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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

OKOMBI SALISSA: "je suis pour un respect absolu de la lettre et de l’esprit de la Constitution."

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Sortie tonitruante de l'enfant terrible du PCT

Vous nous recevez ici à Paris où vous vous êtes retiré depuis le mois d’août dernier, juste avant la célébration de la fête de l’indépendance de 2013 à Djambala. Avant cela, vous étiez en villégiature à Lékana, votre village natal pendant longtemps. Y-a-t-il une signification particulière d’abord à cette prise de distance par rapport à Brazzaville, ensuite à cette absence à Djambala ?

Un recul par rapport à Brazzaville m’a semblé salutaire. Ma vie a été très mouvementée pendant les vingt dernières années. Pendant cinq ans, sous le Président Lissouba, j’étais très actif dans le sillage du Président Sassou, qui était l’un des leaders de l’Opposition. Je me dépensais sans compter pour le triomphe de nos idéaux. Les violences de 1997 m’ont traversé le corps. Brazzaville fumait encore quand j’ai eu la responsabilité d’assumer un département ministériel. Et cela a duré quinze ans sans interruption. J’avais besoin de retrouver une vie normale, revenir à la réalité de monsieur tout le monde, faire des choses simples, comme tous les citoyens. A Lékana, c’était pour me ressourcer dans le fonds ancestral, mener une vie saine, loin des bruits et des pollutions des villes. C’était une prise de distance pour communier avec la nature, réfléchir sur la vie, essayer de poser un regard critique et dépassionné sur les hommes et les choses.

Et Paris?

Pour ne pas me couper de la modernité, rester aux prises des nouveautés multiples qui révolutionnent le monde.

 

Pourquoi n’avez-vous pas pris part aux festivités de Djambala ?

C’était un hasard de calendrier.

 

On dit à Brazzaville que votre repli est stratégique et n’augure pas forcément de bonnes nouvelles pour ceux qui préparent 2016 en vase clos …

Je fais comme ma situation d’homme politique national me l’impose. Je réfléchis à l’avenir de notre pays, ce qui est normal pour tout Congolais. Surtout quand on a contribué modestement à façonner une partie de son histoire. On s’interroge sur les choix qu’on a faits dans le passé, pour être sûr de ne pas faire d’erreur à l’avenir.

 

A quoi réfléchissez-vous exactement, à votre avenir ou à celui du Congo ?

Les deux vont ensemble.

 

Voici plus de deux ans maintenant que vous êtes dans un bras de fer avec le PCT au sujet du Comité d’Action pour la Défense de la Démocratie – Mouvement de Jeunesse (CADD-MJ). Qu’en est-il exactement ?

C’est un faux problème ! En fait, c’est l’arbre qui cache la forêt. La vérité est que certains refusent de ramener au Parti les débats qui s’imposent. Ils délibèrent ailleurs, et font entériner leurs décisions par les instances du parti, dans lesquelles des règles non écrites interdissent de se poser des questions, et surtout de rechercher des réponses. Ils ont donc remis les vieilles recettes au goût du jour. Ils ont fait du parti un prétexte. C’est pour cela qu’ils doivent y fondre et confondre tout le monde,

pour qu’ensuite la décision du parti s’impose à tous, notamment à ceux qui ne prennent pas part aux délibérations. C’est une dynamique vers une voix unique, qui exprime une pensée unique, et qui prétendra parler pour le compte et au nom des Congolais. Les organisations uniques de jeunesse et des femmes seront les relais du parti dans ces catégories de la population. Le CADD-MJ n’a pas souscrit à cette logique. On nous reproche d’avoir exigé la transparence et la clarification des objectifs.

D’ailleurs, il faut préciser que nous ne divergeons pas avec la majorité des cadres et militants du parti ou avec le parti en tant que tel, mais avec un clan, un groupe de personnes qui ne jurent que par l’hégémonie ethnique et qui tiennent leurs pensées rétrogrades pour des découvertes du siècle. Leur acharnement pour dissoudre le CADD-MJ, Comité d’Action pour la Défense de la Démocratie, en dit long sur leurs intentions.

