24/08/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Meeting des Forces du Changement: Discours de Laurent DZABA

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Chers amis,

 

Bonjour à vous et merci de consacrer un peu de votre temps pour l’avenir du Congo. Ce pays qui se meurt sous nos yeux, ce pays pour lequel de nombreuses personnes se sont battues et continuent à se battre aujourd’hui, mais aussi un pays pour lequel de nombreux compatriotes ont sacrifié leur vie.

Notre présence ici contredit ce qui est dit des congolais : tous moutons apeurés ou corrompus à la solde de Sassou.

Notre présence ici montre qu’il y a en France, et partout ailleurs au Congo, des patriotes capables de relever le défi que nous lance le pouvoir de Brazzaville : celui de se pérenniser au pouvoir contre notre gré, car le Congo appartient aux Congolais, tous les Congolais du Nord et du sud, et non à Sassou Nguesso et sa famille qui s’enrichissent sous nos yeux pendant que nous, Congolais propriétaires du Congo subissons le diktat d’une seule famille avec la complicité de ses amis corrompus.

Mon propos devant vous aujourd'hui puise sa source dans une conviction profonde et extrêmement forte : l’amour que j’ai pour notre pays le Congo et que je partage avec vous, j’en suis convaincu.

Les Forces du Changement et du Progrès Social, dont j’ai accepté de coordonner, se réclament de l’opposition, mais d’une opposition non alignée derrière des partis politiques existantes qui ne fera JAMAIS – je dis JAMAIS – de concessions sur les aspirations profondes des Congolais, de tous les Congolais, à savoir : la liberté, la solidarité, le progrès et le droit de choisir leur président.

Notre mouvement politique a pour ambition la protection des aspirations et les intérêts des Congolais, mais aussi de proposer une alternative au pouvoir actuel.

Les Forces du Changement et du Progrès Social se sont créées dans la lignée du mouvement démocratique initié à la conférence nationale souveraine dans les années 90 et qui ne put aller au bout de son projet.

Les Forces du Changement et du Progrès Social se veulent les représentants de la colère de notre peuple contre le pouvoir en place.

Nous nous donnons pour objectif :

- dans un premier temps de lutter pour empêcher de manière pacifique le Général Sassou-Nguesso de se représenter à l’élection présidentielle de 2016, par le refus du changement de la constitution, si besoin en demandant aux Congolais, partout où ils sont, à occuper pacifiquement les symboles de l’état : ambassades à l’étranger, préfectures et mairies, parlements, présidence et locaux présidentiels.

- et dans un second temps de proposer au pays un programme de progrès social pour le Congo de demain : un pays que nous voulons libre et prospère.

Chers amis,

Le moment que vit le Congo est critique. Nous sommes à la croisée des chemins. Entre l’immobilisme ou le changement, il faut choisir. Il en va de la survie de notre nation.

En 1997, une partie des Congolais s’est laissé berner par un homme dont la simple écoute révélait l’immodestie pathologique et l’incroyable inculture républicaine. Aujourd’hui, sa parole est démonétisée et démystifiée. Dire le contraire serait demandé à la démocratie de cacher un simple sein qu'on ne saurait voir alors qu'elle réclame justice pour s'être faite violée.

Chers amis, tournons le dos à ces hommes politiques qui nous oppressent et qui nous tiennent en esclavage. Tordons le cou à cette mentalité qui pousse certains d’entre nous à toujours être soumis aux hommes politiques médiocres par tribalisme, par naïveté ou par appâts du gain facile. Comme Jean Paul Sartre, « je déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux ».

C’est dans ce cadre que nous lançons un appel au ressaisissement de la part des:

- Chefs de familles congolais qui ont échoué de perpétuer les valeurs cardinales sur lesquelles fut bâtie notre société : l’Eglise, la Famille et l’Ecole. Ils se sont rendus ainsi coupables d’avoir livré, sans défense ni repère, les jeunes Congolais, l’avenir du Congo à la rue et aux politiciens de tous poils.

- L’église, autrefois université de modestie, de simplicité et d’amour, a été transformée en lieu d’apparat des conducteurs de basse moralité et de formation Biblique discutable, dotés d’un puissant flair pour les affaires. Les faux pasteurs et faux hommes de Dieu qui pullulent nos villes et villages déshonorent le vrai Dieu et avilissent son peuple en profitant de leur soif pour la vérité pour trafiquer allègrement dans leur dos, au nez et à la barbe des pouvoirs publics.

