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La réappropriation de l’esprit et de l’éthique militaire et la capacité à rejeter les ordres illégaux, tel doit être l'enjeu pour les Forces Armées Congolaises en cette période cruciale de notre démocratie

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Maintenant que tout le monde (Partis et associations politiques, Société civile, Eglise, Individualités...) s'est clairement prononcé contre le changement de la Constitution, c'est le moment pour moi, en tant Militaire et surtout en tant qu'Officier, d'interpeller la conscience et l’intelligence de tous mes Frères d'armes, mais bien évidemment, directement et en tout premier lieu, des Membres du Haut Commandement des Forces Armées Congolaise (FAC).

Qui a confiance aujourd'hui en notre armée ?

Pas grand monde, si l’on en juge par le discrédit général qui frappe nos élites militaires. Aujourd'hui notre armée donne l'image d'une soldatesque ou d'une milice au service d'un homme et son clan. Tout se passe comme si chacun est appelé à se dévouer corps et âme à un homme dont la seule finalité est de mourir au pouvoir.

Les missions assignées aux forces armées et de sécurité doivent répondre aux besoins de la Nation et non aux ambitions d'un individu ou de quelques individus.

Notre Armée, notre Gendarmerie et notre Police doivent se moderniser et devenir des partenaires fiables de la consolidation de la démocratie dans notre pays.

Notre armée doit se défaire de sa réputation de "soldatesque" ou de "milice" dont la spécialisation fonctionnelle est axée sur l’exécution, sans aucun discernement, des brutalités et des meurtres commandés par Denis Sassou Nguesso et son clan d'Oyo.

Il faut bannir les comportements ignominieux qui déteignent sur la respectabilité et l’honorabilité de notre Armée et retrouver l’esprit et l’éthique militaire.

Il est impérieux pour les Forces Armées Congolaises (FAC) et les forces de police de développer une capacité de refus ; la capacité à rejeter les ordres illégaux suppose le sens élevé du respect des droits de l’homme.

Nous ne devons jamais perdre de vue que l'un des principes fondamentaux et intangibles de l’Etat de droit est que l’Armée doit être au service de la démocratie. L’Armée constitue, en effet, aux côtés de l’Administration et de la Justice, l’un des piliers fondamentaux sur lesquels repose l’Etat de droit.

Les Forces Armées Congolaises (FAC) doivent refuser les ordres émanant d'un pouvoir qui veut faire d’elles des agences d’exécution des "politiques de basse besogne" développées par des extrémistes et des assoiffés de pouvoir rien que pour le pouvoir.

Nous devons nous rappeler que, lorsque le Général Jean Marie Michel MOKOKO, alors Chef d’Etat Major des Forces Armées Congolaises (FAC), refusa, pendant la crise politique, entre 1992 et 1993, de donner l'ordre à l'Armée de "nettoyer la ville" ainsi que le lui demandait le Chef de l’Etat de l'époque, Pascal LISSOUBA (il s’agissait en fait d’une sollicitation du pouvoir en place en vue de mater les militants de l’opposition qui avait érigé des barricades dans certains quartiers de Brazzaville pour imposer le principe démocratique du respect de la majorité), il montrait par-là le visage souhaitable d'une Armée républicaine en période de démocratie.

Donc, aujourd'hui l’enjeu en cette période cruciale pour notre démocratie est celui de la capacité de l'Officier à pouvoir bien faire usage du principe de la responsabilité du commandement vis-à-vis des missions qu’il assigne à ses Hommes et de la responsabilité individuelle qui lui incombe dans l’exécution d’un ordre. Autrement dit, la réappropriation de l’esprit et de l’éthique militaire et la capacité à rejeter les ordres illégaux, tel doit être l'enjeu pour les Forces Armées Congolaises en cette période cruciale de notre démocratie.

Il est de notre devoir, en tant que Militaires, et surtout en tant qu'Officiers, de favoriser l’émergence d’une Armée nationale et républicaine, respectueuse de la volonté souveraine du peuple, de la Constitution et des institutions de République.

Les Forces Armées Congolaises (FAC) doivent acquérir les connaissances indispensables à l’accomplissement de leurs missions dans un cadre démocratique et républicain, assimiler et inculquer l’esprit de discipline, du respect de la hiérarchie et surtout de loyauté aux institutions démocratiques établies (et non de loyauté à un homme ou un clan), adhérer totalement au respect de la Constitution, aux valeurs issues des suffrages universels et des politiques démocratiquement élus. Bref, réaliser l’osmose entre l'Armée et la Nation.

 

Bienvenu Mabilemono


 

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