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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Et si la dernière flèche dans le carquois de Sassou était KIKI ?

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« Un père a deux vies, la sienne, et celle de son fils ».  Jules Renard Le titre n’est pas d’une grande originalité, je le concède volontiers. Il n’en demeure pas moins qu’il met en relief  le plus désarçonnant des défis qu’aura à relever l’opposition congolaise qui,  pinaillant à satiété,  s’attèle exclusivement à mettre  toutes ses forces dans la bataille pour le respect de la constitution de Janvier 2002.

 

Rappelons-le, s’il en était encore besoin, que même sans la modification de cette funeste  constitution, avec Kiki Nguesso comme seul candidat du PCT  en 2016,  le problème sera presque entier, cetirus paribus.  Cependant, face à un peuple déterminé, qui ambitionne  de rompre avec  ce système moribond, les moyens de contournement de cet écueil, si tant est qu’il en soit un,  sont divers et variés.

Disons le sans circonlocutions : «  Sassou redoute plus une détérioration des relations  avec la France, que d’un printemps congolais ». Des propos saisissant de réalisme d’un fonctionnaire du Quai d’Orsay, féru  des ressorts de la Françafrique. Oui, le cadavre bouge encore !

De fait,  les dernières gesticulations organisées par le PCT  «  Touche pas à mon Président » (sic)  ne visaient nullement à engager un affront avec la France- comme jadis le Rwanda  qui avait rompu les relations diplomatiques avec la France-, mais  une autre occasion  pour s’adonner à ce qu’ils savent mieux faire : saigner impunément  le trésor public au seules fins de se remplir les poches sur le dos du peuple congolais. Sassou et ses supporters payés  n’ont ni l’audace, ni les moyens d’une telle avanie.

Dans  les faits, les officines de Mpila et d’Oyo savent  que  l’engagement d’un ostensible bras de fer  avec  la France, jusque-là  subliminal ;  sera  à maints égards  suicidaire pour eux. La modification de la constitution, aux seules fins de se succéder à lui-même, sera bien évidemment mal perçue par Hollande, qui ne s’était pas empêché de le lui rappeler.  Tout naturellement, et conformément aux principes fondamentaux de séparation de pouvoir, chers à la patrie des droits de l’homme, l’Elysée n’érigera aucune entrave à l’intensification des investigations  relatives  aux  «  biens mal acquis » ; bien plus,  elle accordera assez de marge de manœuvre aux juges en charge de la douloureuse affaire des  «  disparus du Beach » pour  entendre  tous ceux qui y sont impliqués,  de loin ou de près.

Sous les airs d’apparente sérénité, Sassou  est plus que jamais préoccupé par l’après 2016. Comment arrêter l’épée de Damoclès, suspendue sur sa tête, de s’abattre sur lui et sur clan, dès qu’il aura quitté le pouvoir ?  Hypothèse d’école : dans l’impossibilité de modifier la constitution ;  comment son fils, Kiki Nguesso pourrait-il  hériter du fauteuil présidentiel, et constituer ainsi,  à tout point de vue, un imparable bouclier face aux  innombrables périls judiciaires, oscillant comme des pendus, au gré des humeurs des juges français?

Premier acte : en politique, rien de grand ne peut être entrepris sans avoir une mainmise sur les partis politiques.  Pour réaliser une telle vilenie, Sassou est en train de parachever avec maestria son travail de démolition de tous les partis de l’opposition. Jusqu’à preuve du contraire,  le MCDDI et la DRD  sont des alliés incontestables du PCT au sein de l’URMP ; même s’ils ont refusé de participer aux meetings organisés par le PCT pour soutenir Sassou face aux  déboires judiciaires qui pointent à l’horizon. Leur base ne les aurait jamais pardonnés de trahir les mémoires des «  disparus du Beach » essentiellement originaires du Pool, sur l’autel de leurs intérêts égoïstes. Sans états d’âme, ils ont empoché les millions de FCFA, prévus pour  ce « délire ».  Par ailleurs, malgré les velléités de liberté de ton  d’un Mavoungou Mabio, le RDPS est toujours  sous l’envoûtement du PCT qui le cantonne  dans ce rôle ingrat et dérisoire de Parti satellite.

Quant à l’UPADS, seul grand parti de l’opposition qui aurait pu inventer de nouveaux axes pour de nouvelles perspectives visant la construction d’un véritable projet politique national, qui puisse écraser et remplacer ce  système rétrograde  dont le moins à dire est qu’il n’élèvera jamais notre pays au point de satisfaire les  aspirations de nos populations à un mieux-être. Ce parti disais-je, peine à se reconstruire, englué dans  une superflue guerre des égos de ses dirigeants  et qui l’ont définitivement scindé en deux entités, aux idéaux diamétralement opposés.

Deuxième  acte : Il sied de rappeler opportunément  qu’il n’y a rien d’anormal que Christel  Sassou Nguesso aspire à succéder  à Ngolo  à la tête du parti de son père,  le  PCT. Les partis politiques étant  en fait des associations privées. Cela est courant en Inde et aux Etats –Unis. Par contre, succéder à son père dans une République est un véritable scandale, le pouvoir n’étant nullement attaché à une personne ou à une  famille comme dans une Monarchie.