- La force publique dirigée par des Généraux-Affairistes se dégrade chaque jour un peu plus. En plus des multiples recrutements complaisants, le manque de formation commune de base véritable a transformé le policier de bas rang en un redoutable braqueur, et son supérieur en parrain et monnayeur des services publics. Aujourd’hui, la présence d’un élément de la force publique inspire au mieux de la méfiance et au pire de la terreur.

L’un des problèmes du Congo c’est aussi celui de sa classe politique. Cette classe politique très souvent ne parle du peuple que théoriquement, pour satisfaire ses propres intérêts en réalité.


Le problème du Congo c’est aussi et surtout son Président de la République qui est aussi Le Magistrat suprême, Le Chef de l’Exécutif, Le Chef suprême des Armées, Le Garant des droits et libertés fondamentales qui semblent avoir perdu le contrôle de l’avatar qu’il a vu naître depuis 1997. Son âge, son état de santé et ses multiples retraites dans son village et à l’Etranger devront-ils excuser son laxisme et son désintéressement aux aspirations profondes de la société ? Non chers amis, « lorsqu’un fruit a trop mûri, il finit par pourrir » ?La classe politique Congolaise, disons-le, est incompétente et complice. Incompétente parce que incapable de s’adapter aux exigences nouvelles des sociétés démocratiques. Complice pour la non-dénonciation de vieilles politiques décrédibilisées teintées de machiavélisme primitif. On n’est pas loin de croire que l’objectif commun inavoué de l’écrasante majorité de la classe politique (pouvoir et opposition), à laquelle s’est adjointe une large partie de l’élite peu scrupuleuse aujourd’hui, soit de maintenir le statu quo afin de garantir à chacun sa part du gâteau.

Chers amis,

Le Congo, notre Congo est en quasi-faillite. La République n’y est qu’incantatoire, l’impunité une règle et l’amateurisme une exigence.

Après 32 ans de pouvoir sans partage, Sassou va nous léguer un pays ébréché. Un pays où règnent des inégalités sociales criardes, où la vénalité et l’impunité sont désormais des normes.

Le triste bilan de l’héritage de Sassou se résume en quelques points :

- Besoins fondamentaux du peuple congolais non pris en compte,

- Inégalités criantes: la famille du président et ses amis corrompus sont devenus des millionnaires et des milliardaires en quelques années quand le reste des Congolais se sont appauvrit,

- Pays plongé dans une extrême pauvreté,

- Idéologie tribaliste et obscurantisme pour protéger les intérêts d’une minorité. La technique est simple : essayer de nommer quelques originaires de son village à des postes administratifs pour obtenir leur soutien… Personne n’est dupe : nous nous attaqueront pas à nos compatriotes de ces contrés de ce fait.

- Pouvoir autoritaire et une absence de démocratie,

- Incompétence des soi-disant élites,

- Corruption généralisée au sommet des hiérarchies,

- Pays en perte de valeurs,

- République des copains et des coquins,

- Jeunesse en perte de repères et sans défense,

- Image internationale désastreuse.

Aujourd’hui tous les congolais se posent la question de savoir qu’a fait l’Etat congolais pour son peuple ? La réponse est sans ambiguïté : Pas grand-chose.

Ce n’est pas ce Congo que nous voulons léguer à la postérité.

On est en droit de se demander aujourd’hui, comment cet homme qui a passé 32 ans au pouvoir et a pu à ce point dévoyer les institutions de la République dont il était le garant, à ruiner les finances publiques par des méthodes douteuses, et promouvoir des antivaleurs peut-il encore prétendre se présenter devant les congolais comme l'homme providentiel ?

Mr Sassou, au lieu de vouloir un autre mandat, devrait se réjouir du fait qu'aujourd'hui certains Congolais pensent encore à lui accorder une retraite tranquille. Il devrait aussi savoir que son entêtement, sa volonté à vouloir contre l'avis des Congolais rester au pouvoir à vie peut inverser cette tendance, si ce n’est pas déjà le cas.

