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Philippe Obara, l’homme de tous les coups tordus de Sassou et Okemba

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A la tête de la DGST, une institution policière qui brille par la violation des Droits de l’Homme ainsi que des lois et règlements de la République, le Général de Police 1ère classe, Philippe Obara, alias ¨Obara Ngoni¨, est au mieux de sa forme (comme le témoigne cette photo).

Il a pu boucler le dossier qui le préoccupait le plus, depuis le 4 mars 2012, celui de l’arrestation et de la condamnation de son ancien chef hiérarchique, le Colonel Marcel Ntsourou, l’ancien N°2 des Services. Un dossier grâce auquel, il a eu droit au galon de Général.

Contrairement à son supérieur Jean François Ndengue, Général de Police 2ème classe, qui est très populaire, mondain, coopératif et accessible, le Général Obara Ngoni, lui, est peu connu des populations congolaises et ne coopère pas. C’est le genre de policier qu’on ne peut pas rencontrer dans un bar ou une boîte de nuit. Après le boulot, Philippe Obara se rend chez lui à la maison, aux abords du cimétière Itatolo, s’occuper de sa famille et de ses deux épouses sur lesquelles il veille comme à la prunelle de ses yeux. Oui, en bon congolais qui se respecte, il en a pris deux. Attention, touches pas à ses femmes ! A Brazzaville, nombreux sont ceux, des citoyens lambda, qui ne connaissent pas son visage, à quoi il ressemble, alors que c’est lui qui signe les passeports. Tout ceci est cause que le Général Philippe Obara Ngoni n’aime jamais être photographié ni filmé. Gare à vous d’essayer !

Vous risquez de vous retrouver bien tabassé, menotté et jeté dans un cachot à la DGST. Il s’agit d’un personnage très nerveux quand il le faut. Et pourtant, ce dernier raffole de photographier et filmer certaines personnalités, les opposants ainsi que leurs activités, leur décollage et atterrissage dans les aéroports du Congo par le truchement de ses agents secrets et cameras cachés. L’intéressé aime tout savoir sur les activités des autres, tandis qu’il couvre sa propre vie d’un voile ou rideau opaque difficile à lever.

L’alter égo de la tristement célèbre Sécurité d’Etat

Ainsi, dans son bunker fait de pierres abritant la DGST, anciennement Sécurité d’Etat, situé dans les encablures de l’ex Radio Congo, le Général Philippe Obara est presque inaccessible. Il n’a pas tort. Nombreux sont les Officiers et autres cadres de la République, qu’il a envoyé en prison, qui, à mi-voix, jurent de lui faire la peau à la moindre perte du pouvoir. Heureusement, ce n’est qu’un rêve. Dans ses services, les visites des prisonniers sont strictement interdites. Même les avocats n’y ont pas accès. Encore moins aux dossiers de leurs clients. Ce qui est une violation flagrante de certaines dispositions de la loi en matière des droits de la défense.

Mais aussi, en violation des recommandations de la Conférence Nationale, qui avait interdit ce genre de services, en fermant les portes de la tristement célèbre Sécurité d’Etat. L’ancêtre de l’actuelle DGST. Qui n’est pas différente d’elle. D’autant que Philippe Obara se réclame de l’école de l’ancien Patron de la Sécurité d’Etat, le Général Emmanuel Ngouelondele Mongo, qui a lui-même succédé à Sassou-N’guesso dans les années 70. Les deux hommes ont beaucoup communiqué leurs méthodes et expériences à Philippe Obara. Pas toutes angéliques.

De la violation de la loi par la DGST

Selon le Décret présidentiel N°2011-428 du 25 Juin 2011, à son article premier : « (…) la Direction Générale de la Surveillance du Territoire est chargée de rechercher, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national, des renseignements sur les activités des personnes, des pays ou des organismes étrangers qui sont de nature à porter atteinte à la sureté de l’Etat, d’en rassembler les preuves et de déférer les auteurs devant les juridictions compétentes ». Il est bien dit : « de déférer les auteurs devant les juridictions compétentes ». Un autre article, 48, du Code de Procédure Pénale dit ceci : « Dans les circonstances urbaines ou siège un Tribunal de Grande Instance, s’il existe contre une personne des indices graves et concordants de nature à motiver son inculpation, les officiers de police judiciaire doivent la conduire devant le procureur de la République sans pouvoir la garder à leur disposition plus de 72 heures ». Or, le Général Philippe Obara fait de la DGST, une autre Maison d’Arrêt de Brazzaville. Là-bas, les délais de garde à vue ne sont pas respectés. Les gens y croupissent des mois durant et, surtout, lorsqu’il ne s’agit pas d’affaires médiatisées.

