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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Vision d’un Congo-Brazzaville nouveau !

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Le malaise actuel des Congolais tient pour une large part au fait qu’ils vivent dans une société devenue anachronique. Des réunions et des symposiums sont organisés pour ne pas agir, pour fuir et occulter la réalité. L’espoir de toute la jeunesse est bloqué et une vocation au chaos (K.O.) se confirme tous les jours. La jeunesse a du mal à clarifier son avenir qui en vaille la peine avec un faible pouvoir d’achat.

Cet anachronisme résulte du fait de l’égoïsme des privilégiés, l’ambition politique aveugle, la prolifération des partis politiques, un goût néfaste pour l’inaction et le trompe-l’œil, l’incivisme, une économie moribonde et fragile, chômage massif, revenus en chute libre, explosion de la pauvreté, insécurité, crise du logement, le fonctionnement clanique et défectueux de l’Etat, services publics déficients, enfin l’archaïsme et le conservatisme de nos structures sociales. Tous ces maux en perpétuelle recrudescence ne cessent de mettre entre parenthèse l’avenir d’une jeunesse totalement en perdition.

Le Congo doit opter des réformes multisectorielles

Depuis le retour en juin 1977 de Sassou-Nguesso au pouvoir, les promesses non tenues de création d’emploi poussent la jeunesse congolaise à vivre dans une pauvreté inouïe (1). Présentement, il y a une frange de Congolais dont l’âge varie entre 40 et 55 ans qui n’ont pas encore exercé un seul emploi. Et pourtant cette jeunesse est dotée de toutes les qualifications pour affronter tous les défis du développement dans les secteurs aussi variés que complexes. De quoi devra-t-elle vivre au delà de 60 ans? Malgré toutes les richesses naturelles, 75% de Congolais vivent dans la pauvreté avec moins de 1 dollar par jour (Source PNUD). L’augmentation de la criminalité et la dépravation des mœurs sont des effets de la pauvreté.

Le fonctionnement défectueux de l’Etat est cerné par des tentacules claniques,  régionalistes voire amicaux qui l’entraînent vers le fond. Aucun espoir d’emploi n’est offert à la jeunesse Congolaise. Tentaculaire et en même temps inefficace, par l’extension indéfinie de son pouvoir, Sassou-Nguesso, a mis en tutelle l’administration publique et la société congolaise toute entière. L’omnipotence et l’incompétence sont une marque de récompense des partisans du régime.

L’Assemblée Nationale et le Sénat sont de véritables caisses d’enregistrement. Les députés et les responsables des collectivités locales sont nommés. Mais si le président de la république a étendu son emprise sur toute l’administration, son efficacité ne s’est pas accrue et il n’arrive pas à atteindre ses buts. Exception faite au contrôle du pouvoir animé par les sbires savamment choisis parmi les plus fidèles parents et courtisans. La création des filières industrielles de transformation des ressources naturelles, notamment le pétrole et le bois et  des zones économiques industrielles se font toujours attendre. La modernisation du Congo est une graine d’illusions, d’espérances folles et de promesses en l’air faites aux électeurs.

Les ministères, les mairies et nos collectivités locales étouffent sous le poids de la tutelle. Nos entreprises publiques, passées sous la coupe des bureaux des ministères, ont perdu la maîtrise de leurs décisions essentielles : investissements, prix, salaires. Les entreprises privées elles-mêmes sont accablées par une réglementation proliférante.

Pour tous travaux d’investissements, les ministres, les préfets, les maires, les présidents des conseils régionaux, les administrateurs des entreprises publiques doivent ployer assez piteusement l’échine devant le Directeur Général des Grands Travaux, de surcroit conseiller du président de la république. Ou encore, ils doivent se résigner aux fantasmes de la « municipalisation accélérée » qui est une doctrine dont les travaux inexécutés ou mieux partiellement inachevés par des entreprises cooptées et inappropriés sont un frein à l’épanouissement du Congo. Le résultat de tout cela ? C'est d'abord le gonflement des masses budgétaires.

C'est ensuite, pour les partenaires de l'État, un encouragement à la passivité et à l'irresponsabilité. Le budget de l’année 2011 en est une illustration. Une part infime est consacrée aux investissements qui, du reste, ne susciteront pas de création d’industrie ou d’emploi. Les subventions publiques n’atteignent pas leur but et ne créer pas des emplois. La municipalisation accélérée doit s’effacer pour faire place à une politique nationale qui élaborera des réformes combinées et multisectorielles.

Notre système fiscal est ressenti comme étant à bien des égards affecté par l'inégalité et faussé par la fraude et la corruption. C’est le cas du dédouanement du fret au port de Pointe-Noire ou du recouvrement des recettes municipales à Brazzaville.

