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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

AUX OPPOSANTS CONGOLAIS : NI LA FRANCE, NI LA CHAISE VIDE… AGISSONS !

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Les burkinabés le savent désormais ? Il ne suffit pas de dire qu’un président-sortant est un dictateur pour obtenir l’assentiment ou l’appui de la communauté internationale. Il s’agit plutôt d’un piège qui conduit le novice à l’inertie, attendant l’appui des puissants, oubliant que la seule chose qui compte dans les rapports entres Etats sont les intérêts.

 

Nous sommes en réalité au début d’un processus de décomposition des systèmes politiques africains, dans lequel, le rôle du peuple est beaucoup plus important que celui des « partenaires internationaux ‘’, plus soucieux de réaliser un profit affairiste que de soulager des peuples sous le joug de la mauvaise gouvernance depuis des lustres.

A cet égard, à en croire la radio Africa n°1 (http://www.africa1.com/spip.php?article48805), citant l'African Press Organisation (APO) et le site Burkinabè (http://www.lefaso.net/spip.php?article61386), la sortie du Quai d’Orsay en réponse à celle du Gouvernement Burkinabè annonçant l’examen d’un projet de loi, visant la révision de l’article 37 du texte fondamental pour faire sauter la clause limitative du nombre de mandat présidentiel est assez édifiante et mérite qu’on s’y attarde quelques minutes.

La France aurait fait le choix de la stabilité et non des principes

Ceux qui rêvaient encore d’un appui de la France pour véritablement empêcher le processus en cours doivent se mordre les doigts à la suite de la ‘’déclaration du Quai d’Orsay’’. Il ressortirait de cette intervention que la France aurait fait le choix de la pédagogie au lieu de recourir à la contrainte. En effet, dans cette déclaration digne d’une tragédie grecque : le porte-parole du Ministère français des affaires étrangères rappelle que la France est : « attachée au respect des principes définis par l’Union africaine sur les changements constitutionnels visant à permettre aux dirigeants de se maintenir au pouvoir ». On a bien le sentiment qu’en pointant le respect de la Charte africaine, la France veut se dédouaner de toute responsabilité, en incitant les africains à s’entendre sur des éventuelles modifications constitutionnelles sous l’égide de l’Union africaine.

Il s’agirait d’une trahison pour deux raisons principalement : en premier lieu, la Charte de l’Union n’est pas le texte le plus adapté pour contraindre au respect des institutions. En effet, comme tous les instruments issus d’un consentement entre les Etats, elle fait une synthèse molle entre des principes contradictoires. Dans ce sens, le point g de l’article 3 qui pose les objectifs de la Charte, dispose que la Charte vise à : «promouvoir les principes et les institutions démocratiques, la participation populaire et la bonne gouvernance ». Dans le même sens, le point de l’article 4, concernant les principes prévoit la « Condamnation et rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement ». Il est donc clair que le processus actuel de déconstitutionnalisation des clauses limitatives de mandats présidentiels porte atteinte à la Charte. Mais en même temps, le point g du même article 4 pose le principe d’une « Non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d'un autre Etat membre », comment dès lors empêcher les Burkinabès ou les congolais de violer leurs textes fondamentaux ? Par ailleurs, la Charte se limite à une condamnation et un rejet, cette expression ne semble pas dissuader les tenants des révisions constitutionnelles opportunistes. En second lieu, la Commission africaine, chargée de faire respecter la Charte semble avoir choisie le côté du syndicat des chefs d’Etats. En effet, dans un entretien sur RFI, la présidente Dlamini-Zuma s’est montrée plus que coopérative avec les principes. A la question de savoir si au bout de 20 ans, un chef d’Etat doit partir ou non, celle-ci a déclaré à RFI (Radio France internationale) qu’en Allemagne par exemple, « la Constitution ne fixe aucune limitation au nombre de mandats du chancelier. C’est le peuple qui décide. Je ne crois pas que la Constitution allemande soit méprisable parce que le chancelier peut faire trois ou quatre mandats. Le jour où les Allemands ne seront plus d’accord avec ces dispositions, ils la changeront ». C’est dans ce contexte que la France fait le choix de recourir à la Charte de l’union… une fuite en avant dans la mesure où, elle pouvait recourir à d’autres moyens de contrainte et notamment sur le portefeuille, les visas et surtout la dissuasion militaire. Au lieu de cela, c’est clairement le choix de la stabilité qui est fait au détriment des principes.

L’opposition au Burkina Faso, bien plus crédible qu’au Congo, parvient à faire des grandes manifestations, à rallier le peuple à sa cause. Par ailleurs, elle a été rejointe par de nombreux cadres du parti présidentiel renforçant sa crédibilité et pouvant donc mener une bataille politique populaire contre le projet gouvernemental. A cet égard, l’ordre à la désobéissance civile qu’elle a lancée sera un texte pour juger de sa capacité à mobiliser la population autour du rejet du président du Faso après plus de vingt ans aux affaires d’Etat.
- L’entre-soi : nous nous réunissons entre nous, une opposition élitiste, coupée de sa base populaire, incapable de répondre aux aspirations profondes du peuple congolais. L’entre-soi est valable tant au pays que dans la Diaspora. A titre d’illustration, combien des congolais, qui bossent de façon effrénée en France pour pouvoir envoyer, parfois le tiers de leur revenu au Congo, savent ce que sont les assises ? dans le même sens, comment expliquer l’absence d’engouement populaire pour les dirigeants de l’opposition locale, notamment les historiques ? le tribalisme, l’intellectualisme, le refus de changement générationnel sont autant d’éléments qui conduisent à l’entre-soi.


