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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Modification de la constitution : Sassou-Nguesso entre deux feux. J’y vais, je n’y vais pas ?

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Dans la vie Politique Congolaise, s’il y a un moment, où Sassou-Nguesso n’est plus maître de son destin, c’est bien en cette période de la fin de son très long règne politique. Très isolé, le dictateur congolais a enfin compris que: d’une part, la communauté internationale, avec à sa tête la France et les États-Unis, est très décidée à se débarrasser de lui en cas de tripatouillage ou de révision de la constitution et; d’autre part, s’il annonce dès maintenant son départ à la retraite; il risque d’être sacrifié comme Marien Ngouabi.

Car cela déclencherait la guerre des égos dans la majorité présidentielle. Si tel est le cas, peut-on encore nous poser la question : Sassou-Nguesso est-il entre deux feux ?

Tout d’abord, si Denis Sassou Nguesso s’aventure à tripatouiller ou à réviser la constitution, il y aura crise de légitimité au Congo et, deux cas se présenteront :

Premier cas : rupture partiellement du consensus sur les articles 57, 58 et 185 de la constitution, si une notable fraction de la population (partis politiques, société civile, confession religieuse) adhère aux nouvelles règles de jeu politique établies par Sassou-Nguesso. Cela ne sera jamais absolu parce que toute société a des marginaux qui rejettent le nouveau système des valeurs établies.

Deuxième cas : le consensus sur les articles 57, 58 et 185 de la constitution demeure et continuera d’exister, si les Congolais (opposition politique, société civile et confessions religieuse) rejettent massivement ces nouvelles règles de jeu politiques établies par Sassou-Nguesso.

Dès lors, deux idéologies de légitimations affronteront : c’est là où résidera la crise de légitimité. Car, les acquis du sommet France-Afrique de l’Élysée, du sommet Etat-unis-Afrique de Washington et du sommet de la francophonie de Dakar s’opposent aux dictateurs qui n’acceptent pas de se considérer comme liés à leurs constitutions, et qui refusent de n’agir qu’en respectant et utilisant les articles de ces dernières. En termes un peu plus clairs, le pouvoir de Sassou-Nguesso deviendra illégitime, et ce dernier n’aura pas d’autres moyens que de partir avant le terme de son mandat.

Avec ou sans l’opposition politique, un mouvement populaire mettra fin au régime de Sassou-Nguesso, lorsque ce dernier tentera de modifier la constitution, pour briguer un troisième successif. Les opposants qui vont participer au dialogue national sur la constitution sont donc prévenus. Il ne vous est plus possible de nous imposer votre vision.

Parce que, pour sortir dans la rue, le peuple congolais n’a pas besoin de recevoir des ordres d’une opposition qui n’a réellement jamais existé pour lui, durant les 19 années d’occupation de la smalah Nguesso. Même si comparaison n’est pas raison, au mois de décembre 2010, après qu’un vendeur ambulant tunisien s’immole, par le feu, le peuple tunisien n’a pas attendu l’ordre de l’opposition tunisienne pour se soulever ; soulèvement qui a gagné rapidement plusieurs villes du monde arabe. On peut dire aussi la même chose pour le Burkina Faso et de la RDC.

Également, tous les Congolais savent que Sassou-Nguesso soutenus jadis par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, et présenté comme étant un rempare contre l’instabilité sous-régionale, a perdu ses derniers soutiens occidentaux. Puisqu’Ils sont tous unanimes : le dictateur du Congo doit respecter la constitution parce qu’il incarne à lui seul tous les malheurs du peuple Congolais.

Donc, quoi qu’il nous arrive, la force du peuple congolais se trouve dans la mobilisation massive, et cette force, il l’utilisera au moment opportun, c’est-à-dire lorsque Sassou-Nguesso s’élancera vers la révision ou la modification de la constitution. Le peuple congolais a acquis une grande maturité et développé un esprit critique.

Cependant, il faut le reconnaître, si Denis Sassou Nguesso annonce dès maintenant son départ à la retraite en 2016 ; il risque d’être sacrifié comme Marien Ngouabi. Ceux qui ont sali les mains pour lui préparer et aplanir le chemin du pouvoir, tenteront de le sacrifier pour conserver le pouvoir et échapper à la CPI. En tant que grand maître de la grande loge maçonnique du Congo, il sait très bien lire les signes du temps. C’est à lui de trouver le moment opportun pour partir sans fracas. Le pouvoir n’est plus au bout du fusil en Afrique, mais entre les mains des peuples. Et, au Congo cette volonté du peuple s’exprime dans la constitution.

Certes, il y a eu quelques avancés dans le domaine de la paix, la sécurité et des infrastructures publiques ; mais, il faut avoir le courage de reconnaître que monsieur Sassou Nguesso est un pompier-pyromane qui construit ce qu’il a détruit dans le pays. Il a échoué. Parce que les plus grandes catastrophes dues à l’homme politique, dans notre pays, sont apparues à partir de son entrée en politique au Congo. Notre dictateur ne pourra jamais changer de statut. La preuve, après avoir créé le chaos dans le pays, il veut encore recommencer.

Pour terminer, Sassou-Nguesso est entre deux feux. Il lui revient donc de trouver le moment opportun pour partir sans fracas. Chercher à s’accrocher au pouvoir serait très risqué. Parce que le peuple Congolais ne veut plus de la smalah Nguesso. On juge un arbre par la qualité de ses fruits. Avec Sassou-Nguesso, nous avons tout essayé : priorité à la Conférence nationale, priorité au lavement des mains, priorité au dialogue national sans exclusif, priorité à la réconciliation nationale, priorité à la paix, priorité à la reconstruction des départements détruits pendant la guerre, priorité à l’indemnisation des sinistrés de guerre… ; au début tout a peu marché, mais rien n’a réussi. Quelle est cette potion magique que Sassou-Nguesso veut encore nous proposer ? Qu’il le dise en public !

Par BISHIKANDA DIA POOL

Tél : 06-87-04-52-84


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