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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Sassou n’a plus que faire du dialogue, il compte s’appuyer sur les consultations initiées pour convoquer le référendum !

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Le fait n’est pas insignifiant pour être négligé. Alors qu’elle s’attend à ce qu’il convoque un dialogue national inclusif, c’est-à-dire, de toutes les forces vives de la Nation, la classe politique a été prise de court par un communiqué de la présidence de la République, signé du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Monsieur Firmin Ayessa, appelant à des consultations.

Cette initiative brusque de Denis Sassou-N’guesso a été prise à la suite des événements qui sont intervenus au Burundile Président Pierre Nkurunziza réussit, tant bien que mal, à se maintenir au pouvoir au-delà des manifestations populaires et assassinats et où il persiste dans sa volonté à briguer un troisième mandat anticonstitutionnel. Selon certaines indiscrétions, le Président burundais sait compter sur l’appui de Denis Sassou-N’guesso qui lui a offert quelques 35 milliards de FCFA à titre de contribution à l’élection présidentielle au Burundi, élection que la communauté internationale a refusé de financer.

Les fonds, selon un proche du dossier, ont été acheminés par Faure Gnassingbé du Togo à qui Sassou a confié la mission. Vrai ou faux ? Toujours est-il que le Président congolais tient, comme à la prunelle de ses yeux, à la réussite du cas Pierre Nkurunziza, qu’il pourrait mettre à contribution dans le cadre d’un éventuel passage en force à travers le changement de la Constitution. « Lorsqu’on voit la manière d’opérer de Pierre Nkurunziza, on y reconnait la touche de Denis Sassou-N’guesso », a certifié, sous couvert d’anonymat, un agent de renseignements congolais.

Jean Louis Borloo motive Denis Sassou-N’guesso

Le coup d’accélérateur à l’initiative des consultations, permettant aujourd’hui à Sassou de se donner l’image d’un Sage qui dialogue avec la classe politique de son pays, a été donné le jour où il a reçu Jean Louis Borloo, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, à Brazzaville. L’hôte de marque aurait confirmé à Denis Sassou-N’guesso la décision de Paris de maintenir le statu quo en ce qui concerne la Constitution.

A en croire une source proche du dossier : « les consultations initiées par le Président ont pour but de donner aux lobbys français, acquis au pouvoir de Brazzaville, des éléments de persuasion de la communauté internationale sur le fait que le référendum constitutionnel qui aura lieu au Congo-Brazzaville a été décidé par la classe politique et la société civile entières et non personnellement par Denis Sassou-N’guesso ».

Voilà, semble-t-il, les raisons pour lesquelles, le Président a procédé à partir du 20 mai 2015 à des consultations à la présidence de la République. Des consultations qui, bien entendu, puent abondamment la « politicaillerie ».

Fini les rêves sur la tenue d’un dialogue national

De l’avis d’un membre du PCT que nous avons rencontrés : « Denis Sassou-N’guesso n’a plus rien à foutre du dialogue national auquel d’ailleurs il n’a jamais cru ». Tout porte donc à croire, qu’évitant un dialogue qui prendrait les allures d’une deuxième Conférence nationale de 1991, Sassou alias Otchombé, a décidé de passer les pieds joints, des consultations à un référendum populaire. Etant l’initiateur de ces consultations, qui l’empêchera d’en faire, seul, la synthèse ? Il est plus qu’évident qu’il en tirera publiquement les conclusions ci-après : « la majorité des cadres qu’il a reçu pense qu’il faille réformer les Institutions de la République ».

Sa déclaration sera appuyée par les conclusions résultant de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, lesquelles conclusions s’attèleront à accorder une majorité parlementaire favorable à une nouvelle République. De plus, selon des sources proches de la présidence de la République : « Denis Sassou-N’guesso fera un long périple à travers le pays au cours duquel il lui sera clairement demandé de tenir un référendum constitutionnel (...) Finis donc les rêves sur la tenue d’un dialogue national au sujet duquel, la classe politique commençait d’ailleurs à tergiverser », a déclaré un proche du Président qui a requis l’anonymat. « Nous avons demandé au Président de ne pas passer outre le dialogue national », a pesté un cacique du PCT. Il n’est donc pas exclu par ailleurs, qu’avec la pression de ses lieutenants politiques, que Sassou se ressaisisse et laisse les conclusions d’un dialogue national se charger du référendum.

