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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Communiqué de presse.

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COLLECTIF DES PARTIS DE L’OPPOSITION CONGOLAISE, SIGNATAIRES DE LA DÉCLARATION DU 17 AOUT, RELATIVE AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2012

Le magazine économique et financier new-yorkais « FORBES » vient d’organiser à Brazzaville le 23 juillet 2013, un Forum sur le thème : « L’émergence des classes moyennes en Afrique, entreprenariat et nouveaux modes de consommation ». Le Collectif des partis de l’opposition congolaise a suivi avec un intérêt tout particulier, le déroulement des travaux de ce forum placé sous le haut patronage du président de la République du Congo, monsieur Denis Sassou Nguesso.

Plusieurs hautes personnalités africaines et étrangères dont cinq chefs d’État ont participé aux travaux de ce forum :

- Le président Jacob ZUMA de la République Sud-Africaine ;

- Le président Macky SALL du Sénégal ;

- Le président Blaise COMPAORE du Burkina Faso ;

- Le président John DRAMANI MAHAMA du Ghana ;

- Le président Denis SASSOU NGUESSO, l’hôte du Forum.

Aucun chef d’État de la sous-région Afrique centrale n’a participé au forum de Brazzaville. Etaient-ils invités ? Comment expliquer leur absence très remarquée ? Outre les chefs d’État présents, le forum a été rehaussé par la présence d’éminentes personnalités internationales :

- Monsieur KOFFI ANNAN, ancien Secrétaire Général de l’ONU ;

- Son excellence monsieur Andrew YOUNG, ancien ambassadeur des USA aux Nations Unies ;

- Monsieur Jean-François COPE, président de l’UMP (France) ;

- Monsieur Louis MICHEL, ancien commissaire européen au développement ;

- Monsieur DOV ZERAH ancien directeur général de l’Agence française de développement.

Parmi les chefs d’état présents, on aura remarqué particulièrement, ceux dont les pays ont été récemment honorés par la visite du président des USA, monsieur Barack OBAMA, qui a décidé pour ses voyages en Afrique, de ne se rendre que dans les pays qui ont engagé avec sérieux la construction d’une démocratie réelle, respectueuse des droits humains et des libertés fondamentales. Il s’agit des présidents Macky SALL, Jacob ZUMA, John DRAMANI MAHAMA, à qui le Collectif des partis de l’opposition congolaise rend un hommage déférent.

Le discours d’ouverture, prononcé par l’hôte du Forum, monsieur Denis SASSOU NGUESSO, a été centré sur la glorification de son bilan à la tête du Congo, bilan dans lequel l’orateur a établi une corrélation entre la croissance économique congolaise qu’il a estimée à plus de 5% et l’émergence d’une classe moyenne au Congo. Les interventions des présidents ZUMA, Macky SALL, ainsi que celles de messieurs KOFFI ANNAN, Jean-François COPE, DOV ZERAH et de l’ambassadeur Andrew YOUNG, ont posé avec beaucoup de pertinence la problématique des classes moyennes en Afrique, d’une part, en donnant de ce concept une définition claire et précise, et d’autre part, en identifiant pour l’Afrique, les conditions permissives de l’émergence des classes moyennes.

Dans cette optique, le concept de classe moyenne a été défini comme l’ensemble des catégories socio-professionnelles comprises entre les couches les plus riches d’une société et les couches les plus pauvres de cette société, c’est-à-dire les couches intermédiaires caractérisées par une petite prospérité ( niveau de revenu de plus de 20$ par jour, possession de certains biens, un certain niveau de bien-être social, etc). Ainsi définies, les classes moyennes constituent pour un pays, une garantie de stabilité et un facteur d’émergence, c’est-à-dire de sortie de la pauvreté pour une transition rapide vers le développement.

S’agissant des conditions d’émergence des classes moyennes en Afrique, les participants au forum ont affirmé avec force que les classes moyennes ne peuvent émerger en Afrique que si, et seulement si, un certain nombre de conditions sont créées en amont. Au nombre de ces conditions, les différentes interventions ont mis en exergue entre autres :

- La création d’un environnement socio-économique viable ;

- La construction des conditions permissives du développement du secteur privé, notamment la promotion d’un climat des affaires favorable à l’investissement privé ;

- L’urgente nécessité d’investir les fonds générés par l’exploitation minière dans la diversification des économies nationales africaines ;

- La transformation en Afrique des matières premières locales ;

- La promotion d’une agriculture moderne et mécanisée pour garantir l’indépendance alimentaire ;

- La nécessité d’accompagner le développement par la promotion des infrastructures routières, ferroviaires, aériennes, maritimes et fluviales viables ;

- La priorité donnée à l’éducation, à une formation professionnelle de qualité et le développement des technologies ;

- La réorientation de l’aide internationale vers le financement des infrastructures et des PME ;

- Le renforcement du commerce inter-africain ;

- La redistribution équitable des fruits de la croissance

- La construction de logements sociaux ;

- La garantie des conditions de vie et de travail descentes aux citoyens ;

- L’exigence de démocratie, de l’Etat de droit, de la transparence et de la bonne gouvernance.

