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Interview Claude-Alphonse N’Silou : « Le R.C n’est pas pour le changement de la Constitution »

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« Là où les gens prennent le temps de se parler, c’est là qu’on construit la paix! »

Dans une interview accordée à plusieurs médias de la place, le dimanche 12 juillet dernier, à Brazzaville, le président du R.C (Rassemblement Citoyen), parti situé à la majorité présidentielle, Claude-Alphonse N’Silou, a déclaré que son parti, «le R.c, n’est pas pour le changement de la Constitution», par contre, il propose «des solutions qui n’excluent personne, au nom de la paix». C’est pourquoi il est attaché au dialogue: «Là où les gens prennent le temps d’écouter les autres, là où les gens prennent le temps de se parler, c’est là qu’on construit la paix. J’y serai toujours», affirme-t-il.

Actuel ministre de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat, Claude-Alphonse N’Silou a pris part à l’ouverture du dialogue national sans exclusive, à Sibiti, (chef-lieu du département de la Lékoumou), lundi 13 juillet dernier, alors qu’une délégation de son parti participe au dialogue. Interview!

Monsieur le président du R.C, alors que des voix à l’opposition ont appelé au boycott du dialogue, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la décision de faire le déplacement de Sibiti?

Lors de la concertation initiée par le président de la République, nous avons déconseillé au chef de l’Etat de changer la Constitution. Parce que des solutions politiques existent pour préserver la paix. Des solutions qui n’excluent personne, au nom de la paix. Nous avons fait des propositions. Le R.C est un parti de la majorité présidentielle. Les divergences sur cette question sont partagées par d’autres formations politiques de la majorité présidentielle qui l’ont même exprimée, comme nous, au chef de l’Etat, lors des concertations présidentielles.

Mais, nous sommes une famille politique dans laquelle les opinions des uns et des autres sont respectées, même sur des questions aussi sensibles. Le dialogue de Sibiti ne va pas régler nos problèmes, qui sont à l’origine des difficultés réelles que nous éprouvons dans notre vivre-ensemble. Mais, c’est un début, un bon début dans une bonne direction.

C’est en se parlant, en s’écoutant, en acceptant que l’autre dise même ce que l’on n’aime pas entendre, qu’on va construire la démocratie. Le but du dialogue de Sibiti n’est pas d’aller s’aligner sur une quelconque position, d’une formation politique ou de la valider. Ce serait faire prendre un mauvais départ à cette belle initiative. Le R.C ne le fera pas.

Là où les gens prennent le temps d’écouter les autres, là où les gens prennent le temps de se parler, c’est là qu’on construit la paix. J’y serai toujours. C’est d’abord pour ça que j’ai fait le déplacement de Sibiti. Pour la paix. Je tiens à ce que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants vivent dans un Congo juste et en paix.

Est-il possible que les partis de la majorité et la société civile puissent parvenir à un consensus, à une ligne médiane? Et sur quoi devrait-elle être fondée, cette ligne médiane?

Aucun homme n’est jamais assez fort pour le demeurer toujours. Ce que l’homme crée suit inexorablement son cycle : naître, vivre et mourir. Le comprendre, c’est le début de la sagesse. Les forts d’aujourd’hui deviennent toujours les faibles de demain, plus tôt cela arrive, s’ils ne gèrent pas cette position avec sagesse. Ceux qui refusent de le comprendre et qui le balaie d’un revers de la main, le paye toujours au prix fort.

C’est une question de temps, simplement. Tout passe. Pour éviter le cycle de vengeance dans notre pays, il faut s’arrêter un moment, parler avec les autres, écouter les autres et chercher, ensemble, des solutions aux problèmes qui mettent à mal notre vivre en commun. Regardons notre passé, notre histoire avec honnêteté !

Notre pays est périodiquement traversé par des crises graves dues à notre rapport au pouvoir et à l’argent. Un groupe qui accède au pouvoir confisque tout au détriment des autres, méprise les autres. Ce qui engendre des frustrations qui sont un terreau favorable à la révolte. Nous y sommes. Malheureusement, c’est une histoire qui se répète.