 

On vous a offert le choix entre rester au Gouvernement, devenir vice-président de l’Assemblée nationale, en échange de la dissolution volontaire du CADD-MJ. Vous avez choisi le CADD-MJ, ce qui a surpris plus d’un observateur dans un pays où tout le monde voudrait être dans un poste en vue…

J’ai passé quinze ans au Gouvernement. Les sirènes de la République ne m’impressionnent plus. J’ai commencé mon engagement politique par la lutte pour des idéaux, pas pour des postes. J’ai risqué ma vie en 1997 pour défendre la démocratie. J’ai retrouvé ma famille après la guerre alors que tout le monde m’avait donné pour mort. J’ai vu mourir de jeunes gens au combat, qui voulaient libérer le pays. J’ai vu les dépouilles des Congolais dans les rues de Brazzaville. De nombreuses familles souffrent encore aujourd’hui des affres de cette guerre. Le prix à payer a été trop lourd pour notre pays, pour les Congolais. Nous n’avons pas fait un tel sacrifice pour le triomphe d’un clan. Nous l’avons fait pour la restauration de la démocratie et l’instauration d’un Etat de droit. Je ne peux me départir de ces idéaux. J’ai tiré sur la sonnette d’alarme en interne pendant plusieurs années sur les dérives de notre gouvernance, sur la nécessité de renforcer l’unité nationale, notamment dans les nominations aux postes de responsabilité civils et militaires. On ne m’a pas écouté. J’ai alors décidé de prendre les Congolais à témoin dans plusieurs allocutions publiques. J’avais dit que ceux qui iront contre la démocratie nous trouveront sur leur chemin.

 

Il y a déjà eu un Congrès de dissolution du CADD-MJ. Vous n’en avez fait aucun commentaire…

Certains ont la nostalgie de Staline. Ils y vont en matière de congrès comme Staline lançait de fausses accusations, soutenues par de faux témoins, avec des preuves montées de toutes pièces ou des aveux extorqués. Ceux qui ont pratiqué ces méthodes dans notre pays n’ont pas perdu la main. Mais les faits sont têtus. Le CADD-MJ n’est pas un simple nom. Le nom, ils peuvent le prendre pour en faire ce qu’ils veulent, tel qu’ils ont fait prononcer une dissolution théâtrale. Le CADD-MJ est une âme et un corps étendus sur tout le territoire du Congo. Le CADD-MJ, c’est des hommes et des femmes qui luttent pour la démocratie depuis plus de vingt ans. Il faut plus qu’un faux congrès pour les démobiliser.

 

En prenant position publiquement, le Président de la République a donné raison aux autres et vous a désavoué. Quel effet cela vous fait-il ?

Je regrette que le principe de l’impartialité ait été violé. Il est bon et sain pour la démocratie que la séparation entre les institutions et les partis politiques soit étanche. Ceux qui sont allés chercher des secours auprès du Président de la Républiques ont montré leurs limites. Les problèmes du PCT ne sont pas des problèmes de l’Etat congolais, et ils sont très loin des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. La voix du Président de la République a été entendue dans ce débat. Cela a eu le mérite de la clarté. Mais, en démocratie, une personne c’est une seule voix, ni plus, ni moins.

 

Pensez-vous que le Président de la République ait eu tort de prendre parti ?

Chacun agit en fonction de son libre arbitre. Je respecte la liberté de penser et d’agir.

 

Où en sont vos rapports avec le Président de la République ?

J’ai connu le Président Sassou dans le combat pour la défense de la démocratie et la sauvegarde des acquis de la Conférence Nationale Souveraine. Je suis resté constant dans ce combat.

 

Est-ce la rupture entre vous et le Chef de l’Etat ?

Ce n’est ni le lieu, ni le moment d’évoquer nos liens éprouvés. Je sais ce que je lui dois, le reste lui appartient.

