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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Présidentielles africaines : perpétuelle illusion constitutionnelle

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En Afrique, comme ailleurs dans le monde du reste, le temps passe tout comme les climats changent, de la même façon que des générations de citoyens se suivent. Cependant, si les constitutions et révisions se succèdent et que les discours des dirigeants s’adaptent, de façon quasi générale, leurs comportements, méthodes et culture du pouvoir tardent à suivre. Plus précisément, et en cela en porte-à-faux avec les pratiques d’ailleurs, persistent et dominent la culture de « l’irremplaçabilité » au pouvoir, le « syndrome du sauveur »(1) ou, plus communément, et souvent avec peu de scrupules, la prétention de l’homme providentiel(2) ou de « l’homme fort »(3), mettant ainsi de temps en temps les chefs d’État africains en décalage avec une partie de la communauté internationale et surtout, largement, de leur opinion publique nationale.

Ainsi, au Congo démocratique, au Bénin, au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville, au Togo, pour ne parler que de ces pays qui vont dans les deux prochaines années connaître des élections présidentielles (tableau 1), des manifestations géantes se succèdent pour exiger de leur président le respect des règles démocratiques, de l’alternance en l’occurrence. Si, dans les deux premiers pays, et par un discours apparemment sans ambigüité, les dirigeants se sont prononcés pour le respect des principes établis sans toutefois réussir à effacer totalement la suspicion, il n’en est pas le cas pour les autres, avec pour conséquence, on s’en doute, une avalanche de thèses et stratégies dont personne ne pourrait objectivement présumer l’issue. L’un de ces pays particulièrement, le Congo-Brazzaville, en résume parfaitement la situation.

Tableau 1

Tableau BTableau BTableau C

Revenu aux affaires par les armes en 1997(4), après y avoir été éjecté par les urnes en 1992(5) suite à un long et triste règne de treize ans sous le monopartisme, le général Sassou se heurte aujourd’hui – après cinq ans particulièrement sanglants(6) d’exercice du pouvoir sans mandat, suivi d’un double mandat pour le moins controversé(7) de sept ans chacun qui se termine en 2016 – à l’interdiction formelle et hermétique de renouvellement de candidature par la Constitution, octroyée par lui-même en 2002(8).

Comment, dès lors, justifier et permettre une nouvelle candidature du « guide » au pouvoir depuis trente ans ? Telle est la question, ou plutôt l’équation, manifestement cabalistique, devenue leitmotiv de la vie politique congolaise depuis un peu plus d’une année ! Compréhensible et opportun qu’au regard de la pratique du pouvoir en Afrique essentiellement(9), le sujet n’en est pas moins une stratégie indirecte du pouvoir d’éclipser de lancinants problèmes sociaux(10), malgré de fabuleux moyens financiers dus aux recettes pétrolières mais profitant essentiellement à une petite minorité, particulièrement les proches du régime. Mais, la séquence est aussi révélatrice d’une des grandes endémies politiques des sociétés africaines : la focalisation bien souvent de l’énergie politique et des moyens de l’État au service de la conservation du pouvoir, et au détriment des missions et objectifs d’intérêt général. Lire la suite…

 

Par Félix Bankounda-Mpele
Juriste, diplômé de science politique, membre-expert de l’Institut International de Droit d’Expression et d’Inspiration Françaises

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