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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Comment Sassou négocie le scrutin de 2016

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A moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle, rien en semble arrêter Denis Sassou Nguesso, 71 ans, dans sa volonté de briquer un nouveau mandat pourtant interdit par la constitution qu’il a lui-même fait approuver.

Imperturbable et méthodique, le président congolais continue de préparer le terrain pour imposer sa candidature. Au moment où sa stature de médiateur dans plusieurs crises semble le mettre à l’abri de toute pression internationale, il parvient progressivement à s’assurer la fidélité sans faille des hauts dignitaires du pays, de l’armée et du PCT, redevenu parti unique de fait.

Communication et médiation

Denis Sassou Nguesso ne pouvait espérer meilleure publicité que la venue de Nicolas Sarkozy à Brazzaville le 25 juillet. Gérée par l’ambassadeur Henri Lopes, l’invitation de l’ex-président français à participer au Forum Forbes Afrique aux côtés des personnalités comme Christine Ockrent ou Jacques Attali répond à une opération de légitimation internationale recherchée par la présidence congolaise depuis des mois. Pour le chef de l’Etat, l’enjeu est crucial. Celui-ci vise à renforcer l’image de nouveau « sage d’Afrique » et rendre inaudibles les critiques sur sa volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.

La médiation qu’il pilote sur le dossier centrafricain répond à cette stratégie. Jugé comme un pestiféré en 2012, à l’arrivée du pouvoir socialiste en France, Sassou Nguesso s’avère aujourd’hui incontournable sur ce dossier. Le président congolais, qui s’entretient tous quinze jours au téléphone avec Laurent Fabius, n’a d’ailleurs pas manqué de mettre en avant son implication lors du sommet USA-Afrique de Washington, début août. C’est dire si l’homme fort de Brazzaville n’a eu aucune peine à évoquer son projet de référendum devant les hauts dignitaires mbochis- les Nkanis- réunis au début du mois à Oyo (nord), son village natal. Prévue en 2015, cette consultation doit permettre de faire approuver une nouvelle Constitution délestée des articles limitant le nombre de mandats présidentiels en raison de l’âge. Un grand classique.

Opposition fantôme, PCT aux ordres

Cette opération de charme s’accompagne, sur le plan intérieur, d’une mise en coupe réglée de l’opposition. Atone et asphyxiée financièrement, celle-ci ne dispose d’aucune marge de manœuvre. Implanté dans le Pool (sud), le MCDDI s’est risqué à siéger au gouvernement via Guy-Parfait Kolelas, le fils de son fondateur et ex-maire de Brazzaville, feu Bernard Kolélas. Son discrédit n’en est que plus grand. Bien visible dans les départements les plus peuplés (Niari, Bouanza, Lékoumou…), l’Upads de l’ex-président Pascal Lissouba est minée par les dissidences suscitées par Sassou Nguesso lui-même. Patron de l’ARD, l’ex-ministre des finances Mathias Dzon peine à fédérer les autres forces hostiles au « chef ». Quant au PCT, parti majoritaire, il est sous la pression constante du palais présidentiel. Son secrétaire général, Pierre Ngolo, vient de recevoir pour instruction de neutraliser les courants animés par des personnalités comme Camille Bangou ou l’ex-minitre de la défense Charles Zacharie Bowao. Leur tort ? S’interroger sur une évolution souhaitable de la gouvernance dans le pays.

Appareil sécuritaire verrouillé

Le dessein présidentiel ne risque pas davantage de susciter l’ire des Forces armées congolaises (FAC), celles-ci reposant sur une base ethno-régionale très marquée. A fortiori de la Garde présidentielle (GR) et de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP). Ces deux corps d’élite formant la garde rapprochée de Sassou Nguesso sont respectivement gérés par le général Nianga Ngatsté Mbouala et le colonel Serge Oboa, deux Mbochis d’Oyo. Autre bras armé du pouvoir, la Police nationale congolaise (PNC) demeure sous la férule du général Jean-François Ndenguet, lui-même encadré par jean-Domique Okemba, neveu du chef de l’Etat et patron inoxydable du CNS (service de renseignement).

Source La Lettre du Continent, N° 688 du 27 août 2014

 

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