23/03/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Sassou Nguesso serait-il le génie de la politique au Congo ?

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Congolaises, Congolais ! Vous êtes vous demandé pourquoi Sassou Nguesso est au pouvoir depuis si longtemps ? Pourquoi a-t-il réussi à faire sombrer notre pays aussi aisément dans ce cauchemar que vit le peuple congolais ? Pourquoi va-t-il changer la constitution ? Et mieux encore, pourquoi presque personne ne semble l’inquiéter au Congo ?

C’est un chapelet d’interrogations qui s’égrainent concernant le Roitelet du Congo.

Loin de moi la prétention de vouloir éclairer ici, la personnalité de Mr Sassou. Pour cela, il y a des biographes infiniment plus qualifiés que moi. Toutefois, dans le débat du changement ou non de la constitution qui anime les Congolais aujourd’hui, fort de ma modeste connaissance de la politique au Congo, je m'inscris en faux contre l'image d’homme stupide que l'on tente de donner à ce dernier. Le réduire à une caricature ou parler de lui au passé (en fin règne) ne témoigne que de la faiblesse du débat politique d’aujourd’hui, révélatrice de la méconnaissance du charisme de l’homme et la finesse de la politique au Congo. Surtout ne pas le sous-estimer. Cet homme-là, est un «génie de la politique». Il a réussi à faire parler près de trois millions de Congolais à voix basse dans leurs propres maisons durant 32 années de pouvoir. C’est fabuleux.

L’histoire commence en 1943 à Edou, où Sassou naquit. Après une formation à l'école des instituteurs de Dolisie en 1960, il s'engage dans l'armée congolaise. En 1970 il adhère au Parti Congolais du Travail (PCT) et, se lance très jeune dans la politique pour se révéler dans un rôle qu'il ne quittera plus, celui d'opportuniste et de comploteur de génie. Très vite, Il est propulsé ministre de la défense et de la sécurité par Ngouabi qu’il a servi comme responsable des renseignements. Il assure plus tard, l'intérim de la présidence, du 18 mars au 2 avril 1977 après l'assassinat du président Marien Ngouabi. Yhomby, le sous-estime. Il le croyait docile et incapable de trahir. Il croit anoblir une marionnette, il s’était bien trompé. Derrière l’apparente modestie du camarade Sassou se cachait un redoutable tacticien et toute la ruse des gens de la terre. Un véritable animal politique. Sous le treillis de l’apparatchik bouillonnait et bouillonne encore une ambition sans limite, et cette rage au ventre ne l’a jamais quitté. Ces frères d’armes ne s’en doutaient pas trop.

Pour ce fauve, la fin justifie toujours tous les moyens. A l'issue du congrès du 5 février 1979 son ‘’cannibalisme’’ politique le conduit à avaler malicieusement Yhombi, Thystère Tchicaya, Bokamba et autres caciques du PCT. Il se fait élire président du PCT et devient de fait le nouveau président de la République du Congo. Un coup de maître, Sassou exulte ! Alors, commencent les années flamboyantes. Désormais, il est Président du Congo et peut laisser libre cours à sa ruse politicienne. Un mot, un geste, une pensée de travers, et votre vie s’arrête là. Suivront l’éviction brutale et l’élimination de certains de ses compagnons de route au profit d’une nouvelle catégorie d’affidés. La censure contrôle tout, la radio, la télé, les livres, les passeports, etc… Les Congolais détournent la tête. Il leur bouche l’horizon, s’incruste dans leur inconscient collectif. Aucun homme politique congolais n’ose le critiquer. Personne ne lui résiste. Pas même les militaires. Il se croit tout permis.

Le 2 juin 1992, Sassou Nguesso qui croyait que l’histoire du Congo commençait avec lui et finirait avec lui, candidat à sa propre succession lors d’une véritable élection libre et transparente arrive en troisième position derrière Lissouba et Kolélas. Cela n’en pouvait être autrement car, il avait réussi en si peu de temps à instituer la plus sombre des terreurs au Congo. Il, se retire dans son village à Oyo où il fourbit sa revanche. « Chaque soir, dans la solitude de ma retraite, mes pensées allaient vers les Congolais… Soir après soir je leur ai confié mes rêves et mes espoirs, ma colère et ma révolte…etc. » Sassou in «le manguier, le fleuve et la souris éd. J.C Lattès. En voilà un qui se prend vraiment pour le nombril du Congo.

