23/03/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Quel chef, quel projet politique pour une opposition exsangue ?

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Seize ans près le coup sanglant porté à la jeune démocratie congolaise par Sassou Nguesso et ses sbires, l’opposition  congolaise évolue encore dans un champ d’idée ruineux  et couvert de gravats. C'est dire que l’opposition congolaise patauge encore dans la braise dès lors que chacune des formations s’autoproclamant de l’opposition  fait sa petite sauce  dans son coin.

A défaut de prendre le taureau par les cornes, elle serait simplement amener à lui titiller la queue avec des propositions dont elle s’auto-organise à discréditer. Dialogue national inclusif, concertation nationale, états généraux de la nation nous dit-on !  La tiédeur que montre l’enthousiasme des congolais face à ces propositions témoigne du peu d’imagination d’une opposition écartelée et en panne d’idées. Si le diagnostic et la solution préconisée peuvent être compréhensibles, on ne voit pas comment ses requêtes  pourront être mises en route sans le consentement et la participation active d’une société congolaise qui peine à donner son blanc-seing. C’est du déjà vu, dit-elle. Une fausse bonne proposition qui a peu de chance d’être entendu

Pourtant toute la phraséologie politique  est abondamment utilisée pour convaincre une population qui, malgré les brimades et le dénuement, hésite toujours de se souder à  une opposition qui prétend rassembler tout en se préservant de cavaler seule. L’élan enclenché après le méga meeting de Mars dernier semble  déjà loin et essouffler face à la montée en puissance de la machine destructrice du PCT carburant à plein régime et à coup de milliard de francs CFA. C’est là que les lendemains de défaite sont toujours complexes, surtout quand les perdants traînent un lourd passé de politiciens aux ‘cols noirs’. Garder le contrôle et la primauté de l’explication politique  s’annoncent difficile. Peu résiste à la tentation.

Réunis en collège des 17 partis d’opposition qui apparait en réalité comme  des « rassemblement de clans » ou "tribus" selon l'humeur des chefs voulant s’approprier le crédit de leader. Ou encore de  leurs  militants souvent  déconfits et désorientés.  Les prétendants déclarés ou encore dans les starkings block  songent tous  à l'élection présidentielle de 2016 s’imaginant convaincre dans la dispersion. Ils se voient déjà calife à la place du calife.

A l’évidence, si le gouvernement est aujourd’hui discrédité, vomi par le peuple,   en panne d’actions, inapte à relever les défis qui se profilent à l’horizon  et à  ne pas œuvrer pour un consensus national au service de l'intérêt général du pays, englué dans les affaires économico-judicaires,  l’opposition n’est pas mieux lotie. D’où le drame de l’interminable et incertaine  transition au Congo-Brazzaville. D’où la crainte légitime du peuple de se trouver de solution en faisant confiance a une opposition qui ne convainc pas.

Nous ne le dirons jamais assez s’opposer systématiquement au système SASSOU ne suffit plus,  n’est pas tenable du point de vue politique. Ou encore miser sur le discrédit du PCT  n'assurerait ni la crédibilité de l’opposition, ni sa capacité réelle à moderniser demain le pays. Pour incarner une alternative forte et crédible, il faut commencer à bâtir un projet qui démontre que l’on possède d’autres solutions que celles qui sont mis en œuvre par le régime que l’on combat.

Où sont les propositions et les idées neuves ? Certainement pas dans cette tendance à vouloir  radicaliser une partie de la population. Cette opposition, sans projets ni leaders, est à l'image du vide de l'anti-sassouisme  qui a atteint  là son apothéose.

L'élan démocratique espéré  n'est pas dans cette vision de l’alternance conduite par une opposition  à la traîne qui met la charrue avant les bœufs.

D’autant plus que les tenants du régime affutent leurs armes pour blanchir un système noyé dans  son échec et la corruption dénonçant sans convaincre  l’irresponsabilité politique de ceux qui accusent SASSOU NGUESSO d’être responsable  de tous les maux. Seulement, les preuves des délits économico-judiciaires sont là pour confondre un gouvernement dans le mensonge. Un échec est un échec  et la sanction  ne doit pas être sélective. Les congolais  qui soutiennent aujourd’hui cette dictature s’illusionnent s’ils pensent qu’ils seront épargnés le jour où eux aussi gêneront le pouvoir du clan.

Beaucoup de reproches, non dépourvu de bon sens,  sont faites à cette opposition  congolaise. Si on peut soutenir que le paysage politique actuel, largement pris en otage, bâillonné  par le clientélisme et la corruption  subtile du PCT, parti Etat, n’est pas favorable à la montée en puissance d’une opposition incisive, il n’en demeure pas moins vrai que les collectifs des partis qui se proclament de l’opposition  ont une responsabilité importante dans l’absence d’idéologie et  de conscientisation des masses. Ils sont souvent silencieux,  malléables et brillent  par une capacité flagrante à s'effacer de la scène politique entre deux élections et son aptitude à réapparaître à la veille des consultations électorales pour, on ne va pas se le cacher,  bénéficier des largesses financières que la loi consacre au financement de la campagne électorale. Serait-il faux d’avancer qu’ils ne sont là que pour  le fric, le pouvoir et leurs intérêts égoïstes?

Il est temps de répondre à la question cruciale qui doit mobiliser les populations. Pourquoi devons-nous plus que jamais s’engager à changer le système actuel ?

Parce qu’on est simplement contre SASSOU ? Parce que le système Sassou est corrompu ? Parce que c’est un système népotique ? Parce que c’est un système clanique et inégalitaire ? Parce que la politique de Mr Sassou sacralise le crime et les atteintes aux droits de l’homme ?  Etc.   C’est très aisé de le dire, seulement il faut démontrer en quoi consisterait  le moteur du changement de demain que prône l’opposition  et avec qui va-t-il  le mener ?

