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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

LETTRE OUVERTE AU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PCT, SUITE A SON RAPPORT RELATIF AU DÉBAT SUR LA CONSTITUTION DU 20 JANVIER 2002

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MauvaisTrès bien 

Monsieur le secrétaire général,

 

Nous avons lu entre les lignes et avec beaucoup d'intérêt le rapport de votre parti, le PCT, rapport relatif au débat sur la constitution du 20 janvier 2002.
En tant que congolais, Nous sommes persuadés que garder le silence face à cette nouvelle stratégie hasardeuse de votre parti, serait synonyme de laxisme et de complicité.
Nous commencerons par vous rappeler que le PCT dirige sans partage le Congo depuis bientôt 38 ans, avec à sa tête pratiquement les mêmes personnes, par conséquent, la même philosophie, les mêmes habitudes et le même regard sur le monde.
Quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel dit un vieil adage Bantou.
Nous profitons donc de cette opportunité pour dire haut ce que beaucoup, même dans vos rangs, pensent tout bas. Ne dit -on pas que la lutte des contraires est la source du développement politique, économique et socio-culturel d'un pays?
Voilà ce qui nous a motivé pour faire l'analyse de votre rapport lié à la situation qui prévaut au Congo.


1. L'introduction du rapport
Dans l'introduction de votre rapport, il est clair que c'est le PCT qui en vainqueur de la guerre fratricide de 1997, a conçu, écrit et fait voter dans des circonstances très controversées, la constitution du 20 janvier 2002 qui octroyait au Président Sassou tous les pouvoirs, parce que, je cite, "il était le remède non seulement pour enrayer la déliquescence de l'état, mais qu'il était aussi le seul capable d’assurer son épanouissement par la gestion de toutes les ressources du pays".
Qu'à cela ne tienne.
Monsieur, cette affirmation relève non seulement d'un manque de respect à l'égard des leaders des autres partis, mais aussi un aveu d'un manque de cadres au PCT capables d'assurer la continuité du fonctionnement des institutions étatiques en cas de vacances du pouvoir.
De plus, fallait t'il dix-neuf ans, soit quatorze années constitutionnelles et cinq ans de transition flexible pour atteindre le but escompté?
Monsieur le secrétaire général, affirmer aussi que "la société Congolaise avait besoin d'un leader charismatique", relève d'une boutade. Est-ce là la seule qualité que vous reconnaissez en votre leader?
Nous convenons avec vous du charisme du président Sassou, mais de là à accepter que le charisme seul d'un homme suffise pour qu'il soit à la tête d'un état et bénéficier de surcroît de tous les pouvoirs, monsieur, nous sommes dans le regret de vous informer, que vous êtes dans la confusion.
Le président Mobutu était aussi un homme charismatique doté de tous les pouvoirs? Qu'a t'il fait de son pays et quel est sa place dans l'histoire de l'Afrique?
L'histoire a démontré que les hommes d'état à qui on avait conféré tous les pouvoirs étaient tous tombés dans la dérive. Le président Sassou en tant qu'être humain n'échappant pas à cette règle endosse évidemment qu'en partie la responsabilité de ses choix, car il a bien fallu qu'il s'appuie sur un socle, c'est à dire votre parti, qui avalisait même ses aberrations.
Monsieur le secrétaire général, le Congo n'avait et n'a pas besoin d'un chef charismatique ou d'un homme fort pour se développer. Le Congo a plutôt besoin d'un homme qui possède à la fois des qualités d'un dirigeant rassembleur, un homme visionnaire et consensuel dans ses relations avec les Hommes et les diverses institutions fortes de son pays. Tant mieux si à cela s'ajoute le charisme.
Monsieur, si nous pouvons nous entendre sur le fait que diriger toute une nation est un défi même pour les surdoués, et que si diriger c'est l'art de réaliser son projet en utilisant judicieusement les moyens humains, financiers et matériels mis à disposition, accordons nous aussi sur le fait que cet art doit se faire dans le strict respect du processus de planification, d'organisation, de motivation et de contrôle.
D'où la nécessité d'institutions fortes pour assurer le bon fonctionnement de ce processus.
Monsieur, "L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais plutôt des institutions fortes" j’ai cité Barack Obama.
En revanche, vous avez commis un acte hérétique au yeux du peuple en prenant des décisions qui allaient à l'encontre des directives issues de la conférence nationale souveraine. Parmi les acquis fondamentaux au pluralisme politique et à l'alternance démocratique pour l'affermissement de la démocratie et la préservation de la concorde nationale, figuraient la limitation des mandats et le rééquilibrage des pouvoirs entre le président et les diverses institutions. En d'autres termes vous avez violé les recommandations d'un peuple souverain pour assouvir les passions d'un homme qui rêvait toujours de bénéficier d'une constitution en forme de chèque en blanc lui permettant de gérer le pays comme sa propriété privée.
Nous sommes scandalisés qu'il vous ait fallu plus de douze ans pour vous rendre compte que ce fut une grave erreur, comme mentionné dans le point I.2.2 de votre rapport. Ce qui explique pourquoi le PCT depuis sa création est toujours allé d'erreurs en fautes et de fautes en errements. Or le monde avance et le Congo n'a plus les moyens et le temps de se permettre cette politique du "on apprend dans les erreurs".
Mieux vaut tard que jamais dit un vieux dicton.
Monsieur, le débat pour la réforme de la constitution se devait pas se poser si la crédibilité de votre parole n'était pas mis en cause. Vous êtes tombés dans une contradiction aussi criarde que choquante d'un dualisme qui consiste à dénoncer des anomalies liées à la mal gouvernance, tout en affirmant que "cette constitution qui a donné des résultats positifs à notre pays a atteint ses limites". J'ai cité votre rapport.
Une telle confusion nécessite qu'il eu fallu au préalable interpeller le chef de l'état afin qu'il s'explique devant le parlement et toute la nation sur ces quinze ans de gestion sans partage, de manière à dégager les erreurs et les responsabilités des uns et des autres. Ce qui permettrait à chaque Congolais de connaître et de comprendre les articles qui nécessiteraient d'être revus lors de la modification de la constitution. Sans une telle démarche, quel crédit voulez-vous que le peuple accorde à vos justifications, sachant que vos discours sont toujours en décalage avec vos actes?
Quand votre parti se targue d'être le porte-parole d'un peuple avec lequel il est en total déphasage; il est normal que ce dernier soit en droit d'être méfiant et vigilant face à vos suggestions, quand bien même elles apparaissent justes et pondérées.
Présentement le souci majeur du peuple est un dialogue objectif et dans un environnement sain, sur la révision du fichier électoral, la création d'une commission indépendante pour l'organisation des élections libres et transparentes et la préparation de l'alternance politique. Ce sont là les priorités du peuple, que vous prétextez ignorer.
Voilà pourquoi votre parti a perdu toute créance aux yeux du peuple.

