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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le Dialogue alternatif de Diata a-t-il scellé la reconfiguration du paysage politique congolais ?

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« En politique le choix est rarement entre le bien et le mal mais bien entre le pire et le moindre mal », disait Nicolas MACHIAVEL.  Cette citation trouve tout son sens devant le scénario rocambolesque qu’a connu  la Clôture du Dialogue Alternatif des forces vives opposées au changement de la constitution du 20 janvier 2002 ce mercredi 29 juillet 2015 au siège de l'UPADS à DIATA.

Le Dialogue alternatif de l’opposition s’est achevé ce 29 juillet par une note d’enthousiasme enflammée, une affluence considérable et une chaleur des militants qui aspirent à l’aboutissement de l’alternance démocratique au Congo et à la fin de ce pouvoir patrimonial et clanique.

Les responsables des principaux partis opposés au changement de la constitution (UPADS, MCDDI, RDD, UDR-Mwinda, CADD, UP, MUST, UPRN, MSD, PSDC, et autres) ainsi que  les associations de la société civile ont affiché une confiance aboutie à la clôture des travaux, s’estimant que le pouvoir de Mpila n’a pas réussi son projet de faire échouer le dialogue alternatif de l’opposition.

Le décorum observé à Diata à travers la présence du trio KOLELAS-MUNARI-OKOMBI a sur-vitaminé l’opposition.


Qui l’aurait cru voir assis côte à côte les ennemis d’hier, s’échangeant des amabilités, unis pour une cause commune. Sans émettre un avis putatif, d’aucuns y voient déjà l’axe de ce décorum (OKOMBI-MUNARI-KOLELAS-DZON-TSATY MABIALA-MABIOMAVOUNGOU-MIERASSA-TSOMAMBET…) comme le principale axe pour enfin établir un vrai rapport de forces entre le pouvoir et l’opposition.

C’est du pain béni devant une opposition sclérosée pendant longtemps par une incapacité criarde d’actions coercitives face aux multiples violations commises par le pouvoir en place. Il serait injuste de ne pas reconnaitre le courage de ces femmes et hommes ayant surmonté toutes les barrières politico-corruptrices érigées sur leur passage.

Pour une fois depuis 1997, le bâtisseur infatigable, adepte de la « nguirisation » accélérée, qui est passé maître dans l’art de la manipulation politique n’a pas réussi, à mettre aux pas la classe politique congolaise. On sait tous que la « nguirisation » sème le désordre et affaiblit les partis de l’opposition.

Serait là une nouvelle manière de faire autrement la politique ou les ministres du gouvernement se désolidarisent de l’avis du Président pour ne suivre que leur propre volonté ? La démocratie est une chance pour tout pays qui a choisi ce système de pouvoir qui est le nôtre. Il signifie simplement que chaque individu est plus apte que ses dirigeants à se gouverner lui-même. Et qu’il ne souhaite subir la coercition de personne.

Longtemps décrié comme étant des femmes et hommes sous tutelle, le trio OKOMBI-KOLELAS-MUNARI vient de porter  un coup de sémonce dans le camp des pro-Sassou et en même temps ragaillardi l’opposition. Certains diront même qu’ils ont atomisé le dialogue par leurs prestances et leurs charismes.

Bien que ce ne sont pas des enfants de cœurs, mais l’on préfère détournés les têtes tant qu’ils agissent pour une cause légitime et surtout populaire : La défense de la loi fondamentale.

Comment pourrait-il en être autrement ? Le PCT s'attribuant tous les bons rôles et tous les leviers du pouvoir vient de réaliser que même en politique vouloir être trop gourmand nuit à la cohésion. Les résultats du monologue de SIBITI ont fini par faire sortir de son mutisme le trio OKOMBI-MUNARI-KOLELAS de cette fameuse majorité présidentielle qui s'effrite à peu à peu. Si l’esprit de Diata se maintient et se poursuit, l’opposition fera un bon très travail : l’aboutissement de l’alternance démocratique au Congo.