Que devons-nous faire pour arrêter cela, une bonne fois pour toutes ? Il faut faire évoluer notre loi fondamentale, en ce qui concerne le partage du pouvoir. La Nation souffre d’une réelle fracture entre le Nord et le Sud. Il faut une véritable solution politique, en instituant, par exemple, une candidature à ticket, pour l’élection présidentielle, de telle sorte qu’un candidat à l’élection présidentielle ait un colistier avec de réels pouvoirs, et qui soit issu d’une autre partie géographique que la sienne (Nord-Sud) et une décentralisation effective, pour que les populations dans les départements, disposent des moyens financiers conséquents, pour prendre en main leur développement. Cette évolution, on peut l’obtenir en restant à l’intérieur de l’actuelle loi fondamentale.

Et sur la question de la gouvernance électorale, nous pensons que chaque citoyen doit retrouver ses droits: un homme, une voix. Donc, refaire le découpage électoral sur cette base et en finir avec cette situation incroyable où l’on voit une grande agglomération n’avoir qu’une circonscription électorale, alors qu’une petite localité qui a le dixième de la population de l’agglomération disposer de plusieurs circonscriptions. C’est une aberration. La reprise du recensement administratif sur des bases scientifiques, avec l’aide des institutions internationales, l’usage du bulletin unique et de la carte biométrique, à compter de l’élection présidentielle de 2016.

Oui, tout cela peut servir de base à une ligne médiane acceptable par tous, y compris l’opposition et parvenir à un compromis politique. Je rappelle que nombre de ces points ont déjà fait l’objet de compromis entre la majorité et l’opposition, à l’issue des concertations d’Ewo et de Dolisie.

Ce compromis politique sera la base du consensus avec tous. J’entends, par-là, majorité présidentielle, société civile et opposition. Que serait un consensus seul entre majorité présidentielle et société civile, sans l’opposition comme vous dites? Rien. On n’aura pas avancé.

Que pensez-vous de l’attitude de certains partis de l’opposition qui ont finalement adopté la politique de la chaise vide?

Je regrette cette position, elle n’est pas constructive. Mais, les a-t-on suffisamment écoutés ? L’écoute exige de la patience et un dépassement de soi. Dialoguer, c’est d’abord reconnaître à l’autre des droits. Mais, je ne désespère pas. Nous devons réussir à trouver un compromis politique, au niveau de la classe politique, en faisant des concessions les uns les autres, des concessions parfois difficiles. Nous devons éviter d’exclure. Cette étape l’exige au nom de la paix. Nous devons continuer à échanger avec nos frères et sœurs de l’opposition. Surtout ne pas rompre le contact. Nous avons, en partage, un bien commun que nous aimons tous, de la même façon et que nous avons le devoir de préserver: le Congo, notre beau pays.

Comment entrevoyez-vous l’après-dialogue?

Le dialogue de Sibiti n’est pas une constituante et ne doit pas l’être. Comme je disais tantôt, Sibiti est un début, un bon début dans la bonne direction. C’est une étape pour rapprocher les vues, afin d’arriver à un compromis politique qui n’exclut personne, au nom de la paix. C’est une étape pour rapprocher les vues, afin d’arriver à un compromis politique qui n’exclut personne. C’est aussi l’occasion de mettre en place un cadre qui permettra l’application des conclusions d’Ewo et de Dolisie convenues entre l’opposition, la société civile et la majorité présidentielle. Ce nouveau cadre permettra aussi la mise en application des avancées de Sibiti. Ça va baisser la tension dans le pays. Nous devons absolument réussir à trouver un compromis politique, pour éviter que la rue ne s’en saisisse. Les impatiences sont énormes dans la population.

Joël NSONI


 

Commentaires  

 
0 #1 Kathi 19-04-2016 16:30
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