Le  modernisme ou l’évolution des structures sont des mots de paille à la CNSS, la CREF, le CFCO, l’ATC, la CCA… Obtenir une pension de retraite ou se faire payer une dette publique est un véritable parcours du combattant. Le conservatisme des structures sociales entretient l'extrémisme des idéologies claniques et régionales par l’entremise des partis politiques et les associations. Ces dernières naissent non pas pour un objectif national ou local, mais sont des griots à la gloire des hommes politiques. On préfère trop souvent se battre pour des mots, même s'ils recouvrent des échecs dramatiques, plutôt que pour des réalités. Aucun ministre ou responsable politique proche de Sassou-Nguesso n’avouera en public, aux Congolais, l’échec de « la nouvelle espérance » ou des trois années de la municipalisation accélérée de la ville de Brazzaville. C'est pourquoi le gouvernement actuel ne parvient pas à accomplir des réformes significatives autrement qu'en faisant semblant de faire des Bambissa lipapa.

Le Congo doit renouer avec des valeurs démocratiques et sociétales

Le Congo est devenu un pays de castes. Des écarts excessifs de revenus bien souvent illicites, des biens matériels et immobiliers foisonnent pour une catégorie de Congolais.  Une mobilité sociale insuffisante maintient des cloisons anachroniques entre les groupes sociaux. Des préjugés claniques, régionaux ou amicaux sont patents : par exemple dans les cabinets ministériels, les membres du haut commandement de l’armée, de la police et de la gendarmerie sont originaires du même clan, ethnie ou région (peu importe leurs compétences) et les autres catégories de la population sont relégués comme des exécutants subalternes ou de simples ouvriers. Cet anachronisme engendre de sérieuses frustrations. Les conséquences qui résultent de cette défaillance, le travail qui aurait dû être fait n’est pas ou pas du tout exécuté convenablement.

L'omnipotence de l'État avec des gouvernants cooptés et la faiblesse de la vie collective dans notre pays sont des freins pour l’épanouissement des Congolais. Les commerces et les groupes professionnels sont incarnés par des étrangers avec l’appui des dirigeants véreux. La conséquence de cet état de choses est que chaque catégorie sociale ou professionnelle, ou plutôt ses représentants, faute de se sentir assez assurés pour pouvoir négocier directement de façon responsable, se réfugient dans la revendication vis-à-vis de l'État, en la compliquant souvent d'une surenchère plus ou moins voilée.

L’Etat a débloqué près de 200 millions de FCFA pour indemniser des pécheurs béninois et autres, bien qu’occupant illégalement le domaine public portuaire de Pointe-Noire. Ainsi, le gouvernement est sollicité à indemniser des populations ayant bâti des constructions immobilières sur des zones inconstructibles dans le quartier Kombo (ravin Cassis, Noumazalaye et Mimi). Ces  indemnisations constituent un appel à la providence d’un état faible, qui de surcroit, renforce son emprise sur la vie collective, tout en faisant peser un poids trop lourd sur l'économie du pays.

L’Education nationale, qui naguère permettait l’insertion de toutes les couches sociales, a perdu ses lettres de noblesse. Le droit de cuissage et l’achat des notes sont devenus une primauté. Le délabrement des structures est pénible à admettre. Dans la fonction publique, les promotions se font à travers des relations claniques, régionalistes ou amicales. Ceux qui n’ont pas de réseau doivent soudoyer. Les promotions canapées sont notables.

Tous les hôpitaux du pays sont insalubres et mal équipés. Ils manquent de matériels et de médicaments. Les routes n’existent que de nom. Celles qui se construisent, se réalisent à une lenteur effrénée.

A Pointe-Noire et Brazzaville, circuler pendant les heures de pointe ou après les pluies devient cauchemardesque.

Le gouvernement doit interpeller la conscience des Congolais ayant construit illégalement aux abords de la rivière la Tsiémè à Brazzaville, dans les quartiers Tchibodo et Tchinouka à Pointe-Noire. Ces abords doivent être déclarés inconstructibles et inhabitables avant que le pire n’arrive pendant la saison des pluies. Ces populations riveraines vivent dans la précarité et n’ont aucune assurance habitation.


Bien que je déplore l’incivisme des Congolais qui ont construit des maisons dans des zones inconstructibles, pour autant, j’incite le gouvernement à construire des digues en béton armé à Mossaka et le long du littoral de Pointe-Noire. Les changements climatiques pourront un jour engendrer la montée des eaux qui inonderait ces localités avec de graves conséquences humaines et matérielles. Sachant que le Congo est situé dans une zone équatoriale donc à forte pluviométrie.  De même, il doit identifier et communiquer des zones à risques et les déclarer définitivement inconstructible. Comme on le dira jamais assez, gouverner c’est prévoir (2).

