enfants, n’a pas la tranquillité de l’esprit et la paix du cœur.

De même, notre pays a accumulé beaucoup de contentieux, beaucoup d’affaires qui sont à la base de profondes frustrations et rancœurs. A titre d’illustrations, signalons entre autres :

- la situation inacceptable faite à l’ancien président de la République, Alphonse Massamba-Débat, dont on ignore, 35 ans après sa mort, le lieu où ses restes sont enterrés et qui demeure sans sépulture ;

- le silence coupable sur l’attentat du DC10 d’UTA, en septembre 1989, alors que l’un des principaux responsables de cette tragédie est arrêté et emprisonné actuellement en Lybie ;

- l’oubli total des disparus des couloirs humanitaires dont on ne souffle jamais mot ;

- les disparus du Beach pour lesquels, le procès n’aura servi qu’à établir qu’il y a eu des crimes sans auteurs. Là, une fois de plus, on a choisi le silence pour faire oublier le dossier, malgré les recommandations d’une mission des Nations-Unies, en octobre 2011, mission qui a demandé au gouvernement congolais, de faire aboutir la procédure, afin d’établir les responsabilités pénales et individuelles ;

- la catastrophe du 04 mars 2012 qui a endeuillé des milliers de familles. Ces dernières attendent avec impatience que les vrais coupables soient sanctionnés et non pas des boucs-émissaires. Sur ce dossier, on constate que malgré des sommes importantes inscrites dans le collectif budgétaire adopté en 2012 pour apporter des solutions appropriées aux souffrances des victimes de cette tragédie, rien de concret ne se fait sur le terrain.

Comme on peut le constater, il y a un divorce entre le discours du pouvoir sur la paix et sa pratique articulée sur la logique de guerre et l’insensibilité à l’humain. En organisant des élections frauduleuses pour écarter l’opposition du parlement, en restreignant le libre exercice des activités des partis de l’opposition, en violant quotidiennement la Constitution et les libertés fondamentales, en restaurant le parti unique et en promouvant une gestion personnelle, familiale et autoritaire de l’Etat, le pouvoir ne construit pas la paix, bien au contraire, il crée les ingrédients d’un énième conflit socio-politique au Congo, avec ses conséquences désastreuses, la prolifération de toutes les formes de violence.

Sur le plan électoral, les expériences de certains pays d’Afrique au sud du Sahara (Zimbabwe, Kenya, Niger, Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Sénégal) et notre propre expérience en 1997, montrent que les élections sont devenues l’une des principales causes des conflits qui déchirent l’Afrique aujourd’hui. Dans notre pays, avec la réhabilitation en 1991 du pluralisme politique, une commission paritaire, composée de représentants du pouvoir et de l’opposition, a organisé des élections référendaires, locales et présidentielles libres, transparentes et apaisées en 1992.

Lorsqu’en 1996, dans le cadre de la préparation de l’élection présidentielle de 1997, le Premier ministre de l’époque, monsieur David Charles GANAO avait annoncé le projet du pouvoir de faire organiser l’élection de 1997 par son gouvernement, les Forces Démocratiques Unies (FDU), groupement politique de l’opposition que dirigeait le président DENIS SASSOU NGUESSO, avaient dénoncé vigoureusement la mise en cause par le pouvoir, du principe de l’organisation paritaire des élections et avait signé avec d’autres leaders de l’opposition, Bernard Kolélas, Jean-Pierre Thystere Tchicaya, le Général Raymond Damase Ngollo et d’autres, un mémorandum dans lequel, ces personnalités réclamaient la mise en place d’une commission indépendante d’organisation des élections. Le président Pascal Lissouba avait accédé à cette revendication de l’opposition d’alors. De même, en raison de la méfiance qui régnait entre les acteurs politiques, les signataires du mémorandum avaient exigé et obtenu du président Pascal Lissouba, la réalisation de façon paritaire, d’un recensement administratif spécial, pour déterminer un corps électoral fiable.

