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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Sassou veut-il réellement du dialogue, de la paix ou d’autres choses ?

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Au regard des actes que posent le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso, et plusieurs de ses collaborateurs au pouvoir, l’opinion est en droit de se demander si le Maître du pays veut réellement du dialogue, de la paix ou d’autre chose.

Acte 1 : La gabegie financière

Le chef de l’Etat ferme les yeux devant le comportement qu’affichent ses propres enfants et neveux, à qui il a confié des charges publiques. Les Congolais observent que ces parents proches du Maître du pays narguent le peuple, lorsqu’ils claironnent sur tous les toits que «le Congo n’a plus assez d’argent dans ses caisses à cause de la chute du prix de vente du baril de pétrole». Alors que, le disant, ils n’ont pas pour autant réduit leur train de vie. Au contraire, les enfants et neveux de M. Sassou versent dans les dépenses de prestige du genre mariages princiers, dons de voitures, octroi de bourses aux étudiants à l’étranger, etc.

Comment se fait-il que, d’un côté, l’on se plaigne d’une tension de trésorerie, et de l’autre, on se livre à des dépenses folles ? Cela est contraire à la devise du Parti Congolais du Travail (PCT), que dirige Denis Sassou-N’Guesso, président de la République, à savoir : «Tout pour le Peuple, rien que pour le Peuple». Si donc, le Peuple n’a rien, la devise du PCT serait devenu : «Tout pour les N’Guesso (de père en fils, jusqu’aux collatéraux) et Rien pour le peuple».

Autrement dit, il y a de l’argent pour les parents du Chef de l’Etat et «zéro mokaté» pour le peuple, qui est ainsi réduit à l’extrême pauvreté, au point de ne manger qu’avec moins de 1 dollar par jour, c’est-à-dire avec moins de 1000 FCFA. Question de l’opinion:

«Si le Trésor public manque réellement des liquidités, où les enfants Sassou trouvent-ils les liasses de billets de banque qui leur permettent de faire des dons ostentatoires, spectaculaires, aux personnes démunies ?»

A la vérité, faire des dons est un acte de solidarité, un acte louable, car «une foi sans œuvres est une foi morte». Mais quand ces dons représentent une valeur monétaire frôlant le milliard de FCFA alors que le peuple majoritaire n’a pas une pièce de 100FCFA pour se procurer une plaquette de Nivaquine, un morceau de poisson salé ou une tranche de pain de manioc (communément appelé « fabriqué »), il y a lieu de s’en plaindre. Le fossé est tellement grand que les observateurs ne peuvent se taire devant cette inégalité sociale.

Et puis, il n’y a pas que le peuple qui a faim et soif. Les opérateurs économiques aussi attendent, depuis des siècles, que l’Etat leur paie la Dette intérieure commerciale (DCI) correspondant aux services qu’ils lui ont rendus. Or, cet argent dilapide par les enfants du Présent de la République aurait pu soulager les entrepreneurs. De qui se moque-t-on ?

Acte 2 : la pénurie des produits de première nécessité

Dimanche 21 juin 2015, journée mondiale de la musique, RFI n’a pas pour autant privé ses auditeurs de leur émission de grande écoute de la journée, dénommée «Le débat africain», animée par Alain Foka. Ce jour-là, ce dernier a choisi de débattre avec ses invités la lancinante question de la pénurie régulière de carburant au Congo-Brazzaville, un pays producteur de pétrole, parmi les 5 plus grands producteurs du continent africain.

Grande a été l’indignation de l’animateur, lorsqu’il constate que tous les invités non étatiques à l’émission étaient présents. Parmi lesquels : Florent Michel Okoko, président de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE)-section Congo, et Luc Makosso, coordonateur de l’ONG « Publiez ce que vous payez » (PCVP) ; (…) Par contre, la partie gouvernementale a joué à la politique de la chaise vide. «Les autorités, a indiqué Alain Foka, ont préféré se taire ou ne pas répondre à l’invitation ».

Or, parmi les autorités se trouvent, par exemple, Denis Christel Sassou-N’Guesso, Directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), chargé de l’Aval pétrolier (c’est-à-dire de la vente de l’or noir dans les stations services du Congo et à l’étranger), PDG de la SNPC-Distribution, Administrateur générale de la CORAF, président de la Fondation Perspectives d’avenir et membre du Bureau politique du PCT ; le ministre des Hydrocarbures, Raphaël Loemba, le PDG de la SNPC, Jérome Koko ...

Pourquoi Denis Christel Sassou-N’Guesso ou Jérôme Koko ont-ils esquivé Alain Foka, sans même daigner lui envoyer un représentant à l’émission ? Les auditeurs auraient pourtant aimé d’entendre les explications sur la pénurie récurrente de gas-oil, d’essence et d’autres produits pétroliers de la bouche de Denis Christel ...

