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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Sassou-N’guesso : déjà en campagne pour le changement de Constitution

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En allant, personnellement, procéder à l’inauguration d’une partie du marché dit Total, SASSOU s’offre en opération de marketing politique à l’endroit des populations du département du Pool. Jamais un sans deux, deux jours après, il a également procédé à l’inauguration de deux amphis situés à proximité du Rectorat de l’Université Marien Ngouabi. Une autre opération de charme, cette fois-ci à l’endroit des étudiants. Comme un air de campagne pour le changement de «sa» constitution.

Analyse.

Le fait n’est pas anodin pour passer inaperçu. Annoncée en 2017, la fin des travaux du marché Total, 7.985 places (2.285 + 5.700, les deux modules), d’un coût global de plus de 30 milliards de F.CFA (6 milliards 646 millions pour le premier module et 24 milliards pour le deuxième), devrait accroître la capacité du plus grand marché de vivres et divers de la capitale congolaise. Très bonne initiative.

Alors que l’on s’attend donc à son inauguration dans deux ans, les commerçants et certains officiels ont été pris de cours par l’empressement avec lequel le Chef de l’Etat, lui-même, a tenu à inaugurer le premier module qui représente le cinquième de la réalisation des travaux, soit 6 milliards 646 millions de FCFA pour une capacité d’accueil de 2.285 places. Il sied de préciser que sous d’autres cieux, en Afrique, bien sûr, l’inauguration d’un tel ouvrage, qui plus est réalisé au cinquième, si l’on s’en tient au chiffre de plus de 6 milliards sur un peu plus de 30, devrait, en principe, revenir au maire de la ville, au préfet et, dans une dimension plus large, au ministre de l’Aménagement du Territoire et des Grands Travaux, Jean Jacques Bouya ou à la deuxième personnalité du pays, André Obami Itou, président du Sénat. N’empêche. En mal de publicité, dans cette période de descente aux enfers, le président a tenu à saisir cette occasion pour dérouler une opération de marketing politique. « Lorsque la panthère ou le chien se mettent à attraper des grillons et des criquets, très souvent, la chasse est terminée », s’est exclamé un membre du comité central du PCT, qui a requis l’anonymat, avant de se mettre à rire à gorge déployée. « Dans le contexte actuel, le Président serait capable d’inaugurer même un robinet », a commenté un exégète de la scène politique nationale.

Saisir la balle au bond pour tenter de séduire les populations des quartiers sud

Selon nos sources, le programme officiel des services du protocole de la Présidence de la République ne prévoyait pas l’inauguration du marché Total par le Chef de l’Etat. « Le coup d’opportunité de jouer au bon charmeur, croit savoir, sous couvert d’anonymat, un membre du comité central du PCT, le parti au pouvoir, proviendrait de l’idée du changement de constitution qui trône dans la tête du président ». Tandis que « le coup d’accélérateur, spécule un analyste politique, à cette importante question, aurait été donné à l’observation des actes de pillage et de vandalisme perpétrés récemment par des jeunes gens dans les quartiers de Brazzaville, à l’issue de la défaite des Diables rouges en quarts de finale de la CAN 2015 face à la RDC, et dont les quartiers Sud ont été présentés ( à tort ) par des malins politiques du PCT, comme ¨l’épicentre¨ ».

Fallait-il, sur la base des fiches de renseignements rafistolées à la va-vite, saisir la balle au bond pour tenter de séduire les populations des quartiers sud, hostiles au régime, surtout depuis que le MCDDI de Parfait Kolelas semble se démarquer de son principal allié politique en disant ouvertement non au changement de la constitution du 20 janvier 2002 ?