Depuis 50 ans, le Congo, à l’exception de la Conférence Nationale Souveraine,  l’histoire n’a été émaillée que de crises politiques majeures, assassinats politiques, insécurité, explosion démographique, urbanisation non maîtrisée, le manque d’hygiène et l’insalubrité de nos villes et villages, chômage massif, baisse du pouvoir d’achat, décroissement puis périclitement de l’économie, de l’enseignement national, crises des valeurs sociétales (absence de conscience professionnelle, corruption, fraude, prostitution), inaptitude à suivre les bouleversements technologiques,  et maintenant une immigration subie avec des étrangers qui contrôlent les secteurs entiers de l’économie (cas des commerces en détail, des boulangeries, de l’import et export).

Comment chacun de nous n'aurait-il pas, sur tel ou tel point, un réflexe d’émancipation ? Réflexe d'autant plus justifié que nous avons, en effet, bien des choses excellentes à conserver et d’autres à modifier. Car nous sommes un peuple, et nous avons beaucoup appris auprès des autres et nous avons une diaspora émergente (3).
Et pourtant, je suis certain que nous devons aujourd'hui nous engager à fond dans la voie du changement.

II y a à cela deux raisons principales :

La première est que, si nous ne le faisons pas, nous nous exposerions à un avenir qui ne serait guère souriant. En plus….

D'une part, nous risquerions de « décrocher » durablement par rapport aux autres pays de la CEMAC et aux voisins (Angola, RDC) qui, par suite de circonstances diverses, ont commencé plus tôt que nous la transformation du développement économique et qui sont bien décidés à la poursuivre. Et il n'y a pas loin du retard économique à la subordination politique.

D'autre part, notre existence en tant que nation serait elle-même menacée. Nous sommes, en effet, une société fragile, encore déchirée par de vieilles divisions et, faute de pouvoir maintenir notre équilibre dans la routine et la stagnation, nous devons le trouver dans l’unité nationale, l'innovation et le développement. La perméabilité de nos frontières va engendrer de sérieux problèmes, d’ordre politique, économique et sécuritaire. Au nord du pays, dans la Likouala et dans la Sangha, les réfugiés venus du Rwanda et de la RDC, dépassent en nombre la population locale. Si ce problème n’est pas résolu rapidement, c’est un danger imminent.

La seconde raison, la raison positive, c'est que la conquête d'un avenir meilleur pour tous justifie à elle seule tous les efforts, tous les changements.

Il y a peu de moments dans l'existence d'un peuple où il puisse autrement qu'en rêve se dire : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre » et aussi construire effectivement cette société qui aura une bonne redistribution sociale.
J'ai le sentiment que nous abordons un de ces moments. Mais auparavant, nous devons en effet nous affranchir de la pénurie et de la pauvreté, qui sont des goulots d’étranglement du Congo. Notre problème, ce n’est pas un manque d’idées, mais une carence affligeante de volonté et d’action collective. En outre, nous devons nous affranchir du passé et du statu quo.

Le nouveau levain de jeunesse, de création, d'invention qui secoue notre société peut faire lever la pâte de formes nouvelles et plus riches de démocratie et de participation, dans tous les organismes sociaux comme dans un État assoupli, décentralisé, désacralisé. Nous pouvons donc entreprendre de construire un Congo nouveau avec des femmes et des hommes d’action, de progrès, d’abnégation. Dans moins de 2 semaines, dans son message de nouvel an, Sassou-Nguesso va-t-il encore beurrer le peuple tout en sachant qu’en 2011, le déblocage des effets financiers et l’instauration d’une nouvelle grille salariale ne seront qu’une goutte d’eau dans le fleuve Congo.

Chris ABELA, Association DAC / www.dac-presse.com

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(1).Priorité à l’emploi:http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/societe/81-congo-brazzaville-priorite-a-lemploi.html
(2).CONGO-BRAZZAVILLE : l’urgence d’une politique de prévention des catastrophes naturelles:http://berijc.over-blog.com
(3).Fédérer les Congolais établis à l’étranger pour le développement du Congo:http://www.dac-presse.com/diaspora/actualites.html

 

Commentaires  

 
0 #33 Maria Lorena 21-06-2017 21:46
Que devo executar para evitar essa dificuldade?
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0 #32 carsandcoffee.com 17-06-2017 10:09
abraçamento Maicon. P. 83-113. LUCENA, Dimas.
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