 

Vous n’avez eu de cesse, dans vos déclarations précédentes, d’affirmer que le Président Marien Ngouabi était le fondateur du PCT et que c’était un homme d’Etat vertueux. Etait-ce une façon de le mettre en opposition avec le Président Sassou ? Est-ce que vous voyez, dans le fait que le Président Sassou ait affirmé à Djambala être cofondateur du PCT, une volonté de sa part d’écarter d’un revers de la main vos assertions ?

Nul n’a jamais contesté les qualités d’homme, d’humanité, et de leadership de Marien Ngouabi. Il était intègre, franc et sincère; un bon camarade dans tous les sens du terme. Je n’ai souvent fait que le mentionner dans mes discours publics, pour évoquer la nécessité d’un minimum d’éthique dans nos pratiques politiques d’aujourd’hui. Le rappel des vertus d’un homme n’enlève aucun mérite à personne.

 

Contre quoi luttez-vous exactement ?

Notre parti va très mal. Il est clair aujourd’hui que c’est devenu un parti à la solde d’un clan. Par exemple, on n’a jamais dit ce qu’on reprochait au camarade Isidore M’vouba, dont l’intérim était nettement meilleur que la direction actuelle du parti. Sa seule faute était d’être du Pool. J’ai marqué mon désaccord sur cette façon de voir et de faire. Certains veulent qu’on les laisse faire tout, tout le temps. Ce n’est pas ma façon de voir, parce qu’un parti politique, c’est un bien collectif tourné exclusivement au service de l’intérêt général. Nul ne doit s’en emparer. Et il ne doit pas servir à promouvoir et protéger les ambitions et les intérêts personnels. Nous devons moderniser le parti, pour le mettre en situation de répondre aux défis actuels et à venir du pays. Il nous faut rajeunir le parti et le rendre plus dynamique.

 

Dans votre position actuelle, que comptez-vous faire ?

Continuer à représenter le peuple à l’Assemblée nationale, apporter ma modeste contribution dans la vitalité du PCT et de la démocratie dans notre pays.

 

Le procès sur les explosions du 4 mars 2012 a eu lieu. Le colonel Marcel Ntsourou a été condamné à cinq ans de prison avec sursis. Qu’est-ce que cela vous inspire-t-il ?

Ce procès n’a pas donné toutes les réponses aux questions que l’on pouvait se poser sur cette affaire. L’une des curiosités, c’est que le procureur général dans l’affaire a déclaré n’avoir aucune preuve à charge contre le colonel Marcel Ntsourou, mais les juges l’ont tout de même condamné. C’est un fait. Du reste, le colonel Ntsourou est un officier supérieur dont la valeur militaire n’a jamais été contestée par personne. Il se reconstruira.

 

Il y a eu de grandes manifestations publiques au Congo sur le thème « Touche pas à mon Président ». Votre commentaire…

Je crois qu’il faut savoir garder son sang-froid. Je suis surpris qu’on utilise la rue pour répondre à des questions de droit et de principe. L’agitation me semble être une diversion de courte durée. Il faut entrer dans le vif du sujet, et opposer aux moyens de droit des arguments de droit.

 

Savez-vous qu’il s’agit de dossiers pendants devant la justice française sur les biens mal acquis et les disparus du Beach?

Je n’ai pas de commentaires, sachez tout simplement que ce ne sont pas des dossiers de la rue.

 

Il y a des rumeurs sur une éventuelle modification de la Constitution pour permettre au Chef de l’Etat Denis Sassou- N’Guesso de se représenter. En avez-vous entendu parler et qu’en pensez-vous ?

Je ne me fie pas aux rumeurs. Ce débat n’a pas encore été formellement ouvert au sein du parti. Mais, par principe, je suis pour un respect absolu de la lettre et de l’esprit de la Constitution.

LIRE L’INTEGRALITE DE L’INTERVIEW

Source : le magazine Le Metropolis

 

 

 

Commentaires  

 
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