Vous êtes ici >> Actualités A la une Politique Le match « Denis Sassou Nguesso contre André Okombi Salissa » lancé

Flash information

***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le match « Denis Sassou Nguesso contre André Okombi Salissa » lancé

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Sur la toile, les commentaires sur les émeutes qui se sont produites au Congo Brazzaville à la suite du match de la CAF qui a opposé les deux Congo ne font pas de doute. Les congolais ont écopé d’un vrai « mbata ya mokolo » administré par leurs frères ennemis de la République Démocratique du Congo sans lesquels tout Brazzaville vivrait une pénurie alimentaire.

En lieu et place d’une crise alimentaire, c’est plutôt d’un séisme politique au sommet qu’il s’agit, le Général Denis Sassou Nguesso ayant, à en croire des sources au palais présidentiel dignes de foi, voulu incriminer son ancien lieutenant André Okombi Salissa d’être le meneur de troubles. Et même d’en finir avec lui.

Dans un communiqué digne d’une chasse aux sorcières, le PCT parle « des actes de vandalisme et de pillage [qui] ont été perpétrés à Brazzaville et dans certaines localités du pays ».

Rappelons que les troubles se sont produits dans plusieurs quartiers de Brazzaville et de Pointe Noire, à Impfondo, Ouesso et même à Oyo, reconnu par les congolais comme étant la tanière de ce « lion » du Congo qu’est devenu Denis Sassou Nguesso, lequel ne veut pas entendre une voix dissonante autour de l’échiquier politique congolais.

Pour les observateurs avertis, si André Okombi Salissa pouvait pousser le culot jusqu’à aller foutre le bordel dans le fief naturel de Denis Sassou Nguesso à Oyo, pourquoi éviterait-il de faire autant à Ngô, Djambala, Lékana, bref dans le département des Plateaux du Centre et même dans des départements tels que la Cuvette Ouest, la Lékoumou, le Niari qui lui sont ethniquement acquis ?

« Qui veut noyer son chien l'accuse de rage ». André Okombi Salissa, un cadre crac, très brillant et clairvoyant, ne présente aucun symptôme qui correspondrait au diagnostic que fait de lui son parrain politique d’hier. Au contraire, on pourrait lui reconnaitre le mérite d’avoir remarqué très tôt que Denis Sassou Nguesso risquait de mettre sur son dos tous le Congolais s’il s’hasardait à vouloir coûte que coûte briguer un nouveau mandat. Nous le vivons aujourd’hui !

Si monsieur André Okombi Salissa avait vraiment la capacité de semer la zizanie dans tout le Congo, ne serait-ce pas la preuve qu'il avait désormais une envergure nationale ? Dans ces conditions, le Président Denis Sassou Nguesso ne gagnerait-il pas de laisser son ancien lieutenant continuer pour gagner les élections et le protèger de tous les crimes économiques et crimes de sang pour lesquels il semblerait vouloir s’éterniser au pouvoir.

Comme si dans l'histoire de l’humanité, un peuple n'avait jamais chassé de son palais un chef d’Etat, fut-il un démocrate, un dictateur ou un petit tyran endimanché comme nous le voyons avec le mari d’Antou?

Le président américain Richard Nixon est un parfait exemple. Lorsqu’il était établi que sa présidence était entachée d’irrégularités, l’homme d’Etat américain avait jeté l’éponge avec sportivité. En Afrique, les exemples des chefs d’Etat renversés sont légion : Hissène Habré, Ngokouni Weddeye, Idi Amin Dada, Haile Sélassié, Mengestu Hailé Maryam, Nkuame Nkrumah, Kaddafi, Mobutu, Bokassa, Habyarimana, Sylvanus Olympio, Kabila père, Pascal Lissouba , Bozizié, Kadafi, Compaoré, etc.

En 1963, combien l’Abbé Fulbert Youlou avait-il volé, ce qui lui a valu être renversé ? Dans quel compte bancaire en Europe avait-t-on vu ses avoirs? Avait-il ne serait-ce qu’une maison en Europe ? Loin s’en faut.

