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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le PCT au bord de l'implosion ? Le Professeur Grégoire LEFOUOBA prend ses distances avec SASSOU NGUESSO

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A la suite des prises de position de Marion Madzimba Ehouango, Tout Bouge Okombi Salissa, Charles Zacharie Bowao, Etienne Mokondzi Mabé, Jacques Banagadzala, Léon Ibovi etc... Le Professeur Grégoire Lefouoba sort de son silence et prend ses distances avec les méthodes du PCT.

La Tribune d'Afrique: Le Congo s'apprête à célébrer les 13,14 et 15 Août prochain le 55ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale.

On sait que dans la liesse populaire les filles et fils du Congo se souviennent de ces dates avec beaucoup d'émotion. Est-ce que le Congo a des raisons de se réjouir de son indépendance?

Professeur Grégoire LEFOUOBA: On a toujours des raisons pour justifier une réjouissance, un acte. Pour le cas de notre indépendance, pourquoi pas. Surtout ceux qui ont connu la colonisation, c'est très important. En 55 ans ce qui est visible c'est le changement intervenu dans l'amélioration des conditions de transport au moyen des routes bitumées. Dans les autres domaines c'est un échec; par exemple l'école. On continue à être assis à même le sol sans que cela n'inquiète personne. On danse et on est content quand la base de la société se détruit.

La Tribune d'Afrique: Quelle évaluation pouvez-vous faire de la démocratie congolaise de la conférence à nos jours?

Professeur Grégoire LEFOUOBA: Notre démocratie est en panne. Je préfère ne pas qualifier la démocratie au Congo en disant la démocratie congolaise car j'ai entendu des énormités ou intellectuelles d'un autre âge du genre démocratie à l'Africaine comme si on peut parler de la chimie à l'africaine ou de la biologie à la congolaise. Revenons à votre question après avoir clarifié le paradigme.

Notre démocratie est en panne faute de démocrates. Il y a une élite parasitée par la facilité et le mensonge, la roublardise et même la flagornerie.

La démocratie dans un pays se manifeste par la contradiction érigée en système méthodique et le lieu de vérification c'est au niveau des medias d'Etat. Je remarque que les médias d'état sont devenus ceux du gouvernement comme au vieux temps de la guerre froide, du règne de la Pravda. J'observe par exemple qu'il n'y a aucune émission de débat contradictoire, il y a une propension au monologue.

Lors de la transition démocratique sous Milongo et sous le Professeur Lissouba, il y avait des débats d'opinions. Je ne dis pas que c'était parfait mais il y avait la manifestation de la circulation de l'intelligence et des idées. Le constat actuel est que Télé Congo et Radio Congo sont des médias au service d'une seule opinion, celle du pouvoir.

Pour preuve l'autre dialogue n'était pas sur les antennes. Quand on agit ainsi c'est un aveu de faiblesse. Qu'on me prouve le contraire ! C'est désolant et ahurissant. On affaiblit ainsi les lumières dans un pays.

La Tribune d'Afrique: Dans les pays européens, les partis politiques sont soit de gauche ou de droite ou encore du centre. Quelle est la spécificité de la démocratie congolaise? Au Congo, les sociaux-démocrates s'opposent entre eux. Y a-t-il une explication à cela?

Professeur Grégoire LEFOUOBA : L'enseignement commence par la langue ou les signes pour les mal entendants. La confusion est énorme dans ce domaine. En définitive les partis de la même obédience devraient former des alliances stratégiques en dernière instance et ne devraient pas s'affronter comme nous le voyons au Congo. En plus, la confusion est entretenue par notre ignorance de la typologie ou la classification des partis politiques.

Chez nous, le Centre se définit comme un milieu entre la majorité (le pouvoir) et la minorité (l'opposition). C'est un drame national et à l'étranger on trouve cela comme une incongruité purement congolaise. Je mets au défi quiconque de me dire le contraire sur cet aspect pour que le débat s'éveille dans le pays, argument contre argument. Une faute n'est pas une spécificité, c'est une erreur et c'est tout.

La Tribune d'Afrique: Quel est le père de la Conférence Nationale Souveraine? Quel est le père de la démocratie congolaise?