En 1995, le talentueux Sassou pour qui la politique au Congo et ce qu’il y a de pire n’a jamais eu de secret, s'installe au Vésinet près de Paris pour préparer son retour au pouvoir. Détenteur d’un «doctorat en violence», il opte pour un coup d’Etat. Le 5 juin 1997, il crée l’irréparable à Brazzaville. À la mi-octobre, ses mercenaires et milices prennent le contrôle du pays et il s'autoproclame Président. L’As des As de la politique au Congo est de retour et, tant pis pour la manière. Foin des règles de droit, place au règne de la force. Le 10 mars 2002, il truque les élections et se fait officiellement élire sans gloire pour un mandat de 7 ans. Les intellectuels Congolais prennent peur, ils ont raison, l’étau se resserre, la population est paralysée et le pays est à genoux devant le despote.

Depuis, le Congo fonctionne toujours avec à sa tête un personnage considérable. Un fascinant génie de la politique (le Roi soleil Sa Si Ba), le dirigeant suprême de la nation Congolaise, le cher héros, celui qui a redonné vie à la vie d’une minorité des Congolais seulement. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est le génie. Le génie n'est pas un don mais l'expression de la puissance de la volonté. Un génie, c’est bien un homme d’exception inspiré qui voit plus loin et plus haut que ses semblables et qui fait la loi. De plus, il est mieux doté que l’homme de talent car il atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir.

Il ya trois caractéristiques qui semblent attachés à ce que je puisse dire de Sassou Nguesso qu’il est un « génie » de la politique au Congo. -Il sait voir loin et sait prévoir- il sait convaincre les autres Con-golais de sa vision - Et, il sait toujours sur quoi intervenir. « Gouverner c'est prévoir » disait Marti. Sassou ne fait que cela. Il a l'art de fortifier son autorité, son pouvoir, d'attaquer dans leur retranchement ses opposants, d'assaillir moralement ses adversaires politiques afin de les discréditer, de défendre sa place, il sait manipuler les autres, exalter leurs qualités et s'en servir dans ses propres desseins. Faire et ne pas tenir ses promesses, mais aussi veiller à ce que personne ne puisse dénoncer cette stratégie politique. Organiser des massacres ne pas les assumer publiquement est l’un des axiomes de sa politique. Cet homme-là, est un génie de la politique qui a tout fait pour être le seul lien entre ces hommes, entre son armée et le peuple, entre les différents services. Tout seul, Sassou n'aurait pas émergé, mais il a fait en sorte que sans lui, la politique ne puisse se faire au Congo.

Au Congo, les Congolais du vingt et unième siècle ont les traits creusés, la chevelure, la barbe et les yeux fous. Le guide suprême voulait en faire des mutants de la « nouvelle espérance », il en a fait des zombies à cause d’une éternelle désespérance. Aujourd’hui, il les conduit sur un incertain «chemin d’avenir ».

Ailleurs, bien manger c’est le début du bonheur. Mais au Congo, bien manger révèle d’un exploit olympique tellement la vie est devenue plus qu’impossible. C’est la débine et pourtant, le pays est riche de son sous-sol. Le Congo est devenu un pays de honte. Nous ne pouvons plus rire des autres pays, Nous ne pouvons plus nous enorgueillir de rien, nous sommes devenus des bêtes de proie, affamées et voraces et d’un pedigree obscur. C’est une contrée des arsouilles. Vous avez vu comment les gens conduisent au Congo ? Ils paraissent tous en colère. Sur un mur de la capitale à Nkombo il est écrit : « Interdit d’uriner ici sous peine de bagarre » Autre part, on n’interdit sous peine d’amende mais au Congo, on n’interdit sous peine de bagarre. Voyez-vous comment Sassou a transformé les Congolais! Il nous a arraché le masque. Nous aussi, nous pouvons avoir des dictatures et nous entre-tuer. Il nous a rendu tous belliqueux. Nous pouvons nous regarder dans une glace et nous dire : si c’est Congolais, c’est dangereux. Le Congo est devenu un pays de tous les dangers. Aujourd’hui, même les morts sont en danger à cause de tout ce temps passé sous Sassou.