Le président du Congo qui croyait récupérer ce forum à des fins de propagande, a soulevé une pierre qui lui est retombée sur les pieds, car, toutes les exigences émises par les participants au Forum sont aux antipodes de la politique de régression et de prédation qu’il conduit quotidiennement au Congo depuis plus de 27 ans de pouvoir sans partage. Comme les différents intervenants l’ont montré, la modicité des revenus, l’absence d’un environnent socio-économique viable, d’une agriculture moderne, des PME, des infrastructures de base, des formations scolaires et universitaires de qualité, la dépendance alimentaire, la non transformation en Afrique des matières premières locales, la pauvreté, la corruption, etc, constituent des obstacles sérieux à la formation des classes moyennes capables de participer à l’émergence de notre continent.

Au Congo, en dehors de certains étrangers, en l’occurrence les commerçants Ouest-africains, libanais et autres originaires du golf arabique que l’on peut raisonnablement classer dans les classes moyennes, on ne peut pas, à propos des Congolais, parler de classe moyenne, car, plus de 70% des Congolais vivent au-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 500FCFA par jour, pendant que les dignitaires du pouvoir et leur entourage immédiat s’ébrouent dans l’opulence et le luxe insolent. Les salaires des fonctionnaires toutes catégories confondues sont scandaleusement bas. Le Smig est fixé à 90.000 FCFA, soit moins de 150 EUROS par mois. Le pouvoir d’achat des populations est dérisoire. Les individus qui pourraient constituer le soubassement d’une classe moyenne congolaise sont des expatriés que du reste l’on peut qualifier de vecteur d’hémorragie financière, car, leurs revenus sont rarement réinvestis dans l’économie congolaise qui n’en profite pas.

En définitive, il convient de saluer l’initiative du magazine FORBES, ainsi que le choix de Brazzaville comme lieu de la tenue du Forum, parce que les Congolais ont pu suivre en direct à la télévision et à la radio, les débats et ont apprécié hautement la pertinence du diagnostic et la justesse des solutions proposées. La politique conduite par le président congolais a été publiquement mise en cause par ses pairs et par de hautes personnalités internationales. Le Forum a été pour le président Denis SASSOU NGUESSO, un désaveu. Le déroulement des travaux en direct dans les médias lui a ôté toute possibilité d’instrumentalisation du Forum. Les Congolais ont tout entendu de leurs propres oreilles. Les masques sont tombés. Ce qui a été conçu par le pouvoir congolais comme une grande opération de communication politique s’est soldé par un fiasco.

Le Collectif des partis de l’opposition congolaise sait gré au magazine FORBES, d’avoir donné à de hautes personnalités internationales, l’opportunité de clarifier pour les Congolais le concept flou d’émergence, objet de multiples récupérations politiciennes en Afrique et d’en définir les conditions de possibilité. Il appartient au président Denis SASSOU NGUESSO d’en tirer les leçons. Il est donc plus que temps qu’il ouvre un vrai dialogue citoyen avec l’ensemble des forces vives de la Nation.

Aujourd’hui, les Congolais dans leur écrasante majorité disent non à la révision de la Constitution, non à un troisième mandat du président SASSOU, non à une succession dynastique, non au simulacre de recensement administratif spécial, non à des élections locales pipées d’avance, non à la gestion népotique, éthno-régionaliste, néo-patrimoniale et partisane des affaires publiques, non à la militarisation du Congo. Ils veulent un vrai changement et appellent de leurs voeux une alternance démocratique apaisée. Dans cette direction, la seule voie de salut réside dans la convocation des Etats généraux de la Nation, pour préparer dans la sérénité et la concorde nationale, les conditions d’une sortie honorable pour le président Denis SASSOU NGUESSO à la fin de son deuxième et dernier mandat, le 14 août 2016, ainsi que les conditions permissives d’élections libres, transparentes, équitables et crédibles en 2013 et en 2016, point de départ, après tant d’années perdues, d’une autre politique propice à l’émergence d’une vraie classe moyenne dans notre pays.

 

Fait à Brazzaville, le 30 juillet 2013

Pour le Collectif,

La Conférence des présidents.

 

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