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Centrafrique : pour qui roule la Seleka?

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Coiffée par une structure composite dans laquelle siègent des mouvements rebelles venus d’horizons différents, la coalition anti-Bozizé pourrait, en cas de victoire, bien vite se retrouver face à ses propres divisions et les ambitions personnelles de ses propres leaders.

 

Qui, donc, se cache derrière l’appellation générique Seleka (coalition, en sango, la langue usuelle en République centrafricaine) ? Il s’agit d’une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires connus et de groupes de création plus récente. Ils ont désormais pour objectif commun la chute du président centrafricain, François Bozizé, à qui ils reprochent de n’avoir pas tenu les engagements découlant des accords de paix signés en 2007.

Au registre des mouvements coutumiers de la lutte armée, on peut mentionner la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). A ces trois-là sont venues s’ajouter, au sein de la Seleka (créée de fraîche date), deux organisations jusque-là inconnues du grand public : la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK, kodro signifiant pays, en sango), et l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R), une structure jusque-là discrète, pour ne pas dire clandestine, regroupant des officiers hostiles au régime et qui ont, semble-t-il, attendu « le bon moment » pour apparaître au grand jour. « Il y a encore quelques semaines, on ignorait tout de la Seleka, voire de certains mouvements qui la composent », confirme un ancien Premier ministre joint au téléphone à Bangui.

L'héritage de Charles Massi

Créée à la fin de l’année 2008, la CPJP est présidée, dans sa déclinaison Seleka, par le général Noureddine Adam. Le mouvement opérait pour l’essentiel dans le Nord-Est. Son aile politique était dirigée par le médecin militaire Charles Massi, plusieurs fois ministre, mort probablement sous la torture en janvier 2010, quelques semaines après avoir été arrêté à la frontière avec le Tchad et livré aux autorités centrafricaines. Son fils Eric Neris Massi fait office, depuis Paris où vit ce féru d’informatique et de réseaux sociaux, de porte-parole et coordonnateur international de la Seleka.

Aux côtés de la CPJP, on retrouve, toujours au sein de la Seleka, le FDPC, du très controversé chef de guerre Martin Koumtamadji, plus connu sous son nom d’emprunt, Abdoulaye Miskine. Ce proche de l’ancien président Ange-Félix Patassé qui s’était rapproché ces dernières années de Bozizé a, semble-t-il, hésité avant de rallier la Seleka, le 21 décembre dernier, à en croire Eric Neris Massi, et de jeter ses hommes dans la bataille en direction de la capitale, Bangui. Le FDPC s’est fait connaître à la fin de l’année 2008 et début 2009 en lançant des attaques meurtrières contre les Forces armées centrafricaines (FACA), de concert avec un autre mouvement armé.

Autre vétéran figurant en bonne place au sein de la Seleka : Michel Am Nondroko Djotodia, le leader de l’UFDR, ancien fonctionnaire du ministère du Plan, puis des Affaires étrangères, et ex-consul à Nyala, capitale du Sud-Darfour au Soudan. Créée en septembre 2006, l’UFDR opérait essentiellement, avant la dernière offensive vers Bangui, dans les préfectures arabophones de Vagata et Haute Kotto, dans le Nord-Est. Son commandement opérationnel était assuré par le capitaine Yao, de son vrai nom Dramane Zacharia, aujourd’hui brouillé avec son patron.

On retrouve dans l’UFDR certains des hommes qui ont aidé François Bozizé à renverser Ange-Félix Patassé en 2003, mais que les promesses non tenues du pouvoir et le non-respect des accords de paix de 2007 ont mécontentés.

Général en un jour

A l’intérieur de la Seleka, deux mouvements de création récente viennent compléter le tableau. Le premier, dénommé la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK), a été officiellement lancé au terme d’une « Assemblée constituante » qui s’est tenue les 20 et 21 juin 2012 dans un lieu non précisé. Son fondateur, Mohamed-Moussa Dhaffane, en est devenu le président, avant d’être aussitôt bombardé, peut-on lire dans le communiqué final, « à titre exceptionnel et honorifique au grade hors hiérarchie de général major assimilé des Forces armées ». Dhaffane assura, en d’autres temps, les fonctions de président ad hoc de la Croix-Rouge centrafricaine, tout en étant membre de la CPJP, qu’il quitta pour créer son propre mouvement. Pour le coup, ce général autoproclamé se retrouve au sein de la Seleka avec de vrais officiers de la FACA regroupés, eux, dans l’A2R, une structure clandestine dont l’adhésion à la coalition date seulement de la fin décembre 2012.

