19/08/2017

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LE GENERAL MOKOKO, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE CONGOLAISE : Vrai opposant ou opposant motard ?

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LU POUR VOUS : LA RÉACTION DU JOURNAL BURKINABÉ:  LE PAYS

Le général Jean-Marie Michel Mokoko a décidé de se mettre sur la ligne de départ de la prochaine présidentielle de son pays prévue pour le 20 mars 2016. Celui qui a décidé de descendre ainsi dans l’arène politique, est représentant spécial de la présidente de l’Union africaine (UA), chef de mission pour la Centrafrique et l’Afrique centrale. Il avait claqué la porte du pouvoir en quittant, de son propre chef, son poste de conseiller du président Denis Sassou Nguesso. Il aura probablement entre autres challengers, le chef de l’Etat sortant. En effet, on peut présumer que Sassou Nguesso va briguer un autre mandat présidentiel. Le contraire serait étonnant. On ne voit, en effet, pas pourquoi il se serait donné tant de mal à tripatouiller la Constitution congolaise à son avantage s’il n’avait pas l’intention d’en profiter. Mokoko sera donc opposé à son ancien mentor, entre autres candidats.

La faiblesse de l’organisation de Mokoko pour aller à la conquête de l’électorat offre des raisons de douter de son sérieux

Reste qu’on se demande si le général Mokoko est un vrai opposant ou un opposant motard. En effet, quand on sait comment les dictateurs sous nos cieux agissent, l’hypothèse selon laquelle Mokoko serait un candidat motard pour Denis Sassou Nguesso, n’est pas farfelue. Car, comme on le sait, pour donner du relief à leurs victoires généralement forcées, les dictateurs africains aiment multiplier le nombre de leurs adversaires, tout en prenant le soin de faire en sorte qu’ils n’aient aucune capacité de nuire. Sassou, craignant certainement un éventuel boycott du scrutin par l’opposition et les effets que cela pourrait avoir sur sa victoire à venir, peut justement se fabriquer un concurrent. Histoire de donner une certaine légitimité à sa réélection au cas où l’opposition traditionnelle refuserait de jouer le jeu. Du reste, la faiblesse de l’organisation de Mokoko pour aller à la conquête de l’électorat, offre des raisons de douter de son sérieux, du moins de celui de sa candidature annoncée. « Ce n’est pas la veille du combat qu’on donne à manger à son cheval », dit une sagesse populaire. Le général Mokoko aurait dû annoncer cette candidature plus tôt ou se donner les moyens de la préparer avec plus de rigueur. Certes, il a le mérite d’avoir claqué lui-même et depuis longtemps, la porte du pouvoir congolais et de n’avoir jamais fait mystère de son opposition au tripatouillage constitutionnel alors envisagé par Sassou. Mais, pour donner plus de chances à sa candidature, il aurait dû faire mieux. Un minutieux travail de terrain préalable pour avoir des assises solides au sein de l’opinion publique de son pays bien avant la déclaration de cette candidature, n’aurait pas été de trop. Bien au contraire. Cela lui aurait donné plus de chances de se faire connaître et de séduire l’électorat. Ce n’est pas, en tout cas, en moins de deux mois qu’il pourra asseoir une popularité assez solide et mettre en place une machine électorale performante à même de battre un dinosaure de la trempe de Sassou Nguesso. D’ailleurs, sa casquette d’indépendant peut être en elle-même un handicap, les populations africaines étant encore enclines à ne s’en remettre qu’aux partis politiques, véritables rouleaux compresseurs en termes de conquête de l’électorat. Comparaison n’est sans doute pas raison, mais on ne peut s’empêcher de penser au sort des candidats indépendants aux dernières élections au Burkina Faso. Si ce n’est pas une déroute en termes de résultats, cela y ressemble fort. On peut donc estimer qu’en se jetant ainsi dans l’arène sans poser de sérieux jalons d’une victoire, Mokoko sait qu’il va perdre et n’est là que pour faire de la figuration, pour contribuer à donner des couleurs à une probable victoire de son ancien mentor. Mais, on peut également se laisser convaincre que Mokoko est un vrai opposant et que cette absence de préparation sérieuse est juste due à un manque d’anticipation et rien d’autre. Ce général peut vouloir, par cet engagement, s’inscrire dans la lignée des déserteurs qui ont donné du fil à retordre à leur ancien chef. Des déserteurs qui, comme Salif Diallo au Burkina Faso, avant l’insurrection populaire, constituent une angoisse pour le camp présidentiel qu’ils quittent. En effet, et les présidents le savent bien (eux qui ont une sainte horreur de ces déserteurs) ceux qui claquent la porte du pouvoir après avoir été dans le cercle restreint des puissants, partent avec d’énormes secrets, intrigues, et bien des recettes de victoire. Ces gens-là savent où appuyer pour faire le plus mal possible à leurs anciens compagnons restés aux affaires.

