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Les assises nationales du Congo : Les raisons de la crise

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L’arrivée des « assises nationales du Congo » dans le paysage associatif des Congolais de l’étranger a pourtant été accueillie et souhaitée comme un espace de partage, d’échanges et de concertation entre les associations des Congolais de l’étranger sur leur analyse de la situation au Congo et bien entendu sur leur contribution à la lutte du peuple Congolais dans la crise multidimensionnelle que le pays traverse.

C’est dans cet élan que l’on a noté de Juin à août 2014 une participation relativement bonne des Congolais aux différentes réunions.

Aujourd’hui et curieusement en l’espace de 4 mois d’existence, les assises n’accueillent plus que le tiers si ce n’est moins de membres inscrits lors des réunions.

1-« la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf »

Il y avait et il y a encore nécessité que sur les problèmes du Congo, la diaspora militante et patriotique s’efforce à parler d’une même voix. Au contact du monde, elle devrait davantage aider des Congolais de son environnement à prendre le train de la concorde nationale pour rebâtir une nation Congolaise. C’est de son devoir et de son rôle.

Surtout, la diaspora devait et doit rester elle-même, c'est-à-dire dans les limites qui sont les siennes, ne pas se prétendre en capacité toute seule depuis une terre étrangère à résoudre la crise au Congo. C’est pourquoi, une telle organisation devait s’appeler le plus simplement : les Assises Congolaise de la diaspora.

Or, la dénomination « les assises nationales du Congo» pompeusement choisie cache une intention malveillante parce qu’elle voudrait faire de cet organe bébé sans expérience et sans lien politique avec les forces réellement en lutte sur le terrain, une direction politique de la lutte au Congo, donc coiffant toutes les forces vives du Congo à l’intérieur comme à l’étranger, pouvant parler en leur nom à l’intérieur comme à l’extérieur et, d’ailleurs les ténors ont curieusement pour référence De Gaulle à Londres , ils oublient même que quand SASSOU a gagné en 1997, il avait le PCT sur le terrain, elles oublient même que en Iran, Ayatollah Khomeiny avait aussi des forces sur le terrain. Voyez que c’est grosse et même amusante l’analyse bornée des assises qui veulent bien lutter mais prennent bien soin de se couper du pays profond.

2- La précipitation

Si je devais définir la politique, je l’exprimerais le plus simplement du monde par la notion de service. En effet, faire de la politique c’est servir. C’est aussi simple que ça et ça ne peut pas être autre chose. Dans le cas précis des assises, il y a eu comme une course contre le temps, une précipitation vers la préfecture pour la déclaration d’une organisation à laquelle on voudrait que toutes les associations des Congolais de l’étranger s’y soumettent ! Or, les associations ont juste besoin d’un espace libre de concertation, d’échanges, une ou deux fois dans l’année sur la situation du Congo, mais pas des gens qui les représentent auprès de SASSOU et c’est clair.

Les assises, sont nées de la volonté du pouvoir afin de contenir les forces de la diaspora qui s’opposent réellement à sa politique. Les Congolais ont vite compris la ruse de ces opportunistes, ils n’y ont plus confiance et ne viennent plus.

3- l’absence d’une ligne ou d’une orientation politique claire et cohérente

Ne découlant pas d’un débat, d’un accord ou d’un consensus entre associations des Congolais de l’étranger, Il n’est un secret pour personne que les assises naviguent aujourd’hui à vue, dans l’acrobatie totale qui va malheureusement les enterrer au nom de la transparence.

C’est vrai, les assises ont toujours manqué de transparence dans leur fonctionnement: le financement des premières activités est douteux et avec le temps, la main du pouvoir de Brazzaville n’est sûrement pas à écarter quand on sait que des réunions secrètes autour des dîners dans Paris avec des agents ou conseillers du pouvoir de Brazzaville ont eu lieu. Plus grave, depuis, les mêmes agents ou conseillers du pouvoir prennent part au débat.

La participation des affidés, c'est-à-dire les membres de l’opposition dite modérée, donc partisans du pouvoir de Brazzaville, invités et venus spécialement de Brazzaville, plonge toujours les assises dans une situation d’allégeance au pouvoir de Brazzaville et l’on peut comprendre avec le TEMPS pourquoi la question de savoir dans quel camp de la lutte au Congo se trouvent les assises a paralysé et paralysent encore les débats.

4- Un partenariat avec le pouvoir de Brazzaville


Vous l’avez compris, les assises sont une escroquerie politique et bien une idée de ceux qui sont prêts à sauter immédiatement dans le bateau de la collaboration et du partage du pouvoir avec SASSOU. Depuis leur création, les assises ont pour partenaire l’opposition dite modérée au pouvoir, ceux qui sont passés sous la table à Dolisie, Ewo et bien d’autres fumistes encore sur la pointe des pieds. En prétendant représenter les associations de l’étranger, les assises veulent se donner le beau rôle de vouloir parler au nom de toute la diaspora mais en alliées du pouvoir de Brazzaville dans un éventuel dialogue convoqué au Congo.

Les assises ont soif et faim d’aller au pouvoir, d’aller manger et arrondir leur fin de mois, jouir, Voilà ce que sont les assises. Voilà la fameuse l’éthique. Politiquement, cela manque d’élégance et c’est indigne.

Les assises refusent de travailler avec les vraies forces en lutte sur le terrain au Congo, mais la signature d’un partenariat avec des membres du PCT, donc avec le pouvoir de Brazzaville sous le prétexte de membre de la société civile fait injure à tous ceux qui ont toujours donné et donnent encore de leur temps pour participer aux activités des assises. Cet entêtement et cette orientation constituent et confirment que les assises étaient et demeurent un instrument au service du pouvoir de Brazzaville.

Plus grave, lorsque dans leur document accompagnant l’avis de réunion pour ce dimanche 26 octobre, les assises déclarent que la crise au Congo pourrait se résoudre par le seul fait de mettre sur pieds une commission électorale indépendante, elles font rire, cassent non seulement la dynamique de la lutte mais nient, la qualité d’éthique qu’elles vantent tant.

Alors, chers frères et chères soeurs des assises, nous avons une grande responsabilité devant l’histoire, nous devons conjuguer nos efforts pour que tous les Congolais se retrouvent autour d’une table, Essence-même de « Assises ». Mes interrogations à la tribune le 7 juin 2014 lors de l’ouverture des assises me conduisent aujourd’hui, le temps aidant, à cette observation qui ne peut que nous aider dans l’ouverture aux autres, à rechercher ensemble les solutions afin de sortir notre Pays de la crise.

Paris, 25 octobre 2014

Jean-sylvestre ITOUA


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