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K.K.M : l'éternel et invétéré « idiot du roi »

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Alors que, pour une fois, et à la face du monde, le vrai visage du pouvoir de Brazzaville a été mis à nu. Alors que, et comme de coutume, par manipulation, le pouvoir de Brazzaville use et prétend d'un souverainisme opportuniste et étroit pour ne pas respecter sa propre loi fondamentale et se trouve, pour cela, mis à mal dans sa vie internationale.

Alors que, plus que jamais, se dessine « un despotisme viral et cru » (texte à paraître samedi 9 janvier 2016) qui, pour sa survie, multiplie les mises en scène, dont participe l'inopportune et sans enjeu présidentielle anticipée du 20 mars prochain, monsieur Kignoumbi Kia Mboungou, égal à lui-même, dont il nous était arrivé de faire le portrait début octobre 2012, confirme son rôle et sa conception de la politique, à savoir : le 'coubertinage', c'est-à-dire, l'essentiel c'est de participer. Cela, en insultant la mémoire de nombreux de nos compatriotes confondus par le despote de Brazzaville au bétail les 17 et 20 octobre dernier, au nom, selon lui de « l'intérêt supérieur du Congo ». Je vous prie, si vous le voulez, de lire le portrait que nous faisions de l'opposant de service en octobre 2012, qui est en cohérence avec sa position d'aujourd'hui d'être, encore, – et au contraire de l'opposition réelle dont on félicitera honnêtement le refus d'accompagner le dictateur – candidat au rendez-vous du 20 mars 2016, pour préserver ses intérêts. GARE A CEUX QUI LE SUIVRONT CETTE FOIS! Lisez :

 

L’AVEU : LES EDIFIANTS PROPOS DE KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU

La formule est connue : les institutions ne valent que ce que valent les hommes chargés de les animer. C’est davantage vrai en politique et, en l’occurrence, de ce que l’on appelle au Congo, ‘l’opposition’. Celle-ci est à l’image des hommes, de ceux qui y prétendent.

Explique-toi, dis ce qui te préoccupe, et je te dirai à quel camp tu appartiens ! Les toutes dernières explications de l’un des dignitaires de l’ancien grand parti que fut l’UPADS, à l’émission « Odyssée de la démocratie » de la chaîne nationale de télévision congolaise, viennent de confirmer ce dont on se doutait depuis longtemps, à propos des prétendus opposants locaux au Congo- Brazzaville.

Ce n’est pas la première fois. Bien souvent, quand un ‘opposant’ congolais s’exprime, on est saisi par un curieux trouble, un étrange malaise, un flou artistique et indescriptible lié, certainement, à l’incongruité voire la confusion des propos qu’on a du mal à démêler, et à la spéciosité des arguments ! Il faut un certain temps,  un brin de lumière comme un code ou une clé, pour que tout se tienne et s’enchaîne, à l’image d’un puzzle. C’est l’effet du jeu de la double carapace, de la perfidie et de l’inconséquence, un jeu qu’affectionnent les politiques congolais, déjà démontré par un autre opposant congolais sur certaines chaînes africaines de télévision d’Ile de France, en automne 2010, à l’occasion de l’affaire des « Biens mal acquis » dont il était venu opposer la compétence congolaise,  et qui met à rude épreuve le décryptage du fait politique. Si on ne s’y connait pas !

Le cité, Kignoumbi kia Mboungou, est ancien candidat autoproclamé de l’UPADS à la pseudo élection présidentielle congolaise de 2002, officiellement et solennellement dénoncée et boycottée par les dirigeants du parti dont il se prévalait, y compris son créateur. Eternel rescapé de toutes les rocambolesques législatives organisées par un pouvoir putschiste sans qu’il n’est rien à y contester, il est aussi, coïncidence encore, seul promu du régime violemment renversé en 1997 au bureau de l’assemblée issue des dernières et insolites législatives. Dans une ultime tentative, à travers l’entretien accordé à la chaîne de télévision du pouvoir, et sous les jubilations non voilées du journaliste, il foudroie ouvertement et grossièrement – c’est le moins qu’on puisse dire– ce qui reste de cet historique (pour le meilleur et le pire) parti pour le faire basculer définitivement, comme lui-même, dans le jeu et l’escarcelle du pouvoir de la honte !

Il faut une certaine pugnacité, puisque ledit parti ne manque pas d’irréductibles, peu nombreux certes, au-delà de nombreuses maladresses. Depuis son éviction du pouvoir en 1997, les tentatives, selon la même méthode, à savoir l’autoproclamation, n’ont pas manqué pour le soumettre au pouvoir putschiste.