Mokoko a bien pu se convaincre que les changements viennent très souvent de l’intérieur des palais

Dans ce sens, la candidature de Mokoko peut être sérieuse. Il se peut qu’il connaisse le talon d’Achille du pouvoir Sassou et entend le défaire ou à tout le moins, le fragiliser en attendant l’assaut final. Car, cette candidature peut également être pour Mokoko, une façon de prendre date avec l’avenir. En effet, Mokoko a, de par le passé, eu l’audace de quitter la table et de tenir des propos peu amènes envers Sassou Nguesso, sans toutefois rejoindre de façon claire, les rangs de l’opposition politique officielle. Il est vrai que cette fois-ci aussi, il n’a pas encore rejoint les organes officiels de l’opposition politique qui a jusque-là combattu Sassou Nguesso. Mais, on peut penser que cette candidature est pour lui, un début de cheminement. Il est probablement conscient que cette fois-ci, c’est quelque peu tard pour espérer déboulonner son ancien maître. Ce d’autant plus que les élections dans les pays à démocratie verrouillée comme l’est le Congo actuel, sont un vrai jeu de dupes avec les tricheries, achats de consciences et autres bourrages d’urnes. Mais, s’il peut le fragiliser, cela lui donnera plus de chances pour les fois à venir. Cette candidature pourrait donc constituer pour Mokoko, une sorte de « mise en jambes » en attendant d’autres échéances. C’est peut-être sa stratégie comme cela. Ayant en tête les événements qui ont eu lieu au pays des Hommes intègres entre fin 2014 et fin 2015, il s’est peut-être dit qu’il est temps de franchir un palier supplémentaire dans son opposition à son ancien mentor. Il a dû estimer qu’il n’y a pas meilleure expression de son nouveau degré d’engagement que la descente dans l’arène contre le dictateur Sassou. Mokoko a bien pu se convaincre que les changements viennent très souvent de l’intérieur des palais et qu’il en sera de plus en plus ainsi tant que les dirigeants refuseront de voir les réalités en face, continueront de se croire irremplaçables au point d’étouffer tout le monde autour d’eux. Ainsi, cet ancien conseiller de Sassou Nguesso pourrait se comporter en Salif Diallo congolais, en un homme capable, après avoir claqué la porte du pouvoir, de mener un combat ardu en vue de contribuer efficacement à le déboulonner. Reste à voir s’il aura le même succès. En tout cas, tout le mal qu’on puisse lui souhaiter, c’est de pouvoir contribuer de façon décisive, à débarrasser son pays de cette dictature du clan Sassou.

« Le Pays » : http://lepays.bf/20852-2/

Journal Burkinabé

 

 

Commentaires  

 
0 #1 patriote kongolais 11-02-2016 13:31
Le temps du devoir: les réformateurs dialoguent avec les républicains congolais ! explications: http://congo-objectif2050.over-blog.com/2016/02/le-temps-du-devoir-les-reformateurs-dialoguent-avec-les-republicains-congolais.html
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