A la DGST, tout est permis. Tribalisme, séquestrations, tortures et menaces de mort en violation de l’article 9 de la Constitution du 20 Janvier 2002 qui dispose : « La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui garantissant les droits de la défense. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain et dégradant est interdit ». Et de l’article 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé ».

Un faire-valoir des coups de Sassou, Okemba et Ndengue

Comme vous le constatez, l’institution que dirige le Général Philippe Obara est bien une institution de police spéciale et lui-même un super policier. En clair, c’est le policier de la République. Il est l’un des rares policiers qui ont le pouvoir de se pointer chez un Ministre de la République ou un Haut fonctionnaire d’Etat pour l’interroger ou l’interpeller, suite aux manquements graves à ses obligations ou encore pour des délits commis dans l’exercice de ses fonctions. Maître Jean Martin Mbemba, à l’époque où il était Ministre (à cause d’un entretien qu’il avait eu avec le Roi Makoko), les fonctionnaires du ministère des Affaires Etrangères et bien d’autres cadres du pays, qui ont déjà subi ses interrogatoires, en savent quelque chose. Il est en outre le seul à même d’interdire aux autorités politiques de quitter le territoire national sans en avoir au préalable reçu un ordre écrit du Procureur de la République. C’est l’homme des interdictions de voyager des Dzon, Bayi, Mounkala Moukoko… Il faut le dire, le Général Philippe Obara n’a toujours pas été un homme de confiance du Président de la République. A l’époque le clan au pouvoir le détestait.

Né d’une famille très démunie, il doit sa montée aux services rendus à Jean Dominique Okemba, qu’il a épaté par ses analyses et, surtout, pour avoir presque prédit l’attaque du Président de la République, à Pointe-Noire, par les jeunes de Mvoumvou. De cette localité, il a été bombardé DGST à Brazzaville. L’homme connaît bien la maison pour y avoir assumé des fonctions sous Sassou I et sous Pascal Lissouba. Son cursus scolaire n’a vraiment rien n’à voir avec la police. Il est arrivé dans cette institution en tant qu’Officier après avoir obtenu une licence à l’école publique. Selon des sources bien informé, il fut un brillant élève à l’école. Homme de confiance et homme à tout faire de Jean Dominique Okemba, qui fait aujourd’hui de la DGST sa prison personnelle, Philippe Obara a la faculté d’expulser les diplomates, lorsqu’il en a reçu les ordres d’Okemba ou Sassou. C’est lui qui en outre pilote les interdictions d’entrer sur le territoire national dont sont parfois victimes certains avocats et hommes politiques étrangers. Bien que personnage effacé de l’aréopage du pouvoir de Brazzaville, c’est aujourd’hui l’homme de tous les coups tordus de Sassou, Okemba, Ndengue - qui le manipuleraient à leur guise - voire même de Mboulou.

D’ethnie téké de la Cuvette-Ouest, nombreux sont ceux qui voient en Philippe Obara, un faire-valoir, qui a reçu des mbochis, la mission de mettre sous l’éteignoir ses propres frères tékés. Le pouvoir se servirait de lui, un peu comme l’homme se sert du chien pour chasser ses frères animaux. En tête de peloton de la commission d’enquête administrative du 4 mars 2012, il l’a de façon éhontée, transformé en une commission d’enquête criminelle entachée de plusieurs irrégularités. Qui, le 30 Mars 2012, a séquestré et arrêté son frère téké, le Colonel Marcel Ntsourou. Et lorsqu’il a fallu traquer ce dernier jusqu’à l’attaquer à son domicile le 16 Décembre 2013, le pouvoir a recouru à ses services de renseignements. Il a arrêté le Colonel Jean Claude Mbango, un autre téké, dans un complot monté de toute pièce et l’a déféré à la Maison d’Arrêt. A tenté de faire pareil pour Jean Martin Mbemba, lui aussi cadre téké, n’eût été la promptitude de ses avocats qui avaient dénoncé une procédure irrégulière. Tous les tékés qui ont été torturés dans le cadre du drame du 4 mars, l’ont été sous sa barbe.

Un autre volet important

Le Général Philippe Obara est le premier agent de renseignement du Congo. C’est lui qui centralise toutes les informations intérieures et extérieures. Il administre la centrale d’écoute téléphonique qui permet au pouvoir de mettre sur écoute les citoyens et responsables du pays. C’est lui qui gère les patrons de certains cybers café pour des fins d’informations. Ceux qui ont des photocopieuses dans la ville et qui feignent, très souvent, de jeter, sous forme de copies ratées, les documents que vous leur donnez à photocopier, pour ensuite les lire et faire des fiches à qui de droit. La majorité des chauffeurs de taxis qui roulent la nuit pour des fins de renseignements émargent dans ses services…

A suivre…

Guy Milex Mbondzi


 

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