Toucher de pleins fouets par des opérations d’intimidation, OKOMBI-MUNARI-KOLELAS refusent  de se sacrifier encore plus longtemps sur l'autel des accords biaisés qui tiennent plus de la pitrerie vétilleuse que de l'intégrité politique. Cette déchirure éclate maintenant en pleine lumière au sein d'une majorité présidentielle dont l'assise politique est de plus en plus étroite, émaillée de discorde et surtout ayant à la tête un président désavoué. Mais surtout d’une prise de conscience qui révèle le caractère dangereux du pouvoir en place. Il ne s'agit plus aujourd'hui de simples alliances de pouvoir. Les Congolais sentent bien que nous sommes arrivés au bout d'un système clanique dépravant et que désormais, il nous faut répondre à des questions redoutables auxquelles nous avons trop longtemps refusé de répondre par manque de courage politique.

Mais,  comme il est de coutume dans le microcosme politique congolais,  des voix s’élèvent pour dénoncer un pseudo posture politique : C'est une infiltration en bonne et due forme du FROCAD.

Avant même que le décorum cité plus haut, ne commence sa mission de reconquête de la démocratie perdue par la prévalence des antivaleurs, les aboyeurs du PCT commencent à critiquer et à contester leur légitimité. Et l'ambiance est électrique.  « On s'attend à tout, y compris au pire. »


Mais seront-ils entendus ? Car le peuple, comme on l’a vu au dialogue de l’opposition éprouve une colère à l'encontre d'un pouvoir avachi, aveugle aux soubresauts et souffrances du "corps social".

Prônant la paix dans ses discours, le PCT en réalité dévirilise la société congolaise en instaurant en toile de fond ce combat politique qui prend des allures de combat de coqs s'étripant pour occuper l'avant-scène en 2016. Il prédit le pire dans un tintement de sabres dans les coulisses des officines obscures  ne seraient que les prémices d'une guerre totale annoncée.

Seulement la révolte aujourd'hui est dans l'air.  C'est étouffant de perdre l'espoir par petits bouts. De regarder impuissant la foudre qui tombe au ralenti. Il peut y avoir de la vie dans l'insurrection.

Au-delà de tout ce que l’on peut reprocher à ce trio, le peuple choisit ceux qui se battent à ses côtés pour une société égalitaire et non pour une naissance d’une société clanisée.

L’espoir n’appartient à personne mais nous pouvons faire en sorte de la reconstruire autrement qu'en prenant acte et en cherchant à faire germer  une nouvelle manière de travailler ensemble.

Errare humanum est, perseverare diabolicum : « se tromper est humain, persévérer est diabolique ». Mais si se tromper une fois est parfaitement excusable, il devient impardonnable de persévérer ou, autrement dit, de reproduire la même erreur. Si l'homme est imparfait et donc forcément faillible, nous sommes censés apprendre de nos erreurs.

C’est par cette remarque pleine de sagesse profonde que nous disions accueillir avec humilité le trio OKOMBI-MINARI-KOLELA mais gardons les yeux ouverts.

Enfin, que le dialogue alternatif de Diata puisse être un moment qui scelle en évitant la discorde, la reconfiguration de l’opposition congolaise qui lutte pour rejaillir les idées fortes des pères initiateurs de la Conférence Nationale Souveraine à savoir le respect de l’alternance démocratique et le refus des présidences à vie au Congo.

Ces principes de la démocratie que le tyran de Mpila veut enterrer dans les méandres du fleuves Alima, ont été judicieusement rappelés par le président des Etats-Unis, Barack Obama, ce 28 juillet à Addis-Abeba (Ethiopie) : « Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de se retirer une fois leur mandat terminé. Laissez-moi être honnête avec vous. Je comprends ! Je suis privilégié de servir comme président. J’adore mon travail mais notre Constitution ne me permet pas de me présenter à nouveau. Je pense que je suis un bon président ! Si je me représentais, je pense même que je pourrais gagner ! Mais je ne peux pas… Personne n’est au-dessus de la loi, même le président. Je vais être honnête avec vous, j’ai une vie après la présidence ! »

Jean-Claude BERI
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Commentaires  

 
0 #2 test fidelite 31-08-2016 17:51
Post extra, je vais le partager sur Twitter
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0 #1 Valtro 31-07-2015 10:47
Unissons nous tous , du sud au nord...chassons sassou et vivons libres et en paix , la vraie paie : pas celle semée de cadavres que le dictateur sassou nous vend...
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