Déjà, tout juste au lendemain de son renversement dans des conditions que tout le monde connait, le peu ordinaire, incontrôlable et impétueux Martin Mbéri n’avait pas hésité à se présenter comme leader de ce parti, puis ministre dans le gouvernement usurpateur, au nom « de la paix et de la réconciliation » dont il était l’un des rares à y croire. Il finira par jeter l’éponge, sous la pression et le désaveu solennel et répété des « dirigeants exilés », avant d’être remplacé, dans le même jeu, par de jeunes loups du parti, dont le nommé Kignoumbi en 2002, avec le même résultat.

En réalité, la stratégie, toujours la même, consiste à transiger avec le pouvoir en place, en quête de légitimité, d’une apparence démocratique au plan international, pour lui fournir, au nom du parti autrefois le plus puissant, une opposition arrangée, sous réserve de contrepartie.

La position et les déclarations du ‘député’, au-delà des faux-semblants sur le banc, ou au dehors, participent en réalité de cette démarche puisque, c’est une évidence, la vie et la réalité du pouvoir, au Congo, ne se déroulent pas à l’assemblée. Nous l’avons déjà dit, on est ici en face d’ une « assemblée, aux députés manifestement godillot[1], toujours en marge ou inapte à traiter des dossiers brûlants et sensibles dans toute démocratie (comme sur ‘les biens mal acquis’, ‘les disparus du Beach’, ‘l’affaire des mallettes’, ‘l’inédite invasion des forces étrangères et  mercenaires dans le pays’, ‘les explosions du 4 mars 2012’ …), dans un régime prétendument présidentiel (en réalité de subtile confusion des pouvoirs),  d’irresponsabilité entretenue et de ‘constitution en hibernation’… »  « L’incroyable ‘chambre introuvable’ : au Congo le pouvoir ne s’use jamais ! ».

Quatre questions en gros, trois dérapages. De gros dérapages qui en disent long sur les enjeux des acteurs politiques congolais, et principalement de la prétendue opposition où se mêlent tout, et à peine l’essentiel de ce qui devait animer une opposition : le contrepoids et surtout l’action d’information et de dénonciation pour le respect et la préservation de l’intérêt général.

Si vers la fin, sur la dernière question relative aux possibilités de participation de l’UPADS au gouvernement, et devant l’ironie et la jubilation devenues trop manifestes du journaliste, le sacré et expansif député se ressaisit et se rappelle ce que devrait être un parti d’opposition, en répondant que « dans les conditions actuelles c’est une chose impossible », tout ce qui précède dans l’interview est, par contre, aussi bien dérapages successifs que validations de quelques uns des « pêchés capitaux » de la vie politique congolaise : débat biaisé, démesure, égocentrisme, tabou, incongruité… Autant de maux qui finissent par convaincre que l’exercice n’est toujours pas entré dans les mœurs, tant il est vrai qu’on n’est pas dans une société démocratique, une société de débats.

En réalité, et en général, toute l’interview porte sur les dernières législatives et, la première question, comme la longue et incroyable réponse, est assortie de sous-entendus qui résument le but de la mise en scène.

« Est-ce que les résultats de l’UPADS au scrutin des 15 juillet et 5 août dernier reflètent la réalité de votre parti, ou vous avez l’impression que vous avez été abusés par ceux qui ont organisé le scrutin ? », interroge le journaliste.

Clairement, le journaliste demande au député de confirmer, ou pas, si le PCT a bel et bien organisé et gagné les législatives.

Tout homme politique, ou opposant, digne de ce nom aurait commencé par rappeler le contexte général d’organisation des élections qui est loin d’être objectif, loin de répondre aussi bien aux précédents consensuels de 1992 qu’à la convention continentale en la matière. Plus spécifiquement, il aurait dénoncé, ou tout au moins souligné le découpage électoral unilatéralement opéré par le parti au pouvoir, dont la conséquence est de garantir avec certitude, dans le contexte socioculturel congolais, toujours une majorité au pouvoir.

Rien de tout cela, ni encore l’énorme abstention frisant les 80% selon les différents observateurs et ONG, ouvertement reconnue par le ministère de l’Intérieur[2], seule véritable baromètre d’appréciation d’une consultation dans un contexte  verrouillé, ne sont abordés par le curieux député ! D’entrée de jeu, il se lance dans la dénonciation des faiblesses de son parti, pour confirmer donc, en filigrane, que le parti au pouvoir ne pouvait que gagner !

