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Plaidoyer pour la jeunesse africaine ou le paradoxe d’une jeunesse en perte de repère.

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« L’Afrique continent de l'avenir et la jeunesse africaine s'en va chercher son avenir ailleurs. Ce paradoxe interpelle dans le sens où il n'existe pas un plus bel avenir d'un continent que sa jeunesse. »

 

En tant que jeune noir immigré, vivant en France, ce matin, ma stupéfaction a encore été énorme. Une énième fois, j'apprenais qu'un radeau de fortune s'était échoué au bord de l’île italienne de Lampedusa contenant à son bord mes frères et mes sœurs (en Afrique, nous sommes tous frères et sœurs). Ceux-là, qui auraient pu constituer l'armada des cerveaux fertiles et de bras valides dont le continent a tant besoin en ce moment où le monde se métamorphose.

Le monde se métamorphose car le dessin du monde d'après seconde guerre mondiale est remise en cause. Cela peut d’ailleurs s'illustrer par la prédominance du géant chinois sur le marché international mais pas seulement car les pays tels que le Brésil et autres lui emboîtent le pas et cela au détriment des grands ensemble d'hier. Cela se vérifie également par l'émergence des groupes d'intérêts différents des groupes traditionnels ce qui est le cas du BRICS et bien d'autres.

Quelle Afrique demain ?

Les analystes du monde ne tarissent pas d'éloges à l'endroit de ce continent où tout est à faire. Un continent à tout construire disent-ils pour les uns. Le continent de l'avenir pour les autres. «Afrique continent de l'avenir» est même devenue un credo politique pour certains politiques africains en manque d'inspiration. Arrêtons-nous un instant, sur le mot avenir. Celui-ci selon le dictionnaire Larousse est un dérivé du mot latin advenir qui signifie ce qui va arriver. Ainsi, si l'Afrique brille par le manque d'efficacité de son action sur le plan international. Il y est au moins un domaine dans lequel les politiques de ce continent brillent. Le manque de politiques cohérentes en faveur de la jeunesse, un manque total de prévision, d'anticipation quant aux événements à venir.

Les réalités actuelles de la jeunesse africaine et ébauche de solutions ou État des lieux actuel de la jeunesse africaine et ébauche de solutions

Ces réalités actuelles de la jeunesse africaine sont bien résumées par la formule «Barça ou barsakh» comprenons par-là, Barcelone ou la mort. La vie, ce que nous avons de plus chère sur terre en faveur d'une ville européenne. Quel désespoir pour notre jeunesse. Quel rejet de soi-même! En discutant avec un de mes frères africains. Il ne tardait pas à me confier «chez moi je suis considéré comme un étranger. Il est nettement mieux pour moi, d'être un étranger à l’étranger où je suis réellement étranger que de vivre ce sentiment d'un étranger dans mon propre pays». Tout est dit, un sentiment de rejet chez soi. Quelle tristesse!

En effet, la jeunesse africaine est délaissée à elle-même. La jeunesse africaine est utilisée par les politiques à des fins politiques. La jeunesse africaine est en pleine déroute. La jeunesse africaine est en manque de confiance. La jeunesse africaine est frustrée et en quête d'espace professionnel. Enfin, la jeunesse africaine est celle dont la seule issue salvatrice semble dorénavant être celle de l'exil.

Partir. Oui, partir est devenu la solution pour la jeunesse du continent qui peine à s'épanouir chez elle. Si hier, nos ancêtres se faisaient arracher du continent afin de partir servir de marche pied pour le développement des autres continents. La jeunesse, africaine contemporaine s'en va de son propre chef laissant derrière elle familles et connaissances pour un éventuel meilleur avenir. Un paradoxe n'est-ce-pas! L’Afrique continent de l'avenir et la jeunesse africaine s'en va chercher son avenir ailleurs. Ce paradoxe interpelle dans le sens où il n'existe pas un plus bel avenir d'un continent que sa jeunesse.

La jeunesse d'un continent est le critère par excellence déterminant pour le développement de celui-ci. Il est donc impossible de penser à l'avenir d'un continent sans au préalable penser à sa jeunesse. Dans cette logique la jeunesse est donc consubstantielle à l'avenir du continent autrement dit la jeunesse c'est même l'avenir du continent.

Cependant, si la jeunesse africaine est l'avenir du continent. Au regard, des politiques menées dans le continent force est de constater que la jeunesse n'y trouve pas son compte sinon y trouve son compte mais de façon médiocre. Alors qu'il est d'une vérité presque universelle que donner ou redonner confiance à la jeunesse c'est déjà agir concrètement pour lui permettre de grandir en femmes et hommes responsables et libres. En ce sens Ralph Waldo Emerson rappelle que «la confiance en soi est le premier secret du succès » . La jeunesse ne devrait plus simplement être un objet de débats et de discours elle devrait dès lors s'imposer comme un sujet d'action.