En Juillet 2006, en visite à Madrid, en Espagne, quelle ne fut pas ma consternation en voyant le lieu où l’ancien président congolais avait séjourné pendant son exil. De sources diplomatiques, le Président Fulbert Youlou vivait dans une villa qui lui fut accordée pro deus par le Roi Juan Carlos. Pris en charge par la couronne royale espagnole, il perdit le contact avec le Roi lorsque le conseiller qui lui servait d’entremetteur tomba en disgrâce.

J’ai toujours éprouvé une très grande tristesse chaque fois que me vient à l’esprit le film du supplice vécu en Espagne l’Abbé Fulbert Youlou; comment il était devenu la risée de tous. Comme s’il avait volé autant que ce qu’on reproche à la famille Sassou où le papa, les mamans, les enfants, les pseudo-enfants, les maitresses, les amants, les courtisans, et même des vulgaires miliciens cobras élevés aux rangs de généraux font des razzias sur le Congo.

Qui pourrait dire pourquoi une cohorte d’affamés et de sans-emploi ne ferait pas justice à leur manière, surtout que les conditions historiques l´imposent ?

En réalité, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui s’était passé en 1965 devrait se répéter avant 2016. Dans ces conditions, ce que le Congo vient de vivre à l’occasion du match entre les deux Congo ne serait que la face cachée de l’iceberg ? Avons-nous besoin de consulter l’oracle pour comprendre que les nuages s’entassent sur le Congo et qu’un orage politique se profile à l’horizon ?

C’est donc un grand tort que de croire que si les jeunes congolais se mettaient dans les rues de Brazzaville, ils n'auraient pas raison du régime du Général Denis Sassou Nguesso qui semble vivre ses dernières heures de gloire ?

A vouloir trop penser que la goutte de sang d'André Okombi Salissa va régler tous les problèmes de Denis Sassou Nguesso ou du Congo, il faut qu’il réfléchisse deux fois. Car cette fois-ci, ce ne sera plus comme en 1997 ou bien lors de l’attaque du domicile du Colonel Marcel NTsourou.

La jeunesse congolaise a non seulement ouvert ses yeux, Marcel NTsourou est un soldat alors qu’André Okombi Salissa est publiquement reconnu comme un homme politique. Les fonctions d’un homme politique ne consistent-elles pas à intervenir dans le débat politique sur la gestion de la cité ?

Pour avoir dit non au changement de la constitution comme l´ancien Ministre Bowao, Guy Parfait Kolelas, Pascal Tsaty Mabiala, Marcel Makome, Mathias Dzon, Mabio Mavoungou, le sénateur Ikongo Logan, les évêques du Congo, bref toute la classe politique libre au Congo, Denis Sassou Nguesso a mis André Okombi Salissa sur sa liste des hommes à abattre. 
Envoyer Florent NTsiba, Obami Itou et Celestin Nkoua aller intimider André Okombi Salissa est-ce cela la bonne méthode pour dire merci à un collaborateur qui lui a rendu des services et l´a servi humblement sans un moindre hiatus ?

«C’est le peuple qui fait l’histoire !» A l’ère de l’Internet, les révolutions ont pour acteurs des jeunes gens. La jeunesse congolaise ne fera pas exception en sortant du rail de l’histoire. Il faut compter avec elle si une situation révolutionnaire se présentait. L´histoire très récente l´a confirmée dans le « pays des hommes intègres ».

Que le PCT qui a pourtant pour secrétaire général Pierre Ngollo, qui est philosophe de formation, fasse une mauvaise lecture de la situation politique dans son pays au point de vouloir incriminer un innocent tel qu’André Okombi Salissa n’est qu’une aberration doublée d’un aveuglement intellectuel sans borne. Pourquoi étudie-t-on l’histoire si ce n’est pas pour qu’elle éclaire notre vision du présent et nous permette de projeter l’avenir ?

