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L’après-Sassou au Congo : Lucien Ebata, l’homme « Forbes »

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Longtemps, son nom n’était prononcé que par une poignée d’initiés. Des « sassoulogues » émérites, des lecteurs éveillés de La Lettre du continent, des habitués du palais du Plateau ou de la résidence de Mpila. Eux avaient repéré sa bouille ronde, son grand sourire, sa faconde au sein du département du protocole de la présidence congolaise.

Lucien Ebata n’était alors qu’un membre parmi d’autres de la nomenklatura congolaise. Loin, très loin des ambitions présidentielles qu’il nourrit désormais.

Près du sanctuaire des Sassou Nguesso

L’homme a vu le jour le 12 mars 1969 à Ollombo, bien avant que la petite ville à 400 km au nord de Brazzaville n’accueille un aéroport international. Car la cité est voisine d’Oyo, le sanctuaire des Sassou Nguesso. Une bénédiction géographique que Lucien Ebata saura faire fructifier une fois son cursus universitaire achevé.

Passé par les universités de La Havane, à Cuba, d’Ottawa et de Montréal au Canada, il obtient des diplômes de droit, de droit des affaires et de droit commercial, selon sa biographie officielle. Tout au long de ses études, il ne cesse de présider les fédérations d’étudiants étrangers et les associations de Congolais émigrés. « Il a une bonne cote en Amérique du Nord, c’est vrai, sourit un de ses concurrents dans le domaine du trading pétrolier. Mais ce n’est pas ce qui l’a fait grimper. »

La légende, nourrie par ses contempteurs, prétend que Lucien Ebata, durant la campagne présidentielle de 2009, a fait don d’un million de dollars à Sassou Nguesso. « Le vieux était aussi émerveillé qu’un gamin, au lieu de venir quémander de l’argent, lui en propose », raconte un témoin de la scène. Des sommes qui semblent à la portée de la bourse de Lucien Ebata. Intercepté en 2012 par les douaniers de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avec 182 000 euros non déclarés sur lui. Les enquêteurs ont retrouvé 29 transferts d’espèce, pour un montant de 4 millions d’euros, entre Monaco et la France. Des opérations qu’Ebata a justifiées auprès des policiers par des « frais » de sa société de trading pétrolier Orion Oil.

Les bonnes grâces des « Messieurs Pétrole » de Sassou Nguesso

Lucien Ebata a en effet su s’attirer les bonnes grâces des « Messieurs Pétrole » de Denis Sassou Nguesso : le fondateur de la Société nationale du pétrole congolais, Denis Gokana, et Denis-Christel Sassou Nguesso, fils du chef de l’Etat et dirigeant de la Congolaise de raffinage (Coraf). Ensemble, les trois forment la « troïka du trading pétrolier congolais » estime la Déclaration de Berne, une ONG suisse qui scrute les circuits empruntés par le brut congolais – et ses déperditions.

A la tête d’Orion Oil, sa société de trading, Lucien Ebata a glané depuis 2012 des contrats avec la Coraf, la SNPC mais également les compagnies suisses de trading Vitol et Glencore. Un joli carnet de commande qui se double d’un bon carnet d’adresses. Car le pétrolier s’est découvert une passion pour la communication à l’été 2012.

Lucien Ebata annonce alors avoir convaincu Forbes, le célèbre magazine économique américain, de lui confier une franchise en Afrique francophone. Si la rédaction de Forbes Afrique s’installe dans le XVIe arrondissement parisien, c’est à Brazzaville qu’a lieu son adoubement. Le Forum Forbes Afrique célèbre autant la naissance du magazine en juillet 2012 que les qualités du régime de Sassou Nguesso.

Pour cette première conférence, animée par Christine Ockrent, les anciens premiers ministres français Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, l’ancien chef du gouvernement belge Guy Verhofstadt, le vice-président de Forbes, ou la star du football africain Samuel Eto’o, viennent assister aux agapes autour d’un Sassou Nguesso ravi d’accueillir le gratin de la politique et de la finance.

De Jacob Zuma à Macky Sall, en passant par Nicolas Sarkozy

Les éditions 2013 et 2014 du forum ne seront pas moins cotées. Tout ce que l’Afrique compte de sommités, du président ghanéen John Dramani à l’ancien secrétaire général des Nations unies Koffi Annan, en passant par Jacob Zuma, Blaise Compaoré, Macky Sall ou Alpha Condé, se déplacent. Les Français ne résistent pas davantage aux charmes de Lucien Ebata. Après le président de l’UMP, Jean-François Copé, invité en 2013, c’est Nicolas Sarkozy qui honore l’invitation en 2014 pour palabrer sur des « défis de la bancarisation ». Montant des émoluments : 100 000 euros pour Nicolas Sarkozy, selon Médiapart, et 30 000 euros pour Jean-François Copé, selon Le Journal du dimanche.

Une « réussite » grisante pour Lucien Ebata, qui confie alors à sa rédaction avoir des ambitions présidentielles.

Par Xavier Monnier

LE MONDE AFRIQUE : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/18/l-apres-sassou-au-congo-4-4-lucien-ebata-l-homme-forbes_4657305_3212.html

Lire aussi :

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Commentaires  

 
0 #1 le fils du pays 21-06-2015 11:46
Ebata,rectifica teur d'age et traitre comme son mentor Sassou.
Lucien Ebata Ekokolo Mbonda,tu n'es pas ne en 1969.Tu es plus age que cela,toi,okiemi et sassou avaient réduit vos ages.Vous etes les éternels imposteurs
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