Sur quelles bases le peuple Congolais a-t-il été convaincu de ne pas résister à Sassou, de supporter ce qu’aucun peuple n’aurait pu subir sans protester ? La peur du croquemitaine, allons donc ! Comment un peuple qui a fait la révolution en 1963 et qui a chassé Youlou parce qu’il avait soi-disant volé, a-t-il pu se plier à cette discipline collective imposée par Sassou qui lui, a tout volé avec ses enfants ?

Peut-être que pour comprendre ce qui se passe au Congo, faut-il analyser l'image de la tyrannie de Sassou occasionnant la peur de l’homme qui, a réussi à infantiliser tous les Congolais. Il serait judicieux de noter ce qui est le  plus flagrant : l’obéissance humiliante de l’opposition Congolaise vis-à-vis de Sassou (la malice) qui fort de son incroyable talent, a réussi à faire de nombreux d’entre nous Congolais des « Con-golais » lâches et des traîtres à nos propres principes et à nos propres convictions. Vivre et mourir avec ses convictions ou s’opposer à Sassou Nguesso ? Les opposants Congolais peu enclin au génie politique et n’ayant point de convictions ont fait leur choix. Vivre mieux et mourir riche avec l’argent de la compromission que Sassou leur donne. «  Ébonga ébonga té ! Sassou est toujours le meilleur » semble dire leur adhésion au changement de la constitution et à la politique de la terre brûlée de ce dernier.

Avec ses fameuses rencontre avec les représentants des partis et associations de sa mouvance, astucieusement Sassou, a commencé le processus de la modification de la constitution au Congo. Étonnamment, avez-vous entendu au Congo le moindre soulèvement populaire cher au «doyen rouge» Dieudonné Tsati pour dire à Mr Sassou que nous sommes près à mourir pour défendre notre constitution ? Non hélas ! Pathétiquement, les pseudos opposants à Sassou à Paris où ailleurs, se sont fondus dans des déclarations abracadabrantesques qui ont fait dire à Sassou. « Sans effets ».

L’absence d’un projet clair avec des objectifs précis et d’une volonté commune pour un Congo démocratique et prospère des soi-disant Leaders de l’opposition. Sans oublier le tribalisme, le clientélisme institutionnalisé en leur sein, frein pour l’émergence des convictions fortes pour un Congo nouveau capable de faire face aux enjeux de la mondialisation…Tout cela, est la résultante de l’œuvre du génie politique de Sassou. La pagaille au sein de l’Upads, l’émergence des vrais faux nouveaux partis politiques et associations qui ont poussé comme des champignons au Congo. Il faut aussi, considérer cela jusqu’à nouvel ordre comme relevant d’une intox savamment entretenue par le génie Sassou pour justifier de l’existence d’une opposition forte au Congo.

Avec ses méthodes (compromission, manipulation, intimidation, etc…) Sassou, a réussi à lobotomisé la quasi totalité de l’opposition Congolaise qui a accepté de mettre les plumes du costume de scène et le nez de clown pour jouer au théâtre du changement de la constitution et des élections à venir au Congo, réduite à enregistrer la feuille de route du lutin Sassou qui telle une araignée, est entrain de tisser sa toile pour être le Président à vie du Congo. Qui va l’empêcher? Personne. Surtout pas les estropiés de l’intellect qui se disent opposants et qui consciemment ou inconsciemment obéissent à plein régime au combinard Sassou et, assistent benoîtement à l’anesthésie du Congo. Grâce au déluré Sassou, nous avons au Congo une opposition qui n’a aucun critère pour ce que peut être une victoire en politique. Disons mieux : nous avons au Congo, l’opposition politique la plus bête au monde et dont  la seule compétence est son incompétence.

