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Nguirisation accélérée de certains leaders déchus du FROCAD en vue de boycotter les présidentielles de Mars 2016

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A quelques jours de la tenue à Brazzaville de la toute première Convention de l'opposition à Denis Sassou Nguesso, du 7 au 8 janvier 2016, une convention qui devrait statuer définitivement sur la problématique de la présidentielle du 20 Mars prochain, il est opportun de révéler à l'opinion la vraie stature de l'opposition Congolaise.

Mais, à la vérité, depuis que Sassou a déroulé, urbi et orbi, son rouleau compresseur dans sa marche vers la transformation du Congo en archipel africain du goulag soviétique, presque tous les Congolais se sont rangés derrière le Frocad et l'Idc. Seulement, cette alliance décomplexée n'a jamais fait les affaires du locataire du palais du peuple et de son clan.

Comment, en effet, trouver le sommeil en face d'un rapprochement spectaculaire des Tsaty Mabiala, Kolélas, Munari, Okombi Salissa, Ngouabi, Oba, Bowao, Mavoungou Mabio, Mampouya et autres figures emblématiques de l'échiquier politique congolais ?

Un pacte républicain visiblement bien huilé contre un système qui incarne l'apogée du style stalinien du 21è siècle. Ce rapprochement inopiné au-delà des vieux clivages idéologiques et ethniques, ne pouvait laisser à Sassou que deux cartes : la stratégie de la baïonnette reposant sur l'usage aveugle de la violence, et la nguirisation dont la base est le clientélisme, même déloyal des leaders de l'opposition.

Selon certaines indiscrétions du palais, Sassou verrait d'un très mauvais œil cette coalition Frocad-Idc, tant on y trouve certains de ses anciens compagnons qui savent faire la différence entre compromis et compromission.

D'ailleurs l'intransigeance observée de Kolelas, Okombi Salissa, Tsaty Mabiala, Munari, Bowao et Mavoungou Mabio en dit long sur la phobie que nourrit Sassou quant à cette alliance des forces de l'opposition. 

Dans certains milieux du pouvoir, on n'hésite plus à dire tout haut que ce nouvel attelage empêche Sassou de faire main basse sur le Frocad.

Aussi, certains observateurs avertis n'ont jamais oublié le bazar sciemment orchestré par Paul Marie Mpouélé lors du dialogue alternatif de Diata. En fait, la nguirisation était passée par là.

Par ailleurs, après les méga meetings des 27 septembre et 27 octobre, respectivement à Brazzaville et Pointe-Noire, le Frocad et l'Idc devenaient incontestablement le véritable porte flambeau du Peuple Congolais.

Une posture qui a rendu fou le dictateur et ses vermisseaux insomniaques. Sur le même registre, Sassou et ses 5 % ne sont pas prêts à oublier les coups que le 25 octobre leur avait assénés sur les rotules.

Cependant, fidèle à lui même, Sassou en bon praticien de Machiavel et en émule mal sevré du totalitarisme nord-coréen a continué à travailler laborieusement dans les cercles de l'opposition, notamment au sein du Frocad. 

Et comme un bon épervier en quête des poussins, Sassou réussit sa randonnée de fil en aiguille. Objectif : faire que l'opposition ne participe pas au référendum du 25 octobre afin que son projet de constitution passe comme une lettre à la poste. Coup réussi...
En réalité, cette opposition s'est retrouvée piégée entre une frange qui, dans un sursaut patriotique, n'a pas voulu prêter caution au plan scélérat d'un tyran, et une autre partie qui, ayant bu le calice de la nguirisation jusqu'à la lie, a boycotté le référendum pour permettre au pouvoir clanique de triompher sans gloire, avec 5%. Il s'agissait donc pour ces pseudos opposants de "lever" le pied afin que soit consacré le triomphe du OUI.