2. S'agissant du point I.2.2. sur les faiblesses du bilan de la gouvernance du PCT.
Nous sommes indignés de constater que vous avez banaliser des problèmes qui sont d'une importance capitale pour le développement de notre pays.
Comment oser vous parler de MANQUE, alors qu'il s'agit de DESTRUCTION systématique.
Monsieur le secrétaire général, les faits sont têtus.
Depuis l’indépendance du Congo tout va de mal en pis.
Tout a été systématiquement pillé et détruit. Tous les modestes efforts consacrés par les précédents gouvernements ont été annihilés.
La destruction a touché tous les systèmes stratégiques du pays:
- destruction des systèmes éducatif et sanitaire,
- la destruction de la formation professionnelle des jeunes,
- la destruction de la vision, de l'innovation et de l'esprit de créativité chez les congolais,
- la destruction des systèmes de distribution d'eau potable et d'électricité,
- la destruction des systèmes d'assainissement et des canalisations des villes,
- la destruction du tissu social,
- la destruction du principe “l'homme qu'il faut à la place qu'il faut”,
- la destruction du revenu moyen brut, de la politique sociale et du système des retraites,
- la destruction de la production agricole et de l'autosuffisance alimentaire
- la destruction du rôle, des valeurs et de l'autorité du parlement,
- la destruction de l'autorité de la justice et du respect des lois de la république.
Monsieur, voilà le contexte dans lequel évolue le PCT. Le résultat de 38 ans de règne sans partage de votre cher parti. 38 ans de propagande d'une lutte virtuelle contre tous les fléaux cités dans votre rapport au point I.2 "le contexte de la nation", et sans résultat positif et palpable. Voilà l'héritage que vous comptez léguer aux Congolais.
La question est de savoir: qui a créé et à qui profite de telles "circonstances"?
Faudra-t-il continuer dans cette voie?
L'ironie du sort réside du fait que, toutes les erreurs que vous avez si bien déplorées, se passent dans l'indifférence la plus totale de plusieurs, pourtant brillants, cadres et responsables politiques du PCT, simplement parce que;
- soit, ils doutent de leurs propres capacités intellectuelles à relever le défi congolais, celui de bâtir une nation, un état de droit uni et prospère avec des institutions fortes, tout en ayant le courage d'écarter des affaires les chantres d'une espérance chimérique;
- soit, ils ont simplement choisi la politique du ventre et la démission de leur responsabilité
- soit, ils sont intimidés et effrayés car conscient du fait que, dénoncer et condamner les abus et la mal gouvernance relève du crime de lèse-majesté punissable.
- soit, ils sont juste en panne d'ambition pour l'avenir et de surcroit souffrent d’un manque personnalité