Aujourd’hui malheureusement, force est de constater que depuis le retour au pouvoir du président Denis Sassou Nguesso, le Congo a rompu avec la pratique des élections libres, transparentes et équitables, organisées par une commission électorale indépendante et paritaire. Le président Denis Sassou Nguesso a restauré l’organisation unilatérale des élections par le gouvernement, une chose qu’il combattait avec force sous le pouvoir dirigé par son prédécesseur. Dans ce processus, violant les instruments électoraux internationaux et régionaux auxquels le Congo a adhéré (Déclaration de Bamako de novembre 2000, déclaration sur le processus électoral dans les Etats membres de la CEEAC de juin 2005, Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de janvier 2007. Ce dernier texte a été adopté pendant que le président Denis Sassou Nguesso assurait la présidence de l’Union Africaine ; jusqu’à ce jour, le Congo refuse de le ratifier), le pouvoir congolais a mis en place un système électoral frauduleux, caractérisé entre autres, par :

- une loi électorale scélérate qui confie l’organisation des élections au ministère de l’intérieur et à ses démembrements ;

- une commission d’organisation des élections aux ordres du pouvoir, composée quasi exclusivement de représentants des partis du pouvoir, et réduite à un organe d’enregistrement des actes du ministère de l’intérieur et de ses démembrements ;

- un découpage électoral partisan et injuste, non conforme aux standards internationaux,

- un corps électoral manipulé (majoration du nombre des électeurs dans les circonscriptions favorables au pouvoir et leur minoration dans les circonscriptions jugées défavorables) ;

-         des listes électorales élaborées unilatéralement par le pouvoir en l’absence des représentants de l’opposition et truffées de nombreux électeurs fictifs, d’enfants de moins de 18 ans, de nombreux étrangers, de personnes décédées ;

- des scrutins émaillés de fraudes massives marquées par : - l’inscription d’un même électeur dans plusieurs bureaux de vote ; - la distribution sélective des cartes d’électeur ; - l’installation de bureaux de vote occultes dans des domiciles privés ; - le vote multiple pour un seul électeur ; - la migration des électeurs d’une localité à une autre ; - le bourrage des urnes ; - le nombre de votants dépassant le nombre des inscrits ; - la falsification des résultats sortis des urnes ; - la proclamation des résultats sans indication du nombre des inscrits, du nombre des votants, du pourcentage des abstentions ; - la rétention des procès- verbaux de transmission des résultats ; - le non affichage des résultats devant les bureaux de vote, tel que prévu par la loi électorale ; - l’intimidation des électeurs par des éléments armés au service de certains candidats du pouvoir ; - la connivence entre les candidats du pouvoir et les présidents des commissions locales d’organisation des élections ; - l’utilisation des deniers publics et du matériel de l’Etat pour les campagnes électorales des candidats du pouvoir ; - la corruption à ciel ouvert des électeurs ; - l’instrumentalisation de la Cour constitutionnelle, chargée de valider les candidatures, de proclamer les résultats et de juger du contentieux électoral.

Les élections législatives de 2012, organisées sur la base de ce système frauduleux, ont été un véritable scandale ; leurs résultats, proclamés par le ministre de l’intérieur sont faux. L'Assemblée nationale issue de cette parodie électorale n’est pas représentative du peuple congolais. Elle est illégitime. L’opposition ne la reconnaît pas. Toute bonne élection doit être libre, transparente et équitable et requiert de ce fait, un corps électoral fiable, une loi électorale impartiale, une commission électorale véritablement indépendante et paritaire, un découpage électoral juste et équitable, l’égalité de traitement entre les compétiteurs, car, la République postule le règne des citoyens égaux en droits. Cette transparence-là, fait avancer la démocratie.

Sur le plan économique, malgré le battage médiatique orchestré autour du « Chemin d’Avenir », le Congo n’a pas de véritable politique économique. L’agriculture, proclamée priorité des priorités depuis 1982 (plan quinquennal 1982 – 1986) et l’industrie, annoncée à grand renfort de publicité comme l’autre priorité économique, ne sont que de la poudre aux yeux, car, dans la pratique, le Congo continue d’importer tous les produits manufacturés qu’il consomme et dépense chaque année, de 140 à 150 milliards de FCFA, au titre des importations de produits agricoles et alimentaires. A quoi le pouvoir utilise t-il donc les énormes sommes qu’il inscrit chaque année au budget d’investissement de l’Etat, lorsque l’on sait que les quelques infrastructures en cours de réalisation, sont financées principalement par des prêts chinois comme en témoignent les illustrations ci-après :

Route Pointe-Noire – Malélé (64 milliards) ; - barrage d’Imboulou (86 milliards) ; - transport des lignes Imboulou (166 milliards) ; - aéroport de Maya-Maya (44 milliards) ; - aérogare d’Ollombo (16 milliards) ; - usine de Djiri (8 milliards) ; - hôpital d’Oyo (5 milliards) ; - logements du camp 15 août (3 milliards) ; - route Obouya-Boundji-Okoyo (25 milliards) ; - route Makoua-Mambili (60 milliards), etc.

