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Val-d'Oise/Bessancourt : l’opposant congolais en exil, Ferdinand Mbaou, blessé par balle

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Une balle dans le dos. Le Général Ferdinand Mbaou, opposant farouche au président actuel du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, a été grièvement blessé ce mardi après-midi, à proximité immédiate de sa maison de Bessancourt où il vit en exil. Ses jours ne sont pas en danger et l’enquête a été confiée à la brigade criminelle de la DRPJ Versailles.

Peu avant 15 heures, l’ancien patron de la sécurité présidentielle au temps de Pascal Lissouba, le prédécesseur de Sassou Nguesso, s’apprête à rejoindre la gare de Bessancourt. L’ancien officier supérieur de 59 ans, qui incarne une ligne dure contre le régime selon les opposants, quitte son pavillon modeste de la rue des Beaux Lieux, emprunte le chemin qui coupe à travers les pavillons afin de prendre le train pour Paris. Mais il est attendu par son agresseur qui connaissait manifestement ses habitudes.

« J’ai entendu une détonation puis un homme crier. J’ai tout de suite compris que c’était une arme à feu », confie sur place un artisan dont l’atelier est installé quelques maisons plus loin.

Le tireur a aussitôt pris la fuite, laissant sur place sa victime, atteinte d’une balle au niveau de l’omoplate. Le blessé a été pris en charge par les secours avant d’être transporté à l’hôpital dans un état sérieux. Mais son pronostic vital n’était apparemment pas engagé au moment où les secours lui ont prodigué les premiers soins.

« Il n’y a pas, à cet instant, de revendication politique à ce geste », d’après le procureur

« Nous ne savons pas à l’heure actuelle si cette agression a un sens politique ou non », indique ce mercredi Yves Jannier, le procureur de Pontoise, qui confirme l’implication d’un tireur. « Il n’y a pas, à cet instant de revendication politique à ce geste. »

Ferdinand Mbaou, dont l’agression a donné lieu très rapidement à des articles sur les sites Internet de l’opposition congolaise, vit une existence des plus discrètes à Bessancourt. « C’est une famille qui ne fait jamais parler d’elle », confie une voisine, montrant une maison désormais vide de ses résidents, dont tous les volets sont fermés.


« Il s’est présenté à moi à une occasion en m’expliquant qu’il était très préoccupé par ce qui se passait dans son pays. Mais il ne m’a jamais précisé qu’il menait une activité politique et qu’il était un opposant au régime actuel, confie le maire de Bessancourt, Jean-Christophe Poulet. Il n’avait aucune activité politique à Bessancourt. Il n’a, par exemple, jamais demandé de salles à la ville. » Le maire indique aussi avoir demandé au collège de garder les enfants dans l’enceinte de l’établissement le temps d’être assuré qu’ils ne courraient plus aucun risque, mardi après-midi.

Ce qui ressemble à un assassinat manqué intervient dans un contexte de tensions importantes au Congo-Brazzaville où le président a organisé un référendum afin de pouvoir se présenter à nouveau en 2016, obtenant mardi plus de 92 % de oui, lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Celle-ci, qui dénonce une « dictature », avait déploré 17 morts lors d’une manifestation le 20 octobre (4 selon le gouvernement).

Frédéric Naizot / Publié le Mercredi 11 Nov. 2015, 17h56 | Mis à jour : 17h56

leparisien.fr


 

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