3. Le chemin d'avenir.
Comment pouvait -on induire le président en erreur en rédigeant un programme qui met au bas de l'échelle des domaines prioritaires comme:
- l'éducation et la formation professionnelle,
- la santé,
- la modernisation et la maintenance des infrastructures de bases liées à l'hygiène donc à une médecine préventive,
- l'électricité et l'adduction d'eau,
- les moyens de communications modernes,
- l'auto-suffisance alimentaire,
- l'organisation d'une justice forte et indépendante,
- l'organisation des organismes financiers,
- l'organisation des impôts et des douanes,
- l'organisation de la chambre de commerce,
Tout ce qui est la base de l'éclosion du secteur privé et de la création des emplois
En ignorant l'importance de ces secteurs comme priorité, le chef démontre un manque de vision d'avenir et ne peut aucunement prétendre conduire le pays vers une émergence.
Monsieur le secrétaire général, votre parti a bénéficié d'une manne financière qu'aucun des précédents gouvernements Congolais n'aient jamais bénéficié. Comment expliquez-vous de tels déboires?
Peut-être avez-vous oublié le rôle et l'importance des populations dans le processus de développement du Congo.
Ce serait faire preuve d'une malhonnêteté de notre part de dire qu'il n'y a pas eu de réalisations ces dernières années. Si des sommes faramineuses ont été dépensées et si des énormes hypothèques ont été contractées pour construire des infrastructures, nous sommes en droit de savoir si ces investissements suivent le processus de développement de notre pays, et si elles seront rentables et remboursables dans des délais requis.

4. L'opposition
En lisant dans votre rapport sur le point réserve à l'opposition, nous avons eu la nette impression que le PCT banalise le rôle d'une opposition. Est-ce que cela est dû à un manque de culture démocratique?
Sinon comment expliquer:
- la confiscation des médias
- la confiscation d'accès aux dossiers liés au développement du pays
- les difficultés de rassemblement démocratique de l'opposition
- la confiscation des libertés d'expression
- la confiscation de la justice
- la confiscation de la participation à l'élaboration du fichier électoral et de l'organisation des élections libres et transparentes
Quant aux reproches liés aux voyages et contacts des opposants en France, nous sommes stupéfait de constater que les dirigeants du PCT ont une mémoire aussi courte et que la politique de deux poids deux mesures menée par ces derniers ne soit autre qu'une preuve de mauvaise foi et de manque de fair play.
Comment oser se passer pour un parti démocratique quand plusieurs membres influents de votre parti, n'apprécient guère d'être critiqué pour leur pratique, méthode et gestion de la chose publique. Pourtant, cela ne vous empêche pas de stigmatiser une opposition déjà humiliée où les indomptables font l’objet de  tracasseries, allant de la calomnie, au musellement et à la neutralisation.
Cependant vous oubliez que l'opposition participe aussi au développement du pays, en dénonçant les abus, en proposant des alternatives et en apportant quelques fois des idées salvatrices. La critique réveille  l'esprit de lutte, d'émulation, de combativité, de perfection, de sagesse.

5. Le tripatouillage de la constitution.
Monsieur le secrétaire général, les dernières élections dont l'élection présidentielle congolaise avaient été marquées par des taux d'abstention jamais égalés dans aucun pays du monde. C'était l'occasion pour le peuple de démontrer sa grandeur en acceptant malgré lui un dernier mandat du président Sassou. Cette abstention s'expliquait du fait de l'indifférence de la communauté internationale et les rapports de force sur le terrain à leur défaveur, pour des votes dont les résultats étaient connus d'avance. Le peuple a préféré prendre son mal en patience en acceptant sept nouvelles année de règne sans partage d'un président indiffèrent à son sort; sept ans de plus, de misère et d'oppression, sous un président qui totaliserait 32 ans de pouvoir.
Monsieur le secrétaire général, en fustigeant dans votre propre rapport les abus et les manquements des dirigeants du parti au pouvoir tout en affirmant dans le même temps que le président jouissait d'une constitution qui lui conférait tous les pouvoirs, vous le rendiez par déduction mathématique responsable de tous les maux cités dans votre rapport. De grâce, le peuple veut tourner la page, car convaincu que ce chemin d'avenir que vous avez décrit, le mènera droit au gouffre. Le président Sassou a fait son temps. Laissons l'histoire dire son mot à son sujet.
Il n'est pas difficile de constater dans votre rapport qu'une frange des membres de votre parti adhère au desiderata du peuple qui est simplement le départ du président Sassou dans des conditions dignes d'un homme de son rang et l'organisation d'élections libres et transparentes.
Nous vous demandons par conséquent de ne pas trahir le peuple. Le faire serait synonyme de démission devant vos responsabilités et vos devoirs.
Monsieur le secrétaire général, en espérant que notre lettre qui est loin d'être une incitation à la violence, ni une atteinte à l'ordre publique et à la sureté de l'état, trouvera auprès de vous et des militants de votre parti un écho favorable.
Veuillez agréer, monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

Patrick Kibangou

 

Commentaires  

 
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Je valide vous avez tout dit une fois de plus merci pour la lute contre la dictature au Congo
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