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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

L’après-Sassou au Congo : le crépuscule du « cobra »

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Le débarcadère du Beach somnole. Ses barges entendent bien la furie du fleuve Congo. Mais la cohue de porteurs qui s’agitait dans une chorégraphie impossible à saisir pour le profane s’est comme envolée. Le ballet des voitures officielles a diminué, le trafic aussi.

Même les Kinois, grands animateurs des commerces de la capitale de la République du Congo, ont déserté les lieux, contraints et forcés depuis l’opération Mbata Ya Mokolo en 2014. La gifle aux grands frères a consisté en une expulsion massive des « Congolais » d’en face, accusés à la fois d’être sans papiers, de se livrer à de mauvaises mœurs et de nourrir la criminalité. Autrefois possible avec un simple laissez-passer, la grande traversée doit désormais, pour tous les Congolais, s’effectuer munis d’un visa.

Pourtant, c’est une autre tension qui écrase l’atmosphère. « L’économie est presque arrêtée, décrit un grand entrepreneur occidental du port. On a encore plus de mal à se faire payer par les autorités. Les interlocuteurs se cachent. La politique bloque tout. »

Un scénario loin d’être écrit

La fin du mandat de Denis Sassou Nguesso, 71 ans, tétanise la place. Le Congo va-t-il tourner la page du règne de l’ancien général débuté en 1979, entrecoupé de cinq ans d’exil (1992-1997) ?

En 2016 se tiendra l’élection présidentielle à laquelle le « cobra suprême », surnom acquis à la tête de sa milice Cobra pendant la guerre civile de 1997, ne peut théoriquement se présenter. Il est frappé à la fois par la limitation des mandats (deux) et d’âge (70 ans) inscrits dans la Constitution. Un référendum prévu fin 2015 devrait faire adopter une nouvelle Loi fondamentale. Afin de permettre au président de se représenter ?

« Ce sont les racontars de l’opposition, lâche l’un de ses plus vieux conseillers. Sassou veut fortifier les institutions pour que l’Etat lui survive et ne rebascule pas dans la guerre civile. Cela passe par l’instauration d’un vrai statut de l’opposition et également un statut pour ancien chef de l’Etat. » Le conseiller lui-même ne croit pas à un nouveau tour de piste de Denis Sassou Nguesso à la tête du pays. « A son âge, il n’aspire plus à diriger le Congo, ni à gérer les petits conflits politiciens. Il voit plus grand, vise un poste au niveau international. Par exemple participer à l’intégration régionale autour du bassin du Congo, dont Kinshasa serait la capitale économique quand Brazzaville en serait l’épicentre politique. » Un scénario encore loin d’être écrit.

Les consultations lancées par le pouvoir sur le projet de nouvelle Constitution n’ont séduit ni l’opposition ni l’Église. De petits partis de la majorité ont même pris leurs distances. Son maintien au pouvoir ne semble pas si difficile à imaginer. Un coup d’État militaire pour le déposer, à l’instar de la tentative avortée au Burundi, paraît inenvisageable tant Sassou tient son armée.

De même, une révolte pacifique de la société civile, sur le modèle du printemps burkinabé, relève de la gageure. « Le Congo a été traumatisé par la guerre, analyse un diplomate occidental. Ni son opposition, ni sa société civile ne sont assez structurées pour forcer un changement comme au Burkina. La situation n’est pas mûre. Le Congo, c’est le Burkina d’il y a cinq ans. » Et un spectre plane, la violence. « Le désarmement n’a jamais vraiment eu lieu. Beaucoup d’armes circulent encore… », poursuit le diplomate.

Des prétendants se tiennent prêts

En laissant planer le doute sur ses intentions, Denis Sassou Nguesso n’a pas encore ouvert officiellement sa succession. Mais le flou sur son avenir attise les ambitions. Quelques prétendants se tiennent prêts. Pour 2016 ou pour après. Issus du sérail, disposant des moyens financiers conséquents et de relais influents en Occident, trois personnalités émergent.

Ombre fidèle de Sassou depuis quinze ans, le chef des services de renseignement Jean-Dominique Okemba connaît aussi bien les secrets de la République que les chancelleries occidentales ; Denis Christel Sassou Nguesso est tout prêt à marcher sur les pas de son père ; quand Lucien Ebata, le directeur de Forbes Afrique, rêve d’incarner un renouveau. L’après Sassou ne se fera pas sans eux.

Par Xavier Monnier

© Le Monde Afrique


 

Commentaires  

 
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