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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Discours d’ouverture de Jean-Luc MALEKAT aux ASSISES NATIONALES DU CONGO, le 7 juin 2014 à Paris

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MauvaisTrès bien 

Mesdames…

Messieurs….

Distingués  invités

Chers compatriotes

 

Permettez-nous de vous adresser les chaleureuses  salutations du Comité Préparatoire des Premières Assises Nationales du Congo pour l‘Alternance Démocratique.

Nous nous réunissons aujourd’hui à Paris, ville lumière, capitale de la liberté, troisième ville du Congo et centre important de l’intelligentsia congolaise.

Nous nous réunissons  dans cet amphithéâtre de l’IPAG,  symbole de l’unité et  de formation de l’homme qui a connu dans un passé récent et dans le monde tant d’évènements importants.

Nous avons une pensée particulière pour MATHIAS DZON, Président de l’ARD et de l’UPRN, de Paul Marie MPOUELE, Secrétaire de la plateforme citoyenne « Sauvons le Congo » et autres invités, qui n’ont pas été autorisés à venir aux Assises et apporter leurs contributions attendues.

Qu’ils trouvent ici notre soutien.

En 1960, 17 colonies africaines (dont 14 françaises), étaient devenues des Etats autonomes. Le Congo en faisait partie.

C’était le temps du « soleil des indépendances », de l’espoir et aussi de toutes les craintes. Tous ces Etats ont connu des fortunes diverses.

Le nôtre, plus que tous les autres, n’a pas été épargné de certains malheurs  alors qu’il était le mieux préparé et le mieux loti.

Nous avons tout connu : les assassinats, la terreur, les fraudes, le Non droit et la guerre civile.

Nous avons également connu l’expérience certes  brève d’une expérience de Démocratie et de Concorde Civile, « La Conférence Nationale Souveraine en  1991présidée par Monseigneur Ernest KOMBO  et le Gouvernement de Transition d’André MILONGO  en 1991 et 1992 que j’ai eu l’honneur de servir et qui s’est soldée par l’élection de Monsieur Pascal Lissouba et qui a constitué une parenthèse démocratique dans notre courte histoire indépendante et dans notre long calvaire.

Notre hymne nationale, La Congolaise, que nous fredonnons  avait curieusement prédit l’histoire de notre pays.

Cette longue nuit, de l’esclavage à la colonisation se poursuit  par les larmes et le sang des innocents alors que le bonheur ne surgit que pour une poignée de riches.

Le Congo est en effet, à un tournant décisif de son histoire car une nouvelle  longue nuit s’achève.

Nous avons l’impérieux devoir de redonner espoir au peuple congolais meurtri par des années de dictature.

Cet espoir ne peut s’accomplir qu’à la seule condition que s’installe, entre toutes les composantes de la nation, un climat de justice, d’égalité et de respect des droits collectifs et individuels.

Machiavel avait édicté une règle simple : « Divise et Règne !»

Cette règle est strictement appliquée au Congo.

Aucun regroupement jusqu’à ce jour  n’a pu se faire au-delà de sa proche chapelle. Chacun de nous se méfiant plus encore de son voisin que de l’autorité qu’il conteste.

Alors, comment avons-nous fait pour nous retrouver tous ensemble pour ces Assises ?

Aurions-nous fait ce pas des uns envers les Autres si l’on n’avait pas agité le spectre de la modification ou du changement de la Constitution de 2002, afin de permettre au Général Président Sassou Nguesso de faire un troisième mandat ?

Sûrement pas.

Chacun de nous aurait mené son combat solitaire, souvent pauvre et démuni, contre un pouvoir totalitaire, fort de ses finances, de ses armes, de ses relais médiatiques et politiques très chèrement payés.

Chacun de nous serait allé à une défaite assurée face à un système truqueur, perverti et confiscatoire.

Chacun de nous aurait ainsi conforté la pérennité d’un petit groupe qui s’est arrogé tous les pouvoirs, toutes les décisions, toutes les richesses.

Force est de constater qu’une alchimie s’est produite.

IL y a quelques mois, nous n’étions que quelques uns. Notre proximité était grande, mais nous devions supporter tout le poids de nos méfiances collectives.

Dans cet amphithéâtre, toutes les tendances et toutes les origines sont représentés.

Que ceux qui pensaient que le Congo était devenu la propriété personnelle de quelques uns se détrompent ! La confiscation est terminée ! Le Peuple congolais que nous représentons tous, vous et moi, réunis ici, n’aura de force que s’il réintègre tous ses biens et tous ses droits.

Aucune force illégitime, aucune force armée même avec des mercenaires étrangers ne pourra venir à bout de la nation congolaise toute entière retrouvée, rassemblée, ressoudée.

Ce combat nous le partageons avec d’autres peuples africains confrontés aux  velléités des chefs d’Etat à vouloir s’accrocher au pouvoir au terme de leur mandat en projetant la modification ou le changement de Constitution en vigueur.

Comme on le constate,  l’Afrique centrale  est fragilisée par des guerres et conflits.

Cet espace géographique est une véritable poudrière.

Nous devons les prévenir afin que ce phénomène ne nous affecte plus.

D’aucuns s’interrogent ici ou là sur la pertinence des suites de la tenue des Assises Nationales pour l’alternance démocratique à la lumière des expériences passées qui n’ont pas abouti : réunion du Front au Sénat,  conclave…

Les raisons sont connues, à savoir les luttes pour le leadership, les trahisons, l’appât du gain, la politique du ventre.