- Ôte-toi de là que je m’y mette : nous nous complaisons dans la critique facile, l’absence d’affrontement programmatique avec le pouvoir, le refus du débat. Disons-le, quel dirigeant de l’opposition sur la base d’un programme sérieux est capable aujourd’hui de gouverner et de faire mieux que le pouvoir actuel ? en réalité, nous demandons l’alternance comme s’il s’agissait d’une simple formalité naturelle. Le fameux ‘’c’est notre tour’’ exprime parfaitement l’état d’esprit de certains opposants. L’échec patent et incontestable du pouvoir devrait conduire le peuple congolais à se tourner massivement vers l’opposition. Or, au lieu de cela, le peuple abandonne la politique, se détourne, n’y croit plus et balance… « tous les mêmes ». Le taux élevé d’abstention ne s’adresse pas qu’au pouvoir, il concerne en premier chef aussi l’opposition. En voulant simplement la place du PCT sans démontrer en quoi elle ferait mieux, l’opposition se ringardise et devient partisan du Ôte-toi de là que je m’y mette, c’est un peu court pour faire un programme politique de gouvernance.
- Le passéisme intellectuel, il est temps d’arrêter de faire appel au passé pour construire l’avenir. Disons-le une fois pour toute, la référence à la mort de Ngouabi, à la conférence nationale et autres… ne peut permettre de mobiliser une population essentiellement jeune, souvent préoccupée par le chômage, la santé et l’absence de formation professionnelle… l’opposition se saisit essentiellement des questions institutionnelles, mais les congolais attendent-ils simplement le changement de la Constitution ? Ils veulent surtout savoir si la gouvernance de l’opposition permettra de créer des emplois et comment. Nous nous contentons de contester le recensement, alors qu’en même temps, nous ne disons rien sur le chômage massif des jeunes. Nous réclamons mordicus une Conel indépendante, quid de l’amélioration du système de santé congolais ? Mon propos n’est pas de dire qu’il faille délaissée les questions institutionnelles, bien au contraire, elles sont à la base de la démocratie. Mais, elles donnent aussi l’impression que nous voulons le pouvoir pour nous. Alors que les questions sociales répondent mieux aux attentes de nos populations.
Proposons un paquet institutionnel dans lequel figurera un nouveau statut pour la Conel, un nouveau recensement, un statut de l’opposition et des autres contre-pouvoirs (presse, syndicat, associations), une certification des résultats électoraux par la communauté internationale, un nouveau rapport entre les pouvoirs politique, militaire et judiciaire. Proposons la contractualisation des rapports sociaux en donnant par exemple un statut au travail informel ; militant pour la mise en place d’une véritable sécurité sociale pour tous les congolais ; une allocation pour les jeunes et les personnes âgées sans retraites ; veillant au respect de l’obligation scolaire constitutionnelle jusqu’à seize ans…

Que reste-il aux opposants ?

La situation ne semble pas la même dans les différents cas :

Quant à l’opposition congolaise, il est triste de constater qu’elle est minée par trois maux principalement :

Construire cette opposition audacieuse, courageuse et ambitieuse

Opposant aujourd’hui, en responsabilité demain, tel doit être l’ambition de tous. Nous ne pouvons demeurer éternellement dans l’opposition – car comment mettre en place nos idées et ainsi améliorer la vie de nos concitoyens en étant éternellement dans l’opposition ? La question semble futile, mais en réalité elle est d’une pertinence irréfutable au vue de notre attitude vis-à-vis de la chose publique. La radicalité doit être mise au service des congolais, non pas pour flatter son propre égo.

L’heure est donc venue de se rassembler et de privilégier le dialogue : nous devons être ouverts au dialogue, mais intransigeant sur les respects des principes. La politique de la chaise vide, du dos rond, conforte le pouvoir dans sa volonté d’isoler l’opposition sur la scène nationale et internationale. La démocratie est toujours plus forte que l’intimidation, posant nos idées sur la table - disons-le haut et fort, la question essentielle n’est pas la modification de la Constitution-toujours possible – dès lors que le peuple consente. Le vrai débat concerne le blocage du système politique au profit du seul PCT.

Ouvrons le débat pour faire gagner notre Congo, alors, les générations futures se rappelleront de cette opposition qui posa les bases d’un nouveau Congo uni, démocratique et prospère.

QUE VIVE LE DEBAT

Vivien Romain MANANGOU

Commentaires  

 
0 #1 Tekolo-Bassoumba 03-11-2014 21:19
Je ne peux rester insensible à la justesse de l'analyse politique que mon jeune compatriote fait sur la situation du Congo notre pays, ce qui d'ailleurs me conforte d'espérer d'un lendemain meilleur pour notre pays. Le Congo aujourd'hui très malades peut compter sur ses fils disséminés à travers le monde qui n'attendent que le moment propice vienne pour se mettre à son chevet apportant le remède nécessaire pour son affermissement. Je salue la contribution de notre jeune frère qui lance ici des jalons pour un débat de fond pour la survie de notre Démocratie mise à mal par le Clan Sassou.
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