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UN DIALOGUE OUI, MAIS POURQUOI FAIRE ?

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Dans son adresse à la nation, le 31 décembre 2014 le chef de l’État affirmait : « Il est évident que les affaires des Congolais sont et seront réglées par les Congolais eux-mêmes, de préférence par le dialogue. Et, si des divergences persistent entre responsables politiques, seuls le peuple souverain sera appelé à trancher, par le vote. Il ne saurait en être autrement ». Le président Sassou considère ainsi que la divergence politique entre les partisans du changement de Constitution/pérennisation au pouvoir et ceux du respect de l’ordre constitutionnel se réglera par un dialogue. Autrement dit, il reviendra au peuple, par référendum de trancher.

Ce positionnement à l’apparence d’être crédible pour deux raisons : d’abord, parce que le préambule de la Constitution, que le PCT veut saboter, proclame l'adhésion du pays « aux valeurs universelles de paix, de liberté, d'égalité, de justice, de tolérance, de probité et aux vertus de dialogue, comme références cardinales de la nouvelle culture politique ». Dès lors, le dialogue devient un principe constitutionnel, une orientation philosophique qui devrait régir les rapports entre les gouvernants et les gouvernés. Ensuite, parce qu’aux termes de l’article 3 de cette même constitution, « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce au moyen du suffrage universel par ses représentants élus ou par voie de référendum ». Conclusion : le dialogue et le référendum sont deux mécanismes politico-juridiques susceptibles de faciliter la résolution des crises de mêmes natures.

Toutefois, il faut revenir sur cette curieuse conversion du président Sassou à ces deux mécanismes démocratiques pour en tirer toutes les leçons.

Le dialogue

Oui, le préambule de la Constitution prévoit que le dialogue doit être un principe cardinal de gouvernance, mais dans la réalité, comment ce principe a été utilisé depuis le retour de l’actuel président aux affaires en 1997 ?

Le Forum national pour la Réconciliation, l’Unité, la Démocratie et la Reconstruction du Congo organisé à Brazzaville, du 5 au 14 janvier 1998, avait pour mission, notamment de débattre des questions relatives au développement d’une démocratie pluraliste qui ne saurait être parasitée par les facteurs ethniques. Dix-sept ans après, nous pouvons affirmer que la réconciliation nationale demeure une chimère, les nominations aux seins des forces armées prouvent que le tribalisme est un facteur de gouvernance au PCT. Pour ce qui est du Dialogue dit sans exclusive organisée à Brazzaville du 17 mars au 14 avril 2001, il n’avait de « sans exclusif » que le nom. En effet, comment expliquer l’absence de Lissouba, Yombi et surtout Kolela, empêché d'atterrir à Brazzaville. Plus récemment, Réunis à Ewo, du 15 au 17 décembre 2011, pour débattre des questions essentielles relatives à l’organisation des élections législatives de 2 012. En tant que candidat en 2012, je puis vous dire qu’Ewo c’était de l’esbroufe : à titre d’exemple, ou en somme – nous avec l’introduction progressive, dans la législation nationale, de l’usage du bulletin unique ? Enfin, pour ce qui est de la concertation politique de Dolisie du 23 au 26 avril 2013 on ne peut que constater « le silence du gouvernement, à propos de la mise en œuvre des autres décisions prises, de façon consensuelle, à Dolisie, à savoir: l’informatisation du fichier électoral, la réforme de la Conel qui est une exigence de l’Union africaine, l’introduction du bulletin unique aux prochaines élections, le découpage électoral, selon les critères techniques, l’édition des cartes d’électeurs avec photos, les modalités de distribution des cartes d’électeurs… ».

Conclusion : dans l’esprit des gouvernants (PCT), le dialogue ou la concertation, n’est qu’un bout d’os, destiné à endormir l’opposition et la communauté internationale.

Le référendum

Le référendum étant le mécanisme de démocratie directe par excellence, sa réalisation suppose une bonne participation populaire. Or, le niveau élevé des abstentions depuis 2002 avec le point culminant des municipales et surtout, l’absence de fiabilité du corps électoral ne peuvent plaider pour un référendum en l’état. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que lors du dernier recensement, le corps électoral était estimé à 1.8 millions d’électeurs alors qu’en 2 012, nous étions à plus de 2 millions. Il est impossible d’expliquer une baisse d’électeurs dans un pays où la population croit par ailleurs.

Finalement, cette idée reçue, selon laquelle, le dialogue et le référendum permettront de façon alternative de régler la crise politique congolaise est fausse en l’état. La réussite de ces deux mécanismes suppose, de la part du pouvoir, une réelle volonté démocratique de faciliter la transparence et le consensus. La transparence pour un référendum véritablement populaire et non pas un référendum entre partisans de Sassou. Et le consensus pour l’organisation de l’élection présidentielle de 2 016 dont les résultats seront admis par tous.

POINT N’EST BESOIN D’UNE CONFÉRENCE BIS, LA VOLONTÉ DÉMOCRATIQUE SUFFIRA.

Vivien Romain MANANGOU
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