Sans préjuger de la faiblesse humaine, les porteurs du projet  qui nous rassemble  aujourd’hui ont pris des engagements dans le plaidoyer adopté en avril 2014 pour  impulser une dynamique intergénérationnelle nouvelle basée sur la confiance et la force des convictions.

Néanmoins, toute trajectoire humaine est nécessairement jalonnée d’erreurs soit dans la pratique professionnelle, soit dans la pratique politique et sociale. C’est pourquoi nous faisons amende honorable devant cette assemblée et nous vous rassurons, ne doutez pas, n’ayez pas peur, avançons ensemble dans un élan de dépassement de soi et donnons la priorité au Congo.

Pourquoi des Assises nationales du Congo pour l’alternance démocratique ? Trois raisons principales à cela :

1)    La constitution de 2002 tout comme celle de mars 1992 prévoit l’alternance démocratique et la limitation à deux mandats au président élu au suffrage universel.

2)    Notre  prise de position face aux défis auxquels le pays est confronté : le chômage chronique des jeunes, la formation, la santé, la défaillance énergétique (eau, électricité), la  bonne gouvernance, la gestion durable des ressources, les menaces de toutes sortes pouvant survenir  à nos frontières….

3)    La mobilisation des forces vives pour créer un rapport de force, rapport de force permettant d’imposer un dialogue national susceptible de jeter les bases de la renaissance du Congo et la formation d’institutions fortes pour la restauration de l’Etat de droit qui puissent garantir le «  mieux-vivre ensemble ».

Nous appelons donc à l’union des forces vives de la nation : partis politiques, associations, société civile, confessions religieuses et philosophiques, individualités afin de barrer la route aux fossoyeurs de la démocratie.

Nous pensons également à nos compatriotes de la majorité présidentielle actuelle qui s’opposent à cette volonté de modification ou d’abrogation de la constitution à nous rejoindre et poursuivre le combat commun. Nous nous devons de repenser le Congo et le  reconstruire dans la paix sans le sang de quiconque. Nous sommes des héritiers de Nelson Mandela, Martin Luther King ou Gandhi.

Notre pays est un cas particulier celui du paradoxe de la croissance sans développement, Avec une superficie de 342 000 km2 et une population de 4,5 millions d’habitants, ce pays présente des agrégats macroéconomiques très louables en 2013.

-une croissance de la PIB de 5,8% en 2013 selon les rapports du FMI,

- un PIB de 13, 7 millions de dollars US soit environ 6.834 000 milliards de FCFA

-une balance commerciale excédentaire de 6300 millions de dollars ;

- un PIB par habitant de 3048 dollars ;

- une dette extérieure estimée à 24% de la PIB

- un budget de  près de 4100 milliards de FCFA en 2013.

D’autres données montrent la fragilité de cette économie :

La production pétrolière de près de 300.000 barils jour « officiellement » représente 90% des exportations, 70% de la PIB et plus de  80% des recettes budgétaires.

La production forestière avec une production de plus de 1.500.000 m3 de bois constitue la deuxième source d’exportation.

Derrière ces chiffres élogieux, se cache  une triste réalité : absence de création d’emploi, croissance des inégalités, corruption généralisée,  pas de progrès vers la démocratie.

La Banque Mondiale a déclaré dans son récent rapport de 2014, que 49% des congolais vivent avec mois de 1§ (500 FCFA), par jour

44% des congolais  souffrent d’une insécurité alimentaire selon la l’Organisation des Nations Unis pour le Développement. Selon Transparancy International,  l’indice de la perception de la corruption, le Congo se situe dans les profondeurs du classement. Dans le classement  Doing Business 2014, sur la facilité de faire des affaires,   le Congo occupe le 185 ème rang sur 189 pays. Selon l’Organisation des Nations Unies de lutte contre la drogue et le crime, le Congo Brazzaville est considéré comme l’un des pays où on retrouve la plus grande consommation de drogue en Afrique Centrale.

Dans l’histoire du Congo, se pose sans doute le problème du comportement de  l’homme contraire aux intérêts collectifs de la nation. Notre échec doit aussi être partagé collectivement. Nous avons beaucoup cultivé en nous les antivaleurs et rejeté la vertu. Tout ceci  est la conséquence de ce que nous vivons.

Pour rattraper nos retard, et sortir de notre état actuel, il nous faudra investir intensivement sur notre premier atout, notre capital humain, la jeunesse, très majoritaire dans notre pays en lui enseignant toutes les véritables valeurs : l’éthique, la morale, le respect du bien public Nous devons savoir que toutes ces valeurs imprégnées, dans l’esprit et dans les cœurs, et se traduisant par les actes sont un rempart efficace contre toute forme de dictature  et le levain d’un développement harmonieux.

Nos assises qui ont commencé aujourd’hui,  se termineront le 10 juin, 23ème anniversaire de la fin de  Conférence Nationale,  Journée de la Concorde Nationale.

Les conclusions relatives seront produites lors de la cérémonie de clôture.

Ainsi mes chers Compatriotes, enlevons les rancœurs, la haine et mettons y de l’amour. Notre espérance à nous tous est de  retrouver un Congo libre, démocratique,  uni et prospère.

Je vous remercie.

Jean-Luc MALEKAT

Coordonnateur des Assises Nationales du Congo-B pour l’Alternance Démocratique

Paris, le 7 juin 2014


 

Commentaires  

 
0 #1 ดูแลผู 16-02-2015 11:36
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