Et comme nous enseigne l'adage "jamais deux sans trois", Sassou veut perpétuer une méthode qui l'a toujours fait gagner : la "politique de la chaise vide" souvent optée par l'opposition, afin qu'un "boulevard" lui soit ouvert. 

Cet animal politique atypique mise finalement sur la stratégie de la mascotte solitaire car incapable d'affronter quelqu'un sans tricher.

A ce jour, dans son escarcelle gisent Mathias Dzon, Guy Romain Kinfoussia, Jean Itadi, Christophe Moukouéké... Paul Marie Mpouélé ayant déjà été exhibé par Télé Congo comme un trophée de guerre pour le pouvoir. 

Pas étonnant que le plus vieil opposant, Mathias Dzon, menace, tempête à tout bout de champ, et ce depuis le 22 décembre dernier, vient d'organiser une conférence de presse pour dénoncer ce qu'il qualifie de "dérive" de l'Idc et du Frocad qui veulent présenter une "Candidature Unique" de Poids face au tyran Sassou. 

L'opinion sait que Dzon, Itadi, Moukouéké n'ont aucun schéma convaincant pour chasser Sassou du pouvoir et empêcher du coup l'instauration programmée d'un État monarchique et clanique au Congo.

De source proche de Mpila, Dzon, Kinfoussia, Itadi et autres ne sont pas les seuls à aller manger dans la main du vieux dictateur. Clément Miérassa, malgré sa rhétorique fourchue contre Sassou, a fini la semaine dernière dans les bras de celui qui l'a, naguère, traité de diable. Le président du PSDC, un des leaders du Frocad aurait mordu grâce au travail de coulisses mené par un certain Abbé Mesmin. L'homme passe pour un ecclésiastique limier dans le lobbying des opposants. 

Avec cette inflexion inopinée de Clément Miérassa, l'on comprend mieux pourquoi ces leaders du Frocad passent leur temps à se contester et se détester. Un observateur averti n'hésite pas à qualifier le Frocad d'orchestre "symphonique mais très cacophonique". L'Idc n'est elle aussi pas exempte de reproches ou de ce syndrome.

Un proche du maire de Brazzaville rapporte triomphalement à qui veut l'entendre, les visites nocturnes de Blanchard Oba chez Hugues Ngouélondélé dans le corridor de la tentation estampillée "nguirisation".

En somme, Sassou n'a pas encore vaincu en lui la hantise de sa perte du pouvoir en 1992 devant Lissouba et le vieux Kolélas. 

A cela, il convient d'ajouter un autre démon qui lui a laissé des souvenirs cauchemardesques, le taux d'abstention record de 95% au fameux référendum d'octobre noir. Le vieux dictateur n'a pas hésité de dire en mbochi à l'un de ses proches: "Si je n'étais pas un stratège cynique, ces gens là m'auraient déjà tourné en dérision, en me renvoyant à Oyo comme un petit chien mal propre".

Conscient qu'il ne peut pas remporter une élection libre, transparente et démocratique, Sassou ne peut que caresser le rêve de ne pas avoir en face de lui un "adversaire unique" de l'Idc-Frocad, quid de vouloir honteusement invalider cette candidature tant redoutée, par des supercheries juridiques abracadabrantes. 

C'est à ce titre que l'élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016 est perçue comme un deuxième coup de force par lequel Sassou veut consacrer une république monarchique et clanique au Congo Brazzaville.

L'opposition réelle est donc face à ses responsabilités historiques, afin d'offrir au Peuple la dernière et ultime opportunité pour faire échec à ce plan anti démocratique en cours d'exécution par Sassou.

Enfin, la Convention de l'opposition prévue ces 7 et 8 janvier 2016 nous dira si le Frocad, l'Idc et le reste de l'opposition peuvent réellement incarner un espoir pour l'ensemble du Peuple Congolais, et cristalliser, comme au Burkina Faso, l'espérance des peuples africains épris de démocratie.

 

Par Bernard Lissi Lambossi


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