Pourtant, l’abstention démontre, outre l’indifférence de l’écrasante majorité, que celle-ci est convaincue que le pouvoir ne se joue pas dans les urnes, et que dans ce sens, l’organisation du parti n’y est presque pour rien.

Pour le député, les causes se trouvent ailleurs : « Je suis sincère avec vous, je suis honnête, objectif en disant qu’une partie de cet échec c’est le parti lui-même. C’est le parti lui-même qui est resté dans les petites querelles de leadership… et puis le parti n’a pas été animé… le Secrétaire national par le biais du Secrétaire général n’était pas sur le terrain…. N’est pas allé dans la Sangha, la Likouala… ». Et l’autre partie de cet échec?

Comme si cela ne suffisait pas, après avoir répercuté l’argument des détracteurs de son parti selon lequel celui-ci serait « le parti des Nibolek ou le parti du sud », toujours pour justifier en filigrane la victoire du parti au pouvoir, le député se lance par la suite dans une attaque longue et incroyablement malsaine, pour démontrer justement que le parti en est réduit à ne gérer que les problèmes et ambitions personnelles, d’où il ressort qu’il est lui-même le champion de l’égocentrisme, par une hémorragie de « et moi…, et moi…, moi-même vice-président, je lui ai demandé… hiérarchiquement  je suis au-dessus de … et moi»  (au moins 43 fois), pour finir par l’avilissement : « …si le Secrétaire général veut s’opposer à la tenue du Congrès pour des raisons qui lui sont propres, s’il est un chien en laisse tenu quelque part, c’est son problème… » . Au passage, il aura jeté des fleurs aux acteurs du parti au pouvoir, avec l’aide du journaliste, en signifiant que c’est le parti putschiste, un parti cynique,  qui les aide à se réconcilier ! Pathétique !

En gros, l’interview aura consisté, pour le député invité, à démontrer que le parti au pouvoir ne pouvait que gagner, que l’UPADS est réduit aux luttes d’influence, que la contradiction secondaire au sein du parti est devenue la contradiction nationale, que le parti au pouvoir se bat pour l’existence de l’opposition, que lui doit être aidé à prendre les rênes de celui-ci. Bref, qu’il joue bien le rôle qui est attendu de lui, qui consiste à livrer pieds et mains liés l’ancien parti au pouvoir au seul jeu d’assister à l’exercice du pouvoir.

En tout état de cause, à ceux qui en doutaient encore, ou qui se complaisaient aux saveurs des limbes, cette interview vient valider, de façon explicite et honteuse, ce dont les initiés révélaient déjà, c’est-à-dire la conception ‘coubertine’ de l’opposition : désormais, au Congo-Brazzaville, l’ambition et le but de l’opposition ce n’est pas de gagner, d’assurer l’alternance comme dans toute démocratie digne de ce nom pour enraciner celle-ci, mais plutôt de participer… y compris au festin.

 

Par Félix Bankounda Mpélé

 

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[1]Cyr Armel Yabbat-Ngo, dans «La Semaine Africaine», 2 mai 2012, p.3, s’indigne du peu de cas que font  les ministres de ces séances. «A croire  qu’en régime présidentiel, le parlement n’a pas tellement de poids politique», écrit-il, en précisant que sur onze ministres interpellés, seuls 4 étaient présents, 4 absents de Brazzaville, «tandis que 4 autres ont pris la liberté de ne pas se présenter devant les députés», par crainte, sans doute, d’avoir à s’expliquer sur la tragédie de Mpila du 4 mars 2012 qui, du reste, ne figurait pas à l’ordre du jour de cette séance. Parfois, même quand ils sont présents, les ministres dédaignent tout simplement de répondre aux questions posées, sans que cela ne dérange le président de ladite assemblée !

[2] « Le taux de participation aux opérations de vote est parfois anormalement faible, mais la démocratie demeure », telle est la seule interprétation du ministre intéressé sur cette question peu ordinaire de l’abstention !

 

Commentaires  

 
0 #2 isidore AYA 09-01-2016 19:42
Comment repenser les enjeux individuels et collectifs dans ce monde de brut et ou certain? https://www.youtube.com/watch?v=LZi6_3SFvXM
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0 #1 isidore AYA 08-01-2016 22:21
Pourquoi le général Mokoko doit se prononcer en faveur d’une transition politique? https://www.youtube.com/watch?v=rcbuglLPfiE
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