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Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de la Côte d'Ivoire : « Plusieurs régimes devraient se préparer à faire face à des émeutes »

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Les présidents africains n’ont qu’à bien se tenir et parer à toute éventualité, car ils seraient assis sur un fil. C’est le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire qui l’a laissé entendre, en appelant les régimes africains à se préparer à la gestion des inéluctables mouvements de foule qui, l’effet de contagion aidant, sont devenus l’arme fatale des peuples.

A la lumière de la révolution burkinabé d'octobre 2014, de la jurisprudence sénégalaise de juin 2011, et des mouvements de foule régulièrement ou sporadiquement constatés à Kinshasa, Brazaville, Bujumbura, Lomé, Cotonou, Conakry…, la rue gouverne t- elle désormais en Afrique ? Est-elle devenue l'arme fatale pour tous ces peuples non contents de la gestion des affaires de leur cité? Autrement dit, les régimes africains, fussent-ils démocratiquement élus, sont-ils pour autant à l’abri d’un soulèvement populaire ? En tout cas, aujourd’hui, les dirigeants politiques sur le continent semblent bien avoir intégré l’idée que plus rien ne sera comme avant. Que la rue est devenue un moyen d’expression pour un peuple mécontent, et qu'en ce sens il va falloir bien la gérer pour ne pas y laisser ses plumes.

Interrogé par le site sénégalais Seneweb, Guillaume Soro, par exemple, a laissé entendre que plusieurs pays africains sont aujourd’hui sous la menace d’un soulèvement populaire qui risquerait de balayer le pouvoir en place :

« Plusieurs régimes en Afrique vont être confrontés au phénomène des foules, que vous soyez bien élu ou mal élu. »

Et le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire de s’interroger, et non sans faire une nuance entre le peuple et la rue :

« Comment donc doit-on gérer ce phénomène des foules créé ou amplifié par les réseaux sociaux. M. Ouattara a été élu en 2010. Si 200.000 personnes sortent dans la rue, est-ce que c'est le peuple qui aura chassé M. Ouattara ? (…) Quand vous faites face à 200.000 personnes dans les rues, qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que ces 200.000 personnes sur les 23 millions de personnes sont représentatives du peuple ivoirien. C'est une foule et vous avez nos armées en face et qui ne savent pas gérer ces foules, non pas parce qu'ils ne peuvent pas les sortir des rues, mais il faut savoir sortir ces gens des rues sans les tuer. Parce que quand vous avez un, deux, trois morts, vous avez toute la communauté internationale sur vous. Donc il y a un danger et je veux courageusement le dire. »

Guillaume Soro de poursuivre : « Avec ces foules qui sortent dans la rue, s'il n'y a pas une expertise en matière de gestion des foules, vous avez des régimes qui s'écroulent face à la foule et non pas face au peuple. Le peuple, la signification est connue. L'origine latine du mot peuple c'est “populus”. La foule c'est “vulgus” en latin. Nos démocraties, de plus en plus, vont être confrontées à ça. Dès que 50.000, 100.000 ou 500.000 personnes ne sont pas contentes à Dakar, elles peuvent se réunir dans les rues et se retrouver en face de l'armée ou une police mal équipée, incapable de les faire sortir des rues. Et ce faisant, on va dire que le peuple a chassé un président démocratiquement élu. C'est vrai qu'on est tous très enthousiastes quand c'est un dictateur, mais si c'est une démocratie, qu'est-ce qu'on fait ? »

A entendre Guillaume Soro, la communauté internationale ne fait aucun cadeau aux régimes africains qui sont surveillés comme du lieu sur le feu. Pour mieux étayer sa conviction, il y va d’une comparaison avec des mouvements de foule qui se passent ailleurs :

« En Turquie, il y a plus de 2 millions de personnes qui sont sorties dans la rue. (Recep Tayyip) Erdogan a fait face, il est toujours président de la Turquie. Or, si Erdogan était tombé et qu'à l'élection qui a suivi il n'était pas candidat, on n’aurait jamais su sa légitimité ou non en Turquie.

Nos armées, de plus en plus, doivent se préparer parce qu'une armée, face à des foules, avec des kalachnikovs, c'est dangereux. Dans d'autres pays, ils savent gérer ça.

Quand à Fergusson, aux Etats-Unis, un policier tue un jeune noir, manifestement à relent raciste, il y a eu des émeutes, les gens sortent par centaine de milliers. Mais là-bas, comme la démocratie est si avancée, quand on sort comme ça dans la rue, on te taxe de voyous. On les a matés. Est-ce qu'on peut permettre au président Alassane Ouattara ou au président Macky Sall de mater de la même manière des jeunes ici, sans qu'on ne crie aux africains massacreurs de démocratie ? »

Cheikh SARR

Source AfriqueConnection.com


 

Commentaires  

 
0 #1 Blaise Eyengué 13-04-2015 19:41
"Nous nous opposerons à la tenue d’un référendum constitutionnel par tous les moyens légaux. La violence n'est pas du coté de ceux qui veulent faire respecter les règles et les lois de notre pays bien au contraire, la violence est du coté de ceux qui veulent changer, modifier ou contourner les lois quand ça les arrangent.
Notre constitution ne permet pas le référendum pour changer la constitution (article 86). Le coup d’État, l’exercice tyrannique du pouvoir et l’usage de la violence politique sous toutes ses formes comme moyens d’accession ou de conservation du pouvoir sont prohibé dans le préambule de notre constitution."
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