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Elections régionales de décembre 2015 : faut-il voter pour les candidats du président François Hollande ?

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Cette question est celle que se posent de nombreux Français d’origine africaine, et des Français d’origine européenne proches des questions africaines, depuis la sortie décevante du président François Hollande du 22 octobre dernier, dans laquelle il manifestait ouvertement son soutien au référendum du général Denis Sassou-Nguesso en ces termes :

« le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre ». Un revirement spectaculaire, en contradiction avec une autre déclaration, dans laquelle il stigmatisait les présidents qui souhaiteraient modifier leur constitution : « là où les règles constitutionnelles sont malmenées [disait-il], là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie ». Cette déclaration prononcée le 29 novembre 2014 à Dakar, s’apprêtait à faire de lui un président français hors du commun, courageux, qui aurait réussi à apporter une « correction historique » à la longue et douloureuse histoire françafricaine faite de sang, de corruption et de pauvreté. Mais hélas !

Ce revirement du président François Hollande est-il la première déception du quinquennat ? La réponse est non, puisque des promesses faites à l’endroit des minorités dites visibles, sur la base de ses 60 engagements, lors de sa campagne électorale de 2012, ne sont jusqu’alors pas traduites dans les faits. Parmi elles, il y a tout particulièrement : 

- L’engagement 58 : Je romprai avec la « Françafrique », en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité. 

- L’engagement 30 : Je lutterai contre le « délit de faciès » dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens, et contre toute discrimination à l’embauche et au logement. 

- L’engagement 50 : J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. (…) Je sécuriserai l’immigration légale. Les régularisations seront opérées au cas par cas sur la base de critères objectifs. 

- L’engagement 24 : Je lutterai contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes, les femmes et les salariés les moins qualifiés.

- L’engagement 29 : J’encouragerai un nouveau modèle de développement de l’outre-mer, comportant un programme d’investissements et une action prioritaire pour l’emploi et la formation des jeunes. 

De nombreux Français d’origine africaine et européenne, qui avaient voté massivement pour François Hollande en 2012, ne savent plus à quel saint se vouer, ils sont en colère : trop c’est trop !

Que peuvent faire ces Français, profondément déçus, pour montrer au président François Hollande qu’ils ne sont pas d’accord avec cette manière de les considérer ? Attendre 2017 pour exprimer leur déception ? C’est trop loin. Même si, d’ici là, nous ne pouvons pas exclure qu’il se ressaisisse en respectant ses engagements, mais en attendant, il convient de lui envoyer une première salve de déception, en votant contre les candidats du parti socialiste à l’élection régionale des dimanches 6 et 13 décembre 2015.

Bien entendu, par sa déclaration du 24 septembre dernier, le parti socialiste soutien notre combat, mais il n’a pas dénoncé le revirement du président François Hollande du 22 octobre, ni été capable de peser sur lui pour qu’il respecte ses engagements. Ces Français-ci sont donc en droit d’exprimer leur déception dans les urnes.

Certains d’entre eux sont tentés par un vote Front national, étant donné les positions appréciables prises par ce parti contre la dictature au Congo-Brazzaville notamment. Pourquoi pas ? Seulement, les élus régionaux n’ont pas la décision sur la politique africaine de la France. Faut-il attendre 2017 pour permettre à Marine Le pen d’accéder à la magistrature suprême en France ? Là encore, 2017 c’est trop loin, d’autant que rien ne nous garantit qu’arrivée au pouvoir, elle, l’opposante, ne succombera pas comme François Hollande aujourd’hui, au contact notamment des valises garnies des billets de banque du général Denis Sassou-Nguesso et des cargaisons de pétrole offertes par ce dernier au plus offrant ; ou encore que la politique du Front national ne se réduirait pas à cibler les minorités visibles, par exemple en encourageant publiquement une politique de discrimination à l’embauche notamment et en troublant le quotidien des nôtres. 

Pour gagner, on le voit, l’Afrique doit compter sur elle-même. Elle aura aussi besoin de sa diaspora en état d’agir, non démunie, et des autorités françaises qui ne soutiennent pas les dictateurs en Afrique. Que faire pour, à la fois, aider au développement de l’Afrique et de celui des minorités africaines en France ? La question reste posée et rendez-vous est pris pour les 6 et 13 décembre 2015 pour adresser un premier message à François Hollande, en attendant 2017, en sanctionnant sa politique ignorante des engagements pris à l’endroit des minorités en France et son soutien aux dictateurs africains, en particulier au général Denis Sassou-Nguesso, en votant contre ses candidats - ceux du parti socialiste - aux élections régionales.

 

Jean Saturnin BOUNGOU

 

 




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