Certes, le Congo a besoin d’infrastructures, car, les infrastructures économiques et sociales viables sont des préalables indispensables au développement. Il est cependant regrettable que les dépenses d’infrastructure au Congo, quand elles ne produisent pas des éléphants blancs, comme à l’occasion des « municipalisations accélérées » de Pointe-Noire, Impfondo, Dolisie, Owando, Brazzaville, Ewo, elles sont des sources de surfacturation. Par exemple, à Brazzaville, le petit tronçon de route, long de 2,800km, qui va de l’aéroport de Maya-maya au rond-point des dix (10) maisons, a coûté neuf (9) milliards de Fcfa, soit 3 milliards de Fcfa par km, alors que le coût standard d’un km d’autoroute, et non de route, est d’environ 1 milliard de Fcfa. Ce qui devrait donner pour ce tronçon, un coût global de 2 milliards de Fcfa s’il s’agissait d’une autoroute. A ce propos, rappelons que pour la construction de la route Brazzaville-Kinkala par l’Union Européenne, le km de route n’a coûté que 350 millions de Fcfa, soit environ 10 fois moins cher que le tronçon de route Maya-maya au rond-point de 10 maisons. La Centrale thermique de Brazzaville, dont les équipements ont été achetés sur le marché d’occasion à des prix exorbitants, ne produit que 10 mégawatts sur les 32 de puissance installée. Il faut encore signaler que dans certains cas, les infrastructures retenues n’obéissent pas toujours à la cohérence du procès développement et de l’aménagement du territoire.

Le pouvoir présente l’économie congolaise comme l’une des plus performantes de l’Afrique avec des taux de croissance élevés (12,1% en 2010 ; 12% en 2011 ; 7% en 2012 et 5% de prévision pour 2013). Ces chiffres sont démentis par ceux donnés par le FMI, à savoir : 2009 (7,5%) ; 2010 (8,8%) ; 2011 (3,4%) ; 2012 (4,9%) ; 2013 (5,3% de prévision). En tout état de cause, cette croissance est due uniquement à la bonne tenue du prix du baril de pétrole sur le marché international (110 dollars en moyenne). De plus, elle est une croissance creuse, c’est-à-dire, une croissance sans développement. Elle ne génère, ni création d’emploi, ni amélioration des conditions de vie des populations. Malgré cette croissance, le chômage en général, le chômage des jeunes en particulier, reste endémique et la misère des couches populaires s’accroit chaque jour davantage.

En définitive, aujourd’hui après 52 ans d’indépendance, le Congo ne dispose ni d’une agriculture, ni d’une industrie dignes de ce nom. L’économie congolaise n’est pas diversifiée. Elle demeure une économie de rente qui repose essentiellement sur un seul produit : le pétrole. Malgré l’importance des investissements dans l’exploitation pétrolière, les effets d’entraînement sur les autres secteurs sont presque nuls. Par ailleurs, au Congo, le climat des affaires est très mauvais. Selon la Banque mondiale, le Congo occupe le 181e rang sur 182 pays. C’est dire que le degré d’attractivité de l’économie congolaise est très faible.

Sur le plan financier, le budget de l’Etat congolais est passé de 675 milliards de FCFA en 2002, à 4000 milliards de FCFA en 2012. Il aura été multiplié par six (06) en l’espace de 10 ans. Jamais, mais alors jamais, le Congo n’a engrangé autant d’argent. En dépit de cette embellie financière, le quotidien des Congolais ne s’améliore pas. Les excédents financiers dégagés grâce au relèvement continu du prix du baril de pétrole sur le marché international (soit, en moyenne près de 1200 milliards de FCFA, par an depuis 2005), sont domiciliés dans des comptes extérieurs. Pourtant, en 2006, le président de la République avait pris l’engagement de faire auditer chaque année, par la Cour des comptes et de discipline budgétaire, le compte de stabilisation ouvert dans les écritures de la BEAC à Brazzaville. Aujourd’hui, près de 6 ans après cette promesse, cet audit se fait toujours attendre et le solde du compte de stabilisation n’est jamais communiqué au parlement au moment des sessions budgétaires, malgré la demande insistante des parlementaires.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que selon les statistiques de la Banque Centrale, l’ensemble des dépôts du gouvernement dans cette institution ne s’élèveraient au 31 août 2012, qu’à 1.368 milliards de FCFA. Ce chiffre était de 1276 milliards de Fcfa en décembre 2010 et 1649 milliards de Fcfa à la fin de décembre 2011. Que sont devenus les milliers de milliards de FCFA de différence ? A cela, il faut ajouter les écarts constatés dans le cadre de l’initiative de transparence des industries extractives (ITIE) entre, d’une part, les sommes versées par les sociétés à l’Etat congolais, et d’autre part, les sommes déclarées par lui. Dans la même optique, le fonctionnement de l’Etat révèle l’existence des formes diversifiées d’appropriation personnelle et partisane des ressources publiques. Dans ce cadre, des pans entiers du patrimoine de l’Etat ont été aliénés par les détenteurs du pouvoir. Ces biens publics sont devenus la propriété des nouveaux riches.