Autres produits devenus rares dans les ménages congolais : l’eau du robinet qui, de surcroît, est impropre à la consommation, ainsi que l’électricité qui, elle, est surfacturée par la Société nationale d’électricité (SNE) sans tenir compte du relevé au compteur, et sans attendre que le bimestre de consommation n’arrive à échéance.

Bref ! La liste des produits de première nécessité qui font défaut au Congo (grand importateur de nourriture) n’est pas exhaustive. Le moins que l’on puisse faire est d’attirer l’attention du gouvernement sur le constat suivant : les pénuries des denrées de consommation courante sont souvent à l’origine de frustrations et de révoltes populaires dans le monde, au même titre que la mauvaise redistribution du revenu national et le mauvais partage du pouvoir.

Acte 3 : le mauvais partage du pouvoir par le PCT et le manque de considération envers ses alliés

L’on se souviendra qu’en 2014, le chef de l’Etat avait nommé, par décret, des secrétaires généraux des mairies d’arrondissement, des communautés urbaines, de sous-préfecture et de préfecture. En juin 2015, le Magistrat suprême a procédé à une nouvelle nomination des maires d’arrondissement, des maires de communauté urbaine, des secrétaires généraux de sous-préfecture.

Mais ces nominations de juin 2015 ont indigné plusieurs analystes politiques à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elles n’ont pas respecté les clauses signées entre le PCT, principal parti au pouvoir, et ses alliés ; ensuite, parce que le président de la République et chef du PCT n’a pas préalablement consulté les leaders des partis alliés. En voici quelques cas de figure.

Le MCDDI (Mouvement Congolais pour la démocratie et le développement intégral), dont le secrétaire général, Guy-Brice parfait Kolélas, n’a pas été consulté, a eu néanmoins quelques postes. Le Parti pour l’unité, la liberté et le progrès (PULP), dont le président est le député Médard Moussodia, n’a obtenu aucune nomination.

Pourtant, le Pulp a des élus au Conseil municipal de Brazzaville et au parlement bicaméral congolais (composé d’un Sénat et d’une Assemblée nationale). Le Pulp est même la 2e force politique à Brazzaville, après le PCT ! Dommage que M. DenisSassou-N’Guesso l’ait ignoré. Peut-être qu’il a agi au nom de son prétendu pouvoir discrétionnaire.

Que cacherait cette politique du laisser-faire, de la cooptation et du déni des alliés ?

Faudrait-il rappeler au chef de l’Etat que la politique du laisser-faire, qui caractérise son régime, dans lequel ses enfants abusent de deniers publics en toute impunité, est une politique blâmable aux yeux du peuple à qui l’on fait croire que les caisses de l’Etat sont vides.

Mais en réalité, ce laisser-faire est à la fois un appât aux potentiels courtisans assoiffés de pouvoir, pour leur garantir des postes dans le prochain régime Sassou tant attendu, où la gabegie ne sera jamais punie. Faudrait-il rappeler aussi au président de la République que le non-respect des clauses des alliances politiques était l’argument qui l’avait amené lui-même à résilier le contrat de gouverner ensemble conclu entre le PCT et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) lors du deuxième tour des élections présidentielles de 1992, à l’issue duquel le Pr. Pascal Lissouba avait été élu président de la République ?

Pourquoi voudrait-il faire subir aux alliés actuels du PCT ce que le PCT avait reproché au parti du Président Pascal Lissouba ? L’histoire risque de rattraper le président Sassou-N’Guesso dès lors qu’il a pris le décret de nommer des cadres des partis alliés sans respecter les clauses des alliances et sans consulter les leaders de ces partis.

Cette nomination des cadres en catimini (où le chef de l’Etat ne recueille pas l’avis des leaders des partis alliés au PCT) s’appelle «cooptation». Or, la cooptation signifie vol de militants, moyennant corruption ou achat de conscience.

Si tel est le cas, ne devrait-on pas donner raison à cette opinion qui pense que M. Sassou prépare un passage en force pour se maintenir au pouvoir, avec l’aide des cadres corrompus de différents partis alliés au PCT, qui ont été nommés en échange de leur adhésion au projet de changer la Constitution du 20 janvier 2002 ?

C’est la politique du « diviser pour mieux régner ». Il s’agit, en clair, d’isoler les leaders des partis qui disent « NON » au changement de la Constitution, et, par ricochet, de déstabiliser lesdites formations politiques.

Au regard de cette cooptation au moyen de nomination sans consulter les alliés, M. Sassou ne devrait pas s’étonner des éventuelles résiliations des alliances conclues avec le PCT ses partenaires.

Un passage en force avec l’appui de la Force publique aussi ?