Voilà pour le tableau de bord. Reste à piloter l’ensemble en ménageant la susceptibilité et la spécificité des uns et des autres. Comment instaurer un minimum d’harmonie dans une structure dont les composantes viennent d’horizons aussi différents ? Comment contenir les ambitions de leaders nourrissant de longue date, pour certains, l’ambition de devenir calife à la place du calife ? Et comment éviter que, demain, la victoire contre l’ennemi commun ne tourne au règlement de comptes ? La « Seleka est une coalition hétéroclite de factions rebelles dissidentes qui écument l’arrière-pays depuis quelques années déjà, souligne un membre de la diaspora centrafricaine en France, Alain Lamessi, dans une tribune libre publiée sur Centrafrique-Presse. Il faut avoir lu la déclaration de sortie de crise […] pour se rendre compte à quel point leur plateforme revendicative reste pour le moins catégorielle. Pas de ligne politique conceptualisée, ni structurée, pas d’idéologie claire et cohérente, pas de revendications précises. Tout cela finit par convaincre que la Seleka, dans sa forme actuelle, n’est pas et ne peut pas être une alternance crédible au régime de Bozizé. »

Des événements « prévisibles »

L’ancien Premier ministre cité plus haut nuance : « Il est possible que la Seleka ne soit pas à la hauteur des espoirs qu’elle suscite depuis quelques jours, mais la faute en revient à Bozizé. Ce qui arrive était prévisible. Il a fait mille promesses qu’il n’a jamais tenues. Au contraire, il s’est employé à introduire le venin de la division dans nos rangs en essayant systématiquement de débaucher les responsables et cadres de l’opposition républicaine et des groupes armés. Il s’est fait réélire dans les conditions que tout un chacun connaît, a rempli le Parlement avec ses amis et des membres de sa famille, alors même que les manifestations de l’opposition étaient interdites, sinon violemment prises à partie par des nervis du régime. Lorsqu’on interdit toute expression démocratique, on ouvre la porte à l’aventure... »


Retour sur une expédition de trois semaines vers Bangui

Avec la chute sans résistance de Sibut, le 29 décembre, il ne reste plus que 150 km aux rebelles avant Bangui. Un verrou stratégique se dresse encore devant eux : Damara, tenue par les Forces régulières (Faca) et les hommes de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac). Il aura fallu trois semaines aux rebelles de la Seleka pour y parvenir.

Par Francis Kpatinde,

RFI


 

Commentaires  

 
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0 #21 SANGOU BONAVENTURE 31-12-2012 20:38
“Bozizé doit partir”

La coalition rebelle du Séléka a demandé lundi le départ de François Bozizé.

"Bozizé doit partir, c'est clair, on réclame son départ, qu'il quitte le pouvoir", a affirmé le porte parole du Séléka, Eric Massi.

Les rebelles affirment également vouloir prendre Damara, dernier verrou à 75km au nord de Bangui.

La coalition rebelle du Séléka a rejeté une série de promesses faites par le président français centrafricain, notamment celle d’un gouvernement d’union nationale, et la promesse de ne pas se présenter aux prochaines élections de 2016.

Selon Eric Massi, il n’est pas possible de faire confiance à François Bozizé car les troupes centrafricaines commettent des exactions contre des partisans de la rébellion à Bangui.
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0 #20 SANGOU BONAVENTURE 31-12-2012 20:37
Le Congo Brazzaville a annoncé lundi avoir envoyé 120 militaires à Bangui, la capitale centrafricaine, menacée par l’avancée des rebelles.