On ne réussira pas à occulter la grande inquiétude qui fragilise les partis d’opposition au régime actuel. Les luttes sourdes qui étreignent traditionnellement l’opposition congolaise  depuis des années étouffent plus que jamais le débat. A cela s’ajoute  une érosion de libertinage politique de leur électorat. A défaut d’être convaincu par les idées, les militants se laissent embobiner par le  premier marchand d’illusion qui se pointe.

Au demeurant, si on peut noter la « relative liberté » qu’ont les forces de l’opposition  à s'organiser, soulignons cependant qu’aucune alternative politique efficiente, aucune respiration démocratique durable n'est sérieusement envisageable dans le contexte politique actuel.

Pour une opposition forte et incisive,  il est impérieux de  régler les questions de leadership et la conception d’un projet de société  rassembleur. Prendre le temps et déployer l’énergie nécessaire pour gérer ces questions, est un investissement largement rentabilisé pour la réussite du changement voulu. Il faut commencer à  éviter que le flou, le brouillard, l’a-peut près ne contaminent le reste des masses qui tentent de se mobiliser ? Il serait préjudiciable de pousser aveuglement le peuple vers un affrontement contre le régime actuel sans le prémunir d’un minimum d’encadrement, de formation, de leviers pour discerner les raisons valables du pourquoi doit-il réagir ? Comment s’étonner que les militants en l’occurrence les électeurs ne soient pas victime « du syndrome de la girouette politique » ?

Depuis un peu plus d’une  décennie les avant des joutes électorales au Congo-Brazzaville indiquent plutôt la tendance aux querelles, dissensions, atermoiements, fractionnismes et désenchantement des populations. Nul doute qu’un tel état des lieux constitue une menace grave pour l’alternance démocratique. A force de présenter la politique comme un tremplin idéal pour s’enrichir,  la manœuvre de convaincre une population désœuvrée d’opter pour un changement de l’ordre social établi dans un but collectif est une opération vouée d’avance à l’échec.

L’opposition d’aujourd’hui contribuera tout juste à se débarrasser d’un système répugnant et foncièrement criminel pour le remplacer par un autre qui développe intérieurement les mêmes tars. Cette situation ne permettra pas à la société congolaise désespérée de constituer une alternative crédible. Simplement parce qu’elle est aveuglée par la politique nombriliste de l’opposition.

Mais tout de même tout n’est pas aussi noir que ça,  car  le vers est déjà dans le fruit.  Un mouvement est possible, seulement il faut inventer une nouvelle forme de contestation par la force des idées novatrices du changement.

Cela est possible si et seulement si les partis politiques dits d’opposition renoncent à leur alliance contre nature, acceptent de tracer un nouveau mode de fonctionnement interne et les rapports qu'ils entretiennent avec le peuple.

L'impératif d'une démarche cohérente d’ensemble , la recherche d'un leadership crédible, la modernisation du cadre électoral, la libération des énergies militantes, la pérennité des sources de financement, l'amélioration du mode de communication et surtout la visibilité et l’acceptation  par le peuple d’un projet de société les impliquant  sont autant d'enjeux qui doivent interpeller l’opposition congolaise et toutes les forces du changement.

S'il y a une étincelle quelque part,  elle est dans la conscientisation du peuple cela peut se transformer en une révolution pour le changement si le peuple fait partie intégrante du changement. Dites au peuple ce que vous voulez faire et comment aller-vous y prendre, le peuple vous suivra

Melh MAYANGA  «  l’œil républicain »


 

 

Commentaires  

 
0 #7 relogio diesel 07-12-2014 05:49
I do not even know the way I ended up right here, but I assumed this put up was
great. I do not understand who you might be but certainly you're going to a well-known blogger for those who aren't already.

Cheers!
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0 #6 Moussolo 25-08-2013 21:11
Avant de parler projets, parlons libération. Chaque chose en son temps. Vive la Résistance congolaise!
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0 #5 Moussolo 25-08-2013 21:09
Mbaou, c'est nous!
Mbaou, c'est le Congo!
Mbaou, c'est la liberté!
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0 #4 Moussolo 25-08-2013 21:07
En ce moment, le recours à des gens "normaux" est inutile: la situation n'est pas normale. Le leader de la Résistance congolaise, celui qui coordonne le mieux les vraies forces de Résistance n'est pas un homme ordinaire: c'est le général Mbaou. C'est le plus haut responsable du combat contre la dictature du diable Sassou. On l'a encore constaté par les jeunes en armes qui ont répondu au message de Mbaou à la nation congolaise et que le pouvoir n'a même pas pu garder en prison!
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0 #3 GASTON 25-08-2013 17:19
Non la vrai problématique de cet article est de pousser l'opposition a une vraie mobilisation et a une vraie conscientisatio n du peuple
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0 #2 TANGUI 25-08-2013 17:16
L'auteur pose une problématique qui parait très importante dans le contexte actuel congolais. J'ajouterais ceci, au lieu de toujours critiquer l'opposition , pourquoi ce peuple ne prend t-il pas les rênes ? C'est vrai tout n'est pas parfait mais ce n'est pas comme ça que nous arriveront a déloger ce régime.
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+2 #1 le fils du pays 25-08-2013 15:08
Vous appellez tous ces amis de Mr Sassou avec lesquels ils détruit notre patrimoine commun par opposition.Il n'y a pas d'opposition au Congo.S'il y en avait une Mr Sassou aurait fort longtemps saute du trône.
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