Le pouvoir s’apprêtait à servir un marché de dupes à l’Opposition

A en croire un cacique du parti au pouvoir, le Président Sassou comptait beaucoup sur la présence des acteurs politiques de l’Opposition radicale aux consultations. Une présence qui aurait apporté l’eau au moulin à la stratégie qui consiste à contourner le dialogue pour passer directement à un référendum. « Qu’est-ce qui sera dit au dialogue qu’on n’aura pas évoqué aux consultations », a expliqué doctement un membre du parti au pouvoir.

Selon ce qui se dit à mi-voix dans les salons feutrés de Brazzaville, le pouvoir s’apprêtait à servir un marché de dupes à l’Opposition radicale lors de ces consultations. Le message délivré par cette frange politique au Président de la République n’allait pas, semble-t-il, être pris en compte. Seule la participation des leaders de l’Opposition, c’est-à-dire, « leur présence aux consultations aurait fait l’affaire.» Denis Sassou-N’guesso devrait ensuite s’y appuyer pour montrer à la face de l’opinion nationale et internationale qu’il a reçu toute la classe politique et l’a écoutée.

Qu’il a constaté que cette classe ne s’accorde pas sur la question constitutionnelle et s’est senti obligé de convoquer un référendum pour la départager. Et, ayant sous sa botte la Direction des affaires électorales, la Commission Nationale des Elections et le Ministère de l’Intérieur, le « Oui » serait inéluctablement gagnant et la troisième République, dont-il caresse le rêve, proclamée.

Tout ceci étant fait, il passerait à la tenue d’une élection présidentielle où il participerait à nouveau. « Ce n’est donc pas pour des cacahouètes que des nguiri (sac d’argent) ont circulé dans les milieux de l’Opposition radicale pour copter les hommes politiques fragiles afin qu’ils participent aux consultations du Chef de l’Etat », croit savoir un proche du dossier.

Tentative de corruption des leaders de l’Opposition radicale

Selon certaines indiscrétions, les leaders de l’Opposition radicale et parlementaire ont été approchés, avec à la clé des centaines de millions de FCFA, pour qu’ils répondent présents aux consultations du Chef de l’Etat. Dans cette manœuvre, un nom est cité avec une fréquence déconcertante, celui du Directeur de cabinet du Président de la République, Monsieur Firmin Ayessa, sans que la moindre preuve n’en soit établie.

« J’ai été approché par Firmin Ayessa au domicile du Maire Hugues Ngouelondelé », a déclaré un opposant patron d’une plateforme de l’opposition. « J’ai vu Firmin Ayessa me faire des propositions d’argent afin que je me rende aux consultations. Le pouvoir a même voulu m’afréter un jet privé pour me ramener à Brazzaville d’où j’étais absent », a soutenu un autre opposant, et pas des moindres, que nous avons rencontrés. Sont aussi cités dans cette croisade de corruption, le ministre de l’Intérieur, Zéphirin Mboulou et Monsieur Nimi Madingou, très proche de Maurice Nguesso. « Des informations à prendre avec beaucoup de précaution et de modération », a renchéri un membre du Cabinet du Chef de l’Etat, rencontré lors de notre enquête.

Des tractations en direction de Mathias Dzon et Clément Mierassa

Bien avant la convocation des consultations par le Chef de l’Etat, Mathias Dzon a été approché à son domicile par le Secrétaire Général du parti au pouvoir, Pierre Ngolo. Ce dernier a fait de même pour Clément Mierassa qu’il a rendu visite à son domicile soi-disant en tant que « petit frère ». « Mais pourquoi ne l’avait-il pas fait avant que Sassou-N’guesso ne se sente en difficulté », s’est interrogé Jules Bikindou, un jeune étudiant de l’Université Marien Ngouabi, proche de Clément Mierassa.

