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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Hollande bénit Sassou, mais le peuple Congolais reste debout

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Lorsque nous déclarons ce 10 Avril 2013 que notre salut est congolais,(1) ce n’était pas une idée en l’air mais une vision d’un Congo qui doit prendre son destin en main. Les parjures des uns et des autres ne sont que la manifestation d’une politique protectrice des affaires partagées et gérées concomitamment par les politiques français et le clan au pouvoir.

L’argent du Congo sert à financer les compagnes électorales des futurs présidents français (toutes tendances confondues). De Mitterrand à Hollande, le Congo-Brazzaville par l’intermédiaire des dictateurs de présidents imposés dans ce pays a toujours œuvré dans le sens contraire du progrès des populations.

« Moi Président je fais de la Realpolitik », dixit Hollande

Aujourd’hui, nous avons également une belle reproduction de cette politique immuable de la France envers les pays africains en général et particulièrement le Congo-Brazzaville. En fin connaisseur de ce monde politique français, il n’a pas fallu plus de 6 mois à M. Sassou Nguesso pour faire sauter le verrou de de la constitution (limitation du nombre de mandat à 2 et la limite d’âge) et faire accepter cette ignominie au premier des français Monsieur François Hollande.

Doit-on dire qu’il y a une évolution dans la position du président français par rapport au Congo-Brazzaville. Le 7 juillet 2015, à l'Elysée, François Hollande a reçu Denis Sassou-Nguesso à la demande de ce dernier. A l'issue de cet entretien, le président français a déclaré par communiqué qu'il était attaché au fait que « les réformes constitutionnelles soient fondées sur un consensus ». Or les faits ont prouvé qu'il n'y avait pas consensus. Le 27 septembre dernier, l'opposition congolaise a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Brazzaville. Et le 15 octobre, au micro de RFI, le ministre congolais de la Communication, Thierry Moungala, a reconnu lui-même qu'il n'y avait pas consensus.

Du coup, aujourd'hui, le chef de l'Etat français ne fait plus de ce « consensus » une condition à la reconnaissance de ce référendum par la France. Il se contente d'affirmer que le chef de l'Etat congolais a le droit de consulter son peuple, mais qu'en même temps il doit veiller à « rassembler » et à « apaiser ». Incontestablement, c'est un recul de la part de l'Elysée.

D’aucuns diront que cette sortie quelque peu hasardeuse, est l’expression d’un langage diplomatique feutrée qui ne signifie rien car le président français serait resté camper sur ses positions intransigeantes du respect d’une bonne gouvernance et d’une conception démocratique exemplaire. Mais l’opinion internationale et plus particulièrement congolaise y voit, à juste titre, la faillite politique et morale d’une politique africaine de la France incarnée par le quai d’Orsay et l’Elysée. Monsieur Hollande par cette déclaration appelant le sanguinaire de Brazzaville de «veiller à rassembler, respecter et apaiser» est indigne d’un pays, terre des droits de l’homme. Ou sont les valeurs humanistes, de solidarité, de progrès social tant vantées par le Parti socialiste ? « Tenir ce discours au moment où l’on tire à balles réelles sur des manifestants non armés, relève d’un manque de respect pour l’humanité », Olivier Ribouis.

Même si Valls, Hollande, Fabuis, vous êtes en affaire avec des investissements juteux à travers des hommes d’affaire comme Bolloré, en Afrique, aucun statut social ou politique ne donne le droit de tuer à Sassou. En voulant privilégier les intérêts économiques au mépris du droit du peuple à aspirer à la démocratie et à la paix, vous entêtez Sassou sur les cadavres pour satisfaire vos privilèges financiers et économiques.

C’est ainsi que Denis Sassou Nguesso tue des citoyens non armés depuis deux jours, en toute violation de la liberté d’opinion, celle de dire et de rejeter un projet injuste pour les congolais.

Hollande, qui hier, à travers le discours de Dakar, devient brusquement amnésique et se lance dans un soutien politique pour soutenir l’insoutenable. Tout bon congolais le sait, « le référendum prévu pour dimanche prochain porte en lui-même les germes d’une division tendue du peuple congolais, mais aussi une violation du droit des Congolais à l’alternance et surtout le risque d’une explosion de violence. »

Comme l’a su bien de le dire Madame EVA JOLY : «  C'est vraiment être très aveugle de croire qu'un dictateur peut consulter un peuple qu'il maltraite et être apte de rassembler pour apaiser un pays qui ne lui sert que d'imposer sa dictature. Il y a ce qu'il ne faut jamais oublier que Sassou Nguesso, sa famille, ses ministres, ses généraux fondés et la plupart de ses partisans iront à la CPI, car ils doivent répondre aux crimes contre l'humanité commise au Congo. C'est la force organisée du peuple qui fait tomber une dictature car on a vu en France, lors de l'occupation, que si De Gaulle avait compté sur les autorités françaises à l'époque qui avaient signé un pacte de coopération avec les Nazis, la France ne serait jamais libre et le Congo comme beaucoup de pays d'Afrique ont été de beaucoup dans cette libération. Ne pas soutenir les Congolais ou les Africains en général qui luttent contre les dictatures qui pour la plupart dans les pays francophones, la France est à l'origine, c'est manquer notre place d'honneur dans l'histoire. »

On réhabilite un homme qui « incarne aujourd’hui une caricature de kleptocrate, celle d’un chef d’Etat riche à la tête d’un Etat pauvre »,  Me William Bourdon avocat de Transparency France.