Professeur Grégoire LEFOUOBA: Pourquoi seulement le père et la mère, ce serait plus compréhensible. Bref, Bakounine, je répondrai en disant " Ni dieu, ni maître". La Conférence Nationale est une affaire nationale dans une ambiance nationale sous l'instigation des forces conjuguées de la Perestroïka et la Glasnost, de la Baule et quelques velléitaires au sein et en dehors du PCT. Ce sont les signataires de la Lettre ouverte qui peuvent revendiquer d'être les géniteurs et les syndicats de l'époque. Cette histoire est une Histoire des forces sociales de progrès dans notre pays. Cependant la démocratie, son père est la symbiose des forces revendicatives et le Président du Pct de l'époque, Sassou Nguesso Denis.

La Tribune d'Afrique: Le Congo s'éloigne t-il de la démocratie ou est-il proche.

Professeur Grégoire LEFOUOBA: Manifestement le Congo est en train de tourner le dos à la démocratie "moderne", civilisée et consciente des enjeux de l'évolution de l'humanité. Dans quel pays au monde où le Député devient le constructeur d'écoles ou d'Hôpitaux, distributeurs de produits pharmaceutiques, des soins infirmiers, des actes médicaux. Et puis, on laisse faire, on embrouille le peuple, la population. On est en train de créer une démocratie du faire semblant, des vrais faux riches. On expose la population à la corruption et au viol des consciences.

De cette manière, on infantilise les gens. Leur misère devient un appât pour exhiber notre générosité de circonstance, honteusement exprimée. A cette allure, on va bien regretter le monopartisme qui au moins avait une puissante Commission de contrôle et de Vérification du PCT pour veiller à l'éthique des hommes et femmes politiques.

On se comporte pire qu'au temps du parti unique notamment les appareils idéologiques de l'Etat, précisément la radio et la télé renvoient à un âge archaïque d'où la frénésie à écouter les Radio étrangères comme RFI, BBC et la Voix de l'Amérique. Ainsi on crédite tous les propos de l'opposition parce que leur accès hypothétique dans les médias nationaux laisse croire finalement qu'elle a raison.

La Tribune d'Afrique: Il y a un débat qui a cours dans le pays lié à la réforme des institutions, est-il un débat démocratique ou d'hommes.

Professeur Grégoire LEFOUOBA: A la réflexion c'est les deux à la fois. Le débat n'a pas cours dans le pays mais dans la rue. Ce qui est grave. Trop de malice et de sous-entendus à la fois techniques et politique. Et Certains prennent le prétexte d'un discours "supposé démocratique" pour résoudre des problèmes d'allure personnalisée. Les arguments de deux camps sont tellement pauvres qu'en réalité, tout semble être confondu. A cause de la maladresse des discours des uns et des autres, on a l'impression que les deux camps opposés ne sont pas sincères. Et puis s'installe une honteuse confusion, des slogans dans les deux camps. Constitution de la paix par-ci, ce qui veut dire qu'il y a quelque part ceux qui sont contre la paix. Les partis politiques sont si faibles en arguments et qu'on a l'impression est un pays d'hommes embrouillés. Les invectives chaque jour, aucun argument sérieux.

L'arrogance des uns est supplée et recyclé par l'assurance des autres. Quelle élite?

Au total c'est à la fois par la forme un semblant d'échange de délibération démocratique mais en réalité chacun règle intelligemment le problème de l'autre dans une affaire aussi importante comme la Loi fondamentale.

La turpitude devenue un exercice national de bon goût nous suivra jusqu'à quand ? On fait des textes soit pour viser X ou Y et après on se rend compte que ce n'est plus bon, on recommence et on change de discours, et ainsi ça recommence tout le temps, on dramatise sans trêve, des suspicions, pas de sincérité. On menace par-ci, on délibère par-là et au fond pour des intérêts égotiques et égoïstes.

La Tribune d'Afrique : Votre dernier mot?

Professeur Grégoire LEFOUOBA: Mon premier a été le dernier et si vous voulez, par la politesse des manières, je vous remercie car vous contribuez à l'animation et à la survie du débat réellement démocratique. Longue vie et bon vent à la Tribune d'Afrique/.

Source La Tribune d’Afrique


 

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