En outre, la corruption est endémique à tous les échelons politiques et administratifs. Le Congo est classé par Transparency International parmi les pays les plus corrompus du monde. Il occupe le 162e rang sur 182 pays. Les organes de contrôle (parlement, Cour des comptes et de discipline budgétaire, inspection générale d’Etat, inspection générale des finances) ne remplissent pas leur office. Le parlement ne se donne pas les moyens de son rôle. Il n’exerce pas le suivi de l’exécution du budget de l’Etat et ne veille pas à la bonne utilisation des finances publiques et à la qualité de la dépense.

La création de la Cour des Comptes et de discipline budgétaire avait ouvert l’espoir que l’impunité allait désormais être traquée au Congo et que les gestionnaires des affaires publiques devaient enfin rendre compte de leur gestion. Hélas, il n’en est rien du tout. La Cour des comptes et de discipline budgétaire dont la vocation est de contrôler les comptes de la Nation, ne joue pas son rôle et ne contrôle rien, à telle enseigne que malgré les scandales financiers auxquels se livrent de nombreux gestionnaires de la cité, aucun d’eux n’est inquiété ; aucun délinquant en col blanc n’est en prison. Au contraire, ils sont assurés d’une totale impunité. L’obligation constitutionnelle de la déclaration des revenus à l’occasion de la prise de fonction (article 48), continue d’être allègrement violée.

Sur le plan social, la situation est caractérisée par un grand paradoxe. Le Congo est riche. Riche de matières premières, de terres arables, de rivières et de fleuves, de forêts, de soleil. Mais les Congolais sont pauvres. Malgré les énormes revenus générés par le pétrole, 70% de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté ; leur quotidien est fait de souffrances extrêmes : chômage endémique, vie chère, manque d’eau potable, d’électricité, de pétrole lampant, de gaz, absence de protection sociale, très faible accès aux soins de santé, famine et malnutrition. Dans son discours du 13 août sur l’état de la Nation en 2010, le président Denis Sassou Nguesso décrivait cette situation en ces termes :

(…) J’ai parlé du social comme maillon faible de notre action, parce qu’une partie considérable de notre population manque du minimum nécessaire. L’eau, l’électricité et les soins de santé ne sont pas encore à la portée de tous. L’emploi non plus (…). Nos échecs sur le plan social sont imputables, pour une large part, aux contreperformances de notre économie (…). Nous n’avons pas encore pu réaliser le développement malgré la générosité de nos efforts et de notre volonté (…).

Le Congo dispose d’énormes moyens financiers, mais les populations ne profitent pas de la manne pétrolière. Le peuple n’est pas le premier souci du pouvoir. L’enrichissement de l’Etat peine à se traduire en une amélioration des conditions de vie du peuple. Pendant qu’en haut, les dirigeants vivent une vie fastueuse et dépensent des fortunes insolentes, tout en bas, les populations croupissent dans une misère noire. La vie est à double vitesse : d’un côté, les souffrances extrêmes du peuple, de l’autre les biens mal acquis et la morgue des nouveaux riches. Alors que l’embellie financière dont jouit le pays depuis 2003 permet de revaloriser très substantiellement le pouvoir d’achat des populations, les salaires des fonctionnaires, les pensions des retraités et les bourses des étudiants, le gouvernement continue de rester insensible à la paupérisation accrue des couches populaires et ne se soucie que de la préservation de ses propres privilèges. Les Congolais, contraints de vivre comme des parias dans leur propre pays, refusent cette situation qui tranche avec les atouts exceptionnels dont dispose le pays. Un mécontentement généralisé gronde de partout. C’est le cas des victimes de la tragédie du 04 mars 2012 et des autres catastrophes que notre pays a connues, qui menacent de manifester dans les rues de Brazzaville et des autres localités, si le gouvernement persiste dans son mépris de leurs souffrances et dans son autisme.