Or que constatons nous dans le continent? Les discours pompeux et pleins de promesses sont plus d'actualité que les actions concrètes à l'endroit de la jeunesse. Entre instabilité due aux guerres civiles et le manque de politiques sérieuses d'emplois qui minent le continent cette jeunesse ne semble pas être prise en compte surtout lorsqu'il s'agit de son épanouissement personnel. Pour pallier à un tel manque, le continent devrait créer les meilleures conditions c'est-à-dire privilégiée la force des institutions en lieu et place des chefs de guerre, organiser des structures adéquates c'est-à-dire innover et expérimenter pour créer des nouveaux dispositifs au plus près des besoins de la jeunesse. Et, cela, afin de permettre à la jeunesse d'arrimer ses connaissances à la demande actuelle de l’emploi. Cela passe également par des moyens considérables pouvant permettre les systèmes éducatifs du continent de sortir de l'ornière dans laquelle ils eurent été placés depuis et avant les indépendances.

Il s'agira donc des réformes pertinentes avec à la clé l'ambition de permettre à la jeunesse d'entreprendre des formations qui, à la sortie leur garantira un emploi stable, d'ailleurs Marx et Engels rappelaient que «le travail crée l'homme» c'est donc en travaillant qu'en s’accomplit, c'est en travaillant que le capital confiance en soi s’accroît, le travail revêt alors un caractère capital dans l’émergence des valeurs qui fondent les hommes et les femmes mêmes […].

Toutefois un tel élan n'est possible que si une politique d'accompagnement, d'écoute et de soutien à l'endroit de la jeunesse est mise en place. Ce qui aura comme but d'accompagner et d'assister notre jeunesse dans ses moments de doutes et dans ses moments d’errements.

La jeunesse est la sève du continent ce qui implique que la jeunesse en difficulté est le révélateur d'un échec continental. Au lieu de crier Afrique continent d'avenir à tue-tête il serait nettement mieux que les hémorragies juvéniles que nous observons du côté de Lampedusa ou de celle par l'enclave espagnole de la Ceuta ou encore celle de la Melilla soient contenues. Pour que le credo Afrique continent d'avenir ait tout son sens dans l'âme et l'esprit de cette jeunesse africaine désabusée et désorientée, celle qui subit le naufrage par milliers dans les mers scabreuses. Et, celle qui meurt dans les déserts arides du Maghreb. D'ailleurs, ne dit-on pas que « les actes parlent mieux que les paroles ». Ne pas poser les actes concrets à l'endroit de la jeunesse du continent qui est l'avenir en nature du continent c'est chanter l'Afrique continent d'avenir pour la jeunesse asiatique, pour la jeunesse européenne, pour la jeunesse américaine, etc. C'est donc reproduire le même schéma que celui de la colonisation c'est-à-dire où la jeunesse africaine se sentira plus opprimées dans son propre continent mais avec à la tête des systèmes des peuples venus d'ailleurs, oui les faits sont têtus !

La souveraineté africaine ne suppose pas uniquement affranchir nos pseudos chefs d'état des griffes de la Cour Pénale Internationale mais aussi traiter de façon urgente et sérieuse la problématique de la jeunesse, celle qui se fait pulvériser des produits désinfectants dans les différents centres de rétention comme du bétail, et la dignité de l'homme dans tout ça !

Arrêtons de ce fait, les discours victimaires. L’Afrique a suffisamment de moyens pour prendre en compte la problématique de sa jeunesse. Il suffira que nos « papas dictateurs » rapatrient les fonds qui font le bonheur de la jeunesse suisse et d'autre à travers le monde dans le continent pour créer les conditions d'épanouissement de la jeunesse africaine dans le continent même. Les autres continents réfléchissent pour leur jeunesse. Alors que le continent africain agisse pour sa jeunesse sève de son avenir

La jeunesse africaine n'a que trop souffert. Des solutions immédiates et idoines s'imposent !

Gracias D.NM.


 

Commentaires  

 
+2 #1 Evrard Nangho 14-07-2014 17:16
L'Afrique est malade à cause de ses dirigeants irresponsables et la faute de l'occident. Les responsabilités sont aussi partagées. Quand on soutient des dictateurs en Afrique pour piller les matières premières, il faudrait s'attendre à une immigration irrégulière en masse aux portes de l'Europe. La solution serait la démocratisation des pays africains et le partage des richesses équitables comme en Europe pour freiner l'immigration clandestine.
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