« Le coq gaulois bénit la forfaiture congolaise. »

Qu’importe la fraîcheur du séjour parisien du ministre Congolais des affaires étrangères qui s’est très vite empressé sur France 24 de tirer des conclusions remerciant la France de les avoir compris. Le clan d’Oyo semble mépriser le peuple. Or dans toute lutte de libération contre les oppresseurs, le peuple finit toujours vainqueur malgré les pertes en vie humaine.

Les congolais doivent en tirer la leçon, la vraie démocratie, c’est celle que nous aurons à construire nous-même. Prônons la volonté de réfléchir sous le « Mbongui » pour inventer congolais. La culture démocratique ne se transpose pas, certes, elle est l’émanation des mœurs et coutumes d’un peuple.

Hier nous avons su nous parler, régler nos différends, nous pouvons encore le faire demain. Seulement si et seulement si nous acceptons nos propres erreurs et être capables de s’engager vers un vrai changement. Cessons d’obscurcir notre vision de l’avenir. Nous pouvons tous changer le Congo en nous rassemblant.

Car plusieurs dangers sont à la croisée de l’avenir de notre pays. Si Denis Sassou Nguesso s’entête dans cette voie de référendum contesté, le fléau de la division du pays ne sera plus une vue de l’esprit.

A ce moment, ni le clan Sassou et ses sbires qui croient dominer, contrôler, s’enrichir seront aussi les premiers perdants que l’opposition qui souhaite reconquérir un pouvoir en ayant comme programme de développement la chasse du clan Nguesso et ses alliés.

Il y a un an, le 27 novembre 2014, deux jours avant le sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie à Dakar, le président français avait clairement mis en garde les chefs d'Etat qui voulaient changer les règles du jeu pour briguer un troisième mandat. Dans une allusion claire à Denis SassouNguesso, il avait évoqué notamment la règle de la limite d'âge.

Aujourd'hui, François Hollande se contente donc de demander à Denis Sassou Nguesso de « rassembler » et « d'apaiser ». En aparté, un proche du président français confie : « Nous avons envoyé plusieurs messages à Sassou, mais il ne veut rien entendre. Il est décidé à aller au troisième mandat. Donc, nous observons ce qui va se passer ».

Au regard de ce qui précède, notre salut, nous, peuple Congolais, viendra à travers l’ambition saine et responsable de se dire, «Le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est un ingrédient qui a fait défaut pendant beaucoup trop longtemps, dans beaucoup trop d'endroits. Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir. Cela ne sera pas facile. Cela réclamera du temps et des efforts. Il y aura des épreuves et des déconvenues ». Discours du président américain B. OBAMA devant le Parlement du Ghana.

(1) :http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/politique/1199-notre-salut-est-congolais.html

Jean-Claude BERI (DAC)

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Communiqués de l’Elysée, Présidence française


Evènements en République du Congo

Le président de la République suit avec grande attention les évènements actuels en République du Congo. Il condamne toute violence et soutient la liberté d’expression. Il rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar, le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables.

***

Communiqué du Front National


Nanterre, le 22/10/2015

Le Front National demande au gouvernement français de s'expliquer sur le soutien qu'il apporte aux autorités gouvernementales du Congo-Brazzaville dans un climat de début de violences inquiétant.

Il s'interroge notamment sur le fait que la jurisprudence Campaore ne s'applique pas à Brazzaville. Pourtant la stabilité de l'Afrique impose le respect du Droit et des Constitutions. Le Congo pourrait être un exemple pour la région si dans les mois qui viennent, il avançait dans la direction d'une transition démocratique apaisée en évitant les risques d'un changement non consensuel de constitution.

Le Front National demande l'arrêt des violences, le respect de l'opposition et de ses leaders et la mise en place d'un dialogue dans l'intérêt de toutes les parties.


 

Commentaires  

 
+1 #2 Blaise Mbemba 22-10-2015 19:36
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le pouvoir est, actuellement, vacant à Brazzaville. On ne sait pas, exactement, qui contrôle qui ? Qui fait quoi ? Qui peut faire comment ? La situation est volatile. La police et la gendarmerie patrouillent, certes, dans Brazzaville et Pointe-Noire où elles font, d’ailleurs, face à des manifestants prêts à en découdre. Au moins, trois commissariats ont été incendiés à Brazzaville, mais aussi, des logements de dignitaires dont on ne citera pas les noms ont, complètement, été incendiés.

Le spectacle est désolant. Quand on sait qu’il suffirait, seulement, que Sassou dise : « Je retire mon texte » pour que la paix et la tranquillité reviennent.
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-1 #1 Serge Elenga 22-10-2015 19:18
Hollande a perdu la tête
Qu'est-ce qui se passe dans la tête de Hollande?
Le discours de Dakar était-il une simple blague?
Michèle Alliot-Marie avait proposé à Ben Ali de former sa police pour mieux réprimer les manifestants. Le peuple a tenu bon et le dictateur était parti. Nous tiendrons bon pour montrer à Hollande que nous n'avons pas besoin de son soutien. La rupture entre le peuple et sassou est définitive, plus rien ne sera comme avant. La patrie ou la mort, nous vaincrons.
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