Sur le plan des valeurs, le Congo est plombé par une grave crise morale. Aujourd’hui, on observe dans tout le corps social, de graves faits de dérèglement comportemental, des pratiques sociales insolites et atypiques, marquées par la déviance : démotivation au travail, culte de l’argent facile, esprit de facilité, concussion, corruption, enrichissement illicite, prostitution, boulimie sexuelle, goût immodéré du luxe et de la fête, vols, braquages, viols, etc. Chacun vit au rythme de ses instincts en dehors de la norme morale et veut tout avoir sans fournir le moindre effort. On le sait, le poisson commence à pourrir par la tête. Les Etats aussi. C’est le poids de l’exemple. Du sommet à la base de l’Etat, la corruption est devenue une institution. La vénalité est partout et suinte de partout. A quelques très rares exceptions près, l’ensemble des acteurs sociaux congolais est possédé par une soif effrénée de l’argent. Partout, l’argent est devenu le moteur de l’action. Dans l’administration publique, plus rien ne se fait ou ne s’obtient sans argent : il faut « mouiller la barbe » à un fonctionnaire ripoux pour obtenir un service rapide. Pour de l’argent, un acteur politique est prêt à vendre son âme, une épouse à trahir son mari, un homme d’église à se compromettre, un camarade à sacrifier un compagnon, un ami à jeter aux orties plusieurs années d’amitié.

L’argent-roi a détruit les repères moraux et a engendré de nombreuses anti-valeurs : le déclin de la discipline comportementale  et de l’honnêteté; la perte du sens de la vertu, de l’honneur, de la dignité et de l’amour-propre ; la corruption, l’enrichissement illicite ; le recul du sentiment national et la recrudescence du népotisme, du repli sur l’identité du village, de l’ethnie, de la région d’origine. Cette crise de la conscience congolaise est une des principales plaies qui gangrènent le Congo : l’éradiquer est un impératif catégorique, car, il y n’aura pas de redressement national sans un profond changement des conceptions, des mentalités, des pratiques politiques et sociales d’hier et d’aujourd’hui. Pour refonder le Congo, il faut réarmer moralement les Congolais. Il faut reconstruire la conscience congolaise.

Sur le plan culturel, la situation est marquée par une grande régression. Notre musique qui assurait naguère au Congo sa visibilité sur le plan international, a versé dans le bruit, la médiocrité, la vulgarité, voire la pornographie. Notre littérature qui est l’une des plus fécondes et des plus reconnues d’Afrique, n’est pas soutenue par le pouvoir : aucun salon du livre n’est organisé sur le sol national ; aucune réunion scientifique portant sur elle n’est programmée ; aucun soutien n’est apporté aux écrivains. De même, rien n’est fait pour valoriser la peinture congolaise, l’un des fleurons de notre culture. Des grands talents comme GOTENE sont abandonnés à eux-mêmes. L’école de peinture de Poto-Poto, lieu emblématique de la création picturale congolaise n’est pas construite. L’office national du cinéma (ONACI) a fait faillite et avec lui, le cinéma national ; toutes les salles publiques de cinéma ont été vendues à des confessions religieuses. L’Etat n’accompagne pas les arts et les lettres. Il n’y a plus au Congo, ni salles de cinéma, ni salles de théâtre, ni bibliothèques, ni librairies, ni maisons d’éditions du livre ou du disque, ni musées, ni maisons de la culture. De façon générale, les Congolais ne lisent pas ; ils consultent très rarement l’internet ; ils ne cherchent pas à élever leur niveau intellectuel et culturel : leurs seules pratiques culturelles sont constituées par la fréquentation des bars dancing, des boîtes de nuit, des « VIP » et autres lupanars. La plupart des jeunes Congolais ne consultent l’internet que pour visionner des films pornographiques. Les émissions de radios et de télévisions du Congo sont d’une pauvreté intellectuelle et culturelle affligeante, à telle enseigne que les intellectuels se tournent vers les radios et les télévisions étrangères. Bref, notre culture est en crise. Cette situation génère dans le peuple une perte de confiance en soi et dans les valeurs de civilisation congolaise. Elle renforce l’aliénation culturelle héritée de la colonisation et favorise le recul du sentiment national et du patriotisme. En dernière analyse, la crise culturelle fragilise la conscience nationale et l’amour de la patrie. Elle fait des Congolais, des déracinés, étrangers à leur pays et dans leur propre pays.