Le rude ilotisme auquel l’effrayant malin Sassou a condamné de nos jours chaque Congolais est l’une des raisons principales qui font que l’on ne fait plus de la politique au Congo. On n’a plus des « Hommes » de la trempe de Moungounga à la mesure du Congo qui passe de plus en plus, pour un pays plat en politique.

Sassou Nguesso n’est-il pas trop fort intelligent, trop malin et habile pour les opposants Con-golais ?

A ce jour, il a cannibalisé « bouffé » toute l’opposition dont il ne reste plus que la peau et les os. L’analyse transactionnelle du « faire » de la politique au Congo conduit à une conclusion simple : au Congo, il n’y a ni opposition ni opposants. Tous, une opposition nommée et des élus nommés sont entrain de faire un travail acharné en vue du mieux-être de Mr Sassou qui le 31 décembre 2015 lors de son message à la nation, n’a pas manqué de leur donner sa feuille de route : « L’élection présidentielle ce sera en 2016 et les élections législatives en 2017. On a le temps de les voir arriver. Travaillons d’abord… Il n’y aura en conséquence pas de place pour les querelles politiciennes et le déchirement… La seule passion qui vaille à présent est le travail. Travailler dans l’unité et la cohésion…Voilà les garanties les plus sûres de notre progrès…Voilà une bataille qui ne connaîtra aucun répit, aucune trêve, tant que nous n’avons pas atteint notre but… » Le changement de la constitution de 2002.

Qui me dit qu’il y a un opposant à Sassou au Congo à la date d’aujourd’hui! C’est qui ? Quelles sont les pensées politiques de ce dernier dont je n’ai jamais lu un seul projet politique pour le Congo ? S’il existe, pour combien de temps ? Le compte à rebours du changement de la constitution a commencé. Ne va-t-il pas être « capté » comme les autres par Sassou ? Maudit instinct de la médiocrité de ma part !

Pour tous ces exploits, et malgré tous ses défauts (dictateur indécrottable, népotisme, gabegie, manque de patriotisme…) même si je ne partage pas les mêmes convictions avec lui et je ne pense pas le même Congo que lui, comment ne pas être bien obligé d’avoir la probité intellectuelle voire morale d’admirer et de reconnaître le génie politique de Sassou !

Le palais présidentiel des plateaux n’est pas encore à la portée d’appétits d’oiseaux d’une opposition atone et couarde des « Con-golais ». Si le génie Sassou était dans l’opposition aujourd’hui croyez-moi que le changement de la constitution dont on parle n’aurait pas lieu. Souvenez-vous de 1997 au temps de Lissouba. On n’est dans le même schéma mais qui au Congo parle à Sassou comme il parlait lui à Lissouba à l’époque? Personne. Et pourquoi! Alors même que selon François Hollande, nous avons et aurons des appuis dans l’espace de la francophonie pour s’opposer à celle ou celui qui va empêcher l’alternance dans son pays.

Sassou, gouverné par l’addiction du pouvoir, a plus faim du pouvoir que tous les Congolais réunis. Contrairement aux autres lui, Il n’à que trois objectifs dans sa vie : le premier est de s’accrocher au pouvoir, le second est de s’accrocher au pouvoir et le troisième est de s’accrocher au pouvoir. Candidat au changement de la constitution pour sa propre succession et pour le compte de sa famille, Sassou le génie, va réussir à changer la constitution au Congo sans qu’il ne soit inquiété. C’est triste à dire mais c’est la réalité. Qui peut ou pourra l’en empêcher dans ce Congo des capons, de tous coupables passif ?

Si Sassou fait tout ce qu’il veut au Congo sans le moindre bourrèlement, c’est bien entendu parce qu’il sait tout faire mieux que tout le monde en politique au Congo. Faire aisément ce qui est difficile aux autres Congolais, voilà le talent de Sassou. Faire ce qui est impossible au talent des soi-disant opposants Congolais, voilà le génie politique de Sassou Nguesso.

N’est-il pas le nec plus ultra de la politique au Congo Brazzaville ?

C’est mon point de vue. Si vous ne l’aimez pas j’en ai d’autres.

Wallys KIMBATSA


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