Les observateurs, avertis notent par ailleurs, que le chef de l’Etat a non seulement nommé récemment des cadres administratifs et politiques à des postes stratégiques, mais aussi élevé à de hautes fonctions plusieurs personnalités de la Force publique (Armée, police et gendarmerie). Ce qui laisse entrevoir un passage en force aussi, grâce à l’appui de la force publique, connue pour être le bâton ou le gaz lacrymogène pour mater et disperser toute rébellion ou tout soulèvement populaire éventuel contre le changement de la Constitution. En d’autres termes, les nouveaux sous-préfets, maires, et leurs secrétaires généraux exécuteront les tâches administratives à la tête des commissions locales d’organisations des élections (Colel), tandis que les policiers intimideront les insoumis prévisibles. Les militaires eux surveilleront les frontières, conformément aux orientations du Prince.

Que veut Sassou ?

Loin de nous l’idée de détourner l’opinion, nous usons néanmoins de notre devoir de rappeler au public quelques dialogues déjà organisés après la Conférence nationale souveraine de 1991, pendant que M. Sassou est toujours au pouvoir. Il s’agit du Forum pour la réconciliation, la reconstruction et la paix de janvier 1998 ; du Dialogue national sans exclusive de mars-avril 2001, de la Concertation citoyenne de Brazzaville, en avril 2009 ; de la Concertation d’Ewo de décembre 2011 ; de la Concertation de Dolisie de mars 2013 et des Consultations présidentielles avec les forces vives de la Nation de mai-juin 2015.

Le point commun de toutes ces concertations a toujours été la recherche de compromis politiques et de la paix. Donc, la cause des troubles à la paix a toujours été le non-respect des clauses ou des recommandations contenues dans les conclusions de toutes ces assises.

Malheureusement, l’application sur le terrain desdites conclusions a toujours été problématique de la part du camp présidentiel, c’est-à-dire de la part de la famille politique du chef de l’Etat, Denis Sassou-N’Guesso. Pourtant ce dernier est connu pour avoir été sollicité comme médiateur dans plusieurs crises à l’étranger (Côte-d’Ivoire, Libye, RDC, RCA). A ce titre, il est considéré comme artisan de la paix. Mais s’il aime le dialogue et la paix à l’étranger, «charité bien ordonnée commence par soi-même». Logiquement, Denis Sassou-N’Guesso devrait donner l’exemple dans son propre pays. Dès lors, il ne devrait pas ne pas se concerter avec les leaders des partis alliés au PCT avant de procéder à des nominations.

Il aurait pu, au préalable, recueillir leurs doléances. S’il dit, par exemple, que ces nominations lui auraient été suggérées par le PCT dont le secrétaire général est Pierre Ngolo, tout le monde sait que Pierre Ngolo n’est pas le président du Comité central. C’est le président Sassou-N’Guesso qui est le dirigeant suprême du parti. Donc, M. Sassou aurait tort de faire croire à l’opinion que ce que décide le Comité central du PCT n’émane pas de lui.

En d’autres termes, Sassou-N’Guesso et le PCT, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

En définitive, il est regrettable qu’à 12 mois de l’élection présidentielle de juillet 2016, M. Sassou ne donne toujours pas de signaux forts sur la voie du dialogue et de la recherche de la paix. Nommer des cadres de différents partis sans en discuter avec leurs leaders, n’est pas preuve de dialogue. Partager le pouvoir par cooptation est source de déstabilisation. Ne pas arrêter la dilapidation des fonds publics par son entourage traduit la complaisance et engendre des frustrations. Que veut finalement le Roi Pétaud : la guerre ou la paix ? A lui de choisir. Ce choix devrait tenir compte du «Niet» au changement de la Constitution auquel l’ont invité les grandes puissances : Etats-Unis, France, etc.

Ghys Fortune DOMBE BEMBA


Commentaires  

 
0 #2 Rolly 29-06-2015 23:42
C'est pas que les nordistes qui ont une chaire. Tous les congolais ont en une qui peut être transpercer pas une balle. Ça ne sert a rien de renforcer bêtement le sentiment de division. Attention attention.
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0 #1 Yves Ngatsoué 29-06-2015 16:25
Panique à bord à Brazzaville.
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La plupart des cadres du nord sont en train de faire fuir leurs familles (femmes et enfants). Certains font reconnaitre leurs enfants par des parents déjà installés en France et ayant la nationalité française. De nombreuses épouses et concubines de dignitaires sont déjà à l'étranger. Tout le monde s'attend au pire à Brazzaville. Les gens se promènent avec leurs passports au cas où la situation devrait dégénérer. Les dernières paroles du tyran de Brazzaville prononcées samedi 27 juin 2015 sur "le goût du sang" risque encore d'accélérer le phénomène de fuite des femmes et enfants des dignitaires
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