Les avis divergent

Nombreux sont ceux qui pensent que le jeu de charme valait bien la chandelle. « En offrant aux populations des quartiers sud un tel ouvrage, le Chef de l’Etat scelle à nouveau son alliance directe avec le peuple du Pool, en laissant ainsi sur le carreau les partis politiques et personnalités plus proches de ce département, qui usent de la spéculation politique comme moyen d’existence », commente, d’un air hautain, un cacique du parti au pouvoir. Ce qui, « en termes de retour sur investissement, poursuit-il, devrait rapporter des dividendes politiques au moment des comptes ». De quels comptes s’agit-il ? « Le président voudrait achever ce qu’il a commencé, même après 2016 », répond-t-il avec assurance. Tout est donc on ne peut plus clair, que cette inauguration du premier module du marché Total, a un air de précampagne. « Elle pue abondamment la politicaillerie », décrypte un observateur de la scène politique nationale.

Le chômage et la pauvreté sont plus criards dans les quartiers sud

S’il est vrai que SASSOU, en procédant à cette inauguration à minima du marché Total, a réussi à s’attirer la sympathie d’une minuscule partie des ressortissants du Pool, tout porte néanmoins à croire que cette opération de charme risque de ne pas faire boule de neige au moment où le président de la République attendra le retour de l’ascenseur, notamment à l’occasion du référendum sur le changement de constitution et autre formule de passage en force pour tenter de garder le pouvoir à vie. Et pour cause, dénonce un politique, originaire du Pool, « le chômage et la pauvreté sont plus criards dans les quartiers sud ».

C’est un secret de polichinelle que dans les quartiers sud de Brazzaville, beaucoup d’enfants sont déscolarisés, faute de moyens financiers de leurs parents pour les envoyer à l’école privée, surtout depuis que l’école publique est morte. Conséquence, un « lumpen prolétariat » s’est considérablement développé, exposant de fait ces jeunes à la drogue, à la prostitution, à des petits métiers de laveurs de voitures, de mécaniciens, de chauffeurs, de domestiques... « Tout le monde sait qu’à Brazzaville, lorsqu’on a besoin d’un domestique, d’un laveur de voitures, d’un maçon... il faut aller à Bacongo », commente, sous couvert d’anonymat, un chef de quartier de la zone sud. Bien plus, s’interroge- t-il, « pourquoi les recrutements des soi-disant jeunes militaires, appelés à émarger à la Garde Républicaine et dont les 1500 éléments sont en formation quelque part sur la route du Nord, ne s’est-il pas ouvert aux jeunes de tout le pays, et partant de notre département »?

L’inauguration de deux amphis de l’Université Marien Ngouabi, deux jours après celle du premier module du marché ¨Total, par le Chef de l’Etat, laisse penser que le Président est effectivement déjà en campagne pour passer aux yeux du peuple comme le « bâtisseur infatigable », ainsi que le surnomment ses lieutenants politiques. Pourquoi n’avoir pas laissé le soin au ministre de l’Enseignement supérieur de le faire ? D’autant que l’Université a besoin des réformes profondes. Et ce ne sont pas ces deux amphis qui vont résoudre l’immensité des problèmes d’une Université dépassée, sans infrastructures, où l’incompétence côtoie la corruption.

Pour dire vrai, Denis Sassou-N’guesso, qui sait qu’en Afrique les étudiants sont devenus le fer de lance de la contestation populaire destinée à déstabiliser ou destituer les Chefs d’Etats, a décidé de se tourner vers ceux de son pays. En RDC, n’est-ce pas les étudiants qui ont fait reculer le parlement qui s’apprêtait à faire passer, comme une lettre à la poste, un alinéa controversé de la loi électorale ? Ainsi, toutes ces inaugurations auxquelles on assiste aujourd’hui et d’autres qui vraisemblablement vont suivre, s’apparentent à celles qui, au cours d’un long périple à travers le pays en 2009, avaient précédé l’annonce de la candidature du candidat Sassou à la présidentielle passée.

Sauf qu’à présent, c’est pour se préparer à annoncer le référendum constitutionnel à l’issue duquel, la Constitution du 20 Janvier 2002 sera changée que Denis Sassou-N’guesso se démène comme un beau diable. Le mode opératoire est resté le même. On déplace des populations d’autres quartiers, à coût de billets de banque, afin de donner l’impression que la popularité du Chef de l’Etat reste intacte.

Guy Milex Mbondzi


 

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