Le Général Sassou Nguesso doit savoir qu’il n’a pas le choix : il doit quitter pacifiquement le pouvoir à moindre frais, puisqu’il n’a plus le soutien de la France ni de la Francophonie, et que  l’usage de la force contre son peuple le conduirait directement au tribunal pénal international.

Chers amis,

Nous n’avons plus rien à attendre de Mr Sassou, usé jusqu’à la corde, incapable de gérer un pays moderne. Nous n’avons pas besoin d’un dialogue avec le pouvoir actuel; nous n’avons pas besoin d’une période de transition, d’une transition entre l’ancien et l’ancien; nous n’avons pas besoin d’un gouvernement d’union nationale avec Mr Sassou comme président; le sort de Mr Sassou ne nous intéresse pas. Il doit simplement, dans le meilleur des cas, aller au bout de son mandat et partir.

Ceux qui prônent le dialogue avec Sassou sont contre l’alternance et de facto dans la même logique que le pouvoir actuel. Le dialogue organisé par le pouvoir ne serait qu’un dialogue en trompe l’œil.

Avec Sassou nous savons d’avance, expérience à l’appui, comment les concertations commencent, comment elles se déroulent, et comment elles se terminent. Dans le contexte actuel, le scénario de ce dialogue est déjà écrit. On met dans une salle les adversaires-alliés intellectuellement très fatigués et corrompus, on organise un échange entre d’anciens camarades du PCT, puis on met en place un gouvernement de transition de dupes. Ensuite pour faire plaisir au prince, les différentes parties conviennent de la convocation d’un referendum de dupes. Tout cela, dans le dos du peuple congolais qui souffre depuis plus 32 ans le martyr de ce pouvoir inique.

Nous disons NON, NON et NON.

Vous savez, Nelson Mandela disait « Seuls les hommes libres peuvent négocier ». Les congolais aujourd’hui ne sont libres, donc pas en capacité de négocier quoi que ce soit. Tous les hommes politiques qui tenteront cette aventure ne seront pas suivis par le peuple et seront considérés par les forces du progrès comme des traitres.

Nous devons donc nous opposer par tous les moyens à cette initiative dont les deux objectifs sont le partage de pouvoir entre hommes politiques en perte de vitesse et en mal d’idées, et la pérennisation de la dictature au Congo.

Le renouvellement du paysage politique au Congo, c’est pour maintenant.

Le message des Congolais est simple : ils veulent le départ pur et simple de Sassou, et refuse tout changement de constitution qui lui permettrait de se représenter.

Chers amis,

Nos exigences sont claires. Elles tiennent en deux principes : la dissolution de la CONEL actuelle et reprise du recensement. Si ces exigences ne sont pas prises en compte, nous lancerons le mot d’ordre de mobilisation générale, le peuple Congolais prendra ses responsabilités et la rue parlera.

En termes de mobilisation, le Burkina Faso nous a montré la voie, et la France a apporté son soutien à son peuple, en affirmant qu’elle soutiendrait, avec l’ensemble des pays francophones, tous les peuples africains qui refuseraient que se maintiennent au pouvoir à vie les dictateurs en place.

Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Afrique si les peuples suivent le modèle burkinabé.

A ceux qui affirment que le Congo n’est pas le Burkina Faso, je dis oui vous avez raison. Le Congo détient le record des insurrections populaires, en 1963 contre Youlou, en 1968 contre Massambat-Debat, en 1979 contre Yhombi Opangault et en 1991 contre Sassou-Nguesso. Lorsque les enjeux vitaux des Congolais sont engagés, notre Peuple sait réagir, et il le fait de manière massive et pacifique.

Chers amis,

Il n’y a pas d’ambition collective, pas de progrès humain sans l’attachement de quelques-uns à vouloir construire ensemble un bien commun au service des autres.

A tous ceux qui sont encore dans le noir, je vous invite de sortir maintenant et d’approcher vers la lumière qui est la vérité.

Il ne s’agit plus d’une question de majorité et d’opposition mais fondamentalement d’un problème entre d’un côté les patriotes qui veulent le changement et l’alternance et de l’autre, ceux qui militent pour l’intérêt personnel et pour un pouvoir monarchique.