Troisième acte : dans une élection présidentielle anticipée avant 2016,  prenant l’opposition de court ;  Kiki aurait des sérieuses chances de l’emporter  dès le premier tour. La rumeur d’une collusion de tous les opposants congolais avec le pouvoir de Sassou, est bien répandue à dessein. Elle vise à discréditer  toutes les forces vives de la nation dans l’opinion nationale. La portée de leurs revendications s’amenuise ainsi comme peau de chagrin. Alors que Kiki sera le seul candidat du pouvoir, Sassou s’appliquera  à multiplier le nombre de candidats dans l’opposition, à coup de milliards de FCFA, pour bien émietter  les suffrages. Reconnaissons-le, c’est une machination   qu’il réussit avec brio.

Elevé dans la culture de jouissance pernicieuse, sur fond d’un environnement où l’excellence, le goût de l’effort n’ont jamais été portés sur les fonts baptismaux,  Kiki a en réalité peu de mérite. En tout cas, peu de mérite qu’un Karim Wade par exemple, diplômé en Ingénierie Financière  de la Sorbonne. Malheureusement, son passé sulfureux, aux antipodes de la bienséance, l’a rattrapé.   Désormais, il file  un mauvais coton.  Toutes proportions gardées, la gabegie, le népotisme, le détournement des biens publics, la corruption, la fraude,  la luxure et autres antivaleurs  peuplent les rêvent de notre Kiki national.

Quel type de Président pourrait être un monsieur qui jette, sans coup férir, chaque jour que Dieu fait, un million  cinq cent mille francs CFA de chemises sur-mesure  à la poubelle. Quel amour envers son peuple pourrait avoir  une personne enivrée dans la folie des grandeurs au point de susciter  la nausée aux policiers qui ont répertorié sa collection d’une bonne centaine de montres d’une valeur se situant entre 50 000 et 150 000 € ,  les autres  dépassant les 500 000 € l’unité ? (1)

Pour lui, comme pour son père, l’argent est l’arme qui permet d’atteindre toutes sortes d’ambitions ; plus saugrenues les unes des autres.  Ils en disposent pour eux, narguant délibérément un peuple digne, manifestement  plus méritant qu’eux, les  maîtres de l’intrigue, les adeptes de la laideur morale. Toujours en embuscade pour passer à la postérité.  Kiki après Sassou sera la seule manière pour continuer à instrumentaliser les universaux qui devaient constituer le socle de notre nécessité de vivre ensemble. Kiki ou son père, c’est du pareil au même.

Il urge donc de procéder à plus de diligence dans la mise en  place d’une structure  neutre qui organiserait toutes les élections, pour combattre la fraude, l’achat des consciences. C’est une question d’approche ! Il s’agit moins de s’épier méchamment pour satisfaire une jalousie malsaine que de veiller à ce que ce qui nous appartient à tous, le Congo, soit  exclusivement au service de tous,  pour que ceux qui concourent à la magistrature suprême aient les mêmes atouts. Nous devons surtout, en toute lucidité et sérénité, veiller à la justice, à l’équité et à l’impartialité.

Parce qu’il est urgent de travailler à l’inversion des tendances lourdes et préjudiciables de la gouvernance actuelle de notre pays, tous les patriotes doivent s’engager à assumer le combat politique et à mobiliser toutes les intelligences nationales, où qu’elles soient,  pour opposer à ce système un projet national assis sur des politiques de dignité et de meilleures perspectives pour le Peuple du Congo. Arrivera alors le  temps des ruptures et des alternatives véritables.

Nous devons nous arrêter sur nos comportements, sur nos agissements, mais surtout sur nos devoirs face à un pays en souffrance.  Nous ne pouvons plus continuer à jouer aux pantins sur la  scène du théâtre national avec les mêmes acteurs qui n’ont comme seule ambition que de s’accrocher au sommet de l’Etat, en se relayant de père en fils ou  en se renouvelant au sein du clan. Sachons anticiper, débusquer l’ennemi, le piéger.

La vérité est que le ver est bien  dans le fruit. Les nématodes sont encore dans les structures. Envoyons sans tarder ce système mortifère aux mille diables, en l’empêchant de se reproduire. En tout état de cause, nous devons impérativement nous interroger sur la finalité de tous nos combats politiques, sur leur efficacité pour que nous soyons, somme toute,  condamnés à implorer  un despote  à ne pas modifier une constitution que nous avons tant décriée. Que s’est-il passé en définitive, pour nous retrouver, une fois de plus,  tel Sisyphe devant le rocher «Congo», au bas de la montagne ?

(1) Lire notamment, les articles  en ligne  de Rigobert OSSEBI,  « Dans les couloirs de Sassou Nguesso »  et de Médiapart « A Paris, le shopping de la corruption du clan Sassou Nguesso »

Djess dia Moungouansi La plume du Congo-Libre

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