Excellence, monsieur le président de la République,

Ce bref regard panoramique sur les derniers développements de la situation politique, économique, sociale et morale du Congo, révèle que notre pays est traversé par une crise multidimensionnelle. Ni les interdictions répétées des activités de l’opposition, ni les atteintes graves aux libertés, aux droits, à la sécurité et à l’intégrité physique des responsables et militants de l’opposition, ni les intimidations perpétrées par les forces de répression et de régression , ni la corruption à grande échelle dans les milieux dirigeants de l’opposition, ni les bruits de botte qu’on entend ici et là, ni les complots imaginaires, ni les procès fabriqués, ne sauraient constituer des solutions à la crise actuelle de notre pays. Au contraire, toutes ces fausses solutions à de vrais problèmes, ne font que l’aggraver. Le peuple congolais a trop souffert des guerres civiles à répétition (93-94, 97, 98-99) que ses dirigeants lui ont imposées. Le temps du ressaisissement et de la lucidité est venu. La surdité incompréhensible du pouvoir aux appels de la raison doit désormais céder la place à la sagesse.

Aujourd’hui, la convocation des Etats généraux de la nation est l’unique solution pour sortir du marasme actuel. Hors de cette voie, il n’y a point de salut pour le Congo. Les Etats généraux de la nation, vrai dialogue politique entre le pouvoir et les forces vives de la nation, concernent tout le peuple congolais et rassembleront des représentants des associations de la société civile, des intellectuels, des jeunes, des femmes, des artistes, des artisans, de la classe politique dans sa diversité et de la diaspora congolaise.

Ce forum national aura pour objet de réfléchir sur chacun des grands défis auxquels le Congo est confronté aujourd’hui et de formuler des propositions novatrices et appropriées pour relever chacun des défis identifiés et analysés. Il sera un haut lieu de débats politiques, techniques et professionnels, sereins et de haut niveau. Les débats porteront à titre indicatif, entre autres, sur : les élections libres, transparentes et équitables en 2013 et 2016 ; la réhabilitation du processus démocratique ; les droits humains ; la crise des valeurs et la moralisation de la vie politique et de la vie publique ; la construction d’une armée et d’une police véritablement républicaines ; l’édification d’une économie diversifiée ; l’industrialisation du pays ; la sécurité alimentaire ; le pouvoir d’achat des populations et des travailleurs ; l’emploi des jeunes ; l’accès des populations aux services sociaux de base ; le développement humain ; la bonne gouvernance ; la refondation de l’école de la République ; le redressement du système national de santé ; la construction du système national de la recherche scientifique et de l’innovation technologique ; les nouvelles technologies de l’information et de la communication ; le développement énergétique ; le développement urbain et le logement social ; la décentralisation des collectivités locales ; la valorisation de la culture nationale ; la protection de l’environnement ; l’ouverture sur le monde et sur la modernité. Les débats sur ces questions se dérouleront dans un esprit de tolérance et de responsabilité.

Ainsi conçus, les Etats généraux constituent la seule bonne solution pour sortir le Congo de la crise qui le plombe. Contrairement à ce qu’ont affirmé certains oiseaux de mauvaise augure, les Etats généraux ne visent nullement le renversement de l’actuel président de la République dont le deuxième et dernier mandat court jusqu’en 2016, conformément aux dispositions de la Constitution du 20 janvier 2002. Nous, opposition congolaise, nous sommes contre la prise du pouvoir par la force. Pour nous, le pouvoir est au bout d’élections libres, transparentes et honnêtes. Nous luttons pour la création des conditions permissives de telles élections. Nous sommes des démocrates et des républicains, respectueux des lois de la République. Nous ne sommes pas des putschistes. Ce sont les peuples qui font l’histoire. C’est le peuple congolais qui est la clé de son avenir. A condition qu’il se libère des chaînes de la résignation. Notre rôle est de donner des impulsions en vue de la réhabilitation du processus démocratique et du redressement national.

