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LE DIALOGUE INTER CONGOLAIS : UNE VOIE A PRIORI SANS ISSUE ?

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Quand on parle d'un dialogue, c'est qu'il y'a deux ou plusieurs parties qui conviennent de l'existence de problèmes bien déterminés et d’une volonté de discuter afin de trouver un terrain d'entente.

 

Le dialogue requiert que les interlocuteurs ciblent au préalable les problèmes communs qui exigent des solutions négociées.

Tous les congolais savent que:
le dialogue tant réclamé par le PCT, qui se targue d'ailleurs de parler au nom du peuple, à pour ordre du jour :
- le changement ou la modification de la constitution
- un probable référendum
- et ensuite la discussion sur le calendrier électoral.
Il n'est pas question de révision des listes électorales avec la participation de l'opposition et surtout pas, de la préparation de l'alternance politique.

Quant à l'opposition, qui prétend aussi représenter la volonté du peuple souverain, le dialogue aura pour but :
- la révision du ficher électoral,
- la création d'une commission indépendante pour l'organisation des élections libres et transparentes,
- la discussion sur le calendrier électoral
- et la préparation de l'alternance politique.
Les questions de changement ou de la modification de la constitution, ainsi que du référendum ne sont pas d'actualités.

Les postulats de base du dialogue étant antagonistes, chaque partie campe sur ses antipodes...

Voici en 12 ans environ, le deuxième dialogue initié, comme d’habitude, dans des conditions hypothétiques et controversés, par le président Sassou. Ce dialogue, comme le précédent, lui permettra de légitimer une énième escroquerie politique.
Seulement, les temps et le contexte ont changés. Sassou et son PCT se retrouvent pris en sandwich d’une part par une opinion internationale et une opposition congolaise interne comme externe hostiles à leurs calculs perfides, et d’autre part par un peuple dégoûté par une gestion clanique et calamiteuse du pays et plus que jamais déterminés à faire obstruction à leurs plans machiavéliques.

Comment peut t'on dans de telles circonstances aspirer à un dialogue franc et constructif?
Pire, peut t’on débattre en toute quiétude avec un interlocuteur à la réputation légendaire de fraudeur et qui tient mordicus son doigt sur sa gâchette ?
Dans tous les cas de figure, nous sommes en droit de penser que si dialogue il y aura, il sera probablement celui de sourds, donc une impasse qui, profitant à certains, risquera d'être fatal à d’autres, dont le peuple. Ne dit t'on pas que quand deux éléphants se battent, c'est l'herbe qui en pâti. Quant aux éléphants, ils semblent oublier que sans la végétation, leur existence est mise en cause.
D'où un dialogue qui semble a priori compromis.

La question est de savoir:
qui a crée et qui tirera profit de l'imbroglio politique dans laquelle se trouve le Congo?
N'est ce pas un piège que certains politiciens véreux ont tendu au souverain peuple Congolais et à son aspiration de démocratie afin de sortir les armes et brandir à l'opinion internationale, l'argument d'un complot menaçant une paix pourtant "illusoire", alors que le but escompté reste de s'imposer au pouvoir par la force ? Cela ressemble fort bien au modus opérandis du président Sassou

On comprend aisément pourquoi les caciques du PCT clament à qui veut les entendre, qu'ils parlent au nom du peuple.
Mais comment peut t’on s’exprimer au nom du peuple quand le parlement supposé le faire est composé en majorité de députés godillots du PCT ? Signalons que ce fameux parlement n’a jamais mis en place une seule commission d'enquêtes pour élucider et si possible blanchir le chefs de l’état des multiples suspicions dont il fait l’objet, alors qu’elles ont été dénoncées par l’opposition, le peuple souverain et même par des organisations internationales ?
N’est ce pas drôle de convoquer au nom du peuple des dialogues sur des sujets qui ne traitent que des intérêts égoïstes d’un pouvoir aux abois, alors que les vrais problèmes posés par le peuple et qui méritent d’être débattus en priorité sont simplement éludés ou narquoisement renvoyés aux calendes grecques.

Oui, il est facile d’intervenir au nom du peuple quand on l’a d’emblée bâillonné et réduit au silence.
S’obstiner de discourir au nom d'un peuple qu'on a terrorisé par des guerres fratricides et qu’on continue à diviser sur bases de chantages et de rumeurs agressives de récidive, pour mieux l’asservir et régner indéfiniment, dénote un mensonge et une tromperie qui discréditent les auteurs. Abraham Lincoln a dit : "On peut tromper une parti du peuple tout le temps et tout le peuple une parti du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps", fin de citation.
A vrai dire, ce genre de comportement ne relève pas d'un fait de hasard quand on remarque la similitude des génocides survenus dans le monde, étrangement inspirés de la philosophie du mensonge et de tromperie d'Adolf Hitler: "Qui veut rassembler et manipuler ses partisans pour ses desseins politiques obscurs et narcissiques, doit leurs trouver illico un ennemi".
Heureusement, le problème avec les mythomanes, c’est qu’ils finissent par perdre contact avec la réalité. Voila pourquoi le peuple est allergique et méfiant face à leurs déclarations, car quand on a souvent menti, on ne gagne qu’une chose, c’est de ne plus être crus, même lorsqu’on dit la vérité.