Il y a très peu, une information circulait sous le manteau à Brazzaville comme quoi, le pouvoir préconisait de déléguer une fille du Chef de l’Etat congolais auprès de Clément Mierassa. « Pour, semble-t-il, persuader l’opposant le plus crédible du Congo-Brazzaville », a soutenu un observateur du landernau politique congolais.

« Le besoin de rencontrer et de discuter avec les leaders de l’Opposition radicale a été manifesté depuis bientôt 4 mois par le Président de la République et la mission avait été remise aux bons soins de Pierre Ngolo. Les leaders de l’Opposition avaient décliné l’offre, souhaitant que leur réception soit officielle et non secrète. Mais pourquoi désertent-ils à présent le Palais du peuple »? A raconté, confus, un membre du Bureau politique du PCT.

Du côté de l’opposition, on reproche à Denis Sassou-N’guesso de n’avoir pas donné suite au mémorandum qui lui a été adressé avant les consultations.

Des pressions exercées par la base et les populations

Il se dit à Brazzaville que la réticence dont ont fait montre les leaders de l’Opposition pour se rendre aux consultations serait due aux menaces qu’ils auraient reçues de la part des populations dans les quartiers où ils résident, mais aussi et surtout de leur propre base, au sein des partis politiques. « Des gens ont débarqué chez moi à Mfilou, armes blanches en mains, et m’ont dit : président, si nous te voyons à la télé, participer aux consultations de Sassou, à ton retour, nous allons te brûler, toi et ta maison », a confié Paul Marie Mpouelé, le patron du FROCAD. Il parait que Pascal Tsaty Mabiala a subi, lui-aussi, la pression de sa base qui, depuis un moment, le surveille de très près.

Une autre idée qui préoccupe le Chef de l’Etat

Contrairement à l’opinion qui insinue que Denis Sassou-N’Guesso n’aime pas ceux qui disent non au changement de la Constitution, le Président congolais a besoin d’une querelle de la classe politique autour de la loi fondamentale. Cela permettrait de frayer un chemin au référendum sur le plan national, et sur le plan personnel, de renouveler son bail à la tête de l’Etat en briguant un troisième mandat. Il est de notoriété publique au Congo-Brazzaville que c’est Denis Sassou-N’guesso lui-même qui a créé le débat sur la Constitution, qui l’a alimenté jusqu’à ce jour et qui le tranchera le moment venu en faveur de son agenda.

Aux dernières nouvelles, une autre idée, qui consiste à se passer du référendum constitutionnel, germe dans la tête de ce dernier. Cette idée consiste à faire adopter et promulguer directement une nouvelle Constitution à l’issue d’un vote au Parlement au moyen d’un suffrage indirect des députés et sénateurs.

En l’espèce, au lieu que le référendum soit populaire, il sera parlementaire. Pour faire passer cette carte au sein de l’opinion nationale, El Sas, de son petit nom de téméraire, pourrait faire prévaloir la cherté des élections en rapport à la baisse du coût du baril de pétrole sur le plan mondial et du budget sur le plan national.

Surtout que le Congo-Brazzaville ne peut compter sur l’aide de la communauté internationale pour organiser un référendum dont le but inavoué est le maintien d’un homme au pouvoir. Contrairement aux élections précédentes soutenues par la communauté internationale, le Congo-Brazzaville sera obligé de puiser dans ses propres économies. Les puits de pétrole au large de Pointe-Noire devront encore en faire les frais.

Guy Milex M’BONDZI


Commentaires  

 
0 #1 le fils du pays 13-06-2015 14:53
Il est grand temps de donner un coup de pied sur ce nid de rats constitue de MrSassou,sa famille,ses amis,son pct et ses courtisans
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