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Les Congolais aux urnes pour une présidentielle sans télécommunications

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Les bureaux de vote ont ouvert à 7h, heure locale, ce dimanche, au Congo-Brazzaville. Neuf candidats sont en lice pour ce premier tour de l'élection présidentielle, dont le président sortant Denis Sassou-Nguesso et le général Jean-Marie Michel Mokoko. Ce scrutin devrait se dérouler sans ni téléphone ni accès à Internet, les autorités ayant imposé un black-out depuis 1h du matin.

A 7 heures ce matin, les votants ne s'étaient pas encore déplacés dans ce bureau de vote située dans l’école primaire de La Poste dans le quartier de Poto-Poto à Brazzaville. Le responsable n'était lui-même pas encore arrivé. Sur le trottoir, le panneau avec la liste des électeurs faisait état de 953 inscrits dans cet établissement.

Les jours d’élection est ce qu’on appelle « journée ville morte » au Congo. Seuls les véhicules dûment accrédités circulent. Mais cette fois, c’est un peu plus vrai que d’habitude puisque les autorités ont décidé un black-out sur les communications depuis une heure du matin environ, et cela devrait durer jusque demain soir. Ni accès à Internet, ni téléphone, à l’exception d’une liste de numéros triés sur le volet.

La plupart des habitants de ce quartier approuvent cette mesure. « On peut se sacrifier un jour ou deux. Il faut arrêter les rumeurs. Il ne faut pas que certains se mettent à célébrer la victoire de leur candidat dans leur coin et que cela trouble le pays », a estimé un habitant. A sa droite, un de ses amis a résumé l’état d’esprit : « Si le chef en a décidé ainsi, c’est que c’est une bonne mesure. »

« On se sent comme des prisonniers »


Dans un quartier voisin, à l’école des Trois francs de Bacongo, les électeurs sont plus nuancés. « On se sent comme des prisonniers », ont répété plusieurs jeunes. Un autre a précisé : « Une élection doit être un moment d’expression libre, pas un moment de restriction. »

Dans ce quartier du sud de Brazzaville, le vote a débuté avec une heure de retard en raison d’un problème d’affichage des listes électorales.

Des files d’attente se sont formées devant les trois petits bureaux de vote de cette école. Beaucoup de jeunes patientent : ils vont voter pour la première fois dans ce quartier réputé proche de l’opposition. L’un d’eux s'est confié à RFI : « Cette fois, il y a des candidats sérieux face au président sortant et cela m’a motivé pour aller voter. »

Des élections plus ouvertes que les précédentes ?


De leurs côtés, les observateurs jugent pourtant cette élection plus ouverte que les précédentes dans la mesure où, contrairement aux deux dernières élections présidentielles, l’opposition a décidé de jouer le jeu.

Mais contrairement aussi à octobre dernier : la campagne qui avait précédé le référendum constitutionnel - qui permet aujourd’hui à Denis Sassou-Nguesso de se représenter -, avait été émaillée de violences et l’opposition avait boycotté le scrutin. Or cette campagne-ci s'est déroulée globalement dans le calme.

Le contraste entre les deux scrutins est d’ailleurs frappant. En cause : lors du référendum, les bureaux de vote étaient restés déserts et certains n’avaient même pas ouvert, faute d’assesseurs.

Cette fois donc, neuf candidats sont en lice. L’un d’entre eux doit d’ailleurs voter ce matin à 10 heures dans ce bureau de vote. Il s’agit du général Jean-Marie Michel Mokoko. Ce dernier fait d'ailleurs partie des cinq candidats de l'opposition qui se sont engagés à se ranger derrière celui qui arriverait en tête.

Polémique sur les observateurs

N'ayant aucune confiance dans la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) chargée de publier les résultats, ces cinq candidats du pacte anti-Sassou ont créé une « commission technique » parallèle pour surveiller le scrutin.

L'opposition, qui compte avoir des délégués dans chaque bureau du pays, voulait y photographier à l'aide de téléphones portables les procès-verbaux afin de compiler ses propres résultats et de pourvoir les comparer à ceux publiés au niveau national. La coupure des communications pourrait sérieusement limiter sa capacité à le faire.

Par ailleurs, jugeant que les conditions pour un scrutin transparent et démocratique ne sont pas réunies, l'Union européenne a renoncé à missionner des observateurs électoraux. L'Union africaine, elle, en revanche, a répondu présente. Mais l’essentiel des observateurs accrédités seront issus de diverses organisations de la société civile congolaise, bien que trois associations de poids manquent à l'appel.

Par RFI


 

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