Excellence, monsieur le président de la République,

A la suite de votre victoire militaire du 15 octobre 1997 et à l’occasion des assises du forum national, tenu à Brazzaville le 05 janvier 1998, vous déclariez :

(…) je prends l’engagement ferme de ne jamais accepter un quelconque retour en arrière. L’histoire a un sens. Il faut aller résolument de l’avant, à la rencontre d’une nouvelle historicité de liberté, de fraternité, de paix et de progrès continu. Le Congo doit vibrer désormais au rythme universel, accéder définitivement à l’éthique de la démocratie et de la bonne gouvernance dont les corollaires sont notamment : - un pluralisme politique débarrassé de toute mystification intellectuelle ; - une séparation équilibrée et complémentaire des pouvoirs ; des institutions démocratiques et stables ; une pratique électorale qui aliène tout fétichisme ethnocentriste ; une décentralisation qui stimule un épanouissement de toutes les régions du pays (…) Tout cela, dans le cadre d’un Etat de droit qui ne ruine pas le droit de l’Etat à réguler l’espace public (…)

Excellence, monsieur le président de la République,

Cette profession de foi hautement démocratique vous honore. Le moment est venu de mettre en cohérence les discours et les actes et de traduire dans les faits, votre engagement « … de ne jamais accepter un quelconque retour en arrière… d’aller résolument de l’avant, à la rencontre d’une nouvelle historicité de liberté, de fraternité, de paix et de progrès continu… ». L’histoire est du côté de la liberté. Le monde est entré dans la civilisation de la démocratie. Cette évolution est irréversible. Personne ne peut l’arrêter. Le Congo a l’impérieux devoir de s’arrimer aux temps modernes. Dans cette direction, les signataires de la présente lettre ouverte, vous demandent de bien vouloir convoquer dans les meilleurs délais, les Etats généraux de la nation congolaise, grand conseil de famille entre le pouvoir et les forces vives de la nation, pour mettre en musique les engagements contenus dans votre déclaration du 05 janvier 1998, sus-citée. Le développement d’un pays exige un dialogue permanent entre le pouvoir et les citoyens transformés en acteurs et non en spectateurs de leur propre vie. Il faut se parler. Dans son intervention au XIVème sommet de la Francophonie, tenu à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012, le président tunisien, monsieur MONCEF MARZOUKI, a rappelé à ses collègues Chefs d’Etat, le message du printemps arabe, à savoir : « messieurs les chefs d’Etat, faites des réformes ; si vous ne le faites pas, nous, peuples, allons vous y contraindre ».

Excellence, monsieur le président de la République,

Méditez cet appel de votre collègue tunisien. Soyez de votre temps. Entendez la voix de la raison et de la sagesse. Ecrivez une nouvelle page de l’histoire du Congo en restant fidèle au serment constitutionnel (article 69) que vous avez prêté devant la Nation entière et la communauté internationale, serment ainsi libellé :

« Devant la Nation et le peuple Congolais seul détenteur de la souveraineté : MOI, Denis Sassou Nguesso, président de la République, je jure solennellement :

- de respecter et de défendre la Constitution et la forme de l’Etat ;

- de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation et le Peuple m’ont confiées ;

- de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques ;

- de protéger et de respecter le bien public ;

- de consacrer l’intégrité des ressources naturelles au développement de la Nation ;

- de garantir la paix et la justice à tous ;

- de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire, la souveraineté et l’indépendance nationale. »

Excellence, monsieur le président de la République,

Dites oui aux Etats généraux de la nation congolaise.

Profondément convaincus que vous donnerez une suite favorable à notre proposition de bon sens, nous vous prions d’agréer, Excellence, monsieur le président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Fait à Brazzaville, le 26 octobre 2012

Les signataires

 

Commentaires  

 
0 #2 VERITAS 31-10-2012 04:51
[quote name="VERITAS"]Encore un long discours qui n'est qu'une constatation!

C'est une opposition verbale et "molle".

Alors, on continue à se croiser les bras en attendant que les mangues tombent de l'arbre?

Finalement Sassou a bien raison de poursuivre son petit bonhomme de chemin! Ne dit-on pas: les chiens aboient et la caravane passe?
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0 #1 VERITAS 31-10-2012 04:49
Encore un long discours qui n'est qu'une constatation!

C'est une opposition verbale et "molle".

Alors, on continue à se croiser les bras en attendant que les mangues tombent de l'arbre?

Finalement Sassou a bien raison de poursuivre son petit bonhomme de chemin! Ne dit-on pas: >?
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