Lorsque l’empereur Jules Césare de Shakespeare gémit à son fils Brutus en latin "Tu quoque mi fili (même toi mon fils !), comme rapporté en 1779 par l’Abbé Lhomond, nombreux sont ceux qui, hélas, pensent que l’Empereur s’adressait à son fils biologique. Loin s’en faut. Brutus fut son fils adoptif.

Pourquoi le Général Denis Sassou Nguesso, qui est le parrain politique d’André Okombi Salissa , n’éprouverait-il pas une fierté et un orgueil somme toute légitime d’avoir donné au Congo un jeune homme politique ambitieux dont le charisme et la clairvoyance semblent faire l’unanimité dans tous les départements du Congo ? Est-ce parce que ce dernier n´est ni Mbossi, ni d´Oyo ?

Il serait intéressant de voir pourquoi, malgré son charisme, Feu Bernard Kolélas n'avait jamais pris le pouvoir au Congo. Populaire seulement dans son fief de Bacongo, en milieu lari-kongo, ce téké natif de Malima, dans la ceinture brazzavilloise, ne parvenait pas à convaincre toute la région du Pool. Par exemple ses frères ethniques du Pool Nord n’adhéraient pas à ces thèses où se confondaient le messianisme, le populisme et l’opportunisme.

Aurait-il été populaire dans les autres régions comme nous semblons l’observer avec André Okombi Salissa, Bernard Kolélas aurait pris le pouvoir au Congo depuis longtemps. C’est, entre autres, ce qui a justifié l’élection en 1992 du Président Président Pascal Lissouba à la magistrature suprême. Outre les centres urbains de Brazzaville et Pointe Noire où se concentre la petite élite du pays, c’est tout le pays qui a cru en lui, comme en un messie qui venait libérer les nouveaux misérables que constituaient les congolais après plusieurs décennies de pouvoir monopartite, sous la bannière d’un socialisme tropical aux relents marxistes léninistes.

La politique est un art, autant que le football pour lequel le Général Denis Sassou Nguesso ameute ses cobras de généraux et miliciens pour faire la peau à son fils politique. Imagine-t-il l’honneur qui serait le sien si et seulement si en 2016 ce dernier était élu président ? Il ne s’agit bien sûr là que des supputations les choses pouvant changer d’ici là !

Au football, lorsqu’un joueur marque un but, à qui revient l’honneur ? Monsieur Denis Sassou Nguesso ne connaissant pour sport que faire la chasse aux hommes politiques congolais ne pourrait évidemment pas répondre à une telle question ! Eh bien l’honneur revient aussi bien au buteur qu’à celui qui a su lui passer le ballon.

En réalité, au Congo, la vérité est toute autre. Depuis un certain temps « le pouvoir est un fauteuil vide » pour reprendre l’expression de Disraeli. Car le Général Denis Sassou Nguesso se sait plus à quel saint se vouer, perdant toutefois le jeu. Les circonstances historiques ne le favorisent pas non plus, au moment où son ancien lieutenant semble avoir le vent en poupe. Ayant pris une envergure d’homme d’état, il devient un acteur incontournable sur la scène politique congolaise ?

Oui, ce n’est pas une vue de l’esprit, André Okombi Salissa sera bien candidat à l’élection présidentielle en 2016. Il faut désormais compter avec l’enfant terrible de Lékana, sorti des bas-fonds de Mfoa, telle un champignon qui germe de terre. 
A toute époque et selon que les conditions sont réunies, l’histoire produit de grands hommes. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années. »

Tant pis pour ceux qui voient un parjure en ce qu’un homme politique sorti du néant semble montrer la voie. Autour de nous les leaders ne sont-ils pas pour la plupart de la tranche d’âge d’André Okombi Salissa ? De Barack Obama aux USA, François Hollande en France, David Cameron en Grande Bretagne, Vladimir Putin en Russie, pour ne citer que ceux-ci. Même en Afrique, la moyenne d’âge des chefs d’Etat élus démocratiquement est de 50 ans: John Dramani Mahama au Ghana, Goodluck Ebele Azikiwe Jonathan du Nigéria, Jakaya Mrisho Kikwete en Tanzanie, Uhuru Kenyatta au Kenya, Hery Rajaonarimampianina à Madagascar, Edgar Lungu en Zambie, etc.