Chers amis,

On n'incarne pas le renouveau ou le changement simplement parce qu’on a été membre de l'opposition depuis 15 ou 25 ans. Le changement c’est un état d’esprit, c’est aussi reconnaitre qu’à un certain moment de sa vie politique on s’est trompé. Le changement c’est surtout montrer sa volonté d’aller de l’avant, la volonté de tourner cette page consternante et humiliante que vie le peuple congolais.

Oui, comme au Burkina Faso, un large rassemblement des patriotes est aujourd’hui nécessaire pour mettre en déroute les putschistes de tout poil.

C’est pourquoi, nous appelons aujourd'hui au rassemblement des forces acquises au changement. L’avenir de notre pays mérite que nous taisions nos différences. Face au cynisme et à la médiocrité du pouvoir actuel, nous devons nous rassembler, nous devons finir avec cette incapacité à trouver un consensus.

N'ayez pas peur de positiver, dites qui vous soutenez, notre camp ne manque pas de talents et d’hommes d’expérience.

Vous savez, Mandela disait « J'ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu la domination blanche et j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble, dans l'harmonie, avec d'égales opportunités. C'est un idéal que j'espère atteindre et pour lequel j'espère vivre. Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir».

C’est aussi pour cet idéal que nous tendons la main à nos frères qui, a un certain moment de la vie politique, se sont retrouvés de l’autre côté, du mauvais côté. Nous pouvons nous retrouver chers frères sans crainte parce que le peuple congolais du Nord au Sud souhaite ce rassemblement.

 

Chers amis,

Ce n’est pas avec Sassou que le Congo va rentrer dans une nouvelle ère politique, car il a échoué en 32 ans de présidence et 48 ans de gouvernance publique depuis 1968. Mr Sassou appartient à une vieille génération antique et usée qui a plongé le Congo dans l’obscurantisme, avec la pratique systématique du tribalisme, de la militarisation de la politique, des crimes économiques et autres forfaitures.

Mr Sassou Nguesso Denis et ses petits camarades du chemin d’avenir sont une erreur de l’histoire du Congo Brazzaville.

Ces hommes politiques au pouvoir depuis plusieurs décennies doivent arrêter de penser qu'ils sont inoxydables car ils brillent par un immobilisme des idées, et comme vous le savez, il n y a rien de pire qu'une vie politique sclérosée.

Chers amis, il faut aujourd'hui à la fois un renouvellement et un rajeunissement majeurs du paysage politique congolais. C’est la condition pour sortir les Congolais du choc de désespoir dans lequel ils vivent depuis plus de 30 ans.

Chers amis,

Refusons d'être la honte de notre génération, refusons d’être jeté dans la poubelle par les contrebandiers de l’histoire politique de notre pays.

C’est pourquoi, je lance un appel patriotique à tout Congolais épris de paix véritable et d’amour avéré pour les Congolais et le Congo à prendre conscience, à se préparer et à préparer chacun son entourage au changement.

J’invite les hommes et les femmes d’Etat et les leaders d’opinion de la nouvelle génération « à sortir du bois » pour commencer à encadrer "l’envisageable" et "le très probable" refoulement du peuple frustré, de façon à rendre l’expression de leur ras-le-bol pacifique et non violente. Vous êtes nés et avez été formés et préparés pour ce moment précis de l’Histoire de votre Pays. Soyez donc des hommes ! Prenez position sur votre intime conviction et préparez-vous à canaliser la brutalité aveugle qui s’invite lorsque les masses se décident par elles-mêmes de faire l’histoire ! Le temps nous est compté, car il se pourrait que le peuple se réveille de sa torpeur plus tôt que prévu. Ne vous fiez pas aux apparences.

Il nous faut agir ensemble et maintenant dans l’unité et la cohésion. Attendre 2016, risquera d’être trop tard.

Nous devons nous battre parce ce que c'est du combat pour l'égalité que naît la démocratie, parce que c'est autour de cette promesse d’égalité que notre République se déploie, et autour d’elle que la cohésion nationale s’organise. Mais l’égalité n’appartient pas uniquement au régime des valeurs : elle demande des actes.

C’est pourquoi, chers amis, j’aimerais vous dire pour terminer que lavenir du Congo est entre nos mains et dans nos cœurs !

Vive le Congo, vive les Forces du Progrès

Je vous remercie.

Laurent DZABA

Coordonnateur des Forces du Changement et du Progrès


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