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Congo : L’opposition au changement de constitution se structure

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À Brazzaville, la révolution qui a chassé Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, n’a pas servi de leçon. Ni les manifestations survenues de l’autre côté du fleuve Congo. À bientôt 72 ans, le président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1997, songe toujours à modifier la constitution pour briguer un nouveau mandat en 2016.

Les débats ont rarement été si vifs au sein de la classe politique congolaise quant au changement de la constitution, en vigueur depuis 2002. Si les mécanismes de révision sont prévus par le texte, le changement ne l’est pas. Initialement, le nombre de mandat présidentiel se limite à deux, et l’âge des candidats à 70 ans. Or, Denis Sassou Nguesso, surnommé « le bâtisseur infatigable » par ses partisans, achèvera en 2016 son second mandat présidentiel.

Le 20 janvier le Parti congolais du travail (PCT), principale formation de la majorité, a rassemblé ses troupes : les partis satellites, des associations, ONG et personnalités affiliées pour signer une déclaration appelant au changement de la constitution. « Le changement envisagé n’est pas à concevoir en rapport avec un homme, ou selon des intérêts privés et égoïstes. Ce changement proposé se fait dans une démarche d’intérêt général, du bien commun, de la vie de notre démocratie et de notre nation demain sur le long terme », a déclaré Pierre Ngolo, secrétaire général du PCT. « Nous avons mûri notre réflexion depuis sept mois pour aller au changement de la constitution. Le vin est déjà tiré, il faut le boire », soutient Benjamin Bounkoulou de l’Union pour la république (UR, majorité).

Un front d’opposition rallié par certains membres de la majorité

Pour le moment, ce dessein de changement constitutionnel n’a pas donné lieu à des mouvements populaires pourtant redoutés. « Personne n’a le droit de mener cet exercice démocratique à la dérive et au désordre. Nous bannissons la violence et le désordre parce que nous en connaissons l’enchaînement », a martelé le président Denis Sassou Nguesso en faisant allusion aux guerres civiles qui ont secoué le Congo pendant la décennie 1990. Ses partisans soutiennent à l’unisson que « la constitution actuelle a fait son temps parce qu’elle était de nature à construire la paix et à stabiliser le pays ».

Sans surprise, l’opposition crie haro sur cet incertain changement constitutionnel jugé « inopportun ». Et de s’indigner face à ce qu’ils qualifient de « coup d’Etat ». Seule formation d’opposition ayant des élus au parlement, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) dirige le nouvellement créé Front pour le respect de l’ordre constitutionnel qui réunit toutes les forces « anti-Sassou », mais pas uniquement… Quelques formations de la majorité ont rejoint ce front, tel que le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (Mcddi) de feu premier ministre Bernard Kolélas, l’Union pour le progrès (UP) du président de la commission nationale des droits de l’homme Jean-Martin Mbemba, ou encore du Rassemblement pour la démocratie et le développement (Rdd) de l’ancien président Jacques Joachim Yhomby Opango. « On ne peut pas voir les failles et les faiblesses d’une constitution seulement à la veille d’une élection présidentielle. Nous devons user de tous les moyens que nous offre la constitution pour barrer la route à son changement », lance Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’Upads.

De son côté la Conférence épiscopale du Congo propose « de manière explicite, que l’alternance au pouvoir devienne une règle intangible et immuable pour notre démocratie : un mandat renouvelable une seule fois ». Pour les évêques « la grandeur d’une nation s’évalue par sa culture démocratique : organisation libre et transparente des élections, alternance pacifique au pouvoir, garantie des libertés fondamentales, équilibre des pouvoirs, accès libre aux médias, indépendance de la justice ».

Charles Zacharie Bowao, professeur de philosophie à l’université et ministre de la défense jusqu’en 2012, récuse le changement de la constitution dans une lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat congolais. « Le changement de la constitution du 20 janvier 2002 ne peut reposer sur un quelconque fondement juridique. C’est une faute stratégique que d’avoir déclenché une telle initiative politique en la concentrant sur le maintien au pouvoir du Président Denis Sassou-Nguesso au-delà de 2016 (…) », écrit-il.

Le front opposé au changement de la constitution se renforce peu à peu. Des voix politiques mais aussi intellectuelles et religieuses s’engagent. Un dialogue est prêché par cette nouvelle force d’opposition. Reste à savoir quelle sera la réaction du pouvoir.

Par Laudes Martial Mbon (Brazzaville, Congo)

Source Le Monde


 

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