Agacé, Denis Sassou Nguesso tourne en rond et cherche qui va arrêter André Okombi Salissa dans sa trajectoire. Car il ne le supporte plus ? Un fait troublant c’est qu’il mijote même le faire tuer, produisant évidemment un effet inverse de la relation entre l’empereur Jules César et Brutus dans une version congolaise. Cela ne manquerait pas indubitablement d’inspirer les dramaturges congolais passés maitres dans l’éloquence de la plume.

En vérité, la montée en puissance d’André Okombi Salissa a fait perdre le sommeil au Général Denis Sassou Nguesso à la manière d’une jolie femme qui ne supporte pas de ne plus être aimée par son époux. L’année 2016 nous réserve au Congo Brazzaville une bonne satire littéraire en perspective.

Le Président Denis Sassou Nguesso serait-il un drôle de médiateur international qui croit ramener la paix dans les pays voisins et ne parvienne pas à trouver un consensus avec son filleul politique ? On serait tenté de le croire. Tel un mauvais footballeur, il attend que tous les joueurs de l’équipe adverse soient mis hors-jeu pour qu’il puisse marquer un but.

De source diplomatique, la CPI considère que la situation est très préoccupante à Brazzaville depuis que le Président Denis Sassou Nguesso semble être résolu à briguer un nouveau mandat en totale contradiction avec la constitution. L'institution onusienne installée à la Haye, aux Pays-Bas, régulièrement briefée par des relais diplomatiques présents dans la capitale congolaise, estime que le Congo est sur une corde raide et la situation pourrait dégénérée si les autorités ne font pas preuve de sagesse. Fatou Bensouda qui parle très bien français avoue qu’elle n'hésiterait pas à demander des comptes au Président Denis Sassou Nguesso en personne et à ses généraux puis le cas échéant faire diligenter une enquête internationale, pour éviter des ratés, ce fut le cas pour les Disparus du Beach en mai 1999.
Reste qu’en voulant trouver des poux sur sa tête chauve, Denis Sassou Nguesso ne ferait-il pas le jeu d'André Okombo Salissa au point de le rendre populaire? « Denis Sassou Nguesso contre André Okombi Salissa », les média internationaux qui s’intéressent à l’Afrique pensent déjà que ce sera un remake du grand derby qui a opposé Abdoulaye Wade à Macky Sally au Sénégal en 2012 ? Qui vivra verra !

Convention pour l'action,la démocratie et le développement - CADD

Ajouter un Commentaire

Vous vous engagez à ce que vos contributions (1) soient dénuées de :
• propos à caractère tribal, ethnique, raciste, xénophobe, révisionniste ou pédo-pornographique;
• toute instigation, dérivés sécessionnistes ou séparatistes du CONGO-BRAZZAVILLE ;
• propos injurieux, diffamatoires, ou portant atteinte à la vie privée, au droit à l'image, ou aux droits de la personnalité de quiconque;
• propos portant atteinte à la dignité humaine;
• provocation à la violence, au suicide, au terrorisme et à l'utilisation, la fabrication ou la distribution de substances illégales ou illicites;
• provocation, apologie ou incitation à commettre des crimes ou des délits et plus particulièrement des crimes contre l'humanité;
• contenu à des fins de réclame, de propagande, de prosélytisme.
En outre, invectives, attaques personnelles et harcèlement n'ont pas leur place sur le site DAC-PRESSE, dont l'objectif est de permettre un débat libre et de qualité.
Cette liste est non exhaustive et le respect des textes en vigueur, même non spécifiquement mentionnés ici, est requis.


Code de sécurité
Rafraîchir