Selon un communiqué du ministère congolais des Affaires étrangères, cette compagnie agira dans le cadre du mandat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, à la demande du président tchadien Idriss Déby, également président en exercice de la CEEAC.
Sur le même sujet

La force de la CEEAC, le FOMAC, est actuellement déployée à Damara, à 75 km au nord de Bangui en appui de l'armée centrafricaine, qui essuie défaite après défaite face à l'avancée de la coalition rebelle du Seléka.

Les rebelles menacent désormais de s'emparer de Bangui, après avoir pris le contrôle d’une dizaine de villes.

Cette force multinationale d'Afrique centrale, mise en place en 2008, avait pour mission d'aider à consolider la paix dans le pays miné par des années de guerres civiles et de nombreuses rébellions.
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0 #19 Setou Benoit 31-12-2012 17:46
"Bozizé doit partir"
La coalition rebelle du Séléka a demandé lundi le départ de François Bozizé.
"Bozizé doit partir, c'est clair, on réclame son départ, qu'il quitte le pouvoir", a affirmé le porte parole du Séléka, Eric Massi.
Les rebelles affirment également vouloir prendre Damara, dernier verrou à 75km au nord de Bangui.
La coalition rebelle du Séléka a rejeté une série de promesses faites par le président français centrafricain, notamment celle d’un gouvernement d’union nationale, et la promesse de ne pas se présenter aux prochaines élections de 2016.
Selon Eric Massi, il n’est pas possible de faire confiance à François Bozizé car les troupes centrafricaines commettent des exactions contre des partisans de la rébellion à Bangui.
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0 #18 jovince 31-12-2012 17:42
On peut juste comprendre que la démocratie ça se parle en Afrique mais ça ne s'applique jamais. On entend uniquement le mot et on comprend pas la signification, c'est vraiment malheureux pour certains pays africains. MAIS DU COURAGE LES GARS, ON Y ARRIVERA UN JOUR " peut être ?
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0 #17 Alaouakadro 31-12-2012 17:40
F. Bozizé doit comprendre désormais que l'on ne peut pas prendre en otage tout un peuple trop longtemps. Le plonger dans une misère indescriptible, l'humilier car sa dignité humaine est brisée par la misère au point qu'il a honte de se reconnaitre centrafricain devant les autres peuples du monde. BOZIZE DOIT PARTIR!!!!!!
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0 #16 JR Maleli 31-12-2012 17:38
Mr. KABILA de la R.D.CONGO ainsi que tous les autres Présidents-Dictateurs Africains doivent s'inspirer de ce qui est en train d'arriver à leur Confrère BOZIZE avant qu'il ne soit trop tard pour leurs Régimes. Bien Aimés Présidents-Dictateurs Africains, n'attendez pas que les carottes soient cuites avant d'ouvrir le dialogue avec vos Oppositions Politiques. Pauvre Président-Général BOZIZE, il y a belle lurette qu'il fallait songer à la formation d'un Gouvernement d'Union Nationale en RCA.
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0 #15 mbongbale 31-12-2012 17:37
Aux Centrafricains de faire très attention en jouant la prolongation, les choses peuvent tourner en faveur de Bozizé. Nous avons vu ce qui s'était passé au Tchad. Déby acculé mais comme la rébellion n'avait pas un leader. La France a préféré aidé celui ci.
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0 #14 Patata 31-12-2012 17:36
Encore du bluf Bozizé doit partir...
Depuis 10 ans qu'il est là et le pays n'a vu aucune lumière de développement.
Bozizé cherche a gagné du temps afin d'avoir la sympathie des gens et de la communauté internationale.
Son départ est le seul moyen pour ramener la paix et rassurer nos partenaires. Il n' est plus crédible. Il a fait de la RCA une propriété privée depuis 10 ans il est temps qu'il s'en aille.
Afin que les vrais du fils du pays puissent se mettre au travail
Trop c'est trop.
Il doit savoir qu'il n'est pas le seul capable de diriger le pays
Il y'a beaucoup des centrafricains compétents et prêts a relever les défis.
Vite que cette bande d'aventuriers disparaissent de notre paysage politique car ils nous font honte.
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0 #13 Genty 31-12-2012 17:33
C'est dommage que la force soit le seul moyen de chasser un régime en Afrique centrale. Le refus de l'alternance démocratique dans cette région est source d'instabilité politique.
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