Quant aux partis de l’opposition, elles nous donnent tantôt l'impression de ne pas comprendre les enjeux de la lutte et les attentes du peuple.
Sinon comment expliquer qu’elles ne soient pas en mesure de transcender leurs divergences afin de s’unir en un FRONT UNIS capable de créer une synergie à même d'ébranler, sinon d'éradiquer le système mercantile et mafieux que le président Sassou a édifié pendant près d’un demi siècle, verrouillé par une constitution taillé sur mesure et qui est soutenu par :
- des politiciens cupides et sectaires,
- une génération de politiques vieillissants dont les réflexes du monopartisme et de la dictature prolétarienne déjà mal assimilé, les disqualifient du jeux démocratique,
- et d’une milice répressive bien équipée, formée de jeunes qui ont été sciemment privés des règles de civisme républicain, afin qu’ils ne comprennent pas que la lutte et les revendications du peuple vont aussi de leurs intérêts.

D'après la constitution, le départ du président Sassou, malgré ses velléités de s’accrocher au pouvoir, ne devrait pas se poser. Pourtant, nous demeurons perplexes quant à ses futures intentions, car en fonction des marges de manoeuvres qui lui seront concédées, il tentera d’imposer un successeur qui lui fera allégeance. Or au regard de son banc de touche politique, il soumettra inéluctablement le peuple à l’embarras d’un choix aléatoire d’un train qui peut en cacher un autre, ou encore d’un cheval borgne changé contre un aveugle. Quoi qu‘il arrive le Congo ira de mal en pis et le peuple finira en dindon de la farce.
Dans le cas d’un choix démocratique d’un président, que ce soit messieurs Okombi Salissa, Mathias Ndzon, Parfait Kolela ou de n’importe quel opposant au systeme, l’équation sera d’autant compliquée, que si le futur président reste dans la continuité de la politique du système ou qu’il s’en désolidarise, le Congo traversera certainement une période de turbulence et d’instabilité politique orchestrée par Sassou et son clan, qui utiliseront sans doute l’argent détourné et les mauvais perdants des élections libres et transparentes pour déstabiliser les nouvelles institutions et créer des conditions favorables à leur retour par la force. Cette situation risquera d'être très dommageable pour le développement du pays.
Que faire pour empêcher la répétition des évènements de juin 1997? Comment opérer pour éviter que la maxime égocentrique et ubuesque ‘’après moi le chaos’’ ne devienne prophétie? Voila des questions qui exigent des réponses claires et nettes, car ce n’est pas par hasard que le monde redoute parfois les changements, qui pourtant sont les seules choses qui lui ont permis de progresser. Les congolais en leur grande majorité encouragent l’innovation car convaincus que ‘’le changement est la force vitale et la stagnation le glas’’ je cite David M. Olgilvy. Néanmoins certains entretiennent un doute et une réticence quant à la politique des partis de l’opposition, car persuadés que la méthode et la stratégie qui en découle ne permettent pas de combattre le mal à sa racine. Quant à nous, nous sommes de ceux qui pensent que, quand on veut s’affronter au crocodile, on doit être certain de vaincre d’abord les eaux profondes et troubles du marigot, car sa force en dépend. De même quand le reptile nous semble avoir perdu certains de ses repères, nous devons continuer à rester très vigilant et surtout se garder de sous estimer son environnement fait de mangrove.

La restauration d'un état de droit au Congo passe par un combat rude et malheureusement pas loyal contre une personne qui non seulement se moque du respect des valeurs universelles, mais pire, enfreint les lois de sa propre constitution de même que celles qui régissent la charte de l’ONU sur les droits de l’homme ; ceci sous l’oeil indulgent de la puissante nébuleuse qu’il incarne. En y ajoutant la colère et le ras-le bol des populations, l’opposition détient des atouts majeurs dont il est supposé tirer profit pour mener à bien le combat.
Si l’opposition dispose d’arguments valables, pertinents et solides pour aider le peuple à sortir de la servitude et de l’oppression, cependant, elle ne doit pas oublier qu’il leur faudra bien plus que ces bonnes cartes en mains pour prétendre gagner la partie.

C’est pourquoi, l’opposition devra s’organiser en un FRONT UNIS NATIONAL et si possible au delà des frontières et s’armer, d’une stratégie commune, d’un engagement sans faille et d’une détermination perceptible par le peuple, tout ceci conjugué d’un calme olympien.
La nature par cet exemple: ‘’RÉUNIS LES CHARBONS BRÛLENT ARDEMMENT; SÉPARES ILS S'ÉTEIGNENT’’, nous confirme que l'union fait la force.
Les leaders des différentes formations politiques devront sillonner ENSEMBLE toutes les régions et grandes villes du Congo, afin de rassembler, mobiliser, sensibiliser le peuple sur les enjeux politiques de la lutte et leur donner confiance quant à l’issue victorieux du combat tout en les préparant psychologiquement aux sacrifices.
LA VICTOIRE EST UNE CONJUGAISON D’ÉFFORTS, DE DÉTERMINATION, D'ABNÉGATION, ESPACE ET TEMPS

 

Par Patrick  KIBANGOU


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